Commandites - Everest a facturé aller-retour
Dans le cadre du controversé programme fédéral de commandites, l'agence de publicité montréalaise Groupe Everest a encaissé des commissions des deux côtés de la clôture: d'abord du gouvernement du Canada, à titre de gestionnaire de la commandite, mais aussi des organismes commandités, qui ont eu recours à son entremise pour avoir accès à la manne fédérale.
Dans au moins deux dossiers, un pourcentage de la commandite destinée à soutenir financièrement un événement ou un organisme a ainsi été versé au Groupe Everest. Les sommes reçues s'ajoutent à la commission de 12 % versée par le gouvernement pour gérer la commandite.
Comme l'a découvert Le Devoir, le Groupe Everest a ainsi été mandaté par la Ville de Sherbrooke en 1997 et 1998 pour solliciter une commandite du gouvernement fédéral afin de financer le calendrier publié chaque année par la municipalité. Selon les explications fournies par le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Jacques Lacroix, l'idée même de produire un calendrier a été proposée par le Groupe Everest.
«À l'époque, on ne savait pas si ça marcherait, mais Everest était prêt à prendre le risque et à nous garantir des revenus», a affirmé M. Lacroix.
Sherbrooke a obtenu une commandite de 25 000 $ pour chacune des deux années. Pour son travail de démarchage, le Groupe Everest a encaissé une commission de 40 % de la commandite, soit 10 000 $ en 1997 puis 10 200 $ l'année suivante.
Pour ce même dossier du calendrier de la Ville de Sherbrooke, le Groupe Everest a agi à titre de gestionnaire de la commandite au nom du gouvernement du Canada. Pour ce travail, l'agence a reçu 3000 $, soit une commission correspondant à 12 % du montant de la commandite.
De plus, une filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, qui coordonne l'ensemble du programme de commandites, a obtenu 3 % de cette même commandite pour son rôle d'agence de distribution, ou «agency of record». Il s'agit d'une somme de 750 $.
Dans ce dossier, le Groupe Everest et sa filiale ont touché une somme totale de 13 750 $ en 1997 et de 13 950 $ en 1998.
L'Impact de Montréal
La même situation s'est répétée dans le dossier de l'équipe de soccer L'Impact de Montréal. «Everest a été embauché pour faire la recherche de commandites. Et, oui, on donnait une cote à Everest. [...] C'était 10 %, de mémoire», a affirmé hier la directrice des opérations de matchs et de la promotion à l'Impact, Véronique Fortin.
Pour les deux premières années du programme fédéral de commandites, l'Impact de Montréal a donc versé annuellement 30 000 $ des 300 000 $ obtenus en commandites.
Aujourd'hui, l'équipe de soccer sollicite elle-même Communication Canada, l'agence gouvernementale de laquelle relève le programme de commandites. L'Impact de Montréal ne verse donc plus de commissions pour le démarchage. «Cette année, le montant que le gouvernement du Canada m'a alloué, c'est le montant exact que je reçois», a indiqué Mme Fortin.
Outre ces 30 000 $, le Groupe Everest a touché du gouvernement, pour le même dossier, la commission réglementaire de 12 %, soit une somme de 36 000 $. Et comme dans tous les dossiers qu'elle coordonne, c'est la filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, qui a émis les chèques. Son rôle d'agence de distribution lui a permis de recevoir 9000 $.
Donc, le Groupe Everest et Média I.D.A. Vision ont perçu 75 000 $ dans ce dossier pour chacune des deux années.
Le Groupe Everest a également fait du démarchage pour la Société du parc des Îles, qui bénéficie depuis cinq ans d'une commandite fédérale de 500 000 ou 600 000 $. Mais si la coordonnatrice des communications auprès de la Société du parc des Îles (SPI), Claire Ferland, a confirmé l'implication du Groupe Everest, qui s'occupe de l'ensemble du dossier publicitaire de la SPI depuis 1985, elle a toutefois refusé de révéler si une commission a été versée et, si oui, à quel montant. En vertu de la loi d'accès à l'information, la SPI a vérifié auprès du Groupe Everest si cette dernière acceptait de révéler l'information de nature commerciale. Le Groupe Everest a refusé.
L'ancien directeur du marketing de la SPI, Pierre Bélanger, n'a pas pu donner plus de détails. «Tout ce qui était politique, c'était traité au-dessus de moi, au conseil d'administration», a souligné M. Bélanger.
La vice-présidente responsable de la commandite chez le Groupe Everest, Diane Deslauriers, s'est bornée à expliquer que le lien contractuel avec la Société du parc des Îles est d'abord de nature publicitaire. «Dans notre contrat de publicité avec eux, c'est certain que si on avait des clients qui étaient désireux de faire de la commandite au parc des Îles, on le leur suggérait. Ça faisait partie de notre contrat, effectivement. [...] La Société du parc des Îles ne nous a pas payé un pourcentage pour ça. On a un contrat en publicité avec eux», a-t-elle précisé.
Chose certaine, le Groupe Everest a encaissé, pour son travail auprès du gouvernement, une commission de 12 %. Par exemple, en 2001-02, l'agence a reçu 60 000 $ des 500 000 $ de commandite.
Pour la même année, selon Communication Canada, le Groupe Everest a facturé en sus des honoraires professionnels de 3707 $ pour trouver de nouvelles idées afin de rendre la visibilité du gouvernement encore plus attrayante.
Là aussi, la filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, a obtenu une commission de 3 %, soit 15 000 $.
Devant la présentation de cette situation où le Groupe Everest porte un double chapeau, le ministre fédéral des Travaux publics, Don Boudria, n'a pas caché sa surprise hier. «Ça ne fait pas longtemps que je suis ministre de ce ministère-là, et je découvre de nouvelles choses de temps à autre. Mais jamais personne n'a porté ça à mon attention. C'est la première fois que j'entends parler de ça», a soutenu M. Boudria, qui entend faire ses propres vérifications.
Dans au moins deux dossiers, un pourcentage de la commandite destinée à soutenir financièrement un événement ou un organisme a ainsi été versé au Groupe Everest. Les sommes reçues s'ajoutent à la commission de 12 % versée par le gouvernement pour gérer la commandite.
Comme l'a découvert Le Devoir, le Groupe Everest a ainsi été mandaté par la Ville de Sherbrooke en 1997 et 1998 pour solliciter une commandite du gouvernement fédéral afin de financer le calendrier publié chaque année par la municipalité. Selon les explications fournies par le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Jacques Lacroix, l'idée même de produire un calendrier a été proposée par le Groupe Everest.
«À l'époque, on ne savait pas si ça marcherait, mais Everest était prêt à prendre le risque et à nous garantir des revenus», a affirmé M. Lacroix.
Sherbrooke a obtenu une commandite de 25 000 $ pour chacune des deux années. Pour son travail de démarchage, le Groupe Everest a encaissé une commission de 40 % de la commandite, soit 10 000 $ en 1997 puis 10 200 $ l'année suivante.
Pour ce même dossier du calendrier de la Ville de Sherbrooke, le Groupe Everest a agi à titre de gestionnaire de la commandite au nom du gouvernement du Canada. Pour ce travail, l'agence a reçu 3000 $, soit une commission correspondant à 12 % du montant de la commandite.
De plus, une filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, qui coordonne l'ensemble du programme de commandites, a obtenu 3 % de cette même commandite pour son rôle d'agence de distribution, ou «agency of record». Il s'agit d'une somme de 750 $.
Dans ce dossier, le Groupe Everest et sa filiale ont touché une somme totale de 13 750 $ en 1997 et de 13 950 $ en 1998.
L'Impact de Montréal
La même situation s'est répétée dans le dossier de l'équipe de soccer L'Impact de Montréal. «Everest a été embauché pour faire la recherche de commandites. Et, oui, on donnait une cote à Everest. [...] C'était 10 %, de mémoire», a affirmé hier la directrice des opérations de matchs et de la promotion à l'Impact, Véronique Fortin.
Pour les deux premières années du programme fédéral de commandites, l'Impact de Montréal a donc versé annuellement 30 000 $ des 300 000 $ obtenus en commandites.
Aujourd'hui, l'équipe de soccer sollicite elle-même Communication Canada, l'agence gouvernementale de laquelle relève le programme de commandites. L'Impact de Montréal ne verse donc plus de commissions pour le démarchage. «Cette année, le montant que le gouvernement du Canada m'a alloué, c'est le montant exact que je reçois», a indiqué Mme Fortin.
Outre ces 30 000 $, le Groupe Everest a touché du gouvernement, pour le même dossier, la commission réglementaire de 12 %, soit une somme de 36 000 $. Et comme dans tous les dossiers qu'elle coordonne, c'est la filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, qui a émis les chèques. Son rôle d'agence de distribution lui a permis de recevoir 9000 $.
Donc, le Groupe Everest et Média I.D.A. Vision ont perçu 75 000 $ dans ce dossier pour chacune des deux années.
Le Groupe Everest a également fait du démarchage pour la Société du parc des Îles, qui bénéficie depuis cinq ans d'une commandite fédérale de 500 000 ou 600 000 $. Mais si la coordonnatrice des communications auprès de la Société du parc des Îles (SPI), Claire Ferland, a confirmé l'implication du Groupe Everest, qui s'occupe de l'ensemble du dossier publicitaire de la SPI depuis 1985, elle a toutefois refusé de révéler si une commission a été versée et, si oui, à quel montant. En vertu de la loi d'accès à l'information, la SPI a vérifié auprès du Groupe Everest si cette dernière acceptait de révéler l'information de nature commerciale. Le Groupe Everest a refusé.
L'ancien directeur du marketing de la SPI, Pierre Bélanger, n'a pas pu donner plus de détails. «Tout ce qui était politique, c'était traité au-dessus de moi, au conseil d'administration», a souligné M. Bélanger.
La vice-présidente responsable de la commandite chez le Groupe Everest, Diane Deslauriers, s'est bornée à expliquer que le lien contractuel avec la Société du parc des Îles est d'abord de nature publicitaire. «Dans notre contrat de publicité avec eux, c'est certain que si on avait des clients qui étaient désireux de faire de la commandite au parc des Îles, on le leur suggérait. Ça faisait partie de notre contrat, effectivement. [...] La Société du parc des Îles ne nous a pas payé un pourcentage pour ça. On a un contrat en publicité avec eux», a-t-elle précisé.
Chose certaine, le Groupe Everest a encaissé, pour son travail auprès du gouvernement, une commission de 12 %. Par exemple, en 2001-02, l'agence a reçu 60 000 $ des 500 000 $ de commandite.
Pour la même année, selon Communication Canada, le Groupe Everest a facturé en sus des honoraires professionnels de 3707 $ pour trouver de nouvelles idées afin de rendre la visibilité du gouvernement encore plus attrayante.
Là aussi, la filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, a obtenu une commission de 3 %, soit 15 000 $.
Devant la présentation de cette situation où le Groupe Everest porte un double chapeau, le ministre fédéral des Travaux publics, Don Boudria, n'a pas caché sa surprise hier. «Ça ne fait pas longtemps que je suis ministre de ce ministère-là, et je découvre de nouvelles choses de temps à autre. Mais jamais personne n'a porté ça à mon attention. C'est la première fois que j'entends parler de ça», a soutenu M. Boudria, qui entend faire ses propres vérifications.
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