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Layton prêt à appuyer le budget Harper

Alec Castonguay   29 janvier 2007  Canada
Le chef du NPD, Jack Layton
Photo : Agence Reuters
Le chef du NPD, Jack Layton
Ottawa — À l'heure où les députés fédéraux reprennent le chemin d'Ottawa aujourd'hui pour une nouvelle session parlementaire, le chef du NPD, Jack Layton, se dit prêt à appuyer le gouvernement Harper pour qu'il survive au vote de confiance sur le budget, qui aura lieu ce printemps, «s'il procure des résultats concrets pour les citoyens». Les discussions avec les conservateurs ont d'ailleurs déjà commencé et vont s'intensifier au cours des prochaines semaines, a affirmé Jack Layton lors d'une entrevue avec Le Devoir.

Depuis la défection du député libéral Wajid Khan vers les conservateurs, le NPD se retrouve avec une balance du pouvoir claire et nette, pouvant donc assurer la survie du gouvernement Harper. Et Jack Layton entend en profiter, comme il l'avait fait en 2005, lorsqu'il avait contraint les libéraux de Paul Martin à modifier leur budget. «La balance du pouvoir nous donne l'occasion de produire des résultats pour les citoyens. Nous avons l'intention d'utiliser cette balance du pouvoir avec responsabilité, mais aussi avec une certaine force. On veut accomplir des choses pour les familles qui ont de plus en plus de difficulté à joindre les deux bouts», affirme Jack Layton.

Le chef du NPD n'a d'ailleurs pas perdu de temps. Déjà, il a rencontré le premier ministre Harper pour lui faire part de ses désirs. Il a aussi rencontré à deux reprises le ministre de l'Environnement, John Baird. Une lettre a aussi été envoyée au ministre des Finances, Jim Flaherty, en vue du budget qui sera déposé le 20 mars prochain. «J'imagine qu'il y aura encore des discussions dans les prochaines semaines», ajoute Jack Layton. Le caucus du NPD est actuellement en train d'élaborer les demandes définitives qui seront faites.

Mais déjà, le chef du NPD affirme qu'il va juger son appui aux conservateurs sur deux grands axes: l'environnement et le budget. Selon Jack Layton, les deux sont intimement liés. «Le projet de loi C-30 [Loi sur la qualité de l'air] peut faire plusieurs choses pour l'environnement, mais les mesures financières qui vont avec la loi devront être dans le budget», dit-il.

La première étape sera le projet de loi sur la qualité de l'air, qui commencera à être étudié en comité spécial dès cette semaine. Les partis d'opposition veulent complètement transformer le projet de loi, jugé inacceptable tant il accorde peu d'importance à la lutte contre les changements climatiques. Le NPD, comme le Parti libéral et le Bloc québécois, place la barre haut. «On veut que la loi mette en place des mesures pour atteindre les objectifs de Kyoto. On veut aussi des plafonds d'émissions de gaz à effet de serre pour les grandes entreprises. Des mesures pour rendre les véhicules automobiles moins énergivores devront aussi être examinées», dit-il. À l'entrée du caucus conservateur, jeudi, le ministre de l'Environnement, John Baird, s'est d'ailleurs dit prêt à coopérer rapidement avec l'opposition pour bonifier la loi.

Concernant le volet environnemental des revendications du NPD, si le PC veut s'attirer les faveurs de Jack Layton, le budget devra éliminer les subventions accordées à l'industrie pétrolière qui exploite les sables bitumineux. Des sommes devront aussi être ajoutées dans le programme éco-énergétique qui vise à aider les familles à rénover leur maison pour la rendre moins énergivore.

Mais pour Jack Layton, pas question de juger le budget simplement sur l'environnement. Si les conservateurs veulent l'appui du NPD, ils devront également accorder des sommes importantes au logement social, à l'éducation postsecondaire, à la formation de la main-d'oeuvre et aux soins des aînés, entre autres choses. «Le budget doit corriger un grand nombre de choses, pas seulement un dossier», dit Layton.

Des options sur la table

Et si le résultat est «acceptable», dit-il, et procure des résultats concrets, «on pourra appuyer le budget». Jack Layton estime que son parti a «beaucoup de cartes sur la table» pour choisir sa stratégie. «On va tout mener de front, que ce soit l'environnement, le budget et même l'Afghanistan. On va faire notre évaluation tous les jours», dit-il, ajoutant qu'il y a «tellement d'hypothèses» possibles qu'il est difficile de prédire ce qui va arriver.

Jack Layton rappelle que le Bloc québécois et le Parti libéral peuvent aussi assurer la survie du gouvernement s'ils le désirent. «Le Bloc a appuyé le dernier budget Harper alors que les libéraux ont appuyé la mission en Afghanistan», dit-il. Dans ce domaine, le NPD souhaite le retrait pur et simple des soldats canadiens actuellement en mission en Afghanistan. «Notre position est claire. On ne peut pas en dire autant du Bloc et du Parti libéral», lance Layton.

Est-ce que la base électorale du NPD pardonnerait un appui aux conservateurs lors du budget? Les néo-démocrates sont déjà malmenés dans les sondages, et Jack Layton doit ménager ses troupes. «On a appuyé le budget des libéraux en 2005 alors qu'ils étaient en plein scandale des commandites, rappelle le chef du NPD. Nos militants ont apprécié qu'on procure des résultats aux citoyens. Si on peut apporter de nouveaux résultats, notamment sur l'environnement, en appuyant les conservateurs, on va le faire. C'est possible de défendre cette position lors des porte-à-porte.»

Jack Layton dit ne pas craindre des élections au printemps, même si son parti reçoit actuellement environ 13 % des intentions de vote à l'échelle du pays, une baisse de 4,5 % comparativement au scrutin de janvier 2006. «Nous avons déjà été à 12 %, et regardez où nous sommes aujourd'hui. Nous avons 29 députés.»

Est-ce qu'il craint la montée des verts et des libéraux, qui parlent beaucoup d'environnement, ce qui semble nuire au NPD? «Pas du tout, dit-il. Ça fait quatre ans qu'on parle des changements climatiques en Chambre. Ç'a toujours été une priorité pour nous. Ce sont les autres partis qui nous suivent, et c'est bien. On l'encourage. C'est comme ça qu'on va arriver à des résultats.»






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  • Philippe Champagne
    Inscrit
    lundi 29 janvier 2007 22h02
    EN ANNEXE À L'ACTUEL PROGRAMME NÉO-DÉMOCRATE
    « Si Jack Layton veut être un adversaire crédible aux fédéraux du Québec situés à gauche de l'échiquier politique, il lui faudra prôner 10 mesures essentielles pour la campagne à venir, ou à tout le moins les entamer pendant qu'il a le pouvoir de cogérer le pays. Il ne sera peut-être jamais plus au pouvoir; qu'il prenne donc exemple pour une fois sur ceux qu'il dénonce, les profiteurs.

    1° Si sa ligne générale mise sur une offensive énergétique et sociale, il représentera un adversaire de choix aux partisans de Québec solidaire qui ne sont pas connectés à André Boisclair ou qui ont commencé de trouver Gilles Duceppe trop à droite, là où se situe Lucien Bouchard.

    2° Il aurait de plus avantage à retenir dans son programme environnemental des normes canadiennes en matière d'exportation d'eau pour empêcher les gouvernements provinciaux dangereux pour notre approvisionnement continuel en eau d'être tentés de la vendre comme autrefois Ésaü vendit son droit d'aînesse à son frère Jacob.

    Pour s'inspirer, il devrait commencer de faire ce que je ne l'ai jamais entendu faire depuis qu'il dirige le Nouveau parti démocratique, soit l'approche des premières nations.

    Je ne l'ai jamais entendu non plus se prononcer en matière de bois d'oeuvre. Que planifie-t-il sur la

    3° Gestion forestière canadienne par l'instauration de comités forestiers canadiens autres que ceux indiqués par l'industrie du bois d'un océan à une mer à l'autre?

    Le NPD se proclame environnementaliste, et pourtant jamais je ne l'ai entendu se prononcer également sur

    4° Une stratégie massive d'utilisation des transports en commun pan-canadienne. Est-il timoré ou quoi?

    Qu'attend-il encore pour promouvoir à l'échelle du pays

    5° Un accès universel aux médicaments? Manque-t-il d'inspiration?

    Je souhaite qu'il profite détenir la balance du pouvoir pour faire une norme canadienne de

    6° Une hausse du salaire minimum à 10 $ de l'heure.

    Puisque le Canada s'est doté à son tour d'une politique de la famille en prévoyant des garderies à l'échelle du pays, M. Layton aurait encore intérêt à

    7° encourager les mères de famille qui viennent d'accoucher, de recevoir 12 000 $ par an au minimum pour élever leur bébé jusqu'à 3 ans à domicile, avant de le "dumper" à la garderie nationale. Un peu de crédit social leur permettrait de récolter les votes à droite qui lui manquent à l'échelle du pays.

    J'ai aussi hâte d'entendre qu'on planifie au chapitre du programme néo-démocrate de

    8° Réformer le Code du travail pour obliger tous les employeurs canadiens à faciliter la syndicalisation de leur personnel sans porter atteinte à ce droit de leurs employés.

    Vous aurez compris que je vise les meilleures mesures socialistes contre les multinationales de la pharmacie, de la finance, et des géants américains qui viennent écoeurer nos travailleurs.

    À date, pour ceux qui sont friands de chiffres, ces engagements représentent 1 milliard. Ce n'est pas trop pour redresser le gouvernail.

    Je serais curieux aussi de savoir si le NPD possède des chiffres sur l'an-alphabétisation canadienne. Qu'il profite de son passage au pouvoir conservateur pour les axer dans ce sens.

    De toute manière, étant un parti national, il serait le seul comme Ségolène Royal en France à pouvoir même espérer prendre le pouvoir.

    Pourquoi le Canada ferait-il moins bien au chapitre de l'éducation nationale que Cuba?

    Et pourquoi ne pas envisager dès maintenant

    9° Une réforme du mode de scrutin avec représentation sexuelle et culturelle?

    Le NPD fédéral me fait penser par sa timidité aux péquistes qui ont peine à s'affirmer chez eux.

    10° En outre, une réforme gargantuesque de la fiscalité serait à envisager pour le Canada.

    Actuellement 3 milliards sont encore épargnés aux dix plus riches canadiens en évasions fiscales de toutes sortes. Il faudrait ramener au niveau des années 50 le rapport imposable à 50 - 50, également divisé entre les corporations et les citoyens privés. Actuellement les riches ne paient que 18 % d'impôts à cause des abus libéraux antérieurs, et les particuliers en sont à 82 % de paiements d'impôts de toute espèce, les taxes TPS en moins, d'accise et de vente.

    Dernière question à monsieur Layton: Pourquoi vous laisseriez-vous dépasser à gauche par le Parti vert de centre droit dont on ne sait pas s'il pourrait authentiquement gérer à l'avenir autre chose que l'environnement? »

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