La colère continue de se manifester dans les rangs libéraux
Photo : Agence Reuters
Jean Chrétien continue d’essuyer les critiques de certains de ses députés.
Ottawa - Peu importe la défaite encaissée aux Communes mardi, le premier ministre Jean Chrétien maintient qu'il conserve le contrôle sur son équipe. Son caucus est toutefois divisé et même, dans certains cas, en colère.
«Tout ceci a été très mal géré. C'était au départ une résolution d'un comité qu'ils [les dirigeants libéraux] ont refusée de présenter à la Chambre. L'opposition l'a reprise et on a perdu le contrôle. S'il y avait du respect pour les résolutions des comités, ce fiasco ne serait pas survenu», a lancé la députée ontarienne Carolyn Parrish à la sortie de la réunion hebdomadaire du caucus. «Cela n'a rien à voir avec les pro-Martin et tout à voir avec le leadership de notre côté de la Chambre. J'espère que ce vote servira d'avertissement.»
La motion allianciste adoptée mardi avec l'appui de 56 libéraux rend obligatoire l'élection par scrutin secret des présidents de comité, une idée à laquelle s'opposait avec vigueur M. Chrétien. La division des libéraux sur cette question a donc donné l'impression d'une érosion de son autorité.
À une journaliste qui lui demandait si, dans ces conditions, il garderait le contrôle encore bien longtemps, Jean Chrétien a répondu, catégorique: «Tant que je vais vouloir. Ça fait neuf ans [que c'est] comme ça et j'ai jamais eu de troubles», a-t-il enchaîné.
Mais quelques députés, sans aller aussi loin que Mme Parrish, reconnaissaient l'existence de la grogne et du climat tendu. «Il y a assurément de l'insatisfaction», a dit sans hésiter la députée québécoise Hélène Scherrer. Elle ne pouvait dire si le vote en était la cause ou s'il avait permis de l'exprimer, mais elle a noté «des attaques personnelles, une chasse aux sorcières». «Et c'est peut-être ce qui fait le plus mal ce matin», a-t-elle déploré.
Le premier ministre, lui, a minimisé la division, notant qu'il était normal qu'un vote libre permette l'expression d'opinions divergentes. Autrement, ses députés sont derrière lui, a-t-il affirmé.
Pour prouver son point, il a insisté sur la tenue d'un second vote, mardi, qui en était un, cette fois, de confiance et qui portait sur le financement de la défense. Tous les libéraux ont, à cette occasion, soutenu le gouvernement.
Le député ontarien Peter Adams ne croyait pas possible que le premier ministre soit resté froid aux événements de mardi. «Je ne peux croire que quelqu'un puisse ne pas le prendre personnellement et je regrette qu'on en soit arrivé là. [...] Ce qui s'est produit est un phénomène très inhabituel et [le premier ministre] doit être préoccupé.»
L'opposition, elle, compte revenir à la charge pour faire modifier d'autres règles parlementaires. Certains libéraux en veulent eux-mêmes davantage, a affirmé le député ontarien Joe Fontana, qui se demandait pourquoi le gouvernement n'avait pas pris lui-même l'initiative. «On parlait de changements quand nous étions dans l'opposition. On en a reparlé dans le Livre rouge et ensuite dans des comités du caucus. [...] Pourquoi avons-nous dû réagir à une motion de l'opposition? Il y a une résistance quelque part.» Il s'attend maintenant à du mouvement.
Furieux immédiatement après la réunion du caucus, le leader parlementaire libéral, Don Boudria, que personne n'a nommé mais qui était directement visé par les critiques, a plus tard réagi en notant qu'il avait «le dos large». Il a rappelé les réformes déjà entreprises et que voter pour une motion de l'opposition n'était pas une première. Les libéraux l'ont fait en bloc la semaine dernière dans le dossier de Kyoto.
«Tout ceci a été très mal géré. C'était au départ une résolution d'un comité qu'ils [les dirigeants libéraux] ont refusée de présenter à la Chambre. L'opposition l'a reprise et on a perdu le contrôle. S'il y avait du respect pour les résolutions des comités, ce fiasco ne serait pas survenu», a lancé la députée ontarienne Carolyn Parrish à la sortie de la réunion hebdomadaire du caucus. «Cela n'a rien à voir avec les pro-Martin et tout à voir avec le leadership de notre côté de la Chambre. J'espère que ce vote servira d'avertissement.»
La motion allianciste adoptée mardi avec l'appui de 56 libéraux rend obligatoire l'élection par scrutin secret des présidents de comité, une idée à laquelle s'opposait avec vigueur M. Chrétien. La division des libéraux sur cette question a donc donné l'impression d'une érosion de son autorité.
À une journaliste qui lui demandait si, dans ces conditions, il garderait le contrôle encore bien longtemps, Jean Chrétien a répondu, catégorique: «Tant que je vais vouloir. Ça fait neuf ans [que c'est] comme ça et j'ai jamais eu de troubles», a-t-il enchaîné.
Mais quelques députés, sans aller aussi loin que Mme Parrish, reconnaissaient l'existence de la grogne et du climat tendu. «Il y a assurément de l'insatisfaction», a dit sans hésiter la députée québécoise Hélène Scherrer. Elle ne pouvait dire si le vote en était la cause ou s'il avait permis de l'exprimer, mais elle a noté «des attaques personnelles, une chasse aux sorcières». «Et c'est peut-être ce qui fait le plus mal ce matin», a-t-elle déploré.
Le premier ministre, lui, a minimisé la division, notant qu'il était normal qu'un vote libre permette l'expression d'opinions divergentes. Autrement, ses députés sont derrière lui, a-t-il affirmé.
Pour prouver son point, il a insisté sur la tenue d'un second vote, mardi, qui en était un, cette fois, de confiance et qui portait sur le financement de la défense. Tous les libéraux ont, à cette occasion, soutenu le gouvernement.
Le député ontarien Peter Adams ne croyait pas possible que le premier ministre soit resté froid aux événements de mardi. «Je ne peux croire que quelqu'un puisse ne pas le prendre personnellement et je regrette qu'on en soit arrivé là. [...] Ce qui s'est produit est un phénomène très inhabituel et [le premier ministre] doit être préoccupé.»
L'opposition, elle, compte revenir à la charge pour faire modifier d'autres règles parlementaires. Certains libéraux en veulent eux-mêmes davantage, a affirmé le député ontarien Joe Fontana, qui se demandait pourquoi le gouvernement n'avait pas pris lui-même l'initiative. «On parlait de changements quand nous étions dans l'opposition. On en a reparlé dans le Livre rouge et ensuite dans des comités du caucus. [...] Pourquoi avons-nous dû réagir à une motion de l'opposition? Il y a une résistance quelque part.» Il s'attend maintenant à du mouvement.
Furieux immédiatement après la réunion du caucus, le leader parlementaire libéral, Don Boudria, que personne n'a nommé mais qui était directement visé par les critiques, a plus tard réagi en notant qu'il avait «le dos large». Il a rappelé les réformes déjà entreprises et que voter pour une motion de l'opposition n'était pas une première. Les libéraux l'ont fait en bloc la semaine dernière dans le dossier de Kyoto.
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