Changements climatiques - Harper réactive des programmes qu'il a abolis
Le gouvernement Harper réinvestit en environnement une partie des sommes qu'il a retirées de ce secteur au printemps dernier, soit 1,5 milliard de dollars, répartis sur dix ans, en réactivant sous de nouvelles étiquettes certains des programmes qu'il a sabrés après son arrivée au pouvoir. Dans une grande conférence de presse tenue hier à Vancouver — dont l'est du pays n'a pu obtenir le contenu que trois heures plus tard —, le premier ministre Stephen Harper a en effet tenté de réparer les pots cassés en relançant deux programmes de soutien à la production d'énergies vertes et aux techniques de «chauffage renouvelable» (sic) des résidences.
Son nouveau programme, baptisé «Initiative d'éco-énergie renouvelable» (sic), entend soutenir la production d'électricité grâce à l'énergie éolienne, la biomasse et la petite hydraulique ainsi qu'au moyen de la force des marées. Le gouvernement Harper entend soutenir les projets qui seront lancés d'ici quatre ans dans une proportion qui n'a pas été précisée hier. Ce soutien gouvernemental, a précisé au Devoir le ministre fédéral des Ressources naturelles, David Lunn, sera accordé sur dix ans aux provinces ou aux promoteurs qui soumettront des projets correspondant aux priorités du programme. Le ministre Lunn a précisé qu'il n'excluait pas de travailler de concert avec les provinces qui voudraient investir dans les mêmes secteurs afin d'y provoquer un effet d'accélération des investissements.
Dans l'ensemble, a précisé le ministre Lunn, ces subventions devraient permettre de développer rapidement quelque 4000 MW d'électricité verte, soit un peu moins que les 4500 MW que les programmes instaurés par les libéraux ciblaient dans le Plan national de lutte contre les changements climatiques (Martin-Dion).
Ces mégawatts verts, a ajouté David Lunn, vont éviter des émissions de 6,4 millions de tonnes (Mt) de gaz à effet de serre (GES) par année à partir de la fin du programme, dans une dizaine d'années. Le ministre traduit ce gain en disant que cela équivaudra à retirer un million de voitures personnelles de la circulation. Mais le ministre Lunn ne risque aucune comparaison avec les 270 Mt que le Canada doit soustraire de ses émissions globales pour respecter les dispositions du protocole de Kyoto.
Le gouvernement Harper a par ailleurs ajouté une seconde composante à son programme, un élément qui n'obtiendra cependant que 35 millions de dollars sur la somme de 1,48 milliard annoncée hier. Cette enveloppe budgétaire vise à encourager le «chauffage renouvelable» ou la climatisation verte, pourrait-on dire, en faisant appel à l'énergie solaire. Seront aussi admissibles les projets lancés par des organismes publics ou communautaires.
Ce volet, a ajouté le ministre Lunn lors de cet entretien, comprendra un volet ouvert à la géothermie, une filière qui a fait des progrès de taille au Manitoba, où le gouvernement, malgré les prix d'électricité les plus bas au Canada, soutient un projet de 13 000 unités de chauffage géothermique.
Devant les critiques qui accusaient son gouvernement de tenter de «réparer une partie des pots qu'il a lui-même cassés au printemps dernier avec presque un an de retard et des programmes moins bien ficelés», selon le mot de Matthew Bramley, de l'Institut Pembina, le ministre Lunn renvoie la balle aux libéraux de Paul Martin et de Jean Chrétien en disant qu'ils avaient des milliards à leur disposition mais que leurs programmes, après dix ans, n'ont rien donné et qu'il était temps que les conservateurs interviennent.
De son côté, le chef de l'opposition aux Communes, Stéphane Dion, a réagi publiquement en disant que le premier ministre Harper devrait offrir des excuses à la population canadienne pour lui avoir fait perdre un an dans le dossier des changements climatiques en abolissant des programmes qu'il tente aujourd'hui de réactiver sans trop perdre la face. Pour le nouveau critique libéral en matière d'environnement, David McGuinty (Ottawa-Sud), le problème central du gouvernement Harper, «c'est encore et surtout l'absence de plan cohérent et global».
«Ce gouvernement, a-t-il dit, est en perte de contrôle du dossier environnemental» et tente de faire machine arrière devant l'imminence d'un scrutin fédéral après s'être rendu compte que son manque de vision dans ce dossier le coupait de la très vaste majorité des Canadiens.
Davis McGuinty estime que Stephen Harper tente plutôt frileusement de remettre en place sous de nouvelles marques de commerce les programmes abolis au printemps dernier après avoir refusé de divulguer les critères de cette évaluation ainsi que ses résultats, la plupart de ceux-ci étant favorables à leur maintien, ont révélé à répétition les médias depuis lors. «Deux ministres plus tard en moins d'un an, a-t-il dit, le gouvernement Harper tente de réintroduire les fonds qui étaient consacrés à la recherche et, hier, ceux consacrés aux énergies vertes.» Et dimanche, le ministre Lunn présidera à la résurrection d'ÉnerGuide sous une nouvelle étiquette, ajoutant à la restauration partielle du plan canadien.
De son côté, Matthew Bramley, de l'Institut Pembina d'Ottawa, estime que le Canada a perdu non seulement un an avec les abolitions de programmes du printemps dernier mais aussi d'importantes sommes qui ont été consacrées à leur arrêt administratif et qu'il faudra réinvestir pour les relancer avec de nouvelles règles, les faire connaître au public et les encadrer par de nouveaux administrateurs. Ottawa, a-t-il dit, a récupéré du dossier des changements climatiques quelque 600 millions par année en stoppant le plan canadien de lutte contre les changements climatiques, ce qui est nettement plus que ce qu'il y réinvestit aujourd'hui, par tranches de 150 millions par année, avec son nouveau programme sur les énergies renouvelables.
Matthew Bramley déplore lui aussi l'absence d'un plan global assorti d'objectifs et d'échéanciers en lieu et place de l'actuel saupoudrage préélectoral de subventions. Il n'est pas sûr que la relance de la petite hydraulique sera bien accueillie partout, une référence aux groupes écologistes québécois qui se sont battus contre la relance de cette filière. Certes, reconnaît-il, les industriels des secteurs visés, comme dans le secteur de l'éolien, sont contents, et la réactivation des vieux programmes, même sous de nouvelles étiquettes, constitue «un pas en avant». Mais globalement, les conservateurs, a-t-il dit, sont très loin de mettre sur la table l'investissement massif que réclamait cet automne la commissaire fédérale à l'environnement, Johanne Gélinas, pour remettre le Canada sur les rails du protocole de Kyoto dans les délais prescrits.
Son nouveau programme, baptisé «Initiative d'éco-énergie renouvelable» (sic), entend soutenir la production d'électricité grâce à l'énergie éolienne, la biomasse et la petite hydraulique ainsi qu'au moyen de la force des marées. Le gouvernement Harper entend soutenir les projets qui seront lancés d'ici quatre ans dans une proportion qui n'a pas été précisée hier. Ce soutien gouvernemental, a précisé au Devoir le ministre fédéral des Ressources naturelles, David Lunn, sera accordé sur dix ans aux provinces ou aux promoteurs qui soumettront des projets correspondant aux priorités du programme. Le ministre Lunn a précisé qu'il n'excluait pas de travailler de concert avec les provinces qui voudraient investir dans les mêmes secteurs afin d'y provoquer un effet d'accélération des investissements.
Dans l'ensemble, a précisé le ministre Lunn, ces subventions devraient permettre de développer rapidement quelque 4000 MW d'électricité verte, soit un peu moins que les 4500 MW que les programmes instaurés par les libéraux ciblaient dans le Plan national de lutte contre les changements climatiques (Martin-Dion).
Ces mégawatts verts, a ajouté David Lunn, vont éviter des émissions de 6,4 millions de tonnes (Mt) de gaz à effet de serre (GES) par année à partir de la fin du programme, dans une dizaine d'années. Le ministre traduit ce gain en disant que cela équivaudra à retirer un million de voitures personnelles de la circulation. Mais le ministre Lunn ne risque aucune comparaison avec les 270 Mt que le Canada doit soustraire de ses émissions globales pour respecter les dispositions du protocole de Kyoto.
Le gouvernement Harper a par ailleurs ajouté une seconde composante à son programme, un élément qui n'obtiendra cependant que 35 millions de dollars sur la somme de 1,48 milliard annoncée hier. Cette enveloppe budgétaire vise à encourager le «chauffage renouvelable» ou la climatisation verte, pourrait-on dire, en faisant appel à l'énergie solaire. Seront aussi admissibles les projets lancés par des organismes publics ou communautaires.
Ce volet, a ajouté le ministre Lunn lors de cet entretien, comprendra un volet ouvert à la géothermie, une filière qui a fait des progrès de taille au Manitoba, où le gouvernement, malgré les prix d'électricité les plus bas au Canada, soutient un projet de 13 000 unités de chauffage géothermique.
Devant les critiques qui accusaient son gouvernement de tenter de «réparer une partie des pots qu'il a lui-même cassés au printemps dernier avec presque un an de retard et des programmes moins bien ficelés», selon le mot de Matthew Bramley, de l'Institut Pembina, le ministre Lunn renvoie la balle aux libéraux de Paul Martin et de Jean Chrétien en disant qu'ils avaient des milliards à leur disposition mais que leurs programmes, après dix ans, n'ont rien donné et qu'il était temps que les conservateurs interviennent.
De son côté, le chef de l'opposition aux Communes, Stéphane Dion, a réagi publiquement en disant que le premier ministre Harper devrait offrir des excuses à la population canadienne pour lui avoir fait perdre un an dans le dossier des changements climatiques en abolissant des programmes qu'il tente aujourd'hui de réactiver sans trop perdre la face. Pour le nouveau critique libéral en matière d'environnement, David McGuinty (Ottawa-Sud), le problème central du gouvernement Harper, «c'est encore et surtout l'absence de plan cohérent et global».
«Ce gouvernement, a-t-il dit, est en perte de contrôle du dossier environnemental» et tente de faire machine arrière devant l'imminence d'un scrutin fédéral après s'être rendu compte que son manque de vision dans ce dossier le coupait de la très vaste majorité des Canadiens.
Davis McGuinty estime que Stephen Harper tente plutôt frileusement de remettre en place sous de nouvelles marques de commerce les programmes abolis au printemps dernier après avoir refusé de divulguer les critères de cette évaluation ainsi que ses résultats, la plupart de ceux-ci étant favorables à leur maintien, ont révélé à répétition les médias depuis lors. «Deux ministres plus tard en moins d'un an, a-t-il dit, le gouvernement Harper tente de réintroduire les fonds qui étaient consacrés à la recherche et, hier, ceux consacrés aux énergies vertes.» Et dimanche, le ministre Lunn présidera à la résurrection d'ÉnerGuide sous une nouvelle étiquette, ajoutant à la restauration partielle du plan canadien.
De son côté, Matthew Bramley, de l'Institut Pembina d'Ottawa, estime que le Canada a perdu non seulement un an avec les abolitions de programmes du printemps dernier mais aussi d'importantes sommes qui ont été consacrées à leur arrêt administratif et qu'il faudra réinvestir pour les relancer avec de nouvelles règles, les faire connaître au public et les encadrer par de nouveaux administrateurs. Ottawa, a-t-il dit, a récupéré du dossier des changements climatiques quelque 600 millions par année en stoppant le plan canadien de lutte contre les changements climatiques, ce qui est nettement plus que ce qu'il y réinvestit aujourd'hui, par tranches de 150 millions par année, avec son nouveau programme sur les énergies renouvelables.
Matthew Bramley déplore lui aussi l'absence d'un plan global assorti d'objectifs et d'échéanciers en lieu et place de l'actuel saupoudrage préélectoral de subventions. Il n'est pas sûr que la relance de la petite hydraulique sera bien accueillie partout, une référence aux groupes écologistes québécois qui se sont battus contre la relance de cette filière. Certes, reconnaît-il, les industriels des secteurs visés, comme dans le secteur de l'éolien, sont contents, et la réactivation des vieux programmes, même sous de nouvelles étiquettes, constitue «un pas en avant». Mais globalement, les conservateurs, a-t-il dit, sont très loin de mettre sur la table l'investissement massif que réclamait cet automne la commissaire fédérale à l'environnement, Johanne Gélinas, pour remettre le Canada sur les rails du protocole de Kyoto dans les délais prescrits.
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