Pétrole: Harper et Dion disent n'avoir jamais entendu parler du plan américain
19 janvier 2007
Canada
Ottawa — Les conservateurs, qui tentent ces jours-ci de se refaire une réputation en matière d'environnement, ont vigoureusement démenti hier être à l'origine du plan de développement accéléré de la production pétrolière en Alberta révélé par Radio-Canada.
Le premier ministre Stephen Harper aurait même appris à la télévision l'existence du projet qui viserait à quintupler l'extraction de sables bitumineux d'ici 2011 pour répondre à la demande américaine.
«La réunion à ce sujet à Houston [Texas] a eu lieu les 24 et 25 janvier 2006, donc avant l'assermentation de notre gouvernement. Les libéraux en savent certainement plus long que nous là-dessus», a fait valoir l'attaché de presse du chef conservateur, Dimitri Soudas.
Le gouvernement Harper, élu le 23 janvier, n'a en effet été assermenté que le 6 février.
D'après M. Soudas, aucune autre rencontre de ce type n'a eu lieu depuis un an et l'idée de quintupler l'extraction de sables bitumineux pour répondre aux besoins des Américains n'est pas sur le point de se concrétiser.
M. Soudas a indiqué que le rapport présenté par Radio-Canada comme un document secret était disponible sur Internet depuis plusieurs mois et qu'il ne constituait pas une politique du gouvernement canadien.
Mercredi matin, le ministre des Ressources naturelles Gary Lunn laissait toutefois entendre que l'extraction de sables bitumineux pourrait passer de quatre à cinq millions de barils par an et que cela nécessiterait une amélioration des processus, actuellement très polluants.
En entrevue à la Presse canadienne, le ministre de l'Industrie Maxime Bernier a souligné que la décision d'accroître ou non leur production appartenait aux entreprises, et non au gouvernement. «L'industrie pétrolière n'est pas nationalisée au Canada. C'est elle qui va répondre à ça.»
Amnésie chez les libéraux
Les conservateurs ont tout fait hier pour faire porter le blâme à leurs prédécesseurs libéraux.
Le nouveau chef Stéphane Dion, qui était ministre de l'Environnement en janvier 2006, a cependant assuré n'avoir jamais eu connaissance du projet révélé par les journalistes de l'émission Zone libre.
«Il y a toujours des discussions avec les Américains sur toutes sortes de choses. Mais je n'ai pas été saisi d'un plan précis pour multiplier par cinq l'utilisation des sables bitumineux. Ce n'est pas quelque chose qu'on regardait», a-t-il déclaré lors d'un point de presse.
Même son de cloche du côté de John McCallum, qui était ministre des Ressources naturelles à la fin du règne libéral, en 2005. «La première fois que j'ai entendu parler de cette histoire, c'est à la télévision hier soir», a-t-il déclaré.
«Si une telle réunion a eu lieu, je suis quand même surpris qu'on ait discuté ces choses et que je n'aie pas été mis au courant alors que j'étais ministre.»
Selon les chiffres du ministère des Ressources naturelles, l'extraction et la transformation des sables bitumineux est responsable à elle seule de 25 des 127 mégatonnes d'émissions de gaz à effet de serre du Canada en 2004.
Le premier ministre Stephen Harper aurait même appris à la télévision l'existence du projet qui viserait à quintupler l'extraction de sables bitumineux d'ici 2011 pour répondre à la demande américaine.
«La réunion à ce sujet à Houston [Texas] a eu lieu les 24 et 25 janvier 2006, donc avant l'assermentation de notre gouvernement. Les libéraux en savent certainement plus long que nous là-dessus», a fait valoir l'attaché de presse du chef conservateur, Dimitri Soudas.
Le gouvernement Harper, élu le 23 janvier, n'a en effet été assermenté que le 6 février.
D'après M. Soudas, aucune autre rencontre de ce type n'a eu lieu depuis un an et l'idée de quintupler l'extraction de sables bitumineux pour répondre aux besoins des Américains n'est pas sur le point de se concrétiser.
M. Soudas a indiqué que le rapport présenté par Radio-Canada comme un document secret était disponible sur Internet depuis plusieurs mois et qu'il ne constituait pas une politique du gouvernement canadien.
Mercredi matin, le ministre des Ressources naturelles Gary Lunn laissait toutefois entendre que l'extraction de sables bitumineux pourrait passer de quatre à cinq millions de barils par an et que cela nécessiterait une amélioration des processus, actuellement très polluants.
En entrevue à la Presse canadienne, le ministre de l'Industrie Maxime Bernier a souligné que la décision d'accroître ou non leur production appartenait aux entreprises, et non au gouvernement. «L'industrie pétrolière n'est pas nationalisée au Canada. C'est elle qui va répondre à ça.»
Amnésie chez les libéraux
Les conservateurs ont tout fait hier pour faire porter le blâme à leurs prédécesseurs libéraux.
Le nouveau chef Stéphane Dion, qui était ministre de l'Environnement en janvier 2006, a cependant assuré n'avoir jamais eu connaissance du projet révélé par les journalistes de l'émission Zone libre.
«Il y a toujours des discussions avec les Américains sur toutes sortes de choses. Mais je n'ai pas été saisi d'un plan précis pour multiplier par cinq l'utilisation des sables bitumineux. Ce n'est pas quelque chose qu'on regardait», a-t-il déclaré lors d'un point de presse.
Même son de cloche du côté de John McCallum, qui était ministre des Ressources naturelles à la fin du règne libéral, en 2005. «La première fois que j'ai entendu parler de cette histoire, c'est à la télévision hier soir», a-t-il déclaré.
«Si une telle réunion a eu lieu, je suis quand même surpris qu'on ait discuté ces choses et que je n'aie pas été mis au courant alors que j'étais ministre.»
Selon les chiffres du ministère des Ressources naturelles, l'extraction et la transformation des sables bitumineux est responsable à elle seule de 25 des 127 mégatonnes d'émissions de gaz à effet de serre du Canada en 2004.
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