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Option vérité

Bernard Descôteaux   16 janvier 2007  Canada
La publication du rapport d'enquête du juge à la retraite Bernard Grenier sur les infractions à la loi qu'aurait commises Option Canada durant la campagne référendaire de 1995 pourrait être retardé si son dépôt survenait en pleine campagne électorale. La précision a été apportée par le directeur général des élections (DGE), Marcel Blanchet, qui a commandé cette enquête. Rendre publiques les conclusions du juge pourrait être perçu, craint-il, comme une ingérence dans le processus électoral. Il a tout à la fois tort et raison.

Le mandat du juge Grenier se terminant à la fin du mois de mars, M. Blanchet a en effet raison de redouter de se retrouver dans une situation délicate puisqu'il est possible que le premier ministre Charest déclenche des élections au même moment. En tant que DGE, il est vrai que M. Blanchet est tenu à un devoir de stricte neutralité, auquel on pourrait l'accuser de manquer si ce rapport se révélait explosif, comme plusieurs le croient.

Que ce rapport soit rendu public ou non n'empêchera toutefois pas que ce qu'on a appelé le scandale d'Option Canada fasse partie du débat électoral. S'il y a une chose certaine, c'est qu'il sera abondamment question du projet de souveraineté du Québec durant cette campagne électorale. Comme on peut facilement l'imaginer, le discours libéral consistera à reprocher au Parti québécois de vouloir ignorer la volonté démocratique des Québécois, qui par deux fois ont rejeté ce projet. On entend déjà les péquistes rétorquer en rappelant que, justement, les résultats du dernier référendum ont pu être faussés par le rôle occulte joué alors par Option Canada.

Il est loin d'être certain que retarder la publication du rapport Grenier serve bien l'intérêt public. S'il en était ainsi, pendant que Jean Charest et André Boisclair se lanceraient toutes sortes d'invectives, les électeurs n'auraient pas droit de savoir quel rôle Option Canada a véritablement joué en 1995. Ils ne pourraient savoir si cette organisation a financé la campagne référendaire du NON et, le cas échéant, dans quelle proportion. Les Québécois devraient se contenter d'écouter les questions sans connaître les réponses, qui seraient contenues dans un rapport sur lequel s'assoirait le DGE pour éviter de se faire accuser d'ingérence. De la part de celui qui est supposé être le garant du caractère démocratique du processus électoral, on s'attendrait à mieux. Il est d'abord responsable vis-à-vis des électeurs, bien avant de l'être vis-à-vis des partis.

On ne sait ce que contiendra le rapport du juge Grenier. Qu'il soit explosif ou pas, personne n'a intérêt à en retarder la publication, pas plus Marcel Blanchet qu'André Boisclair ou Jean Charest. Et surtout pas ce dernier, à qui ses adversaires politiques n'auront de cesse de reprocher d'avoir peur de la vérité, bonne ou mauvaise. Autant l'affronter le plus rapidement possible, car, de toute façon, elle le rattrapera un jour ou l'autre. Depuis le scandale des commandites, tout politicien a intérêt à miser sur la franchise. Le premier ministre y gagnerait en demandant au DGE de rendre public ce rapport, peu importe le moment où il sera déposé.

***

bdescoteaux@ledevoir.ca






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  • Richard Weilbrenner
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 07h15
    Qu'est-ce que la vérité ?
    « Je me demande combien de "preuves" il faudra encore verser au dossier du référendum de 1995 pour que l'on finisse par s'ouvrir les yeux sur le fait le camp du Non ne reculerait devant rien et que tous les moyens lui seraient bons pour "tuer" les séparatistes. L'on sait déjà quelles sont ses armes privilégiées : l'argent, bien sûr, beaucoup d'argent, la peur, toujours la peur ("Je ne sais pas ce qui arrivera aux chèques de pension de vieillesse demain matin si le Oui gagne"); la duperie ("Nous mettons nos sièges en jeu"); la manipulation des esprits (y compris l'esprit des fédéralistes de bonne foi); le sophisme (un Oui, c'est un Non), l'intimidation... Comment appeler autrement, en effet, la manifestation de 300 000 Canadiens débarqués dans les rues de Montréal pour un carnaval politique organisé et financé dans le plus parfait mépris des lois québécoises sur les consultations publiques ? Le rapport du DGE n'a plus rien à nous apprendre, sinon, peut-être, quelques faits anecdotiques fumants dont les politiciens s'empareront pour les mettre au service de leurs propres intérêts. La vérité ? Combien de Québécois sont capables de la regarder en face ?
    Richard Weilbrenner, Sutton »

  • Steve Fortin
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 08h06
    Démocratie bafouée... relents de république de banane!
    « Scandale des commandites, Option Cacanada, grand rassemblement pour le non financé à même les deniers publics, non respect des paramètres financiers par le camp fédéraliste, mépris institutionnel et constant d'une certaine élite torontoise journalistique qui se traduit par des articles mensongers à propos des québécois...

    Combien de peuples se sont refusés leur indépendance au cours de l'histoire ? Par quel insidieux procédé du langage ce peuple s'est-il laissé enfermé dans dans les tourments de la "séparation"; depuis quand la lutte pour l'émancipation et l'indépendance est-elle a fortiori négative ?

    L'indépendance ne se fait pas au détriment des uns et selon les conditions des autres; l'indépendance est un objectif commun, rassembleur et éminamment positif en cette époque marquée au fer ROUGE par la réthorique négative et mensongère que martèlent ceux qui s'y opposent. Si au moins on en débattait intelligemment.

    Le plus triste constat crève les yeux: la facilité déconcertante avec laquelle les québécois sont manipulés par les "penseurs", les "façonneurs" d'opinion publique... Comment pourrait-il en être autrement quand on constate que plus de la moitié de ceux-ci déchiffrent mal (ou pas) la nature sémantique de ce qu'ils lisent à présent.

    Dans la tourmente de l'abondance et de la surexploitation de la nouvelle, de l'information; qui ne font que confondre (et rendre facile la manipulation), il est grand temps de respirer, d'éteindre l'appareil pour reprendre le collier. Recommencer à dialoguer avec tous les québécois, de toutes origines, afin de se réapproprier le droit (le devoir)de s'afficher positivement et de façon constructive comme défenseur de l'indépendance du Québec; projet fondamental et nécessaire à l'émancipation et au développement d'une collectivité francophone en amérique du nord.

    Vive l'indépendance du Québec. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 09h13
    Frustration
    « Bonjour

    Vous avez tout à fait raison. Comment peut-il se permettre d'en retarder le résultat? Il y a des jours frustrants et cette annonce de M.Blanchet m'a rappelé l'histoire des républiques de bananes.

    Comment croire en l'honnêteté d'un système quand celui qui est censé de s'en assurer prend la voie de desserte.

    Out ! M.Blanchet.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Jean-Philippe Godbout
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 12h59
    Tout à fait d'accord, sauf que...
    « Le retardement du dépôt de M. le juge Grenier, contrairement à ce que le directeur général des élections (DGE) Marcel Blanchet affirme, est justement une ingérence dans le processus démocratique. Comment peut-il, par une réthorique languagière nous faire croire le contraîre? Celui-ci privera les citoyens d'informations essentielles et donc, leur permettre de faire un choix éclairé lors de leur vote.

    Retarder le dépôt du juge pour cause d'élection probable, voila ce qui a mes yeux me semble être le détournement du processus démocratique. Retarder le dépôt du rapport d'enquête portant sur des pratiques douteuses de finacements lors d'un vote (référendum), parce que le québec, justement, se retrouvera en période de vote ?

    Quant à mon analyse personnelle de la situation, le seul qui y gagnerait au change ne peut être que Monsieur Charest, contrairement a ce qu'affirme Bernard Descôteaux. Il devra faire face a ce rapport un jour ou l'autre, oui. Mais, pour le parti libéral du Québec, le meilleur moment d'y faire face serait en début de second mandat victorieux. Lorsque le parti libéral aura des comptes à rendre sur la question, cela restera de peu d'effet car un vote de sanction de la part de la population n'aura pas eu lieu, les élections seront passés. La population aura bien le temps d'oublier lors de futurs élections.

    Impossible de nier la relation Blanchet-Charest, l'un sert bien le deuxième, cela va de soi, et cette attitude de Monsieur Blanchet prouve bien que ce repport ne peut que favoriser un parti lors d'élection, Le parti libéral. Ingérence dans le processus électoral vous dites... Mais pour qui ? Au détriment des citoyens et en faveur d'un seul parti. »

  • oneil bouchard
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 17h49
    petite logique
    « si ce rapport n'est pas publié rapidement, sortons Charest. Ca sentirait trop mauvais.

    si ce rapport est publié, rapidement comme prévu, chacun sera à même de lire, de réfléchir, d'entendre, de prenre position, de voter...

    Et que le meilleur gagne. Sinon qu'on nous fasse pas l'insulte de nous mettre un bulletin de vote dans la main. Je crois que les gens du québec en ont plein leur casse.

    Et si cela n'était pas publié en temps opportun, et si à l'issue d'un camouflage habile monsieur Charest était réélu, sortons Harper, et sortons Dion, c'est possible. Ces deux derniers ont comme pas intérêt à s'ingérer, et qu'on demeure vigilant face à un prochain programme de commandites...

    irishbird »

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