Un autre contrat de trois milliards serait accordé sans appel d'offres - Des milliards dépensés sans même connaître les besoins des militaires
Ottawa — Le gouvernement de Stephen Harper n'a pas encore terminé ses emplettes militaires puisqu'il s'apprête à dépenser près de trois milliards de dollars pour acheter des nouveaux avions de recherche et de sauvetage. Un autre contrat qui pourrait être accordé sans appel d'offres. Or tous les achats militaires, qui totaliseront bientôt 20 milliards de dollars, sont annoncés alors que le ministère de la Défense n'a toujours pas terminé de concocter son Plan de capacité militaire (Defense Capability Plan), prévu depuis des mois. Une situation que dénonce le Bloc québécois.
Un plan de capacité militaire détermine les besoins et les objectifs des forces armées, ainsi que l'équipement nécessaire pour mener à bien les missions assumées par le ministère de la Défense durant les années à venir. Il s'agit d'un document de référence qui permet une cohérence dans les achats et la planification militaire.
Or ce plan est en gestation depuis plusieurs mois maintenant, mais rien n'a encore été produit. En octobre dernier, le ministère de la Défense affirmait qu'il s'agissait d'une «question de semaines» avant que le Plan de capacité militaire ne voit le jour. Depuis, toujours rien. Hier, un porte-parole de la Défense a soutenu au Devoir que le processus de réflexion se poursuit et qu'aucune date n'a été arrêtée pour rendre public ce plan.
Une aberration, selon Claude Bachand, porte-parole du Bloc québécois en matière de défense. «Ça n'a pas d'allure, a-t-il dit au Devoir. Ce plan est important, il doit guider l'armée dans ses achats. À quoi il va servir si on continue d'annoncer des achats milliardaires au rythme actuel? On met la charrue devant les boeufs. Il faut d'abord savoir où on s'en va avant de précipiter les annonces.»
Claude Bachand pense que le Plan de capacité militaire pourrait ne servir qu'à «justifier» les achats des conservateurs, alors qu'il devrait au contraire permettre de mieux cerner les besoins. Et puisque le gouvernement multiplie les achats sans véritable appel d'offres, ce plan est d'autant plus important, selon le député du Bloc.
Ottawa pourrait d'ailleurs annoncer sous peu l'achat d'avions Spartan C27J destinés à la recherche et aux sauvetages, une acquisition de trois milliards de dollars, incluant l'entretien sur 20 ans. Le nombre d'avions — dont chaque appareil coûte entre 30 et 40 millions — n'est pas connu. Le budget libéral de 2004 prévoyait des sommes pour l'achat de ce type d'appareil, qui doit remplacer les Buffalo CC-115 et les Hercules vieillissants.
Selon The Globe and Mail, les conservateurs auraient décidé de procéder sans appel d'offres, à l'image des achats militaires précédents. Or au moins un compétiteur au Spartan C27J voudrait pouvoir participer à un appel d'offres. Il s'agit de l'européen CASA-EADS avec son plus petit mais fiable C295. Le Spartan est quant à lui un modèle d'appareil plus récent, construit par l'avionneur italien Alenia. Toujours selon le Globe, le ministère de la Défense aurait choisi le Spartan parce qu'il est légèrement plus rapide.
En ajoutant ces trois milliards, Ottawa pourrait avoir annoncé, en un an, pour 20 milliards de dollars en achats militaires, incluant l'entretien des appareils. Des bateaux, des hélicoptères, des camions, des avions tactiques et des avions de transport stratégique sont actuellement en commande. Beaucoup de contrats qui seront scrutés à la loupe par le Comité parlementaire de la défense dès le retour des députés à Ottawa, au début de février.
Un plan de capacité militaire détermine les besoins et les objectifs des forces armées, ainsi que l'équipement nécessaire pour mener à bien les missions assumées par le ministère de la Défense durant les années à venir. Il s'agit d'un document de référence qui permet une cohérence dans les achats et la planification militaire.
Or ce plan est en gestation depuis plusieurs mois maintenant, mais rien n'a encore été produit. En octobre dernier, le ministère de la Défense affirmait qu'il s'agissait d'une «question de semaines» avant que le Plan de capacité militaire ne voit le jour. Depuis, toujours rien. Hier, un porte-parole de la Défense a soutenu au Devoir que le processus de réflexion se poursuit et qu'aucune date n'a été arrêtée pour rendre public ce plan.
Une aberration, selon Claude Bachand, porte-parole du Bloc québécois en matière de défense. «Ça n'a pas d'allure, a-t-il dit au Devoir. Ce plan est important, il doit guider l'armée dans ses achats. À quoi il va servir si on continue d'annoncer des achats milliardaires au rythme actuel? On met la charrue devant les boeufs. Il faut d'abord savoir où on s'en va avant de précipiter les annonces.»
Claude Bachand pense que le Plan de capacité militaire pourrait ne servir qu'à «justifier» les achats des conservateurs, alors qu'il devrait au contraire permettre de mieux cerner les besoins. Et puisque le gouvernement multiplie les achats sans véritable appel d'offres, ce plan est d'autant plus important, selon le député du Bloc.
Ottawa pourrait d'ailleurs annoncer sous peu l'achat d'avions Spartan C27J destinés à la recherche et aux sauvetages, une acquisition de trois milliards de dollars, incluant l'entretien sur 20 ans. Le nombre d'avions — dont chaque appareil coûte entre 30 et 40 millions — n'est pas connu. Le budget libéral de 2004 prévoyait des sommes pour l'achat de ce type d'appareil, qui doit remplacer les Buffalo CC-115 et les Hercules vieillissants.
Selon The Globe and Mail, les conservateurs auraient décidé de procéder sans appel d'offres, à l'image des achats militaires précédents. Or au moins un compétiteur au Spartan C27J voudrait pouvoir participer à un appel d'offres. Il s'agit de l'européen CASA-EADS avec son plus petit mais fiable C295. Le Spartan est quant à lui un modèle d'appareil plus récent, construit par l'avionneur italien Alenia. Toujours selon le Globe, le ministère de la Défense aurait choisi le Spartan parce qu'il est légèrement plus rapide.
En ajoutant ces trois milliards, Ottawa pourrait avoir annoncé, en un an, pour 20 milliards de dollars en achats militaires, incluant l'entretien des appareils. Des bateaux, des hélicoptères, des camions, des avions tactiques et des avions de transport stratégique sont actuellement en commande. Beaucoup de contrats qui seront scrutés à la loupe par le Comité parlementaire de la défense dès le retour des députés à Ottawa, au début de février.
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