Lettres: Blé d'Inde, oui
Au Téléjournal de Radio-Canada le 3 janvier, le «chef de bureau» à Ottawa, Patrice Roy, a dit de John Baird, le nouveau ministre de l'Environnement, qu'il est «parfaitement bilingue». Le lendemain, j'ai entendu le ministre en entrevue. Si cet homme est parfaitement bilingue, je parle le putonghua. Du côté francophone, Baird serait considéré comme parfaitement bilingue, alors que du côté anglophone, Stéphane Dion ne se ferait pas bien comprendre en anglais? C'est trop drôle!
Les gens «parfaitement bilingues» sont rares en politique et pour la plupart d'origine francophone. M. Baird est bilingue selon les critères des fonctionnaires fédéraux qui décident de l'octroi de la prime au bilinguisme mais pas selon le dictionnaire. Dans les faits, il baragouine le français (qu'il n'apprivoise, bien entendu, que pour faire son chemin au fédéral); si on lui faisait écouter un film français ou québécois, il ne comprendrait que le cinquième des répliques (il n'aurait donc qu'à le voir cinq fois pour tout saisir, concluraient les clowns de RBO).
Il est dans l'intérêt de certaines personnes de faire croire aux francophones de ce pays aux deux langues officielles que des politiciens anglophones sont bilingues alors qu'ils ne le sont souvent pas. Cela nourrit l'illusion selon laquelle le français est considéré avec respect d'un océan à l'autre, favorisant ainsi l'unité et l'harmonie. On a une idée de la situation réelle quand on apprend qu'une bonne Canadienne comme Rona Ambrose a déjà appris deux langues d'origine latine mais pas le français. Qui, au Québec, apprendrait comme deuxième et troisième langues le portugais et l'espagnol avant l'anglais?
Sylvio Le Blanc, Montréal
Les gens «parfaitement bilingues» sont rares en politique et pour la plupart d'origine francophone. M. Baird est bilingue selon les critères des fonctionnaires fédéraux qui décident de l'octroi de la prime au bilinguisme mais pas selon le dictionnaire. Dans les faits, il baragouine le français (qu'il n'apprivoise, bien entendu, que pour faire son chemin au fédéral); si on lui faisait écouter un film français ou québécois, il ne comprendrait que le cinquième des répliques (il n'aurait donc qu'à le voir cinq fois pour tout saisir, concluraient les clowns de RBO).
Il est dans l'intérêt de certaines personnes de faire croire aux francophones de ce pays aux deux langues officielles que des politiciens anglophones sont bilingues alors qu'ils ne le sont souvent pas. Cela nourrit l'illusion selon laquelle le français est considéré avec respect d'un océan à l'autre, favorisant ainsi l'unité et l'harmonie. On a une idée de la situation réelle quand on apprend qu'une bonne Canadienne comme Rona Ambrose a déjà appris deux langues d'origine latine mais pas le français. Qui, au Québec, apprendrait comme deuxième et troisième langues le portugais et l'espagnol avant l'anglais?
Sylvio Le Blanc, Montréal
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