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Kyoto: le Canada est en infraction

Louis-Gilles Francoeur   9 janvier 2007  Canada
Le gouvernement canadien contrevient au protocole de Kyoto depuis une semaine parce qu'il n'a pas mis en place, le 1er janvier, le registre national dans lequel entreprises et gouvernements peuvent enregistrer leurs «crédits d'émissions» de gaz à effet de serre (GES) lorsqu'ils devancent la première échéance légale de réductions, soit dans un an, en janvier 2008.

Le porte-parole d'Environnement Canada, Denis Simard, a indirectement confirmé hier le retard du Canada hier en précisant que «la question du registre sera traitée dans le prochain rapport» à l'ONU, un rapport annuel dans lequel les signataires précisent les efforts réalisés dans la dernière année. M. Simard a confirmé qu'aucun registre national officiel n'était en place et il n'a rien dit qui laisse prévoir qu'un tel registre serait créé à très court terme.

Le rapport sur les efforts du gouvernement canadien en matière de réduction des émissions nationales de GES devait être remis le 1er janvier au Secrétariat qui gère le protocole de Kyoto, à Nairobi. Mais le Canada, a précisé le porte-parole d'Environnement Canada, entend le terminer «au cours des prochaines semaines».

Selon les informations obtenues par Le Devoir, les services juridiques fédéraux ont commencé à l'époque du gouvernement Martin à élaborer un scénario de registre national des émissions, conforme aux dispositions du protocole. Cette opération juridique consiste à définir les critères en vertu desquels le Canada va reconnaître les réductions de gaz à effet de serre que réaliseraient maintenant des entreprises alors qu'elles ne sont pas obligées de le faire. Ces réductions deviennent alors des «crédits» qu'une entreprise fait reconnaître et valider, en les inscrivant au registre national, pour les conserver en vue d'une période de réductions réglementaires ultérieure ou pour les vendre, si c'est plus avantageux pour elle.

Le retard du Canada à réduire ses émissions de GES ne constitue pas, pour l'instant, une infraction formelle au traité international ratifié par le Canada en décembre 2002. En vertu de ses engagements, le Canada doit ramener la moyenne de ses émissions entre 2008 et 2012 à 6 % sous le niveau de 1990. S'il prend du retard dans les premières années, il peut se reprendre avant l'échéance de 2012.

Jusqu'ici, le Canada a soumis ses rapports annuels à l'ONU, quoique parfois avec d'importants retards.

Mais l'échéance du 1er janvier 2007, date à laquelle les parties au protocole doivent avoir mis en place un registre national fonctionnel, est la première qui permette de tester la volonté d'un gouvernement à respecter les exigences du protocole.

Ce registre national des émissions, explique Guy Drouin, vice-président et porte-parole de Réseau-Environnement en matière de changements climatiques, est aux crédits d'émissions de GES ce que le Bureau d'enregistrement est aux actes notariés relatifs aux titres de propriété.

Le registre reconnaît, en les consignant sous l'autorité de l'État, les «crédits» de GES réalisés par des entreprises qui ont décidé de prendre de l'avance dans leur plan de réductions, ce qui est parfois avantageux économiquement si, par exemple, une entreprise entend changer son procédé de production. Une fois reconnus conformes aux critères du protocole, ces crédits peuvent ainsi être stockés, si l'on peut dire, en attendant que l'État mette en place des normes de réduction. L'entreprise pourra aussi les vendre sur le marché international, sur l'important marché déjà en place en Europe et sur celui en gestation aux États-Unis.

«En l'absence d'un registre officiel d'émissions, explique Guy Drouin, il n'est pas intéressant pour une entreprise de passer à l'action maintenant, car, lorsque des normes exigeront d'elle de faire un effort, ce qu'elle a déjà fait risque de ne pas être reconnu. L'absence de ce registre décourage donc les entreprises de devancer les exigences gouvernementales, ce qui serait plutôt bénéfique pour la planète sans que cela coûte un sou au gouvernement. L'absence de registre empêche aussi des entreprises d'ici de financer des réductions à bon prix dans des pays en développement en vertu du mécanisme de développement propre du protocole.»

Faute d'un registre national qui validerait leurs crédits, les entreprises d'ici sont ainsi condamnées à regarder leurs concurrents européens mettre la main sur les meilleures aubaines dans les pays en développement, car les premiers projets lancés sont généralement ceux qui rapportent le plus au meilleur prix.

Du sur-place

Les déclarations du premier ministre Harper, publiées hier dans le Globe & Mail, ont soulevé de vives inquiétudes chez les écologistes et tout particulièrement du côté du Bloc québécois où l'on espère que le gouvernement fédéral va mettre en place un plan pour atteindre les objectifs de Kyoto et cesser de faire du sur-place.

Le premier ministre a en effet déclaré que le Canada augmenterait substantiellement ses émissions d'ici à 2012, malgré son engagement de les réduire. Lui qui déclarait la semaine dernière qu'il avait compris le message des Canadiens dans le dossier de Kyoto a déclaré au Globe que le «Canada dépasserait de 50 % ses objectifs en 2012».

Cette déclaration signifie trois choses, expliquait hier au Devoir le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Cela signifie d'abord que «d'avoir sorti Rona Ambrose de l'Environnement pour confier ce ministère à John Baird ne change en rien la politique du gouvernement Harper sur le fond: il continue de renoncer à faire les efforts qui s'imposent, alors qu'il devrait redoubler d'efforts s'il a vraiment compris le message que lui envoient les électeurs», explique Gille Duceppe.

Cela signifie aussi que le gouvernement Harper reste dans le flou sur un des principaux enjeux de la politique canadienne. «Qu'est-ce que le premier ministre veut dire quand il dit qu'on dépassera de 50 % notre objectif. Est-ce +12 % par rapport à -6 %. Est-ce la moitié du chemin par rapport à notre dépassement de 34 % de la cible de Kyoto? On aurait bien des questions à lui poser si on pouvait le faire au Parlement.»

Enfin, le chef du Bloc estime que le manque de détermination véritable du gouvernement dans ce dossier pourrait faire en sorte que Kyoto deviendra son Waterloo.

S'il est difficile de prédire une union des forces d'opposition aux Communes sur la question du déséquilibre fiscal en raison de l'attitude ambiguë des libéraux et des concessions que le NPD pourrait faire de nouveau sur le budget, estime Gilles Duceppe, le dossier de l'Afghanistan ne lui paraît pas plus propice à une coalition sans faille des votes de l'opposition pour renverser le gouvernement Harper car, du côté du Bloc, dit-il, on n'est pas prêt à exiger un retrait total des forces canadiennes pour laisser la place aux talibans.

Par contre, dit-il, le dossier de Kyoto pourrait rejoindre les positions de principe énoncées jusqu'ici par le NPD, les libéraux et le Bloc. Un dossier à suivre de près, selon lui.






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  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mardi 9 janvier 2007 01h31
    Réchauffement des médias pour Kyoto
    « Avant de copier les solutions de la France pour réduire les GES demandez au gouvernement français qu'il cesse d'ici 5 ans toute énergie nucléaire ainsi que de respecter la demande de l''OMS concernant les particules fines qui tuent 360 000 européens. J'aimerais voir les réactions vis-à-vis Saint Kyoto? Il est désormais impossible de parler environnement au Québec parce que quelques groupes de pression non indépendants ont fait consensus sur KYOTO. Désolant, pendant ce temps le smog continu, la santé et la vie des gens sont menacées et tout ce beau monde en contestation main dans la main. J'aimerais être un oiseau, un arbre ou encore mieux un ours polaire....J'ai jamais voter pour ça. »

  • Pierre Marchand
    Inscrit
    mardi 9 janvier 2007 09h15
    Passer par l'État pour arriver à la conscience individuelle ???
    « Comment se fait-il que les élus n'expriment pas les intérêts du peuple qui les as pourtant choisis comme interlocuteurs ? Se pourrait-il que l'on attende des élus des gestes que nous n'arrivons pas à poser soi-même ? Et si la bascule des changement que la situation planétaire exige soit le fruit de milliard de petit gestes...Nous sommes habitués d'attendre du gouvernement de "faire" à notre place.

    Peut-être est-ce le temps de se rapatrier ce pouvoir "de faire" individuellement ce que la planète nous demande à chacun. On ne peut attendre du gouvernement de nous insuffler une conscience individuelle à l'égard de la planète, cette conscience ne peut émaner nulle part ailleurs qu'en nous tous et chacun. Lorsque les gens n'attendrons plus du gouvernement des gestes qu'ils n'arrivent pas à poser individuellement, alors les représentants politiques seront possiblement plus enclins à écouter le peuple.....Le protocole de kyoto n'est pas extérieur à nous, c'est le défi personnel qui se trouve en chacun de nous, êtes-vous prêt à le relever?? »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 9 janvier 2007 10h13
    Bon et puis après...
    « Il y a rien là comme on dit souvent. On s'apercoit de plus en plus que le prtocole de Kyoto fait fausse route et que les experts se sont fourvoyés royalement. À preuve, le même phénomène a été observé par la NASA sur Mars, Pourtant , ils n'y a pas d'insdutries polluantes et de protocole ourdi par l'ONU, cet organisme regroupant les politiciens du monde autour d'une table...

    Les médias et les activistes du climat attribuent à peu près tout aux changements climatiques et Environnement Canada peut se tromper de dix degrés, 48 heures à l'avance en fin de semaine et au lieu de s'excuser, nous prédire les hivers doux en 2040. Ca me rend sceptique sur la fiabilité de leurs assertions et de leur discours.

    Quand on s'informer un peu plus on découvre que le soleil est la centrale énergétique de notre planète : il lui apporte plus de 99 % de son énergie, notamment sous forme de chaleur. L'hypothèse la plus évidente serait que le réchauffement récent s'explique en grande partie par un accroissement du rayonnement solaire à la source doublé d'une hausse sensible de l'insolation effective de la Terre, cette dernière étant due à une baisse de la nébulosité et des aérosols atmosphériques. Deux études récentes à ce sujet, montrant que le bilan radiatif effectif du soleil présente en 20 ans des variations plus importantes que les gaz à effet de serre en 250 ans. Voilà pourquoi Mars est aussi touchée par le phénomène.

    L'étude des variations du rayonnement solaire et cosmique a été la grande oubliée des trente dernières années.

    L'obsession carbonique des années 1980 a orienté la majorité des investissements (et des chercheurs) vers l'étude d'un gaz qui ne représente que 0,035 % de l'atmosphère terrestre. A mesure que les données commencent à affluer, on se rend compte que les variations courtes du rayonnement solaire ont une influence autrement plus importante sur le climat terrestre en général, et les températures en particulier. Améliorer la qualité de l'air que l'on respire, j'en suis mais enfaire un remède à la situation présente, c'est autre chose.

    Les climatologues se seraient-ils trompés et auraient ils mal orienté les politiciens sur le protocole de Kyoto? Ceux qui s'alarment veulent faire des $$$ en installant un marché du carbone à Montréal, voilà la vrai motivation: des sous pour les gourous de la nouvelle religion...


    Voici quelques références pour élargir nos horizons:

    http://www.climat-sceptique.com/
    http://www.newscientist.com/article.ns?id=dn4321
    http://www.co2science.org/scripts/CO2ScienceB2C/Index.jsp
    http://www.friendsofscience.org/
    http://www.cato.org/

    Fernand Trudel


    références :

    Pallé E. et al. (2004), Change in Earth's reflectance over the past two decades, Science, 1299-1301.
    Pinker R.T. et al. (2005), Do satellite detect trends in surface solar radiation ?, Science, 308, 850-854.
    Wild M. et al. (2005), From dimming to brightening : decadal changes in solar radiation at Earth surface, Science, 308, 847-850.
    Willson R.C., A.V. Mordinov (2003), Secular total solar irradiance trend during solar cycles 21 and 22, Geophys. Res. Let., 30, 1199-1202. »

  • Jacques Demers
    Inscrit
    mardi 9 janvier 2007 11h02
    Merci pour le suivi au pas à pas pour le dossier Kyoto
    « C'est ce qu'on peut appeler de l'information pertinente sur des actions concrètes que le gouvernement fait ou ne fait pas.

    Je peux vous dire que vos articles crédibles alimentent nos discussions sur le forum Outaouaisweb.

    Nous le public gardons la pression sur le gouvernement grâce en grande partie à vous.

    Je me demande si le NPD pense à Kyoto ou à sa position de plus en plus serré entre le parti Vert et le parti Libéral. Puisque que nous savons qu'il a la balance du pouvoir.

    A suivre...

    Jacques Demers,
    Citoyen du monde. »

  • Jean-Pierre Landry
    Inscrit
    mardi 9 janvier 2007 12h02
    Y a-t-il un leader dans cette galère?
    « La main divine du marché n'a pas le bras très long quand il s'agit de mettre au pas les cancres et les "mon concurrent ne le fait pas, alors ...". Il ne semble pas que nos élus ne veuillent exercer le leadership qu'ils nous ont promis aux élections, demerons les cancres de la classe et balayons nos pollutions et responsabilités sous le tapis, jusqu'à la prochaine crise d'allergie! »

  • Alain Brunel
    Abonné
    mardi 9 janvier 2007 13h47
    il n'y a pas pire aveugle...
    « M. Trudel raconte des bêtises dignes de l'incurie de Stephen Harper à propos du réchauffement climatique. C'est un problème d'une gravité extrême pour toute l'humanité et il est plus que temps de le prendre au sérieux avant que l'emballement climatique ne mène à la catastrophe... Je conseille à M. Trudel de lire dossier spécial du magazine pour la Science de janvier-mars 2007 quand il voudra sortir du déni. »

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    mardi 9 janvier 2007 20h00
    Le Waterloo du Bloc !
    « Tant mieux, Louis-Gilles, si nous sommes en retard. Ça va nous coûter moins cher en subventions à la Chine et à d'autres pays qui n'ont pas à se soumettre à Kyoto. Et puis, le nouveau secrétaire général de l'ONU enverra ici quelle armée pour nous y soumettre? Hein ?

    Donnez les coûts et vous verrez que Kyoto va perdre des plumes au Canada.

    Excusez-moi, j'ai expiré un peu plus de CO2 en écrivant cette note.

    Yvon Dionne
    St-Damase-de-L'Islet (Québékistan)
    Http://pages.globetrotter.net/yvon_dionne »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 9 janvier 2007 21h43
    Un mot de trop
    « Richard Lindzen, éminent scientifique et ex-membre du GIEC écrivait récemment dans le WALL STTRET JOURNAL un article intitulé «Climate of fear» qui dénoncait les tactiques des adeptes du concensus onusien envers ceux qui par leur analyse scientifique arrivaient à des conclusions autres que les «officielles».

    La réplique de Monsieur Brunel à mon sujet en est un exemple éloquent. Je dis des faussetés et je suis un négatif non affranchi... À ca je répond: Qu'est devenue la climatologie au Québec et au Canada, si elle n'est pas la pseudo-science des politiciens, de leurs activistes et de tous ceux qui peuvent bénéficier des dépenses gouvernementales en matière de climat ?

    Voici un extrait des assertions de Richard Lindzen : «Les chercheurs qui refusent l'alarmisme voient leurs subventions disparaître, leur travail décrié et ils sont qualifiés de suppôts de l'industrie, de piètres scientifiques ou pire encore. Pas étonnant dans ces conditions que les mensonges à propos du changement climatique gagnent en crédibilité alors même qu'ils contredisent de plein fouet la science qui est leur fondement supposé.»

    Mais le champ de bataille climatique n'est pas qu'une guerre de mots. Lindzen rappelle les mises à l'écart de Henk Tennekes (Pays-Bas), d'Aksel Winn-Nielsen (WMO-OMM), d'Alfonso Sutera et Antonio Speranza (Italie)... tous climatologues respectés mais tous coupables d'avoir émis de sérieux doutes sur le nouveau catéchisme du réchauffement. «Seuls les scientifiques âgés peuvent désormais se dresser face à la tempête alarmiste», conclut amèrement Lindzen. «Ceux qui commencent leur carrière ont un choix assez simple entre le conformisme réchauffeur ou la fraîcheur d'un placard.»

    Monsieur Brunel, je suis trop vieux et je n'ai pas de carrière à protéger ni de bible à louanger...

    Je rappelle qu'à Naïrobi, les délégués ne pouvaient s'entendre pour revoir les objectifs de Kyoto car les données scientifiques étaient jugées insuffisantes. Voici l'extrait du journal le Standard : «Some delegates want the protocol that came into effect last year, to be reviewed but others claim that there is still insufficient scientific information to facilitate the review.

    "There is really a divergence of views ... can we undertake the review now ... should we undertake the review later... should we start the review now and maybe continue it later and if we continue it later when should we continue it", Yvo de Boer, the Executive Secretary of the United Nations Framework Convention on Climate Change, said.».

    Ce discours alarmiste vient de nul autre que d'Environnement Canada qui nous renvoie à son site sur les changements climatiques. Prenant pour acquis que nous aimons l'environnement, l'avenir de nos enfants, etc., les écolos et à leur tête les politiciens s'apprêteraient-ils à nous faire avaler n'importe quoi?

    Mercredi dernier. Environnement Canada se trompait dans ses prévisions de 10 degrés celsius sur la température du samedi suivant(16 au lieu de 6). Aucune excuse, au contraire on nous annonce sans sourciller que le climat qu'on a connu en fin de semaine sera le standard en 2040 et 2050. Ca me fait penser à l'affaire Allegré en France...

    Si ce sont les même ordinateurs qui ont fait des erreurs à court terme qui nous prévoient la température à long terme, on est pas sorti du bois. Néanmoins, c'est comme l'effet du vol d'un papillon dans la théorie du chaos: une petite erreur peut conduire à des catastrophes dans cent ans et une grossière comme celle de mercredi, à un déraillement certain. Pourtant c'est la bible que Monsieur Brunel suit aveuglément...

    Le modèle climatique canadien, fait par le ministère fédéral de l'Environnement, est celui qui est le plus pessimiste ou catastrophique. Il faudrait savoir combien ce modèle nous a coûté.

    Huit experts en climatologie se sont réunis à Ottawa le 13 novembre pour mettre en garde le gouvernement sur la ratification du Protocole de Kyoto. Ils ont bien sûr été décriés par des médias qui n'aiment pas entendre autre chose que leur point de vue. En résumé, ce qu'ils ont dit (le résumé est un extrait de «Climate experts call for Kyoto delay», Globe and Mail): «Humanity is not the primary cause of global climate change, computer models do not show catastrophic warming in the future, there is no reason to believe that current rates of temperature change are in any way different from what one would expect from entirely natural causes, and variations in the Sun's brightness, not CO2 levels, (are responsible) for most of Earth's climate change.» Oups et si le soleil en était la vrai cause ???

    J'ai trouvé dans ma paperasse cet article du National Post, signé Kenneth Green, et intitulé «Kyoto's bad Canadian science should be Martin's major concern». Voici un extrait: «Skeptics of catastrophic climate change theory such as myself have long complained that the way governmental agencies conduct science is badly politicized. We have also complained about a lack of consultation--although some of the world's most reputable climate scientists work in Canada, they have rarely been consulted or asked to advise the government on the science of climate change.» (National Post, 12 décembre 2003). Donc, c'est une affaire de politiciens et de lobbyistes selon ce scientifique canadien...

    Yves Lenoir, qui n'est pas le seul sceptique, souligne que la pseudo-science a proclamé l'année 1998 la plus chaude du millénaire, et pourtant, écrit-il, l'Asie du Nord et de l'Est a été frappée par «deux hivers successifs les plus longs et les plus rudes de l'Histoire».

    L'affaire Allegré en France en est un autre exemple éloquent de dénégation scientifique.

    Claude Allègre, prix Crafford, médaille d'or du CNRS et ancien ministre de la Recherche a exprimé son scepticisme sur les causes du réchauffement climatique. Nouvel épisode de cette affaire Allègre : une lettre ouverte émanant de plusieurs scientifiques circule. Et non des moindres puisqu'elle est notamment signée par trois grands patrons de labo : Michel Fily (directeur du Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l'Environnement), Jean Jouzel (Directeur de l'Institut Paul- Simon Laplace, IPSL), Thomas Stocker (directeur du Laboratoire Physique du Climat et de l'Environnement). Mal lui en pris, la communauté des climatologues a visiblement choisi de jouer à fond la carte politico-médiatique. Il est vrai que cette carte est pour l'instant gagnante puisqu'elle a permis d'appréciables gains de financements publics depuis le premier rapport du GIEC.

    Nos grands climatologues semblent donc suggérer qu'un expert du GIEC n'aurait pas l'imprudence d'associer un mois de température en France et le réchauffement climatique. Or en pleine canicule de juillet dernier, l'information suivante circulait un peu partout (AFP) :« Le dérèglement est en marche, il n'y a aucun doute, on est au début du processus », a déclaré à l'AFP Hervé Le Treut, directeur du laboratoire de météorologie dynamique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). [...] « On peut s'attendre à des canicules plus fréquentes ou plus fortes du fait de la tendance générale à la hausse des températures liée aux émissions de gaz à effet de serre », a estimé M. Le Treut. Le même Hervé Le Treut (auteur du GIEC, bien sûr) qui déclarait également à l'agence d'information anglaise IPS : « We are observing and suffering the first effects of global warming. The emissions of greenhouse gases, such as carbon dioxide, are leading to higher temperatures all over the world, but these are observed in an irregular manner across the continents. The global weather is clearly disturbed.»

    MM. Fily, Jouzel et Stocker ont donc la réponse à leur question : M. Le Treut, expert du GIEC, a fait un lien direct entre un événement météorologique (canicule de juillet) et une hypothèse climatologique (réchauffement anthropique). Compte-tenu des pratiques habituelles des médias alarmistes, on peut accorder à M. Le Treut le bénéfice du doute et considérer que ces propos ont été extraits de leur contexte. Mais cela montre au minimum le danger auquel s'expose une science climatique ayant accepté de jouer la carte de la médiatisation et de la politisation depuis la naissance du GIEC. Sous couvert de corriger Claude Allègre, le processus d'étouffement systématique de la raison critique poursuit donc son oeuvre dans le domaine climatique tout en se contredisant lui-même. Ca ressemble à Environnement Canada en fin de semaine, hein...

    Il y a trop de sons de cloche différents pour que je me convertisse à la bible de Monsieur Brunel et de Greenpeace Guilbault et je n'ai pas de subventions à quêter... Mais je constate que le co2 est responsable de 0,325% du problème climatique seulement. Alors, pourquoi tout ce branle-bas... »

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