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Horoscope politique - Que réserve l'année 2007 à nos politiciens fédéraux?

30 décembre 2006  Canada
Ottawa — Que nous réserve l'année 2007? Les présentoirs des supermarchés sont remplis ces jours-ci d'almanachs et d'horoscopes en tout genre prédisant, mois après mois, ce qui nous pend au bout du nez. Qu'il s'agisse d'une «science» exacte ou pas, cette année, Le Devoir fait sien cet occulte savoir de prévisionniste pour partager avec ses lecteurs — et avant tout le monde — ce qui guette les politiciens fédéraux et leurs troupes.

Stéphane Dion, 28 septembre 1955, Balance

À tout — aspirant — seigneur tout honneur. Stéphane Dion aura accaparé l'attention médiatique de la fin de l'année en devenant, contre toute attente, le nouveau chef du Parti libéral du Canada. Le début de l'année 2007 lui appartient. Il devra montrer ce qu'il a dans le ventre en se bâtissant une équipe solide (un processus déjà entamé avec la nomination de la quasi-totalité de ses adversaires pendant la course à la chefferie à des postes stratégiques et l'aveu selon lequel il prend conseil auprès de Jean Chrétien), en recrutant des candidats «de rêve» et en postant ses troupes autour de thèmes rassembleurs susceptibles de les différencier de leurs adversaires conservateurs.

«Une à une, vous monterez les marches du succès, mais rarement vous arriverez sans effort au sommet», prédit Colette Gaudreault dans son Horoscope 2007. Elle n'aurait pas pu mieux dire. M. Dion a un défi. Jusqu'à présent, ses attaques contre le gouvernement conservateur — pour ne pas avoir honoré des sommes annoncées par les libéraux juste avant le déclenchement des élections 2005-06 — n'ont pas eu beaucoup d'échos. «J'ai écouté d'une oreille amusée toutes ces questions qui semblent suivre le même raisonnement: "Vous n'avez pas respecté nos promesses"», s'était d'ailleurs moqué Stephen Harper la dernière journée de la session parlementaire.

Pour M. Dion — comme pour tous ses adversaires des autres partis, d'ailleurs —, la plus grande décision qu'il aura à prendre en 2007 consistera à déterminer le moment auquel il sera opportun de renverser le gouvernement conservateur et sur quel enjeu. En effet, des élections cette année semblent quasi inévitables. «Des changements viendront bouleverser votre vie et vous apporteront l'abondance. Restez alerte à saisir les occasions», écrit encore Colette Gaudreault pour le mois de mars 2007.

Mars, mois du budget. M. Dion défera-t-il Harper sur le budget? Il a déjà annoncé qu'il n'était pas prêt à se joindre au Bloc québécois dans l'aventure consistant à présenter une motion de non-confiance dès le retour de la Chambre des communes, fin janvier, sur la mission en Afghanistan. Encore faudra-t-il être assuré qu'il y aura, dans ce second budget conservateur, assez d'initiatives contestables pour alimenter des élections.

Pour M. Dion, il serait mortel de faire campagne au Québec après avoir battu un budget accordant des milliards de dollars à la province aux fins du règlement du déséquilibre fiscal. Il a beau ne pas croire à l'existence d'un tel déséquilibre, l'argent sonnant est toujours le bienvenu au Québec. Les libéraux provinciaux ne le lui pardonneraient pas.

Il lui reste l'environnement. Stéphane Dion a déjà dit maintes fois que s'il prenait le pouvoir tôt en 2007, et seulement à cette condition, il lui serait encore possible de mener le Canada à respecter les cibles établies dans le protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Le projet de loi des conservateurs sur l'air pur (fixant des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre aussi lointains qu'en 2050) a obtenu un sursis, grâce au NPD, lorsqu'il a été expédié sans vote à un comité législatif où il pourra être modifié par l'opposition.

«[Jack] Layton a décidé de jouer le jeu», a expliqué M. Dion en entrevue au Toronto Star. «Je lui ai dit qu'à ce stade-ci, moi aussi, je suis prêt à jouer le jeu, mais je vais le dénoncer.» Il a ensuite ajouté: «Si je suis capable de devenir premier ministre le printemps prochain, je ne continuerai pas à perpétuer cette simulation.» D'ailleurs, Colette Gaudreault l'écrit: entre Balance et Cancer (signes de M. Layton et de Gilles Duceppe), «la loi des complémentarités joue mal, très mal».

Stephen Harper, 30 avril 1959, Taureau

«Vous avez de multiples possibilités et vous ne savez plus comment faire pour savoir quel serait le bon choix pour vous. Allez-y avec votre coeur», prédit toujours Colette Gaudreault dans son Horoscope 2007 pour le mois de janvier. Et comment, que M. Harper jongle avec les possibilités! Les rumeurs d'un remaniement ministériel se font très insistantes à Ottawa et le premier ministre, loin de les désamorcer, les a alimentées lors de ses entrevues de fin d'année.

La rumeur la plus persistante envoie la très critiquée ministre de l'Environnement, Rona Ambrose, aux Affaires intergouvernementales (un poste fantoche compte tenu du fait que le titulaire précédent, Michael Chong, n'a même pas été consulté par son premier ministre avant qu'il ne concocte une motion reconnaissant la nation québécoise). Le titulaire des Affaires indiennes, Jim Prentice, prendrait la relève, tandis que le successeur de M. Chong, Peter Van Loan, l'y remplacerait.

Les rumeurs s'intensifieront également à propos de David Emerson, le ministre libéral converti au bleu pour rester au cabinet. Tous dans les coulisses du pouvoir le dépeignent comme l'homme d'un seul dossier, celui du bois d'oeuvre. Ce conflit étant réglé, il retournerait à son milieu d'affaires à Vancouver.

Le déplacement de Mme Ambrose comporte son lot d'avantages et d'inconvénients. Il permettra certes au gouvernement conservateur de se refaire une vertu verte, surtout pour affronter un Stéphane Dion recyclé en militant environnementaliste. Mais il constituerait aussi un aveu d'échec. Après tout, ce n'est pas tant la performance de Mme Ambrose qui a été mauvaise que la position intenable qu'elle était obligée de défendre. Faut-il rappeler que sa performance a été le fruit de l'entourage de M. Harper? C'est en effet parce que le bureau du premier ministre avait fait main basse sur les communications de la ministre que son chef de cabinet, Daniel Bernier, avait quitté ses fonctions à l'été.

Le premier ministre devra aussi négocier un virage avec la mission canadienne en Afghanistan, à propos de laquelle les partis d'opposition l'asticoteront. D'ailleurs, Colette Gaudreault a un conseil pour M. Harper. «Vous ne manquez pas de confiance en vous, mais ne vous isolez pas pour autant. Vous avez besoin des autres autant que les autres ont besoin de vous.» Sage constat compte tenu de son statut minoritaire.

Quoi qu'il fasse, toutefois, il est difficile de croire que M. Harper pourra éviter des élections avant les vacances d'été. Certes, les libéraux veulent prendre le temps de s'organiser, mais c'est une question de mois, pas de saisons, et le Bloc bat déjà les tambours.

L'enjeu est de taille pour le chef conservateur car une défaite, même honorable (en n'accordant qu'une minorité aux libéraux, par exemple), pourrait précipiter son retrait de la vie politique. Ce scrutin sera le troisième pour M. Harper à titre de chef du Parti conservateur. Il a raté le premier et n'a réussi qu'à donner une très mince minorité à ses troupes au deuxième. Cette fois-ci, il devra accroître ses appuis, si possible obtenir une majorité, sans quoi il fera la preuve qu'avec lui, les conservateurs plafonnent. Il serait d'autant plus alléchant pour les militants de chercher ailleurs que Bernard Lord, le jeune Néo-Brunswickois bilingue, est

désormais libre et intéressé par la scène fédérale...

Gilles Duceppe, 22 juillet 1947, Cancer

M. Duceppe est le seul chef fédéral qui ait intérêt à aller aux urnes plus tôt que tard. Les sondages sont bons pour lui: le Parti conservateur a retrouvé sa troisième place au Québec et le PLC n'est pas redevenu un adversaire inquiétant. Bref, les troupes fédéralistes se divisent et lui laissent le champ libre.

Le Bloc québécois a plusieurs raisons de vouloir précipiter le pays en élections. D'abord, devancer Jean Charest, à Québec. M. Charest voudrait bien aller aux urnes avant que ne soit connu le résultat des négociations sur le déséquilibre fiscal. Vaut mieux faire miroiter un règlement avantageux que de faire campagne avec un résultat tangible mais peut-être décevant.

Pour Gilles Duceppe, dont les travailleurs d'élections sont souvent les mêmes qui oeuvrent aux campagnes péquistes, laisser aller Québec avant Ottawa aurait le désavantage d'épuiser les troupes. En outre, cela reporterait les élections fédérales après le budget. Un règlement du déséquilibre fiscal pourrait rehausser la cote de popularité de Stephen Harper au Québec et devenir une arme de destruction massive contre les bloquistes...

La menace de renversement du gouvernement sur la question de l'Afghanistan lancée par Gilles Duceppe a déjà perdu de son sérieux après que Stéphane Dion eut fait savoir qu'il ne le suivrait pas dans cette voie. «Il ne m'apparaît pas utile de vouloir faire tomber le gouvernement sur cette question-là en février, comme le propose M. Duceppe», a dit M. Dion lors de son passage à Québec. «Je ne crois pas que l'objectif de M. Duceppe soit autant l'Afghanistan que sa volonté d'aller en élections avant que le PLC ne s'organise.»

Comme l'écrit Colette Gaudreault, «vous voulez à tout prix quelque chose que la vie ne veut pas vous donner tout de suite. Lâchez prise, ainsi vos obtiendrez ce que vous voulez».

M. Duceppe devra également réfléchir à son avenir personnel. Le 15 mars, il célébrera le dixième anniversaire de son accession à la chefferie bloquiste. Lorsqu'on l'appelait du pied à Québec, M. Duceppe avait promis de mener ses troupes jusqu'aux prochaines élections. Ce sera chose faite bientôt. Voudra-t-il rester plus longtemps, lui qui célébrera aussi son 60e anniversaire cette année? Le problème de la relève demeure entier. Peut-être Pierre Paquette, critique bloquiste en matière de finances, serait-il intéressé, tout comme le député défait de Charlesbourg, Richard Marceau, à moins que ce dernier ne fasse le saut en politique provinciale...

Jack Layton, 18 juillet 1950, Cancer

«Vous voulez à tout prix quelque chose que la vie ne veut pas vous donner tout de suite. Lâchez prise, ainsi vos obtiendrez ce que vous voulez»: n'est-ce pas ce qu'écrit Colette? Jack Layton, qui est du même signe astrologique que son homologue bloquiste, partage donc la même «destinée» que lui. Mais ce que Layton veut est tout à l'opposé de ce que souhaite Gilles. Duceppe. Pour le chef du NPD, l'objectif consiste à ne pas avoir d'élections maintenant. Et M. Layton semble prêt, comme en 2005, à tout faire pour y parvenir.

Son but? Offrir son aide à Harper pour rester au pouvoir en échange de concessions tangibles qu'il pourra ensuite brandir à ses électeurs comme autant de preuves que les députés néo-démocrates sont utiles à la Chambre des communes pour obtenir «des résultats concrets pour les gens».

M. Layton mise sur le projet de loi défaillant des conservateurs sur la qualité de l'air. Grâce à lui, ce projet de loi n'a pas été voté. M. Layton espère convaincre M. Harper de le modifier. Mais si jamais le budget survenait avant l'obtention de tels résultats, que ferait M. Layton? Il rejette les prémisses de cette question. «S'il y a une volonté de la part des chefs des partis politiques de produire des résultats concrets et musclés sur les changements climatiques, ce projet de loi pourrait être voté très, très rapidement, avant le budget», disait-il dans son bilan de fin de session.

Si M. Layton veut retarder le moment des élections, c'est que les sondages sont très mauvais pour lui. Sa clientèle électorale est très susceptible de se réfugier chez le PLC pour défaire coûte que coûte le gouvernement conservateur, qu'elle ne digère tout simplement pas. En outre, le NPD est menacé sur sa gauche environnementale par le Parti vert, propulsé par sa nouvelle leader, Elizabeth May, très connue dans les milieux traditionnellement néo-démocrates. À la dernière élection partielle de London Center, à l'automne, Mme May est arrivée deuxième et le NPD quatrième avec à peine 14,1 % des voix. Aux élections générales quelques mois plus tôt, le candidat néo-démocrate, un simple étudiant, avait obtenu 23,7 % des suffrages...

N'y a-t-il pas un risque pour M. Layton de trop s'acoquiner avec les conservateurs, que son électorat déteste tant? «On m'avait posé la même question il y a 18 mois quand j'avais tendu la main à Paul Martin et que le juge Gomery découvrait toutes sortes de choses [sur le PLC]. Mais si je suis capable d'obtenir des investissements pour les gens, nous allons le faire.»

Justin Trudeau, 25 décembre 1971, Capricorne

C'est bien connu: toute diseuse de bonne aventure digne de ce nom tente d'éviter les clichés, les lieux communs et les automatismes populaires. Ainsi, notre instinct nous dicterait de ne pas parler du fils de l'ancien premier ministre du Canada. Pourtant, les rumeurs persistantes l'envoient dans la circonscription sûre d'Outremont défendre les couleurs libérales, en remplacement de Jean Lapierre, qui prend sa retraite.

Il n'est plus rare que la photo de Justin Trudeau accompagne les textes politiques. Au congrès à la chefferie libérale, où il appuyait Gerard Kennedy, il n'était pas rare non plus de trouver le fils de Pierre Elliott Trudeau dans les parages chaque fois que les caméras se tournaient vers le candidat ontarien.

Les mauvaises langues lui conseillent d'aller prendre un peu d'expérience et de maturité intellectuelle au lieu de se poser en défenseur post mortem de la pensée de son père. Mais la politique est ainsi faite: lorsque les rumeurs courent et ne sont pas catégoriquement démenties et écrasées du pied par le principal intéressé, c'est que le principal intéressé est, justement, intéressé. Rappelons seulement que Michael Ignatieff avait nié vouloir se lancer en politique quand il était encore à Harvard et, une fois en campagne, avait nié vouloir être calife à la place du calife pour finalement terminer deuxième à la course à la chefferie libérale... et leader adjoint de Stéphane Dion.

Laissons le mot de la fin à Colette Gaudreault: «Vous êtes parfois frustré par les heures ou le genre de travail que vous faites, il ne vous convient plus. [...] Soyez prêt pour un changement qui vous apportera une harmonie entre vos goûts et vos besoins.»

Voilà. 2007 arrive à grands pas. Les dés sont jetés... mais vous aurez été prévenus!
 
 
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  • Pierre Véronneau
    Inscrite
    dimanche 31 décembre 2006 03h32
    Vivement des élections proportionnelles!!!
    Si la démocratie nous tiens à coeur, il nous faut joindre le reste le plus tôt possible la communauté internationale qui dans la très grande majorité des pays tiennent des élections proportionnelles...... soit si un parti obtient 15 % des votes il faut nécessairement qu'il y ait 15% de députés au parlement on parle ici de représentation juste et équitable.
    Vox populi vox Dei ???
    Bonne année à tous
    Pierre Véronneau
    Laval

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mardi 2 janvier 2007 04h41
    Prospectives
    Je ne suis pas infaillible, mais je pense être un observateur assidu de la chose publique. Je m'attarderai surtout à ce que je m'attends au Canada, parce que faire le tour du monde prendrait trop de temps.

    M. Stéphane Dion, s'il veut percer au Québec où il est haï par la moitié des Québécois, devra mettre de l'avant son côté gauche. Je peux dire que maintenant le débat devrait être plus polarisé entre la gauche dans l'opposition et la droite au pouvoir.

    Je pense donc que monsieur Harper sera réélu, et je le souhaite minoritaire encore même si ce n'est pas économique; on y prend des décisions plus charnières pour le peuple. Une première vague de baisse d'impôts suivra ce mois-ci, suite à leurs promesses. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que le réseau NTR a consacré canadien de l'année, le ministre des finances Jim Flaherty.

    J'entrevois déjà le renversement du gouvernement conservateur au retour à la Chambre fin janvier, sur une motion de non-confiance du Bloc, lors d'une journée d'opposition; ce n'est pas sur le budget qu'il sera renversé en mars, mais à la fin du mois, sur notre présence en Afghanistan.

    Je peux vous dire dès maintenant que Jack Layton ne soutiendra pas Stéphane Dion.

    Un ministre conservateur transfuge, David Emerson qui a passé des rouges aux bleus par opportunisme, ne sera pas pardonné par ses électeurs à Vancouver; aussi, il est à prévoir qu'il ne sera pas candidat tory aux prochaines élections.

    Pour ceux qui s'attendent à une percée politique sur la scène fédérale de l'ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick, oubliez ça, il a déjà fait un choix familial.

    Quant à Jean Charest, je vous annonce dès maintenant qu'il ira au maximum du pouvoir, 5 ans...Ceux qui prétendent qu'il ira en élections après le fédéral, se trompent hardiment.

    J'ai aussi une nouvelle intéressante à vous annoncer. Aux prochaines élections, la cheftaine du parti vert, Elizabeth May, sera élue dans sa circonscription de London Center.

    Pour ceux qui s'y attendent, Justin Trudeau ne sera pas candidat libéral dans Outremont en remplacement de Jean Lapierre.

    En terminant j'aimerais dire qu'une loi-cadre s'en vient au Québec et qui sera effective aux prochaines élections provinciales; pour la première fois, il y aura une proportionnelle au Québec.

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