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Afghanistan - Modifier le mandat canadien serait une erreur, selon Hillier

18 décembre 2006  Canada
Ottawa — Modifier le mandat de la mission canadienne en Afghanistan pour privilégier la reconstruction plutôt que le combat, tel que l'a exigé cette semaine le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, serait une grave erreur, estime le numéro un de l'armée canadienne.

Le général Rick Hillier, chef d'État-major de la défense, juge les missions de combat cruciales pour le développement du pays.

«Nous accomplissons les opérations de sécurité non pas parce que nous le voulons, mais parce qu'elles sont absolument essentielles», a-t-il déclaré lors d'une interview avec la Presse canadienne.

Gilles Duceppe a menacé cette semaine de renverser le gouvernement conservateur minoritaire à l'aide d'une motion de censure à moins qu'il ne modifie «rapidement et profondément» la nature de la mission canadienne en Afghanistan pour se concentrer davantage sur la reconstruction des infrastructures.

Le premier ministre Stephen Harper a accusé Gilles Duceppe de faire de la petite politique sur le dos des soldats canadiens.

Le général Hillier s'est cependant gardé de commenter directement les déclarations du leader du Bloc québécois: «Cela deviendrait une discussion politique et je suis dépeint, avec justesse, comme quelqu'un qui n'agit pas en politicien.»

Le général a cependant précisé que les Canadiens devaient combattre l'insurrection des talibans pour protéger le fruit des efforts de reconstruction. «Les opérations de combat [...] seront absolument nécessaires tant que les talibans tenteront de détruire tout ce qui s'y construit.

«Si nous nous détournions des activités militaires pour nous consacrer à 100 % à la reconstruction et au développement, les talibans n'auraient plus d'opposition, et cela augmenterait le niveau de destruction.»

Le Nouveau Parti démocratique a demandé le retrait des soldats canadiens d'Afghanistan, tandis que les libéraux, qui les y ont originalement déployés, se montrent ambivalents quant aux opérations qui s'y déroulent, particulièrement depuis que le nombre de victimes a augmenté en flèche cette année.

Quarante-quatre soldats et un diplomate canadiens ont été tués en Afghanistan depuis le début de la mission en 2002. La majorité de ces décès ont eu lieu cette année.

L'opinion des Canadiens est profondément divisée sur la mission afghane, la proportion de personnes l'appuyant étant semblable à celle de gens qui s'y opposent. Les Québécois sont ceux qui sont le moins favorables à la mission, d'après les sondages.

Mais le général reste convaincu du bien-fondé des opérations.

«Nous avons une mission en Afghanistan, laquelle vise essentiellement à aider les Afghans à reprendre le contrôle de leur pays. C'est ce que nous avons tenté de faire à chaque heure passée là-bas.»

Il ajoute que même si les combats ont attiré beaucoup d'attention au Canada, ceux-ci ont lieu concurremment aux projets de développement.

De plus, les combats des Canadiens contre les talibans dans le sud du pays portent leurs fruits ailleurs, estime-t-il.

«En fait, ceux-ci ont eu un impact énorme dans le reste de l'Afghanistan parce que, pendant que [les talibans] sont coincés dans la province de Kandahar, et dans le sud en général, leur habileté à nuire à la reconstruction dans le reste du pays est réduite.»

«Cela est évident presque partout où vous allez en Afghanistan.»






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