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Plus qu'une nation

Christian Rioux   15 décembre 2006  Canada
En adoptant récemment une résolution reconnaissant la nation québécoise, le premier ministre Stephen Harper croyait probablement mettre un terme à la discussion. Un vote au Parlement et l'affaire serait réglée. Mais il n'en va pas des nations comme du nom de l'avenue du Parc: il suffit de vouloir s'en débarrasser pour finalement relancer le débat. C'est qu'elles sont teigneuses, les nations! Quoi de plus sensible et de plus profond que ce qui unit un peuple et fait son identité dans le monde? Dès que nous quittons le Québec, c'est en effet en tant que Québécois que nous entrons en contact avec le monde.

Les lettres publiées dans ce journal, comme celles que m'ont envoyées plusieurs lecteurs la semaine dernière sur un éventuel référendum écossais advenant l'élection du Scottish National Party à Édimbourg, montrent bien que l'entreprise qui consistait à vouloir en finir avec cette discussion et «passer à autre chose» était vaine.

En réalité, l'élection de Stéphane Dion à la direction du Parti libéral du Canada pourrait contribuer davantage à relancer ce débat que toutes les résolutions du Parlement canadien. On sait en effet que le nouveau chef a toujours rejeté du revers de la main toute tentative de reconnaissance de la nation québécoise, jusqu'à ce qu'il soit récemment pris de court par le geste de Stephen Harper et l'insistance de Michael Ignatieff. C'est alors que l'habile professeur a sorti de sa poche cette idée de «nation sociologique». Le Québec, dit-il, serait une nation sociologique mais pas politique.

Je me suis demandé comment mes amis écossais réagiraient si on les traitait ainsi de «nation sociologique», eux que la reine d'Angleterre (et donc du Canada) a toujours qualifiés de nation sans le moindre adjectif qualificatif. Eux qui se sont battus pendant des décennies pour retrouver un lieu d'expression justement politique, le Parlement de Holyrood.

On s'étonne d'entendre un ancien universitaire manier les concepts avec autant de légèreté. On ne fera avaler à personne que le Québec, qui a eu un représentant à Londres avant le Canada, qui possède une délégation à Paris avec un statut diplomatique et qui est membre à part entière de l'Organisation internationale de la Francophonie, puisse relever de la simple sociologie. Si la nation québécoise n'était que le lieu d'une organisation sociale et culturelle particulière, on se demanderait alors pourquoi le Québec possède un des plus vieux parlements d'Amérique, lieu par excellence d'expression d'une volonté politique. À quoi servirait en effet ce parlement si nous n'étions qu'une catégorie sociologique comme les femmes, les homosexuels ou les amateurs de bingo, qui, vous l'aurez remarqué, n'ont pas de parlement et n'en ont jamais exigé un? La Société Saint-Jean-Baptiste suffirait amplement à la tâche.

***

Ce débat a finalement du bon en ce qu'il aura forcé tout le monde à prendre position sur un sujet essentiel. Je m'étonne pourtant qu'un argument ait été escamoté. Cela peut paraître prétentieux, mais j'aurais envie de dire que la nation québécoise n'est pas seulement ouverte à tous ceux qui habitent le territoire du Québec, elle est aussi en quelque sorte plus qu'une nation. En effet, le Québec est le seul État dans le monde qui soit garant de la survie d'une civilisation française en Amérique. Au-delà des pays et des gouvernements, le continent américain s'est décliné dans l'histoire sur les modes amérindien, anglo-saxon, hispanique, lusophone et français. Les Français ont créé sur ce continent une façon qui leur est propre d'entrer en contact avec ses habitants, d'y vivre et d'y appréhender le monde.

Or le Québec est à cette Amérique française ce qu'Israël est aux Juifs et à leur héritage, l'Arménie aux Arméniens, le Kurdistan irakien aux Kurdes, l'Irlande aux Irlandais et l'Écosse à l'immense diaspora écossaise. Le Québec est porteur non seulement de sa propre destinée mais aussi d'un héritage historique qui le dépasse. Il traîne derrière lui le poids historique de toutes les communautés françaises d'Amérique qui, nulle part ailleurs, ne jouissent, pour perpétuer leur mémoire, d'un État où elles sont majoritaires. Vous noterez d'ailleurs que les peuples que j'ai mentionnés, qui ne sont pas encore indépendants, sont tous plus ou moins tentés par l'idée. Beaucoup plus, à tout le moins, que les Hongrois de Slovaquie ou les francophones de Belgique, par exemple. C'est qu'ils portent sur leurs épaules une responsabilité historique particulière.

On pourrait dire que le Canada est lui aussi garant de cet héritage. C'est probablement ce qu'ont cru nos ancêtres qui se sont engagés de bonne foi dans la fédération canadienne en 1867. Presque un siècle et demi plus tard, on peut malheureusement imaginer le jour où le Québec ne représentera plus que 20 %, 15 % ou 10 % de la population canadienne. Comme le répète souvent le collègue Jean-François Lisée, les tendances démographiques canadiennes tendent de façon apparemment irréversible à minoriser toujours un peu plus le Québec. Ce que d'aucuns appellent le misérabilisme des Québécois ne vient pas de nulle part. Il est même en quelque sorte inscrit dans la structure du Canada depuis ses débuts.

Lorsque Stéphane Dion s'étonne naïvement qu'un Québécois puisse devenir chef d'un grand parti canadien sans parler parfaitement l'anglais, il oublie que ses ancêtres ne réclamaient pas le droit à un accent mais bien à un pays où la pérennité de cette Amérique française serait assurée.

Les Juifs n'ont pas fondé Israël uniquement pour ceux qui y vivent mais aussi pour tous les Juifs du monde qui savent que, même si un jour ils ne parlent plus hébreu, existera dans l'univers un État dont ce sera la langue officielle et qui sera surtout porteur de cette mémoire. Les Irlandais perçoivent l'Irlande ainsi, comme la patrie d'une gigantesque diaspora et le témoignage d'une culture dont la survie et le développement dépassent de loin le sort de ceux qui y habitent.

Au-delà des débats abstraits, c'est aussi cela, le Québec. On dira que ce n'est qu'affaire de symboles. Mais les nations sont-elles faites d'autre chose?

crioux@ledevoir.com
 
 
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  • Bernard Frappier - Abonné
    15 décembre 2006 00 h 00
    Une vague d'espoir venue des profondeurs
    Bonsoir M. Rioux

    Je tiens à vous féliciter pour la profondeur de votre texte et vous remercier pour l'espoir qu'il véhicule.

    Quelle bouffée d'air frais en comparaison avec les discours tenus par certains fédéralistes.

    Surtout quelle vibrante justesse dans les mots en comparaison avec ceux des dénigreurs patentés qui salissent tout ce qui touche au monde québécois.

    JE ME SOUVIENS de cette belle histoire d'un peuple en marche vers sa liberté, dans le respect de lui-même et des autres et JE ME RÉJOUIS de la modernité de ses aspirations.

    Votre texte est un miroir juste dans lequel les Québécois peuvent se regarder avec fierté et grâce auquel ils peuvent échapper aux déformations malsaines des pisse-vinaigre et des envieux qui, avec une régularité de métronome, cherchent à éteindre la flamme identitaire qui les anime.
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  • Georges Paquet - Abonné
    15 décembre 2006 06 h 38
    Plus qu'une nation
    M. Rioux,
    Merci pour ces excellentes réflexions sur le Québec comme gage de la survie du français en Amérique. Votre texte m'inspire trois remarques. J'essaierai de les élaborer sans être trop long.

    1- On ne peut pas dire que le Québec soit le seul lieu où se reconnaissent ceux qui utilisent le français à l'instar d'Israël ou de l'Écosse pour leur langue. La France, la Belgique, la Suisse peuvent également revendiquer ce rôle. C'est d'ailleurs vers ces pays que regarderont les francophones québecois quand ils auront atteint les pourcentages de population que vous entrevoyez.

    2- Quand le Québec ne représentera plus que 10% ou moins de la population du Canada, il me semble que la notion de ce foyer mondial du parler français que vous prônez sera devenu bien pâle et bien faible. La vacillante flamme du français en Amérique ne représenterait plus qu'un minime .001% du continent. Surtout si votre stratégie contribue à décourager les francophones et francophiles partout ailleurs au Canada, et que le Canada, comme il faudrait s'y attendre en cas de rupture politique devenait officiellement unilingue anglais. Vous avez oublié de dire que le Canada fait également partie de la Francophonie et qu'il en est le deuzième contributeur financier. Vous avez aussi oublié de dire que l'élection de M. Dion comme leader de l'opposition à Ottawa contribue à accréditer l'idée qu'il deviendra de plus en plus difficile, sinon impossible, d'aspirer à devenir premier ministre de ce pays sans au moins parler correctement le français. Stephen Harper a contribué, pour sa part, à faire comprendre et accepter cela aux canadiens qui ne s'en étaient pas encore aperçu.

    Est-ce que vous ne croyez pas que toute l'énergie et tous le temps précieux qui sont consacrés à débattre et à redébattre de ces questions ne seraient pas beaucoup mieux employés à mobiliser toutes les bonnes volontés au Canada, et il y en a, pour que le Canada, seul membre à la fois de la Francophonie, du G-8, du Commonwealth et de l'Alliance du Pacifique, intensifie son bilinguisme et se fasse partout l'artisan et le défenseur du français sur la planète.

    3- Vous dites que ces comme québecois que l'on se fait reconnaître à l'étranger. Vous êtes sûrement un des rares canadiens, québecois, ontariens ou néobrunswicois qui n'aient pas reconnu que c'est surtout et presque toujours que c'est comme canadiens que nous nous faisons saluer le plus chaleureusement en Europe, comme en Afrique et ailleurs, même chez les francophones. Si vous allez aux Pays-Bas, par exemple, vous ne pourrez pas échapper à l'affection que les citoyens portent aux canadiens. Il n'y a pas un pays d'Afrique, même et surtout les francophones, où vous ne serez pas accueilli dabord comme canadien.

    Georges Paquet
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  • Jean Laporte - Abonné
    15 décembre 2006 07 h 17
    Merci
    Merci beaucoup...pour un beau texte qui rassemble plusieurs nobles sentiments et remet les pendules à l'heure de façon magistrale. Simple mais droit au but!
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  • Pierre-Paul Roy - Abonné
    15 décembre 2006 08 h 05
    La Souveraineté...yes sir!
    Bravo monsieur Rioux, voilà le texte d'un homme d'État. Oui, Steven Harper a posé un geste dont il n'attendait pas la suite. Ce qu'il a fait, c'est sensibiliser la Majorité des Québécois à l'urgence de la Souveraineté du Québec. À une nation, il faut un pays.
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  • victor-lévy beaulieu - Inscrit
    15 décembre 2006 08 h 09
    Plus qu'une nation
    Cher Christian Rioux,

    B texte que le vôtre dans le Devoir de ce matin. Je vous en félicite et en profite pour vous souhaiter de joyeuses fêtes... nationales, et pas rien qu'au sens sociologique!

    Victor-Lévy Beaulieu
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  • Philippe Doyon - Abonné
    15 décembre 2006 08 h 19
    Enfin de la profondeur !
    Vous avez parfaitement raison M. Rioux ! Vous ajoutez de la profondeur et de la perspective au débat sur cette idée et cette réalité qu'est la nation québécoise. Et j'espère sincèrement que tous les défenseurs sérieux de notre nation, face à nos deux Stéphane/Stephen qui manipulent à des fins partisanes notre sentiment identitaire, sauront reprendre ses arguments pour nous conduire vers la souveraineté, car, lucidement, il est dorénavant clair que la fédération canadienne actuelle ne pourra jamais être réformée dans notre intérêt à long terme pour justement préserver cet héritage que représente l'Amérique française. Merci M. Rioux.

    Philippe Doyon
    Ottawa
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  • Moisan-Willis David - Inscrit
    15 décembre 2006 09 h 03
    Pas tout à fait exact...
    "On sait en effet que le nouveau chef a toujours rejeté du revers de la main toute tentative de reconnaissance de la nation québécoise, jusqu'à ce qu'il soit récemment pris de court par le geste de Stephen Harper et l'insistance de Michael Ignatieff."

    Monsieur Rioux, d'abord Stéphane Dion s'est battu après le référendum de 1995 pour reconnaître la spécificité québécoise et même, amender la constitution. L'appétit n'y était pas. Ni Harris, ni Bouchard voulait ouvrir le débat et un vote sur la reconnaissance de la "société distincte" a été adopté à Ottawa.

    De plus, je ne vois pas comment il a été pris de court par le vote de Harper, puisque le PM a affirmé qu'il avait consulté Dion avant de déposer la motion sur la "Nation au sein du Canada"
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  • May West - Abonnée
    15 décembre 2006 09 h 16
    Merci M. Rioux
    Pour la clarté avec laquelle vous nous dites que le Québec est plus qu'une nation, puisqu'il est le seul État dans le monde qui soit garant de la survie d'une civilisation française en Amérique. Vous avez vu un mandat ou une mission là où la plupart d'entre nous ne voyait plus que noirceur et désespérance.

    Après vous avoir lu, j'ai l'impression d'avoir grandi. C'est comme si vous m'aviez donné une raison de relever la tête au-dessus de la torpeur qui nous écrase depuis 1995.

    La résignation à notre sort de petit peuple sous tutelle et de nation bancale qu'on voudrait bien nous affubler (parce que cela fait l'affaire des autres) est tellement profonde, qu'on ne peut faire autrement que de voir des incitations à relever nos manches dans chacune de vos phrases.

    Mais, cher M. Rioux, c'est bien beau que, moi (plus très jeune), je le sache, mais faudrait que cela soit su par tous les Québécois et les Québécoises.

    Qui, selon vous, les en convaincra?
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  • Anne-Marie Landry - Abonné
    15 décembre 2006 09 h 50
    Touché!
    Il n'y a rien à ajouter.
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  • Michel Thibodeau - Inscrit
    15 décembre 2006 10 h 10
    Harper et la Nation
    N'est-ce pas plutôt la continuité du Canada que le Premier Ministre du Canada avait en tête? Mettre fin à la discussion n'était sûrement pas son objectif...mettre fin à une toujours possible exclusion chez les anglophones...peut-être! Dieu merci!
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  • Sylvie Brabant 42 - Inscrite
    15 décembre 2006 10 h 39
    15 décembre 2006
    Bonjour M. Rioux,

    Votre raisonnement me plaît beaucoup.

    En ce qui me concerne, je crois que nos dirigeants, à l`heure actuel, se complaisent trop facilement dans l`incohérence du passé. Le manque de dynamie effraie la relève souhaitant se réaliser. La créativité, le goût des défits, la solidarité, nos valeurs, devons-nous en douter? Des plans d`actions positifs et lucides briment rarement le potentiel du vouloir et du pouvoir.

    Souhaitons que 2007 apporte, santé, sagesse et prospérité aux gens du pays.

    Chin-Chin!
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  • Charles Larivée - Inscrit
    15 décembre 2006 11 h 28
    Bravo!
    Que dire de plus. Bravo
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  • marcel vinet - Inscrit
    15 décembre 2006 11 h 57
    La fierté nationale
    La firrté nationale d appartenir a un groupe qui a les meme valeurs que nous, la meme culture,la meme religion le meme passe, la meme histoire,le meme enthousiasme,comme des petits freres et des petites soeurs,voila probablement ce qui fait que le rapport entre un homme et une femme est jouissant ou non,ca determine la qualite de l etre...
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  • Sonia Thibault - Abonné
    15 décembre 2006 13 h 05
    Du fond du coeur
    Bravo! Vos mots venaient du fond du coeur. Et ils sont parvenus jusqu'au mien.
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  • Michel MARIN - Inscrit
    15 décembre 2006 13 h 24
    Nation québecoise
    J'ai apprécié l'article de Christian Rioux. Mais ce regard passéiste me fait penser aux velléités du "peuple corse" qui ne rêve que d'indépendance, alors qu'en Europe, les frontières se diluent dans un (trop) grand ensemble communautaire... Franchement, que gagnera le Québec à avoir son indépendance, sinon de mieux souligner sa particularité historique et culturelle au détriment (à mon humble avis) de la richesse industrielle de cet immense Canada...

    Simple réflexion d' un "vieux cousin français" qui admire autant qu'adore votre Belle Province et ses habitants...
    Michel Marin.
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  • Baptiste1 - Abonné
    15 décembre 2006 14 h 16
    Le Québec est ma patrie, le Canada est mon pays
    Monsieur Rioux, comment faites-vous pour affirmer que Stephen Harper voulait par cette motion mettre un terme à la discussion? Vous lui faites là un procès d'intention : le fait est q'il a fait adopter par la Chambre des communes la reconnaissance des québécois et québécoises comme formant une nation, ni plus ni moins.

    Quand à Stéphane Dion, saviez-vous qu'il a passé deux heures en tête à tête avec Stephen Harper avant que la motion ne soit présentée par le gouvernement? Pourtant, je ne me souviens pas d'avoir lu le mot sociologique dans le texte de la motion adoptée. Par contre, j'ai déjà entendu Stéphane Dion déclarer que la Loi 101 était une grande loi canadienne ce qui en dit long sur sa perception des québécois.

    Pour ma part, je remercie Stephen Harper d'avoir posé ce geste. Pas que j'aie besoin d'un albertain pour me dire qui je suis mais parce que cela dénote une sensibilité à l'égard des citoyens du Québec qui augure bien pour l'avenir d'un Québec fort dans un Canada uni (dixit mon humoriste préféré). En écrivant cela, je fais aussi un procès d'intention à Stephen Harper mais je préfère le mien au vôtre.

    Joyeux Noël quand même.
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  • David Lépine - Inscrit
    15 décembre 2006 14 h 43
    L'Écosse
    L'Écosse est une nation marginalisée en GB qui représente à peine 7% de la population et où la langue n'est parlée que par une infime minorité des Écossais.

    C'est peut-être bien beau d'être reconnu comme nation tout court, mais je préfère de beaucoup notre statut à l'intérieur du Canada. Les pouvoirs et les budgets de la province de Québec font pâlir d'envie les Écossais nationalistes. Oui, ils ont leur club de foot et de rugby ''national'' et même leur propre billets de la banque d'Écosse. Ce sont des symboles de leur passé glorieux.

    Mais nous avons notre langue et notre culture, le contrôle sur tout notre système scolaire, social, médical, légal. Si ce n'était pas de son appartenance à la CEE , le rêve d'indépendance écossais ne serait que du folklore mal placé.

    Aspirer au même statut que l'Écosse serait vouloir échanger symboles pour pouvoirs réels et nous ferait reculer de 200 ans.
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  • Maurice Monette - Abonné
    15 décembre 2006 16 h 04
    Ce serait pourtant si simple..
    Bon !!! D'accord que le fait de vouloir reconnaître les gens du Québec est un pas de plus mais, pour faire cesser TOUTE argumentation, il manque un simple terme dans cette déclaration... Puisque que le Québec a été la Région du début de ce qui est devenu le Canada par la suite, pourquoi ne pas tout simplement ajouter le terme: "INITIALE". En effet, en ajoutant ce terme au DÉNOMINATIF "NATION", aucun argument du R.O.C. ne pourrait plus venir tenter de nier cette VÉRITÉ HISTORIQUE.

    Donc, le Québec est la "NATION INITIALE" qui a permis que les dominants anglais développent le CANADA. Alors, au terme NATION, qu'on ajoute ce terme INITIALE et plus aucun argument ne pourrait venir déranger le R. O. C. puisque c'est grâce au QUÉBEC qu'il est devenu ce qu'il est soit, le Rest Of Canada/R. O. C....
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  • Roland Berger - Abonné
    15 décembre 2006 17 h 03
    Chapeau !
    Oui, la responsabilité des Québécois quant à la survie d'une civilisation française en Amérique mérite d'être soulignée. Elle me paraît même centrale dans l'acception du mot nation pour les désigner. Merci !
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  • Michel Lecomte - Abonné
    15 décembre 2006 17 h 13
    Enfin de la substance!
    Monsieur Rioux,

    Vous avez écrit deux textes extrêmement intéressants sur la question de la nation québécoise. Votre point de vue apportait une perspective nouvelle sur le sujet et je vous en remercie beaucoup. Je trouve dommage que certains autres observateurs, malheureusement moins rigoureux et de mauvaise foi, aient une tribune plus large que la vôtre...
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  •  
  • Jacques Genest - Abonné
    15 décembre 2006 18 h 42
    Et les nations d'Europe alors?
    L'argumentaire ne Claude Poulin me laisse perplexe. Il fait comme si les tenants de la souveraineté du Québec, dont je suis depuis toujours, excluaient toute entente à venir avec le ROC. Je suis, pour ma part, convaincu que, comme tant de nations européennes, le Québec souverain, serait tout à fait en mesure de partager sa souveraineté avec des voisins respectueux.
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  •  
  • Marc A. Vallée - Abonné
    15 décembre 2006 20 h 10
    La nation québécoise
    La motion adoptée à la Chambre des Communes le 27 novembre 2006 marque une étape importante dans les relations Québec-Canada. Un examen attentif du discours du Premier Ministre Canadien aide à en comprendre les impacts.

    La reconnaissance de la nation Québécoise n'est pas un fait nouveau. Elle est incluse dans l'Acte de Québec de 1774, qui a contribué à stimuler la révolution Américaine et à séparer le Canada des États-Unis. Cependant sa reconnaissance par le Parlement Canadien et son lien avec l'unité du Canada est une étape importante. En lisant le discours de la motion du Premier Ministre Canadien, on retient deux choses : 1) que le Canada comme pays concret, plus qu'un nom sur une carte dessiné par Jacques-Cartier, a commencé avec l'établissement de Champlain à Québec en 1608; 2) que le Canada comme pays ne peut exister sans le Québec.

    Une autre reconnaissance du rôle du Québec dans l'histoire du Canada est l'inauguration récente du Monument aux Valeureux à Ottawa. On y honore quatorze Canadiens et Canadiennes qui ont marqué l'histoire de leur pays en périodes de conflit. Le comte de Frontenac et Pierre Lemoyne d'Iberville sont honorés. Ce geste reconnaît que la défense du Canada, dans ce qui n'était à l'époque qu'une colonie Française le long de la vallée du Saint-Laurent, a commencé dès le régime Français.

    Les Québécoises et Québécois se doivent de réaliser qu'ils ne peuvent négocier d'entente d'égal à égal avec une nation Canadienne-Anglaise, parce qu'elle n'existe pas. Les Canadiens Anglais sont soient d'origine Britannique, Américaine, Écossaise, Irlandaise, Ukrainienne, etc. Il n'y a que l'Acadie, Terre-Neuve et les Premières Nations qui pourraient revendiquer le titre de Nations.

    M. Rioux, dans votre texte aujourd'hui, vous insistez sur le devoir, alors qu'on a jusqu'à maintenant insisté sur les droits, de la nation Québécoise: demeurer le phare de la francophonie en Amérique du Nord. Je pense que c'est un rôle sur lequel les Québécoises et Québécois ont besoin de méditer.
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  •  
  • Monique Désy Proulx - Abonnée
    15 décembre 2006 20 h 10
    Hé ! Que ça fait du bien à lire...
    Oui, ça fait du bien de lire une analyse comme la vôtre, qui a de la perspective. Enfin ! Ça repose de nos politiciens, qui se sont mis à la solde des commerçants et des vendeurs de bière ou de chars, ces élus qui nous gouvernent le nez collé sur la clôture, ne voyant comme horizon que les jeux de hasard et de petite misère. Merci.
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  •  
  • Nadine Martin - Abonnée
    15 décembre 2006 20 h 54
    Un rappel salutaire
    Un grand merci pour ce «rappel salutaire»!
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  •  
  • Sylvain Campeau - Inscrit
    15 décembre 2006 21 h 49
    Une nation qui nous ressemble !
    Bravo pour cet article. Votre réflexion amène de l'oxygène dans un débat où la gente fédéraliste tend à diminuer et banaliser de façon minimaliste la définition de Nation pour le Québec. Votre analyse se rapproche du coeur de ce que ressent plusieurs québécois dans le mot NATION ... et même plus !

    par Sylvain Campeau
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  •  
  • Guimont Rodrigue - Inscrit
    16 décembre 2006 10 h 51
    De l'hyper correctivité...
    Lorsque vous dites Monsieur Rioux:" Stéphane Dion s'étonne naïvement qu'un Québécois puisse devenir chef d'un grand parti canadien sans parler parfaitement l'anglais, il oublie que ses ancêtres ne réclamaient pas le droit à un accent mais bien à un pays où la pérennité de cette Amérique française serait assurée » vous avez parfaitement raison.

    C'est d'autant plus humiliant d'entendre Stéphane Dion réagir à sa nomination toute inattendue par de l'aplat ventrisme devant un Canada anglais surpris lui aussi de cet accident de parcours. L'incident de la double nationalité, canadienne et française, ou il lui faudra vraisemblablement apostasier la maternelle pour satisfaire le Parti en est un autre bel exemple.

    Comment expliquer autrement que par une rectitude «d'hyper correctivité» cette attitude, tout au long de l'histoire, par laquelle un grand nombre d'hommes politiques ou religieux eurent devant leurs anciens compatriotes ou leurs anciens coreligionnaires, de se montrer plus sévères encore que ne l'aurait fait le clan vainqueur et pour prouver quoi exactement? Qu'ils sont bel et bien convertis, réformés et transformés même s'ils sont de l'autre religion ou de l'autre peuple?

    Quoi de mieux pour se faire pardonner d'être né du mauvais clan et de se faire accepter par l'autre horde, que de s'aplatir mentalement devant ses nouveaux seigneurs afin d'effectuer la tâche qu'ils attendent réellement de nous.
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  •  
  • Lemay Gilles - Inscrit
    16 décembre 2006 12 h 38
    Christian Rioux comme éditorialiste
    Cela nous changerait des mièvreries, des approximations et des sempiternelles hésitations des souverainistes oui-mais
    qui barbouillent la page éditoriale de leur "objectivité"
    maladive!

    Gilles Lemay
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  • Hélène Gingras - Abonné
    16 décembre 2006 16 h 23
    Bravo!
    J'ai bien aimé cet article qui m'a rappelé les merveilleux textes de René Lévesque et de Pierre Bourgault que je lisais à la fin des années 60 dans POINT DE MIRE.

    Je félicite également M. Rioux pour ses positions courageuses ET SURTOUT SANS COMPLAISANCE à l'émission IL VA Y AVOIR DU SPORT! Oui, en protégeant notre langue, c'est encore le meilleur moyen d'assurer notre survivance comme nation! R. Caron
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