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Entrée en scène en douceur pour le nouveau chef de l'opposition

5 décembre 2006  Canada
Le nouveau chef libéral Stéphane Dion a reçu une longue ovation aux Communes hier en prenant ses fonctions de chef de l’opposition. On aperçoit à droite les députés libéraux Lucienne Robillard et Michael Ignatieff, candidat défait samedi à la
Photo : Agence Reuters
Le nouveau chef libéral Stéphane Dion a reçu une longue ovation aux Communes hier en prenant ses fonctions de chef de l’opposition. On aperçoit à droite les députés libéraux Lucienne Robillard et Michael Ignatieff, candidat défait samedi à la
Ottawa — Le nouveau chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a fait ses premiers pas à titre de chef de l'opposition officielle en douceur hier, avec le souci de projeter l'image d'un parti uni.

La journée avait commencé par une rencontre du caucus des députés et sénateurs au terme de laquelle tous ont indiqué qu'ils se ralliaient à leur nouveau chef, même ceux qui l'avaient vertement critiqué.

«J'ai offert ma collaboration à Stéphane Dion en prenant bien soin de lui dire qu'on allait se parler et que la collaboration devrait être mutuelle», a déclaré le député de Bourassa, Denis Coderre. «La balle est dans son camp», a-t-il ajouté.

«Stéphane, ce n'est pas l'ennemi du Québec, a fait valoir quant à lui le député d'Hull-Aylmer, Marcel Proulx, un autre militant pro-Ignatieff. Je comprends qu'il y a des gens qui pensent que Stéphane est peut-être trop rigide. On verra, on doit donner la chance au coureur.»

M. Dion a choisi de ne pas modifier l'organisation parlementaire des libéraux en ne remaniant pas tout de suite son cabinet fantôme. Il se donne jusqu'à Noël pour reconfigurer son équipe. Tous conservent donc pour l'instant leurs responsabilités. Michael Ignatieff, qui avait la mine déconfite, a affirmé qu'il se porterait candidat à l'élection.

Stéphane Dion a ensuite été accueilli par une ovation de tous les députés à la Chambre des communes. «Je remercie la Chambre de cette première ovation unanime en 11 ans de vie parlementaire», a-t-il blagué. Puis il a ouvert la période de questions, visiblement nerveux, trébuchant sur ses mots en anglais, langue qu'il a choisie pour lancer les hostilités parlementaires. Il a attaqué le gouvernement sur ce qu'il considère être son idéologie d'extrême droite.

«Alors que le gouvernement affiche un surplus de plusieurs milliards de dollars — hérité des libéraux — pourquoi le premier ministre ferme-t-il 12 des 16 bureaux de Condition féminine Canada si ce n'est pour anéantir ceux qui osent s'opposer à l'idéologie néo-conservatrice de ce gouvernement?»

La ministre responsable de la Condition féminine, Bev Oda, a annoncé mercredi dernier la fermeture de 12 de ses 16 bureaux régionaux dans le cadre de son exercice de réduction budgétaire de cinq millions de dollars sur deux ans.

M. Dion a élargi le débat à l'ensemble de ce qu'il considère comme des preuves de l'assujettissement du gouvernement conservateur aux groupes idéologiques. «Si le premier ministre critique nos juges, supprime le Programme de contestation judiciaire, confond le rôle de la police et des juges et invite maintenant la Chambre à rouvrir le débat sur le mariage civil alors que rien ne le justifie, n'est-ce pas parce qu'il est sous l'emprise de la droite radicale de son parti?»

À cela, le premier ministre Stephen Harper, qui en a profité pour le féliciter en lui souhaitant d'habiter «très longtemps» la résidence officielle des chefs de l'opposition, a servi sa propre médecine à Stéphane Dion en le mettant au défi de permettre à ses députés de voter librement, demain, la réouverture du débat sur le mariage des conjoints de même sexe.

«Je crois, a lancé M. Harper, que les droits des députés figurent parmi les droits les plus importants que nous ayons dans ce pays.» M. Dion ne sait pas encore s'il permettra à ses députés de voter selon leur conscience. Il veut d'abord les consulter.

Les libéraux se sont fait un devoir de projeter une image d'unité. Ainsi, tous les candidats à la direction du parti étaient présents au caucus du matin, y compris Bob Rae et Gerard Kennedy qui ne sont pourtant pas députés. Les trois autres candidats défaits, Michael Ignatieff, Scott Brison et Joe Volpe, ont tous trois posé une question à la Chambre des communes.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a aussi profité de sa première question pour féliciter M. Dion. «Certes, nos visions diffèrent quant à l'avenir du Québec, mais le débat n'en sera que plus clair.»

***

Avec Presse canadienne






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