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PLC - Kennedy, le progressiste

29 novembre 2006  Canada
Gerard Kennedy
Photo : Agence Reuters
Gerard Kennedy
Ottawa — Gerard qui? Au Québec, Gerard Kennedy est pour ainsi dire un inconnu. Son français, trébuchant et approximatif, ne l'a pas aidé à se faire connaître des Québécois. Pourtant, l'ex-ministre ontarien est arrivé bon troisième lors du super week-end de sélection des délégués et, à défaut de gagner samedi, il pourrait contribuer à la victoire de l'un ou l'autre des meneurs... tout en se positionnant pour la prochaine fois.

Reste que M. Kennedy dit souvent à la blague que sa troisième position est la meilleure dans une telle course propice aux rebondissements. M. Kennedy s'était présenté à la chefferie du Parti libéral ontarien en 1996 et, après avoir trôné en première place lors des quatre premiers tours, il s'était fait coiffer au cinquième par Dalton McGuinty, aujourd'hui premier ministre, qui avait occupé la quatrième place jusque-là.

M. Kennedy est très populaire en Ontario. Il y est arrivé deuxième, avec à peine 44 délégués de moins que le meneur Michael Ignatieff. L'homme s'est fait connaître comme un politicien plus progressiste que la moyenne. En 1983, il abandonne ses études universitaires à Edmonton pour fonder une banque alimentaire. Il restera dans ce domaine jusqu'à son entrée en politique provinciale en 1996. Pas étonnant dès lors que, lorsque son parti a pris le pouvoir, sept ans plus tard, c'est un portefeuille à caractère social — l'Éducation — que son ex-rival lui a confié.

Lorsque les questions épineuses se sont retrouvées au coeur de la course, M. Kennedy s'est élevé au-dessus de la mêlée. La nation québécoise? Il était contre, mais n'a pas attaqué celui qui en faisait la promotion, M. Ignatieff. La guerre au Liban? Il a appelé à un cessez-le-feu immédiat sans critiquer Scott Brison ou Joe Volpe, résolument pro-Israël.

«Cela n'apporte pas grand-chose d'attaquer les autres. Cela ne fait que mettre en évidence ce qui est déjà évident», résumait son directeur de campagne en Ontario, le député Mark Holland. On fait le pari que, dans un parti meurtri par les divisions passées, cette attitude gagnera le respect des militants.

***

En un coup d'oeil

Nom: Gerard Kennedy.

Naissance: Le Pas, Manitoba, le 24 juillet 1960 (46 ans).

Nombre de délégués: 820 (17,5 %,).

Carrière: Gerard Kennedy a fait sa marque dans le milieu communautaire en devenant l'un des pionniers du milieu des banques alimentaires. Il a été le premier directeur général de la première banque de ce genre au Canada, la Edmonton Gleaners Association, de 1983 à 1986. Il a ensuite pris la barre d'une banque torontoise en 1986 et a contribué à l'ouverture de multiples autres à travers le pays et à l'étranger.

M. Kennedy a fait son entrée à Queen's Park en 1996, à la faveur d'une élection partielle visant à remplacer... Bob Rae. Ministre de l'Éducation depuis 2003, il a démissionné cette année pour briguer la chefferie libérale fédérale.

Position sur Kyoto: son plan d'action comporte plusieurs mesures pour réduire les gaz à effet de serre, mais le protocole international n'y est jamais nommé. Tout au plus parle-t-il de la nécessité de «se fixer des objectifs réalisables» et de se doter d'un système d'échange de crédits. Il propose un rabais de TPS allant jusqu'à 5000 $ pour les véhicules hybrides afin que ceux-ci constituent 50 % du parc automobile canadien d'ici 2010 et 100 % cinq ans plus tard.

Afghanistan: M. Kennedy prône un retrait des troupes canadiennes si le Canada est incapable de négocier avec l'OTAN un réalignement de la mission. Il estime que la lutte contre la culture du pavot devrait être relâchée en permettant, comme mesure de transition, la production d'opiacés médicaux.

Déséquilibre fiscal: le candidat n'aime pas ce débat «faux» qui «divise les gens». Rappelant que la péréquation doit servir à financer des «services comparables» dans toutes les provinces, il fait remarquer que les droits de scolarité universitaires sont deux fois moins élevés au Québec qu'en Ontario.
 
 
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