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Michaëlle Jean est accueillie comme une reine au Mali

25 novembre 2006  Canada
Bamako — La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, reçoit au Mali un accueil d'un enthousiasme qu'elle n'aurait probablement jamais pu imaginer elle-même.

Mme Jean effectue actuellement un périple de 24 jours en Afrique, qui la mènera également au Maroc et en Afrique du Sud.

Son discours, jeudi, devant le Parlement malien — où elle est devenue la deuxième personnalité à s'adresser à l'Assemblée nationale du Mali, après Nelson Mandela —, s'est retrouvé à la une de la plupart des quotidiens du pays, son plaidoyer en faveur des droits des femmes obtenant la part du lion de cette couverture et se retrouvant souvent dans les grands titres.

«Il n'y a pas de gouvernance sans égalité entre hommes et femmes», titrait L'Indépendant, citant la gouverneure générale.

La plupart des journaux publiaient sa photographie à la une et rappelaient dans leurs pages son parcours, de sa jeunesse en Haïti jusqu'à son émigration vers le Canada. Le journal L'Indépendant affirme que, par sa visite, Michaëlle Jean fait honneur au Mali.

Un des chroniqueurs du journal Le Soir de Bamako la compare même aux anciennes vedettes sportives Muhammad Ali et Pelé. «Ils étaient Noirs, fiers et ils le disaient, écrit Ibrahim Koita. Il y a de ces choses simples dans la vie qui nous rendent heureux, comme de savoir que nous avons de la famille dans un lointain pays. Que Dieu la bénisse.»

Les citoyens ordinaires de la capitale semblaient éprouver les mêmes sentiments. Dans un marché du centre-ville, deux vendeurs ont pourchassé des journalistes canadiens afin de leur remettre des cadeaux pour la gouverneure générale, spécifiant toutefois une condition: leur numéro de téléphone devait aussi lui être remis.

«Tout le monde est au courant de la visite de la gouverneure générale, même les petits enfants, explique Modibo Coulibaly. Elle semble si gentille.»

Son cousin a offert un collier de bois et M. Coulibaly s'est empressé de trouver une boîte recouverte de cuir dans sa boutique afin d'y déposer le bijou.

Les deux articles doivent valoir environ 20 $, soit 10 % du revenu annuel par personne au Mali, l'un des pays parmi les plus pauvres de la planète.

Les cadeaux ont été déposés auprès du Bureau du protocole de Rideau Hall. Les numéros de téléphone des deux hommes aussi.
 
 
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