La santé coûte moins cher au Québec que dans le ROC
La santé coûte cher au Québec, mais il semble que ce soit pire ailleurs au Canada. En effet, entre toutes les provinces et les territoires du pays, c'est ici que le gouvernement dépense le moins en soins de santé par année et par habitant (2400 $), indique un relevé national. Le Québec se classe également au dernier rang en ce qui concerne la part du budget total de l'État réservée à ce secteur (31,7 % sans les services sociaux), un taux qui n'a presque pas changé depuis 30 ans.
Ce sont là deux indicateurs illustrant le fait que le Québec est la province canadienne qui contrôle le plus ses dépenses en santé, indique une étude de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), qui publiait hier un rapport comparant les dépenses en santé de chaque province et territoire du pays sur une période de 30 ans. Cette année, l'augmentation prévue du budget consacré à ce secteur atteindra 4 % au Québec alors que les autres provinces investiront en moyenne 5,7 % de plus, ce qui constitue quand même le taux le plus faible des dix dernières années.
Dans l'ensemble, les dépenses en santé faites par les 13 provinces et territoires s'élèveront à 96 milliards pour l'exercice 2006-07. Le seuil symbolique des 100 milliards sera donc franchi d'ici 2008. «L'accroissement des dépenses au niveau national demeure supérieur au taux d'inflation et à l'augmentation de la population, mais il est contrôlé», a indiqué Jean-Marie Berthelot, vice-président aux programmes à l'ICIS. «Ça veut dire qu'on gère ces dépenses de façon plus serrée qu'auparavant.»
Depuis quatre ans, les provinces consacrent en moyenne un peu plus de 38 % de leur budget aux soins de santé, un taux stable (et même en légère diminution). En comparaison, il s'élevait à 28 % en 1975-76. Les dépenses totales représentent maintenant 6,6 % du PIB de chaque province, un pourcentage presque fixe depuis 2002. Le Québec est légèrement au-dessus de la moyenne dans ce secteur (6,9 % du PIB), mais l'écart avec le reste du Canada s'est considérablement rétréci depuis le début des années 80. On remarque ainsi dans l'étude de l'ICIS que le Québec et Terre-Neuve sont les deux seules provinces à présenter un rapport PIB-dépenses en santé qui ait peu ou pas du tout augmenté depuis 1981 (Philippe Couillard s'appuie notamment sur cette statistique lorsqu'il affirme que le réseau public est viable).
La province se fait d'ailleurs championne de la régularité lorsqu'on observe les statistiques à long terme. En 1974-75, Québec consacrait à la santé 29,1 % de ses dépenses totales. Il s'agit aujourd'hui de 31,7 % (le ministère évoque régulièrement le taux de 43 %, mais on l'obtient en retenant les services sociaux). C'est — et de loin — le plus petit écart au Canada. L'Ontario a plutôt connu une hausse de 13 % (de 31 % à 44 %), et le Nouveau-Brunswick, de 17 %.
Le Québec serait-il chiche en santé? «Il n'y a pas d'équation linéaire entre ce qu'on investit et ce qu'on reçoit comme soins», répond plutôt Isabelle Merizzi, attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. «Quand on regarde les dépenses, on ne voit pas les résultats que ça engendre.» Jean-Marie Berthelot fait le même calcul. «Les dépenses nettes ou par habitant ne sont pas une mesure directe de la qualité et de la quantité des soins offerts, dit-il. C'est vrai que depuis quelques années, le Québec dépense moins que les autres, proportionnellement. Mais beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer cette situation: les besoins de la population, l'organisation des services, la rémunération du personnel... »
Les dépenses des provinces comprennent les dépenses du ministère de la Santé, celles des hôpitaux (près de 41 % en moyenne, soit près de 10 % de moins qu'il y a 20 ans), des programmes portant sur les médicaments (le secteur le plus en croissance, de 4 à 8 %) ainsi que la rémunération des professionnels de la santé et des médecins.
Selon le cabinet du ministre Couillard, c'est principalement l'écart salarial entre les professionnels de la santé du Québec et des autres provinces qui explique que le Québec consacre au final moins d'argent pour soigner et préserver la santé de chaque habitant. En 2006-07, ce sera 2581 $ par habitant, contre une moyenne nationale de près de 3000 $, avec une pointe en Alberta à 3315 $. «La rémunération des médecins et du personnel est plus basse ici, et le gouvernement le reconnaît», dit Isabelle Merizzi, attachée de presse de Philippe Couillard. «Ça explique en partie le fossé. Mais il y a aussi le fait qu'on contrôle les dépenses plus qu'ailleurs. Les indicateurs sont stables, on garde le cap. Ça fait en sorte que le système de santé se maintient et qu'on peut planifier à long terme. C'est plus facile que de donner un gros coup une année et de se restreindre l'année suivante.»
La situation risque toutefois de changer au cours des prochaines années. «La progression des dépenses va bientôt se faire sentir [à la suite des] dernières négociations», prévient Mme Merizzi, rappelant que Québec engagera sous peu des discussions avec les omnipraticiens pour s'entendre sur un rattrapage salarial par rapport au reste du Canada. Les spécialistes attendent eux aussi une entente similaire même si leur dossier est théoriquement gelé jusqu'en 2010, selon le décret de la loi spéciale. «Le règlement de l'équité salariale va aussi provoquer une hausse importante de nos dépenses. On ne sera bientôt plus en queue de peloton.»
Ce sont là deux indicateurs illustrant le fait que le Québec est la province canadienne qui contrôle le plus ses dépenses en santé, indique une étude de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), qui publiait hier un rapport comparant les dépenses en santé de chaque province et territoire du pays sur une période de 30 ans. Cette année, l'augmentation prévue du budget consacré à ce secteur atteindra 4 % au Québec alors que les autres provinces investiront en moyenne 5,7 % de plus, ce qui constitue quand même le taux le plus faible des dix dernières années.
Dans l'ensemble, les dépenses en santé faites par les 13 provinces et territoires s'élèveront à 96 milliards pour l'exercice 2006-07. Le seuil symbolique des 100 milliards sera donc franchi d'ici 2008. «L'accroissement des dépenses au niveau national demeure supérieur au taux d'inflation et à l'augmentation de la population, mais il est contrôlé», a indiqué Jean-Marie Berthelot, vice-président aux programmes à l'ICIS. «Ça veut dire qu'on gère ces dépenses de façon plus serrée qu'auparavant.»
Depuis quatre ans, les provinces consacrent en moyenne un peu plus de 38 % de leur budget aux soins de santé, un taux stable (et même en légère diminution). En comparaison, il s'élevait à 28 % en 1975-76. Les dépenses totales représentent maintenant 6,6 % du PIB de chaque province, un pourcentage presque fixe depuis 2002. Le Québec est légèrement au-dessus de la moyenne dans ce secteur (6,9 % du PIB), mais l'écart avec le reste du Canada s'est considérablement rétréci depuis le début des années 80. On remarque ainsi dans l'étude de l'ICIS que le Québec et Terre-Neuve sont les deux seules provinces à présenter un rapport PIB-dépenses en santé qui ait peu ou pas du tout augmenté depuis 1981 (Philippe Couillard s'appuie notamment sur cette statistique lorsqu'il affirme que le réseau public est viable).
La province se fait d'ailleurs championne de la régularité lorsqu'on observe les statistiques à long terme. En 1974-75, Québec consacrait à la santé 29,1 % de ses dépenses totales. Il s'agit aujourd'hui de 31,7 % (le ministère évoque régulièrement le taux de 43 %, mais on l'obtient en retenant les services sociaux). C'est — et de loin — le plus petit écart au Canada. L'Ontario a plutôt connu une hausse de 13 % (de 31 % à 44 %), et le Nouveau-Brunswick, de 17 %.
Le Québec serait-il chiche en santé? «Il n'y a pas d'équation linéaire entre ce qu'on investit et ce qu'on reçoit comme soins», répond plutôt Isabelle Merizzi, attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. «Quand on regarde les dépenses, on ne voit pas les résultats que ça engendre.» Jean-Marie Berthelot fait le même calcul. «Les dépenses nettes ou par habitant ne sont pas une mesure directe de la qualité et de la quantité des soins offerts, dit-il. C'est vrai que depuis quelques années, le Québec dépense moins que les autres, proportionnellement. Mais beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer cette situation: les besoins de la population, l'organisation des services, la rémunération du personnel... »
Les dépenses des provinces comprennent les dépenses du ministère de la Santé, celles des hôpitaux (près de 41 % en moyenne, soit près de 10 % de moins qu'il y a 20 ans), des programmes portant sur les médicaments (le secteur le plus en croissance, de 4 à 8 %) ainsi que la rémunération des professionnels de la santé et des médecins.
Selon le cabinet du ministre Couillard, c'est principalement l'écart salarial entre les professionnels de la santé du Québec et des autres provinces qui explique que le Québec consacre au final moins d'argent pour soigner et préserver la santé de chaque habitant. En 2006-07, ce sera 2581 $ par habitant, contre une moyenne nationale de près de 3000 $, avec une pointe en Alberta à 3315 $. «La rémunération des médecins et du personnel est plus basse ici, et le gouvernement le reconnaît», dit Isabelle Merizzi, attachée de presse de Philippe Couillard. «Ça explique en partie le fossé. Mais il y a aussi le fait qu'on contrôle les dépenses plus qu'ailleurs. Les indicateurs sont stables, on garde le cap. Ça fait en sorte que le système de santé se maintient et qu'on peut planifier à long terme. C'est plus facile que de donner un gros coup une année et de se restreindre l'année suivante.»
La situation risque toutefois de changer au cours des prochaines années. «La progression des dépenses va bientôt se faire sentir [à la suite des] dernières négociations», prévient Mme Merizzi, rappelant que Québec engagera sous peu des discussions avec les omnipraticiens pour s'entendre sur un rattrapage salarial par rapport au reste du Canada. Les spécialistes attendent eux aussi une entente similaire même si leur dossier est théoriquement gelé jusqu'en 2010, selon le décret de la loi spéciale. «Le règlement de l'équité salariale va aussi provoquer une hausse importante de nos dépenses. On ne sera bientôt plus en queue de peloton.»
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