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Conservation égale emplois viables

Louis-Gilles Francoeur   19 octobre 2006  Canada
«Le vrai problème de la forêt québécoise dans le moment, dit Richard Desjardins, le premier en importance, c’est que le bois est trop petit et que les compagnies doivent aller le chercher trop loin. C’est sûr que ça fait remonter le prix de la
Photo : Jacques Grenier
«Le vrai problème de la forêt québécoise dans le moment, dit Richard Desjardins, le premier en importance, c’est que le bois est trop petit et que les compagnies doivent aller le chercher trop loin. C’est sûr que ça fait remonter le prix de la
«Moi, j'ai été élevé avec des forestiers. Je me suis battu avec L'Erreur boréale pas seulement pour sauver des arbres mais pour sauver les communautés forestières et l'industrie, pour tenter d'arrêter à temps une dévastation encore pire de la ressource forestière.»

C'est en ces termes que le poète-chansonnier Richard Desjardins, aussi vice-président de l'Action boréale, a répliqué hier lors d'un entretien accordé au Devoir à Jean-Pierre Blackburn, ministre fédéral du Travail et responsable en titre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. Il y a quelques jours, le ministre Blackburn avait dit déplorer que les travailleurs forestiers québécois n'aient pas pu bénéficier d'un chantre aussi engagé que Desjardins a pu l'être, à son avis, pour les forêts québécoises.

En sonnant l'alarme avec L'Erreur boréale et en s'engageant, avec l'Action boréale, dans la désignation d'aires protégées, a expliqué Richard Desjardins, le Québec «a pu appliquer les freins avant qu'on se ramasse avec une ressource totalement dévastée par la courte vue de certains et les intérêts des grands industriels, comme ç'a été le cas avec la morue». Se battre pour une foresterie viable de quelque point de vue que ce soit, a-t-il dit, c'est se battre pour protéger les emplois que l'état actuel de la forêt québécoise permet encore de sauver. Et ce n'est pas en continuant le «pillage» des dernières années, au prétexte de maintenir à tout prix le niveau de récolte et de profit contre toute logique de préservation du capital forestier, a ajouté M. Desjardins, qu'on parviendra à sauver la foresterie viable que le Québec doit soutenir.

«Ce que veulent les trois grandes compagnies du secteur forestier, a expliqué le poète-chansonnier, c'est que le public finance la fermeture des forêts qui restent parce que le piètre état de la ressource, dont elles sont responsables, incite les banques à ne plus vouloir les financer. C'est pourquoi elles réclament maintenant que l'État paye pour les chemins forestiers, par exemple. Ces compagnies-là sont capitalistes quand elles font de l'argent et socialistes quand elles sont dans le trou.»

Richard Desjardins a d'ailleurs affirmé que le bilan de l'exploitation forestière des dernières années est probablement «pire que ce que la commission Coulombe en a dit».

La commission Coulombe avait recommandé à Québec de réduire de 20 % le calcul de la possibilité forestière, c'est-à-dire le potentiel de la forêt québécoise évalué sur plusieurs générations. C'est l'ampleur de ce potentiel qui détermine le niveau des coupes aujourd'hui. Mais la réduction des allocations octroyées aux exploitants forestiers à la suite de la recommandation de la commission Coulombe est inférieure à la réduction de 20 %: la réduction des allocations s'est plutôt limitée entre 10 et 15 % selon les régions. Et, a ajouté le vice-président de l'Action boréale, c'est lors de cette année dite de vaches maigres que les compagnies ont atteint le record de coupes de tous les temps au Québec, soit 33 millions de mètres cubes, en allant récolter, en plus des allocations, le bois touché par les feux de forêt.

Richard Desjardins a ajouté, citant des sources généralement fiables, que «si le rapport du Forestier en chef n'est pas édulcoré en raison de la proximité des élections, on risque de devoir retrancher un autre 20 % à la recommandation de la commission Colombe».

Cela porterait à près de 40 % la réduction du potentiel à long terme des forêts québécoises, ce qui se traduirait par d'inévitables réductions des allocations trop généreuses des dernières années.

Cette information, avancée par Richard Desjardins, recoupe d'autres sources du Devoir, qui affirment qu'on se dirigerait vers une réduction globale «se situant entre 30 et 35 % de l'ancien calcul de la possibilité forestière» ou du potentiel à long terme de nos forêts.

Selon ces sources, les industriels de la forêt ont été mis au courant de ce chiffre peu après le dépôt du rapport Coulombe, ce qui expliquerait le fait qu'ils aient rapidement cessé de dénoncer sa recommandation de 20 %, qui leur était somme toute plus favorable que les vrais chiffres. Les données confidentielles qui ont circulé au sommet de l'industrie provenaient des études réalisées par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune pendant les travaux de la commission. Les délais de réalisation de cette étude, finalement remise au Forestier en chef après sa nomination, ont fait en sorte que ce rapport du ministère n'a pas été remis à la commission, qui aurait peut-être pu réviser à la baisse de façon encore plus sévère son évaluation du potentiel forestier à long terme.

Richard Desjardins estime que plusieurs facteurs peuvent expliquer que près de la moitié des scieries du Québec ferment à l'heure actuelle.

«Mais ce n'est certainement pas à cause des écologistes, a-t-il dit, qui n'ont pas fait perdre un seul emploi en forêt en comparaison des décisions prises par les compagnies elles-mêmes. Les compagnies essaient de viser la commission Coulombe et ses recommandations à travers les écologistes plutôt que les conclusions d'une commission d'enquête, dont ils peuvent difficilement contester la rigueur. À les écouter, les commissaires auraient été, du début à la fin de leurs travaux, sous l'influence de Richard Desjardins: j'aurais contaminé toute la commission, service de recherche et consultants compris. C'est fort comme analyse!»

«Le vrai problème de la forêt québécoise dans le moment, a renchéri M. Desjardins, le premier en importance, c'est que le bois est trop petit et que les compagnies doivent aller le chercher trop loin. C'est sûr que ça fait remonter le prix de la fibre. Mais c'est eux autres qui ont créé le problème en surexploitant les forêts plus au sud. Si elles avaient pu ramasser tout le bois du Québec en une seule année avec une seule machine, elles l'auraient fait. C'est leur logique. Au cours des dernières années, elles ont augmenté de 45 % la valeur de leur production au Québec tout en réduisant de moitié les emplois en raison de l'informatisation des tâches et d'une plus grande mécanisation des opérations. Ce n'est pas les écologistes qui ont fait ça.»

Pour le vice-président de l'Action boréale, il faut examiner à fond les raisons qui font en sorte que la moitié des scieries arrivent à s'en sortir malgré les rationalisations des trois grandes compagnies, malgré le taux de change peu favorable et l'état du marché du bois d'oeuvre aux États-Unis.

«Je pense que plusieurs des scieries indépendantes qui survivent le font grâce au fait qu'elles ont investi dans des activités qui génèrent une valeur ajoutée, par exemple dans la fabrication de poutres ou d'autres produits finis qui conservent leur valeur, a commenté Richard Desjardins. Faire des 2X4 ou de la pâte à papier avec le bois, c'est une affaire dépassée. Le Brésil et d'autres pays d'Asie entrent dans ce marché avec des produits beaucoup moins chers. Il faut travailler du côté des valeurs ajoutées.»

«Les propos d'un Jean-Pierre Blackburn, ça ne me dérange pas beaucoup et, à la limite, ça ne mérite pas de réplique», a conclu le poète-chansonnier engagé. «Même dans sa gang, y a des ministres qui l'ont rabroué. Blackburn, il fait partie des négationnistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui continuent de penser que le rapport Coulombe, c'est peut-être nous autres qui l'avons écrit. Je ne pense pas que M. Colombe et son équipe apprécient qu'on dise qu'ils ont pu être manipulés... C'est pas le genre!»






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  • Maurice Monette
    Abonné
    jeudi 19 octobre 2006 15h45
    Monsieur Desjardins a une
    « Monsieur Desjardins a le COURAGE de dénoncer les ABU$ que le$ cie$ fore$tière$ font $ur le do$ de notre MÈRE la TERRE. Il a pu constater que ce$ IGNOMINIE$ de la gent humaine avaient déjà commencées au début des années 80 et je vais raconter un peu ce que j'avais moi aussi pu constater déjà à cette époque.

    Tout d'abord, je vais me présenter, pour que les gens comprennent que je ne parle pas "au-travers-mon-chapeau". Donc, de juillet 78 à mars 81, j'ai été à l'emploi du FEU "Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche", aujourd'hui remplacé par l'entité "Faune, Parcs et Réserves", dans l'Outaouais. Des inventaires aériens de gros gibiers étaient une partie de mes Tâches. Donc, lors de ces survols aériens de grandes superficies, il nous avait été possible de constater les coupes-à-blanc que l'industrie forestière faisait partout dans le nord de cette région. Ne citons que quelques régions telles que, Maniwaki, le réservoir du Baskatong, le Parc Lavérendry, etc, etc, etc...pour aider à comprendre que le problème était déjà présent à cette époque. Nous avions beau passer des remarques sur la gestion qui était faite de la ressource ligneuse dans laquelle les "coupes-à-blanc" semblaient la seule méthode appliquée et que,celles-ci restreignaient les aires matures abritant la faune, aucun argument ne faisait fléchir le Ministère des Terres et Forêts. Économiquement, "nous-n'avions-pas-le-gros-bout-du-batton" et il fallait assister à la destruction systématique de l'environnement...

    Puis, de mars 81 à octobre 82, je travaillai au "Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation", Direction de la Recherche Technique et Scientique. Mais, après une année de constats de la SUR-exploitation de la ressource MARINE et de la diminution constante de la longueur des prises de MORUES, je suis allé à Québec rencontrer les Dirigeants du Ministère pour les mettre en garde contre cette SUR-exploitation. Ces gestionnaires n'avaient rien à faire des signes de SUR-exploitations que je leur présentais car, ceux-ci me répondirent que, c'étaient des gens comme les pêcheurs qui élisent les gouvernements et qu'il fallait leurs donner satisfaction...

    Donc, face à ces réactions irresponsables, j'ai opté pour une mutation car, ça m'aurait pousser à agir CONTRE les PRICIPES de $aine Ge$tion de la FAUNE MARINE pour lesquelles j'avais été engagé. On saient toutes et tous ce qu'il est advenu de la "Pêche Commerciale" depuis...

    Tout ÇA pour dire que, ces ABUS causés par l'espèce humaine sur leur MÈRE, cette TERRE d'ÉMERAUDE, NOUS en payons le coût aujourd'hui et pour plusieures décennies à venir. D'autant plus qu'il n'y a plus de limite à la CUPIDITÉ humaine et que l'AVARICE est encouragée voire même, "DÉIFIÉE" par la "cla$$e de "rond$-de-cuir" qui jouent avec l'argent de$ autre$ pour gagner leur pitance... C'est très ÉDIFIANT comme occupation de tous faire pour causer le plu$ de pre$$ion po$$ible sur la $ociété Humaine $aine pour qu'ELLE re$te dan$ leur GIRON INVOLUTIF et DE$TRUCTEUR de CELLE-CI...

    En résumé, Monsieur Desjardins doit continuer à s'indigner comme bien d'autres le font pour d'autres causes tout aussi importantes mais, ce sont "ce$ ARGENTIER$" qui, pour le moment, ont encore "le Gro$-Bout-du-Baton". Tant que personne ne réalisera que seule une $aine LIMITE d'un million de dollar$, aprè$ quatre année$ de tergiver$ation$ HONNÊTE$ diver$e$ ne sera pas rétablie pour l'ensemble de la PLANÈTE, CELLE-CI se détériorera continuellement et TOUT ira de "MAl-en-PI$"... »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    vendredi 20 octobre 2006 10h09
    Un peu d'honnêté intectuelle peut-être ?
    « Je n'en reviens pas de voir et d'entendre tous ces gens comme Richard Desjardins qui sont devenus tous plus experts que les négationnistes dont je suis. Il faut avoir de bonnes oreilles monsieur Francoeur pour entendre le poète pontifier sur toutes les tribunes comme à Bons Baisers de France et nous lancer à la figure que le regénération au nord, c'est comme ceci et que l'épinette noire c'est comme cela. Et quoi encore ? On a rejeté comme des déchets intellectuels tous ceux qui ne buvaient pas les paroles des forestiers métropolitains et amis libéraux de cette commission Coulombe dont le rapport est devenue comme les saintes écritures. Ce rapport n'est pas plus une thèse de doctorat et on ne peut en son nom poser des gestes qui ont tant de conséquences sans discernement. Je vous ai entendu vous-mêmes ce matin, de façon gênante vous discréditer en invoquant une pseudo science de l'évaluation des possibilités forestières. Un modèle n'est qu'un modèle, monsieur Francoeur. J'ai une formation scientifique et je vous demanderais de ne pas invoquer le nom de la science en vain comme le disent justement les saintes écritures. Nous avons travaillé depuis de nombreuses années, en collaboration avec l'industrie, les coopératives et l'université du Québec à Chicoutimi (une université de seconde classe je suppose) afin de mieux exploiter cette ressource. Nous avons été dans le concret. Comment peut-on reprocher à des scientifiques impliqués dans leur milieu d'avoir voulu collaborer avec les acteurs concernés ? Mépris pour les politiciens, pour les gens des régions qui ne sont que de pauvres imbéciles enrôlés par les ignobles compagnies, s'accordent avec les guitares de nos artistes, tous éclairés, prêts à nous tirer de l'obscurantisme de culs-terreux. Si je vous comprends bien tous, nous avons été comme ces pauvres primitifs de l'île de Pâques qui se sont eux-mêmes exterminés en coupant leurs arbres.

    Il faut que cesse cette hystérie et que la réalité dans son ensemble soit considérée. La forêt appartient à tous, come vous le dites si bien, même à ceux comme Richard Desjardins qui n'ont pas l'honnêteté de reconnaître qu'ils en ont vécu et en vivent encore. Ayez le courage de descendre de vos hélicos et fouler le terrain avec nous. »

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