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Crise forestière : Blackburn critique l'obsession de l'environnement

16 octobre 2006  Canada
Ottawa — La protection de l'environnement est importante, mais elle ne doit pas aller trop loin et se faire au détriment de la survie d'entreprises, estime le ministre fédéral Jean-Pierre Blackburn, qui s'appuie sur l'exemple des difficultés que connaît l'industrie forestière au Québec pour justifier ses propos.

Le gouvernement fédéral doit déposer cette semaine son projet de loi sur la qualité de l'air, un élément de l'approche des conservateurs de Stephen Harper. Cette approche comportera des cibles qui viseront à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais ces cibles ne seront fixées qu'après des consultations auprès de l'industrie.

Les partis d'opposition et les environnementalistes fustigent cette façon de faire qui ne fera, à leur avis, que retarder l'adoption de mesures, mais le ministre conservateur se dit convaincu que son gouvernement s'y prend de la bonne façon.

«Il faut être pro-environnemental, mais il faut aussi y aller de façon modulée, mesurée, pour que les entreprises n'éclatent pas», a fait valoir le ministre Blackburn, en entrevue avec la Presse canadienne.

Le secteur forestier du Québec a goûté à l'imposition de mesures environnementales avec les résultats qu'on connaît, argue le ministre responsable de l'agence de Développement économique du Canada pour le Québec (DEC), faisant référence à l'application du rapport de la commission Coulombe réduisant la surface de l'exploitation forestière. Cette commission avait été mise sur pied après le cri d'alarme lancé par le chanteur Richard Desjardins.

«On voit l'exemple de la foresterie et des scieries, a souligné M. Blackburn. Regardez ce qui se passe quand on va trop loin avec les questions environnementales. Je ne sais pas si, demain matin, il va y avoir un chanteur pour nos chômeurs, pour leur venir en aide. Quand on va trop loin, ça nous pète au visage.»

Depuis quelques semaines, les mises à pied se multiplient dans l'industrie forestière, au Québec comme en Ontario. En moins de six jours, la semaine dernière, ce sont 1600 emplois qui ont disparu au Québec seulement, avec la fermeture de huit scieries, la plupart situées dans des petites localités en région.

L'industrie explique la crise qui la secoue par un ensemble de facteurs, dont l'affaissement du marché, le taux de change et les impacts de la longue bataille commerciale avec les États-Unis sur le bois d'oeuvre. Lors de l'annonce de l'application du rapport Coulombe, à la fin 2004, l'industrie avait adressé une mise en garde à propos des répercussions négatives sur les emplois.

Dans son analyse de la situation, le ministre Blackburn ne semble cependant retenir que les mesures de protection de la ressource adoptées dans la foulée du rapport Coulombe.

Le chômage

Les fermetures d'usines dans le domaine forestier québécois «montrent que nous sommes dans la vraie bonne direction» en ce qui a trait à l'approche du gouvernement conservateur pour améliorer la qualité de l'air, soutient le ministre.

Le projet de loi qui sera présenté demain «est une mesure dans la bonne direction pour faire quelque chose de faisable, que les entreprises vont être capables d'assimiler, et non pas de se ramasser [avec des] entreprises [qui] ferment et que tout le monde tombe au chômage».

Ce chômage dans le secteur forestier et toutes ces fermetures d'usines inquiètent le ministre Blackburn, en poste depuis février. C'est pour «devancer la crise», de façon générale, qu'il s'est appliqué au cours des derniers mois à réviser les programmes de DEC.

«Je ne veux pas, quand il y a une crise, réinventer l'outil» de développement économique, a fait valoir Jean-Pierre Blackburn.

Les programmes d'aide à la création d'entreprises, de diversification économique ou d'accès au capital de risque sont disponibles pour les sept régions du Québec en décroissance démographique, ainsi que 21 municipalités régionales (MRC) moins favorisées.

Ces «outils» économiques seront populaires, soutient le ministre qui, lorsqu'il aura les résultats en main, se dit prêt à mener une bataille auprès de ses collègues du cabinet pour obtenir plus de financement.






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