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The Way It Works: Inside Ottawa - Un conseiller de Chrétien décrit Martin comme un «abcès»

25 septembre 2006  Canada
Ottawa — Un des principaux bras droits de Jean Chrétien vient de rallumer les braises de la précédente bataille pour le leadership du Parti libéral avec la publication d'un ouvrage qui décrit Paul Martin comme un «abcès» qu'il aurait mieux valu crever avant qu'il ne puisse faire des ravages dans ce parti autrefois puissant, et à travers le pays.

L'ouvrage d'Eddie Goldenberg paraît alors que les libéraux s'efforcent de se doter d'un nouveau chef — un exercice dont plusieurs d'entre eux espéraient qu'il mette fin à la guerre intestine opposant les camps Martin et Chrétien.

M. Goldenberg appuie son ami de longue date Bob Rae dans l'actuelle course à la direction, bien que dans son livre, il fasse aussi l'éloge d'un autre candidat, Stéphane Dion, qui fut le ministre de l'unité nationale de Jean Chrétien.

Intitulé The Way It Works: Inside Ottawa, le livre de M. Goldenberg risque de faire des vagues. Il offre un aperçu de l'intérieur des tensions entre l'ex-premier ministre Chrétien et M. Martin, son ministre des Finances, puis successeur. Il trace un portrait peu flatteur de M. Martin, qu'il décrit comme un intrigant ambitieux, dont la réaction absolument excessive au scandale des commandites — du moins du point de vue de M. Goldenberg — a détruit l'image libérale et stimulé les forces souverainistes au Québec.

M. Goldenberg a conseillé M. Chrétien pendant plus de 30 ans, dont 10 à titre de conseiller principal au Bureau du premier ministre.

Son livre révèle que M. Chrétien voulait écarter M. Martin du ministère des Finances après une tentative de putsch pour lui ravir la direction du parti, au début de 2000. Selon M. Goldenberg, lui-même et Jean Pelletier, alors chef de cabinet de M. Chrétien, avaient déconseillé à M. Chrétien de procéder à un remaniement, craignant que M. Martin ne quitte carrément le cabinet, ce qui aurait divisé le parti et nui à la crédibilité du gouvernement auprès des marchés financiers.

«Au fil des deux années suivantes, il est devenu évident que M. Pelletier et moi-même avions tort, et que l'instinct politique de Jean Chrétien, qui aurait voulu crever l'abcès immédiatement, était juste», écrit M. Goldenberg.

M. Martin a tout de même fini par quitter le cabinet en 2002, et la révolte ultérieure de ses partisans au sein du caucus a obligé M. Chrétien à annoncer son départ à peu près un an plus tôt que prévu.

M. Goldenberg écrit que M. Chrétien n'a jamais eu confiance dans le flair de M. Martin au sujet du Québec, et ne lui a jamais pardonné la vilaine tournure qu'avait prise leur rivalité au sujet de l'Accord constitutionnel du lac Meech dans le cours de la campagne au leadership de 1990. Au cours d'un débat réunissant tous les candidats à Montréal, des partisans de M. Martin avaient qualifié M. Chrétien de vendu et de traître pour s'être opposé à l'accord.
 
 
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