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Le Globe and Mail et la tuerie au Collège Dawson - Harper aussi dénonce les propos de Wong

Antoine Robitaille   21 septembre 2006  Canada
Québec — Au tour de Stephen Harper de prendre la plume et d'écrire au Globe and Mail pour condamner l'article de Jan Wong de samedi portant sur les fusillades survenues dans des établissements scolaires de Montréal. Il s'agit d'un geste rarissime, voire inédit, selon plusieurs courriéristes parlementaires consultés à Ottawa. Le bureau de l'éditeur du Globe and Mail, Edward Greenspon, a fait savoir en fin de journée hier qu'il réagira à cette tourmente en éditorial dans son édition d'aujourd'hui.

Mme Wong, rappelons-le, a affirmé que les responsables des fusillades à Montréal étaient des immigrants et «qu'ils avaient tous trois été marginalisés par une société qui valorise l'ascendance "pure laine"». La journaliste écrivait aussi qu'«ailleurs, on répugne à parler de pureté raciale. Mais pas au Québec».

Dans une lettre au ton incisif que nous reproduisons en page Idées, M. Harper explique avoir été décontenancé par l'argumentation de Mme Wong, qu'il qualifie de «clairement absurde et sans fondement». L'article, aux yeux du premier ministre, était «grossièrement irresponsable» puisqu'il reposait sur des préjugés. S'en prenant aux généralisations faites par Mme Wong, M. Harper écrit qu'il devrait pourtant être «évident que les actes d'un seul individu ne peuvent pas refléter l'état d'esprit de toute une communauté ou d'une classe de personnes».

Les événements comme ceux de Polytechnique et de Dawson ne peuvent être le fait que de «personnes instables et malfaisantes», écrit le premier ministre. «Ces actions méritent une réprobation morale sans équivoque et ne doivent pas être une excuse pour disséminer des préjugés se cachant sous des allures de théories sociologiques.»

Les Communes ont aussi pris position dans cette affaire, dénonçant par une motion unanime les propos de Jan Wong. «Le Globe and Mail devrait avoir honte de publier de tels torchons. J'exige que la direction du journal présente des excuses publiques à tous les Québécois», a déclaré la libérale Raymonde Folco.

Mardi, c'est le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui avait dénoncé, dans une lettre adressée à M. Greenspon, l'analyse de la journaliste, disant qu'elle s'était «discréditée» et qu'elle avait basculé «dans le fossé de la bêtise». Le premier ministre, «au nom de tous les Québécois», avait réclamé des excuses de la part de la journaliste. Hier, le Globe and Mail a publié la lettre de M. Charest, mais dans la section réservée au courrier des lecteurs.

Comme lundi, lorsque la polémique a éclaté, et comme mardi, Le Devoir a tenté de joindre Mme Wong, mais cette dernière n'avait pas rappelé hier au moment d'écrire ces lignes.
 
 
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  • byron Largaespada
    Inscrit
    jeudi 21 septembre 2006 11h55
    Étudier le cas
    Ce que dit madame Jan Wong est vraie ou est faux.- Thath ist the question. On a dit qu'est faux sans apporter rien de plus, sans étudier le complexe cas, dans une reaction viscerale.
    Il faut étudier et polemiser, pas rejeter sans rien savoir.

  • oleron
    Abonné
    jeudi 21 septembre 2006 12h48
    « Pas possible. Tu es un Français du Québec »
    L'ignorance et l'arrogance de Jane Wong et du Globe & Mail me rappelle un souvenir de 1975. Je participais comme fonctionnaire à l'unique conférence « fédérale-provinciale-municipale » de Winnipeg organisée par le Ministère d'État chargé des affaires urbaines (1971-1979). Un journaliste me demanda qui était en charge du service de presse. « C'est moi » lui dis-je. « It can't be, s'exclama-t-il. You're French from Quebec. » (Pas possible. Tu es Français du Québec). « J'ai été journaliste pendant 20 ans à La Presse, à Montréal. Je connais le métier et je peux faire les même grimaces que toi » dis-je. On a ri et il accepta la bière que je lui offrais. Après 37 ans de bilinguisme officiel, sauf quelques esprits ouverts, le Canada anglais ne semble pas avoir bougé. Bilinguisme égale traduction! Heureusement que les Québécois sont très, très pacifiques. Néanmoins, ils se demandent de plus en plus s'ils ont un avenir au Canada anglais. L'attitude de Wong et du Globe leur en fait douter davantage. Croyez-moi. Je n'invente rien. C'est exactement ce qui m'est arrivé.

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