À 33 400 patients de l'objectif
Depuis la semaine dernière, une commission parlementaire de l'Assemblée nationale entend les représentations des intervenants du monde de la santé au sujet du projet de loi 33, qui vient concrétiser les engagements du gouvernement dans la foulée de l'arrêt Chaoulli rendu par la Cour suprême.
Par ce projet de loi, Québec s'engage à respecter des délais maximums en cardiologie, en radio-oncologie, pour la chirurgie de la cataracte, le remplacement d'une hanche ou d'un genou, ainsi que le dépistage des cancers du sein et de l'utérus. Une fois adoptée, la loi obligera chaque hôpital à créer un «mécanisme central de gestion de l'accès» à ces interventions qui devra assurer un suivi personnalisé pour chaque patient et lui proposer une solution de rechange lorsque les délais prescrits ne pourront être respectés.
Parmi ces solutions, il y aura la possibilité d'être reçu par un autre établissement du réseau, d'être dirigé vers une «clinique affiliée» autorisée à faire certaines interventions sans frais, voire d'être traité à l'étranger ou dans un «centre médical spécialisé» privé, non conventionné, aux frais du régime public.
Dans le cas des cliniques affiliées, il pourra s'agir de cliniques existantes qui recevront le mandat d'accomplir un nombre déterminé d'interventions mineures pour réduire la pression sur l'hôpital.
Pour se conformer à l'arrêt de la Cour suprême, le projet autorise aussi les citoyens à contracter une assurance couvrant un nombre très limité de problèmes (cataracte, hanche, genou) et leur permettant d'être traités dans un centre spécialisé privé.
Quelques organismes ont défilé la semaine dernière devant les parlementaires pour commenter le projet. Les médecins, notamment, ne se sont pas privés de le critiquer, le jugeant insuffisant et bureaucratique à cause de la mécanique de gestion de l'accès aux soins qui sera imposée à tous les établissements hospitaliers. Ce qu'il faut, disent-ils, ce ne sont pas des fonctionnaires supplémentaires pour gérer des règles, mais du personnel médical et du temps en salle d'opération. En d'autres mots, de l'argent pour traiter plus de monde, point.
Ils n'ont pas tort. Le nombre de personnes qui attendent d'être traitées depuis plus de six mois au Québec dépasse les 33 000, soit presque 10 % du nombre total de chirurgies effectuées dans une année. On peut faire mieux et «l'effort à faire n'est pas énorme», dit le ministre. Pas énorme? Au contraire! Tous ces patients ne sont pas à l'article de la mort, mais tous souffrent depuis déjà trop longtemps pour qu'on les considère comme une statistique.
En campagne électorale, les libéraux avaient promis de régler le problème de façon définitive. Près de quatre ans plus tard, M. Couillard souhaite qu'on réélise son parti pour compléter le travail. Malgré tout son talent, il devient difficile de croire qu'il lui suffirait d'un peu de temps pour mettre fin aux listes d'attente déraisonnables.
Malheureusement, le même constat vaut pour ses adversaires politiques, dont la crédibilité en matière de gestion du système de santé n'est pas plus reluisante.
Par ce projet de loi, Québec s'engage à respecter des délais maximums en cardiologie, en radio-oncologie, pour la chirurgie de la cataracte, le remplacement d'une hanche ou d'un genou, ainsi que le dépistage des cancers du sein et de l'utérus. Une fois adoptée, la loi obligera chaque hôpital à créer un «mécanisme central de gestion de l'accès» à ces interventions qui devra assurer un suivi personnalisé pour chaque patient et lui proposer une solution de rechange lorsque les délais prescrits ne pourront être respectés.
Parmi ces solutions, il y aura la possibilité d'être reçu par un autre établissement du réseau, d'être dirigé vers une «clinique affiliée» autorisée à faire certaines interventions sans frais, voire d'être traité à l'étranger ou dans un «centre médical spécialisé» privé, non conventionné, aux frais du régime public.
Dans le cas des cliniques affiliées, il pourra s'agir de cliniques existantes qui recevront le mandat d'accomplir un nombre déterminé d'interventions mineures pour réduire la pression sur l'hôpital.
Pour se conformer à l'arrêt de la Cour suprême, le projet autorise aussi les citoyens à contracter une assurance couvrant un nombre très limité de problèmes (cataracte, hanche, genou) et leur permettant d'être traités dans un centre spécialisé privé.
Quelques organismes ont défilé la semaine dernière devant les parlementaires pour commenter le projet. Les médecins, notamment, ne se sont pas privés de le critiquer, le jugeant insuffisant et bureaucratique à cause de la mécanique de gestion de l'accès aux soins qui sera imposée à tous les établissements hospitaliers. Ce qu'il faut, disent-ils, ce ne sont pas des fonctionnaires supplémentaires pour gérer des règles, mais du personnel médical et du temps en salle d'opération. En d'autres mots, de l'argent pour traiter plus de monde, point.
Ils n'ont pas tort. Le nombre de personnes qui attendent d'être traitées depuis plus de six mois au Québec dépasse les 33 000, soit presque 10 % du nombre total de chirurgies effectuées dans une année. On peut faire mieux et «l'effort à faire n'est pas énorme», dit le ministre. Pas énorme? Au contraire! Tous ces patients ne sont pas à l'article de la mort, mais tous souffrent depuis déjà trop longtemps pour qu'on les considère comme une statistique.
En campagne électorale, les libéraux avaient promis de régler le problème de façon définitive. Près de quatre ans plus tard, M. Couillard souhaite qu'on réélise son parti pour compléter le travail. Malgré tout son talent, il devient difficile de croire qu'il lui suffirait d'un peu de temps pour mettre fin aux listes d'attente déraisonnables.
Malheureusement, le même constat vaut pour ses adversaires politiques, dont la crédibilité en matière de gestion du système de santé n'est pas plus reluisante.
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