L'Opposition se déchaîne aux Communes
Ottawa — Le repos estival et les événements des derniers jours ont visiblement fouetté les partis d'opposition à la Chambre des communes, qui ont offert une rentrée parlementaire houleuse au gouvernement conservateur. L'abolition du registre des armes de chasse et la mission canadienne en Afghanistan, deux dossiers qui ont été au coeur des débats le printemps dernier, sont revenues hanter les troupes de Stephen Harper hier.
La fusillade meurtrière au Collège Dawson a d'ailleurs eu ses premières répercussions politiques tangibles, puisque le chef libéral, Bill Graham, a profité de la reprise des travaux parlementaires pour annoncer que ses troupes allaient devoir suivre une ligne de parti lors du vote sur l'abolition du registre des armes de chasse. Les députés libéraux qui prévoyaient voter en faveur du démantèlement du registre il y a encore quelques semaines devront maintenant rentrer dans le rang et s'opposer à son abolition. «Si certains députés vont à l'encontre de la décision du parti, nous allons réagir en temps et lieu», a affirmé Bill Graham.
Cette nouvelle position du Parti libéral fera vraisemblablement échouer les plans du gouvernement conservateur, qui désire soumettre ce projet de loi au Parlement dès cet automne. C'est que les 102 députés libéraux s'ajoutent aux 50 bloquistes et à la quinzaine de néo-démocrates (sur 29) qui s'opposent au démantèlement du registre des armes de chasse. À moins d'un revirement spectaculaire, les troupes de Stephen Harper n'auront donc pas les appuis suffisants pour faire adopter leur projet de loi.
Les conservateurs devront donc se résigner à perdre ce vote ou à le reporter plus tard en 2007. Il ne s'agira pas d'un vote de confiance. Rappelons toutefois que le registre n'est plus mis à jour depuis le printemps dernier, en raison d'une amnistie d'un an dont bénéficient les chasseurs. Ces derniers n'ont plus l'obligation de renouveler l'enregistrement de leurs armes. Par conséquent, la banque de données tombe tranquillement en désuétude. Les armes de poing et les armes à utilisation restreinte, comme les fusils semi-automatiques, continuent par contre d'être enregistrées. Seules les armes de chasse sont touchées par la mesure conservatrice.
La période de questions a d'ailleurs été le théâtre d'une bataille rangée entre libéraux, bloquistes et le gouvernement. Le chef libéral a été le premier à attaquer la décision des conservateurs hier. «Alors que le premier ministre se prépare à abolir notre système de contrôle des armes à feu, il dit que ce n'est pas le temps d'en parler. Aujourd'hui, le premier ministre doit en parler. Il doit surtout nous expliquer comment sa proposition pour affaiblir nos lois sur les armes à feu protégera mieux les Canadiens», a lancé Bill Graham.
Stephen Harper a répliqué que les lois actuelles n'avaient pas empêché le drame du Collège Dawson et que, par conséquent, il faut trouver de nouvelles manières de rendre le pays plus sécuritaire. «Ce gouvernement est déterminé à avoir des lois plus efficaces qui permettront d'éviter une telle tragédie à l'avenir», a-t-il dit, avant d'ajouter que son gouvernement avait demandé à la GRC d'accumuler tous les faits de la fusillade pour ensuite tirer des conclusions qui guideront Ottawa dans l'élaboration de ses futures lois.
À sa sortie des Communes, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu que le registre devait être maintenu, mais que d'autres mesures pouvaient également être mises en place pour tenter de prévenir les fusillades mortelles. «Par exemple, pourquoi les armes semi-automatiques utilisées dans les clubs de tir ne restent-elles pas dans les clubs de tir? On pourrait obliger les clubs à avoir des casiers sécuritaires qui s'ouvrent avec deux clés, l'une détenue par le propriétaire de l'arme et l'autre par un employé du club. Comme dans les casiers de sûreté des banques», a suggéré Gilles Duceppe. Le chef du NPD, Jack Layton, a de son côté plaidé pour l'interdiction pure et simple des armes semi-automatiques.
L'Afghanistan au centre des débats
Outre le registre des armes de chasse, la mission canadienne en Afghanistan a également échauffé les esprits hier. La mort de quatre soldats canadiens dans la région de Kandahar, confirmée plus tôt dans la journée, n'a fait qu'alimenter davantage les critiques. Depuis 2001, 36 Canadiens ont perdu la vie en Afghanistan, dont la vaste majorité depuis février dernier.
Les partis d'opposition ont également utilisé un rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dévoilé hier. Ce rapport démontre que le Canada est le pays de la coalition qui a perdu le plus d'hommes au combat, après les États-Unis. Depuis le début de l'offensive, en 2001, deux décès de soldat sur cinq en Afghanistan ont frappé les Canadiens. De plus, en raison de l'équipement des soldats et de la nature de l'insurrection dans le sud du pays, le rapport conclut que les Canadiens courent six fois plus de risques d'être attaqués que les soldats américains en Irak.
Dans la foulée, le NPD a de nouveau réclamé le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan, alors que le Bloc québécois, qui appuie la mission, a soutenu que le gouvernement manque de transparence et que trop de questions restent en suspens. L'envoi de 200 nouveaux soldats, qui viendront s'ajouter aux 2300 militaires déjà sur place, prouve que les conservateurs naviguent à vue dans ce dossier, a soutenu le Bloc.
En Chambre, le premier ministre a soutenu que l'attaque suicide d'hier démontre le bon travail des militaires canadiens. «Nos hommes distribuaient des crayons et des bonbons à des enfants dans un village quand ils ont été attaqués. Aucun autre incident ne peut mieux illustrer le démon qu'ils combattent et la noblesse de leur cause», a-t-il dit.
En entrevue au réseau CTV, Stephen Harper a soutenu n'avoir «aucune raison de remettre en cause cette mission. Il y a plus de décès parce que nous repoussons les talibans dans leurs derniers bastions», a insisté le premier ministre.
Le discours attendu de Stephen Harper à l'ONU, jeudi, et la visite du président afghan Hamid Karzaï, vendredi, fourniront autant d'occasions au premier ministre d'expliquer les fondements de la présence canadienne en Afghanistan.
La fusillade meurtrière au Collège Dawson a d'ailleurs eu ses premières répercussions politiques tangibles, puisque le chef libéral, Bill Graham, a profité de la reprise des travaux parlementaires pour annoncer que ses troupes allaient devoir suivre une ligne de parti lors du vote sur l'abolition du registre des armes de chasse. Les députés libéraux qui prévoyaient voter en faveur du démantèlement du registre il y a encore quelques semaines devront maintenant rentrer dans le rang et s'opposer à son abolition. «Si certains députés vont à l'encontre de la décision du parti, nous allons réagir en temps et lieu», a affirmé Bill Graham.
Cette nouvelle position du Parti libéral fera vraisemblablement échouer les plans du gouvernement conservateur, qui désire soumettre ce projet de loi au Parlement dès cet automne. C'est que les 102 députés libéraux s'ajoutent aux 50 bloquistes et à la quinzaine de néo-démocrates (sur 29) qui s'opposent au démantèlement du registre des armes de chasse. À moins d'un revirement spectaculaire, les troupes de Stephen Harper n'auront donc pas les appuis suffisants pour faire adopter leur projet de loi.
Les conservateurs devront donc se résigner à perdre ce vote ou à le reporter plus tard en 2007. Il ne s'agira pas d'un vote de confiance. Rappelons toutefois que le registre n'est plus mis à jour depuis le printemps dernier, en raison d'une amnistie d'un an dont bénéficient les chasseurs. Ces derniers n'ont plus l'obligation de renouveler l'enregistrement de leurs armes. Par conséquent, la banque de données tombe tranquillement en désuétude. Les armes de poing et les armes à utilisation restreinte, comme les fusils semi-automatiques, continuent par contre d'être enregistrées. Seules les armes de chasse sont touchées par la mesure conservatrice.
La période de questions a d'ailleurs été le théâtre d'une bataille rangée entre libéraux, bloquistes et le gouvernement. Le chef libéral a été le premier à attaquer la décision des conservateurs hier. «Alors que le premier ministre se prépare à abolir notre système de contrôle des armes à feu, il dit que ce n'est pas le temps d'en parler. Aujourd'hui, le premier ministre doit en parler. Il doit surtout nous expliquer comment sa proposition pour affaiblir nos lois sur les armes à feu protégera mieux les Canadiens», a lancé Bill Graham.
Stephen Harper a répliqué que les lois actuelles n'avaient pas empêché le drame du Collège Dawson et que, par conséquent, il faut trouver de nouvelles manières de rendre le pays plus sécuritaire. «Ce gouvernement est déterminé à avoir des lois plus efficaces qui permettront d'éviter une telle tragédie à l'avenir», a-t-il dit, avant d'ajouter que son gouvernement avait demandé à la GRC d'accumuler tous les faits de la fusillade pour ensuite tirer des conclusions qui guideront Ottawa dans l'élaboration de ses futures lois.
À sa sortie des Communes, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu que le registre devait être maintenu, mais que d'autres mesures pouvaient également être mises en place pour tenter de prévenir les fusillades mortelles. «Par exemple, pourquoi les armes semi-automatiques utilisées dans les clubs de tir ne restent-elles pas dans les clubs de tir? On pourrait obliger les clubs à avoir des casiers sécuritaires qui s'ouvrent avec deux clés, l'une détenue par le propriétaire de l'arme et l'autre par un employé du club. Comme dans les casiers de sûreté des banques», a suggéré Gilles Duceppe. Le chef du NPD, Jack Layton, a de son côté plaidé pour l'interdiction pure et simple des armes semi-automatiques.
L'Afghanistan au centre des débats
Outre le registre des armes de chasse, la mission canadienne en Afghanistan a également échauffé les esprits hier. La mort de quatre soldats canadiens dans la région de Kandahar, confirmée plus tôt dans la journée, n'a fait qu'alimenter davantage les critiques. Depuis 2001, 36 Canadiens ont perdu la vie en Afghanistan, dont la vaste majorité depuis février dernier.
Les partis d'opposition ont également utilisé un rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dévoilé hier. Ce rapport démontre que le Canada est le pays de la coalition qui a perdu le plus d'hommes au combat, après les États-Unis. Depuis le début de l'offensive, en 2001, deux décès de soldat sur cinq en Afghanistan ont frappé les Canadiens. De plus, en raison de l'équipement des soldats et de la nature de l'insurrection dans le sud du pays, le rapport conclut que les Canadiens courent six fois plus de risques d'être attaqués que les soldats américains en Irak.
Dans la foulée, le NPD a de nouveau réclamé le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan, alors que le Bloc québécois, qui appuie la mission, a soutenu que le gouvernement manque de transparence et que trop de questions restent en suspens. L'envoi de 200 nouveaux soldats, qui viendront s'ajouter aux 2300 militaires déjà sur place, prouve que les conservateurs naviguent à vue dans ce dossier, a soutenu le Bloc.
En Chambre, le premier ministre a soutenu que l'attaque suicide d'hier démontre le bon travail des militaires canadiens. «Nos hommes distribuaient des crayons et des bonbons à des enfants dans un village quand ils ont été attaqués. Aucun autre incident ne peut mieux illustrer le démon qu'ils combattent et la noblesse de leur cause», a-t-il dit.
En entrevue au réseau CTV, Stephen Harper a soutenu n'avoir «aucune raison de remettre en cause cette mission. Il y a plus de décès parce que nous repoussons les talibans dans leurs derniers bastions», a insisté le premier ministre.
Le discours attendu de Stephen Harper à l'ONU, jeudi, et la visite du président afghan Hamid Karzaï, vendredi, fourniront autant d'occasions au premier ministre d'expliquer les fondements de la présence canadienne en Afghanistan.
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