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Une autre tragédie qui alimentera le débat sur le registre des armes à feu

Alec Castonguay   14 septembre 2006  Canada
Les témoins des événements avaient un besoin évident de réconfort.
Les témoins des événements avaient un besoin évident de réconfort.
Ottawa — La fusillade survenue au Collège Dawson a eu des échos jusqu'à Ottawa, où les partis politiques fédéraux ont exprimé leur «colère» et leur «indignation» à la suite des événements sanglants qui ont eu lieu à Montréal hier. Le premier ministre Stephen Harper a qualifié le geste de l'assaillant «d'acte de violence lâche et insensé». Le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada (PLC) ont soutenu que cette «tragédie» allait également alimenter la réflexion à venir cet automne sur la suppression du registre des armes de chasse.

Les ministres du gouvernement Harper ont gardé le silence toute la journée hier, ayant suivi les événements à la télé et reçu des informations de leur personnel. Le premier ministre du Canada a téléphoné au maire de Montréal et, en début de soirée, il a émis un communiqué pour soutenir les victimes et leurs familles, tout en assurant qu'il suit les événements de près.

«Nous avons aujourd'hui été témoins d'un acte de violence lâche et insensé [...]. Nous nous soucions tout d'abord d'assurer la sécurité et les soins de tous ceux qui ont été blessés au cours de la tragédie. Nous continuons par ailleurs de suivre de près la situation. Notre gouvernement reste en contact étroit avec la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec», a affirmé Stephen Harper. Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, n'a émis aucun commentaire.

Les différents porte-parole des partis d'opposition ont aussi réagi à la fusillade, soulignant que leurs pensées vont aux étudiants touchés par le drame et à leurs familles. «On ne s'explique jamais comment ce genre de chose peut arriver», a affirmé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, sur les ondes de RDI. Rappelant les tueries de l'École polytechnique et de l'université Concordia, le chef du Bloc a soutenu que cette «tragédie» doit alimenter les réflexions sur les démonstrations de violence dans la société. «Quand on voit tant de violence [à la télé], une personne qui a des problèmes peut facilement tomber dans ce panneau-là. Est-ce qu'on résout des conflits en utilisant des armes à feu ou en éliminant d'autres personnes? Il y a une réflexion à faire là.»

Gilles Duceppe a soutenu que la fusillade d'hier pourrait avoir des répercussions à la Chambre des communes cet automne, où un vote sur l'abolition du registre des armes de chasse doit avoir lieu. «Cette tragédie doit nous motiver et nous engager à aller au-delà de nos réflexions et à poser des gestes concrets et manifestes qui mobiliseront notre action contre la violence», a-t-il dit par voie de communiqué. Au moment de mettre sous presse, le type d'arme utilisé par le tueur n'était pas encore connu, même si les premières indications pointaient en direction d'un fusil mitrailleur. Or, ce type d'arme doit demeurer inscrit sur le registre malgré les modifications proposées par le gouvernement conservateur.

Députée du PLC dans la circonscription qui abrite le Collège Dawson, Lucienne Robillard estime elle aussi que l'événement pourrait avoir des rebondissements à Ottawa. «Ça alimente notre réflexion sur l'abolition du registre, c'est certain, a-t-elle dit lors d'un entretien avec Le Devoir. Mais il faut d'abord attendre le bilan final et éclaircir les circonstances.» Son bureau de circonscription est d'ailleurs situé à deux pas du collège. «Je suis très touchée, mais aussi choquée et indignée.»

De son côté, Jack Layton, le chef du NPD, n'a pas voulu s'avancer avant d'avoir plus de détails. «Je suis choqué. Est-ce que cet acte a été commis avec une arme illégale? Si c'est le cas, ça renforce notre volonté de vouloir combattre la prolifération d'armes qui traversent la frontière. Il faut attendre.»
 
 
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  • Michel Trahan - Inscrit
    14 septembre 2006 10 h 57
    Faille dans le système
    J'espère que nos politiciens auront le courage d'admettre que le registre des armes à feu ne peut prévenir et empêcher ce genre de tragédie. Ce que nous avons de besoin, c'est des travailleurs sociaux. Quelqu'un quelque part aurait du être alarmer par le comportement antisocial de ce jeune adulte. Quelqu'un quelque part aurait du questionner s'est tendance suicidaire. Quelqu'un quelque part aurait du être là pour l'aider.

    La violence ne devrait pas être tolérée dans notre société. Il faudra faire un choix entre la liberté d'expression absolu, ou des groupes de music peuvent faire des hymnes à l'honneur des massacres... et la vie en société.
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  • Suzanne Bourbeau - Abonnée
    19 septembre 2006 19 h 14
    trois questions
    Un lecteur, Monsieur Claude Guay posait le 19 septembre dernier, trois questions relatives au registre d'enregistrement des armes à feu.
    Il me fait plaisir de lui répondre, ayant comme avocat de la défense eu souvent à traiter d'affaire de violence à domicile ou ailleurs.
    Première question:
    En quoi le fait qu'une arme soit enregistrée la rendra-t-elle moins dangereuse ?
    Une arme enregistrée est une arme connue et identifiable. Les délinquants expérimentés s'en méfieront toujours, elle est porteuse de traces trop bavardes.
    Deuxième question :
    Le fait qu'une arme soit enregistrée en rendra-t-il le propriétaire moins dangereux ? Comment ?
    Une grande quantité de crimes commis avec une arme à feu est commise par des néophytes du crime. Et ils connaissent leur victime. Lors d'un appel au 911 par un membre de la famille du forcené, le fait qu'une arme sera reliée au domicile de l'appelant, modifiera l'approche de la police et sauvera peut-être une vie.
    Troisième question :
    Le fait que les armes doivent être enregistrées empêchera-t-il le trafic d'armes prohibées ? Comment ?
    La majorité des crimes commis au Canada avec des armes est le fait de petits criminels qui utilisent des armes qui proviennent de leur domicile. Le trafic d'armes prohibé n'est pas le but visé par le registre.
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