Avant Rome, encore les bombes
Photo : Agence Reuters
Les bombardements de quartiers de Beyrouth par l’armée israélienne ont recommencé hier.
Alors que les grandes puissances occidentales et leurs alliés arabes, ainsi que l'ONU et la Russie, se réunissent aujourd'hui à Rome pour faire le point sur la situation au Liban, l'armée israélienne a de nouveau pilonné hier des objectifs près de Beyrouth et poursuivi ses combats contre le Hezbollah, l'État hébreu excluant tout cessez-le-feu à ce stade
Quatre observateurs de la FINUL, dont un Canadien, ont été tués hier dans un bombardement israélien qui a frappé un poste d'observation de la force de l'ONU dans le sud du Liban, a confirmé un responsable des Nations unies au siège de l'organisation à New York.
Le secrétaire général des Nations unies, «choqué», a demandé à Israël une enquête approfondie sur cette frappe.
La frappe aérienne a touché «directement» leur poste juste au nord de la Ligne Bleue séparant Israël et le Liban, selon un responsable onusien qui a requis l'anonymat. Les autres victimes sont un Autrichien, un Chinois et un Finlandais, a précisé un haut responsable militaire libanais qui a requis l'anonymat.
«Je suis choqué et profondément bouleversé par [le bombardement] des forces israéliennes visant apparemment délibérément une position d'observateurs de l'ONU dans le Liban sud, [dans une attaque] qui a tué deux observateurs militaires de l'Onu, et sans doute deux autres», a déclaré M. Annan dans un communiqué publié à Rome, peu avant la réunion de crise sur le Liban qui doit se tenir aujourdÙ'hui dans la capitale italienne. Cette attaque est intervenue «après que j'ai reçu des assurances personnelles du Premier ministre Ehud Olmert que les positions des Nations unies seraient épargnées par les tirs israéliens», indique M. Annan dans ce communiqué.
Demande de cessez-le-feu
Le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah d'Arabie Saoudite sont convenus hier que leurs deux pays demanderaient un cessez-le-feu au Liban lors de la conférence internationale de Rome, a-t-on appris de source diplomatique.
Le «groupe de contact» sur le Liban, élargi à plusieurs autres pays et à l'ONU, tente d'obtenir un cessez-le-feu et le déploiement d'une force multinationale. Mais les divergences restent nombreuses entre les Américains, dont le soutien à Israël ne fléchit pas, et les Européens et les pays arabes, qui entendent obtenir le plus tôt possible l'arrêt des représailles israéliennes sur un Liban en proie à un début de crise humanitaire.
La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, qui a effectué lundi une visite-surprise à Beyrouth et s'est entretenue hier avec les Israéliens, jouera de toute évidence le premier rôle dans la conférence, quelle que soit son issue.
Si Mme Rice accepte bien l'idée d'un cessez-le-feu qu'elle qualifie désormais d'«urgent», elle réclame que celui-ci soit assorti d'un examen complet de la situation au Proche-Orient et de la mise hors d'état de nuire du Hezbollah libanais.
Les Israéliens ne participent pas officiellement à la conférence, mais leur influence peut s'exercer en coulisses. Les Européens et les pays arabes soutiennent les appels du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan à un cessez-le-feu immédiat qui serait suivi de négociations.
Les Italiens, coprésidents de la conférence avec les Américains, ont affirmé hier par la bouche du chef du gouvernement Romano Prodi que le premier objectif de la conférence serait l'obtention d'un cessez-le-feu.
Kofi Annan, arrivé hier à Rome, semble placer la barre un peu plus haut. «Ce qui est important, c'est que nous quittions Rome avec une stratégie concrète», avait-il déclaré à son départ de New York. Le rôle de la Syrie et de l'Iran, qui sont les plus importants soutiens du Hezbollah au Liban, sera également abordé au cours de la conférence.
De son côté, Benoît XVI prie pour que la conférence de Rome apporte «des résultats concrets» vers la paix. «Il me semble qu'en ce moment, quelque chose bouge», a déclaré le pape, en vacances dans le Val d'Aoste, à des journalistes hier soir, de retour d'une promenade dans les Alpes italiennes. «Je crois que les prières ne sont pas vaines», a déclaré le souverain pontife qui avait appelé dimanche les fidèles à prier pour le Proche-Orient. «Maintenant, prions avec ferveur pour que cette conférence demain [aujourd'hui] à Rome puisse vraiment porter des fruits et des résultats concrets pour la paix», a-t-il demandé.
Nouveaux bombardements
À quelques heures de l'ouverture de la conférence de Rome, le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a annoncé que son pays créera une zone de sécurité dans le sud du Liban jusqu'à l'arrivée d'une force internationale. Les forces de Tsahal poursuivaient leurs opérations au Liban contre le Hezbollah sans toutefois pouvoir mettre fin aux attaques de roquettes.
L'aviation israélienne a mené de nouveaux bombardements à Beyrouth. Dans un autre raid, six personnes ont été tuées à Nabatiyé (sud), dont trois membres d'une même famille. Au sol, des affrontements ont eu lieu dans la nuit pour tenter de prendre le contrôle de la localité de Bint Jbeil, près de la frontière, encerclée hier matin par les soldats israéliens.
L'offensive n'a pas permis jusqu'à présent de faire cesser les tirs du Hezbollah sur Israël, où au moins 70 roquettes sont encore tombées. Une adolescente a été tuée à Maghar, selon des sources médicales, et 23 personnes ont été blessées, notamment à Haïfa. Depuis le début des hostilités le 12 juillet, on dénombre 43 morts, dont 24 soldats en Israël.
Au Liban, le bilan officiel est de 422 morts, en majorité des civils. Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a annoncé hier une aide totale de 1,5 milliard de dollars au pays du Cèdre.
Quatre observateurs de la FINUL, dont un Canadien, ont été tués hier dans un bombardement israélien qui a frappé un poste d'observation de la force de l'ONU dans le sud du Liban, a confirmé un responsable des Nations unies au siège de l'organisation à New York.
Le secrétaire général des Nations unies, «choqué», a demandé à Israël une enquête approfondie sur cette frappe.
La frappe aérienne a touché «directement» leur poste juste au nord de la Ligne Bleue séparant Israël et le Liban, selon un responsable onusien qui a requis l'anonymat. Les autres victimes sont un Autrichien, un Chinois et un Finlandais, a précisé un haut responsable militaire libanais qui a requis l'anonymat.
«Je suis choqué et profondément bouleversé par [le bombardement] des forces israéliennes visant apparemment délibérément une position d'observateurs de l'ONU dans le Liban sud, [dans une attaque] qui a tué deux observateurs militaires de l'Onu, et sans doute deux autres», a déclaré M. Annan dans un communiqué publié à Rome, peu avant la réunion de crise sur le Liban qui doit se tenir aujourdÙ'hui dans la capitale italienne. Cette attaque est intervenue «après que j'ai reçu des assurances personnelles du Premier ministre Ehud Olmert que les positions des Nations unies seraient épargnées par les tirs israéliens», indique M. Annan dans ce communiqué.
Demande de cessez-le-feu
Le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah d'Arabie Saoudite sont convenus hier que leurs deux pays demanderaient un cessez-le-feu au Liban lors de la conférence internationale de Rome, a-t-on appris de source diplomatique.
Le «groupe de contact» sur le Liban, élargi à plusieurs autres pays et à l'ONU, tente d'obtenir un cessez-le-feu et le déploiement d'une force multinationale. Mais les divergences restent nombreuses entre les Américains, dont le soutien à Israël ne fléchit pas, et les Européens et les pays arabes, qui entendent obtenir le plus tôt possible l'arrêt des représailles israéliennes sur un Liban en proie à un début de crise humanitaire.
La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, qui a effectué lundi une visite-surprise à Beyrouth et s'est entretenue hier avec les Israéliens, jouera de toute évidence le premier rôle dans la conférence, quelle que soit son issue.
Si Mme Rice accepte bien l'idée d'un cessez-le-feu qu'elle qualifie désormais d'«urgent», elle réclame que celui-ci soit assorti d'un examen complet de la situation au Proche-Orient et de la mise hors d'état de nuire du Hezbollah libanais.
Les Israéliens ne participent pas officiellement à la conférence, mais leur influence peut s'exercer en coulisses. Les Européens et les pays arabes soutiennent les appels du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan à un cessez-le-feu immédiat qui serait suivi de négociations.
Les Italiens, coprésidents de la conférence avec les Américains, ont affirmé hier par la bouche du chef du gouvernement Romano Prodi que le premier objectif de la conférence serait l'obtention d'un cessez-le-feu.
Kofi Annan, arrivé hier à Rome, semble placer la barre un peu plus haut. «Ce qui est important, c'est que nous quittions Rome avec une stratégie concrète», avait-il déclaré à son départ de New York. Le rôle de la Syrie et de l'Iran, qui sont les plus importants soutiens du Hezbollah au Liban, sera également abordé au cours de la conférence.
De son côté, Benoît XVI prie pour que la conférence de Rome apporte «des résultats concrets» vers la paix. «Il me semble qu'en ce moment, quelque chose bouge», a déclaré le pape, en vacances dans le Val d'Aoste, à des journalistes hier soir, de retour d'une promenade dans les Alpes italiennes. «Je crois que les prières ne sont pas vaines», a déclaré le souverain pontife qui avait appelé dimanche les fidèles à prier pour le Proche-Orient. «Maintenant, prions avec ferveur pour que cette conférence demain [aujourd'hui] à Rome puisse vraiment porter des fruits et des résultats concrets pour la paix», a-t-il demandé.
Nouveaux bombardements
À quelques heures de l'ouverture de la conférence de Rome, le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a annoncé que son pays créera une zone de sécurité dans le sud du Liban jusqu'à l'arrivée d'une force internationale. Les forces de Tsahal poursuivaient leurs opérations au Liban contre le Hezbollah sans toutefois pouvoir mettre fin aux attaques de roquettes.
L'aviation israélienne a mené de nouveaux bombardements à Beyrouth. Dans un autre raid, six personnes ont été tuées à Nabatiyé (sud), dont trois membres d'une même famille. Au sol, des affrontements ont eu lieu dans la nuit pour tenter de prendre le contrôle de la localité de Bint Jbeil, près de la frontière, encerclée hier matin par les soldats israéliens.
L'offensive n'a pas permis jusqu'à présent de faire cesser les tirs du Hezbollah sur Israël, où au moins 70 roquettes sont encore tombées. Une adolescente a été tuée à Maghar, selon des sources médicales, et 23 personnes ont été blessées, notamment à Haïfa. Depuis le début des hostilités le 12 juillet, on dénombre 43 morts, dont 24 soldats en Israël.
Au Liban, le bilan officiel est de 422 morts, en majorité des civils. Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a annoncé hier une aide totale de 1,5 milliard de dollars au pays du Cèdre.
Haut de la page

