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Harper demeure inébranlable

Hussein Sirhan sert une de ses filles dans ses bras, à son arrivée hier à l’aéroport de Dorval. Sa femme et lui étaient en vacances dans leur pays d’origine pour marquer le début de leur retraite. Ils sont revenus par les moyens du bord, en emp
Photo : Jacques Nadeau
Hussein Sirhan sert une de ses filles dans ses bras, à son arrivée hier à l’aéroport de Dorval. Sa femme et lui étaient en vacances dans leur pays d’origine pour marquer le début de leur retraite. Ils sont revenus par les moyens du bord, en emp
Après avoir encaissé les critiques sur sa gestion de la crise libanaise, le premier ministre conservateur, Stephen Harper, a adopté une attitude visiblement plus offensive hier en vantant l'action de son gouvernement. Au terme d'une dure semaine d'attente, les évacuations devaient d'ailleurs débuter ce matin à Beyrouth, alors qu'un nombre indéterminé de ressortissants ont reçu l'assurance qu'ils feraient enfin route vers Chypre à 8h30, heure du Liban.

Pendant que des milliers de Canadiens attendaient toujours hier que leur gouvernement amorce l'évacuation, trois familles sont arrivées à l'aéroport de Dorval hier soir sur un vol en provenance de Paris. Ces Canadiens d'origine libanaise ont réussi à quitter le pays bombardé en empruntant des taxis vers les pays limitrophes et en transitant par la Syrie et la Jordanie, d'où ils ont pu s'envoler vers la France.

La plus grande évacuation de l'histoire

Plus tôt en journée, le premier ministre conservateur a défendu l'action de son gouvernement depuis le début de cette crise. «Le Canada a des centaines d'employés fédéraux qui ont travaillé au cours des derniers jours pour arriver à une évacuation rapide. Je suis convaincu que ça va commencer très tôt, a expliqué M. Harper. Ce sera la plus grande évacuation de citoyens canadiens de notre histoire et la vitesse est extraordinaire, en considérant les circonstances.» Mais, selon une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pamela Greenwell, Ottawa n'a toujours pas de «chiffre précis» sur le nombre de ressortissants qui ont manifesté le désir de quitter le pays du cèdre.

Hier soir, des avions d'Air Canada se dirigeaient déjà vers Chypre, mais aussi la Turquie, où seront envoyés les Canadiens quittant par bateau le territoire libanais. Le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, Lawrence Cannon, a noté que deux appareils avaient déjà été nolisés et que deux autres suivraient «bientôt». Mme Greenwell n'a toutefois pas été en mesure de confirmer le nombre d'appareils. Un contingent militaire spécialisé en logistique a par ailleurs été envoyé à Beyrouth pour coordonner le tout. Des équipes seront aussi à pied d'oeuvre à Chypre et en Turquie.

L'ampleur de l'opération explique d'ailleurs le fait que le Canada n'ait pas été en mesure de commencer les évacuations plus tôt, selon M. Harper. «Le Canada n'est pas un pays avec une capacité d'évacuer des milliers de citoyens de n'importe quelle partie du monde immédiatement, mais nos fonctionnaires ont travaillé fort. Ils ont contacté des milliers de Canadiens. Ils ont fait un plan et ce plan sera mis en application très tôt», a expliqué le chef conservateur lors d'un point de presse tenu hier en compagnie du premier ministre français Dominique de Villepin, hier, à Paris.

Encore faut-il que les Canadiens éparpillés dans le pays se rendent à Beyrouth. Rien n'a encore été prévu pour assurer leur sécurité, notamment à partir du Sud-Liban, durement éprouvé par les frappes israéliennes. «On n'a pas de détails à ce sujet», a simplement dit Pamela Greenwell. Le ministre Cannon a cependant affirmé que les autorités canadiennes travaillaient «activement avec les parties en cause pour que tout se fasse en toute sécurité». Déjà, Israël et le gouvernement libanais ont donné leur assurance que les bateaux pourraient voyager sans entrave.

Éprouvant retour

Hier, quelques débrouillards sont arrivés à Dorval au terme d'un éprouvant voyage. En vacances au Liban avec son conjoint et ses trois enfants âgés de 5 à 11 ans, Nouha Fadlala a eu le choc d'apprendre la mort de son collègue pharmacien alors qu'elle parlait aux médias hier à son arrivée à Dorval. Elle arrivait d'un périple de quatre jours qui l'a amenée en taxi jusqu'à Damas en Syrie, puis en Jordanie, d'où elle a pu prendre un avion pour Paris et un autre pour Montréal. «Les nuits, on se réveille à cause des avions. On se relève et on se met dans le couloir en espérant que cela nous protège un peu. Je n'en pouvais plus. La dernière soirée, ils ont bombardé à deux rues de l'endroit où on était, près de la mer. Cela sortait des bateaux. Ils visaient de plus en plus les maisons», a expliqué la mère de famille à sa sortie de l'avion.

Son garçon, James, 8 ans, était un peu anxieux. «C'est un peu épeurant. C'est la première fois que j'entends des bombardements [...]. J'ai surtout eu peur pour mon petit frère. Il est tout jeune, j'avais peur qu'il meure», a déclaré le garçon.

Sa mère était soulagée d'avoir réussi à sauver la petite famille en dépit de la lenteur des secours canadiens. «C'est un des derniers pays à réagir. On a eu de la chance d'avoir les moyens d'acheter des nouveaux billets et des contacts pour aller en auto en Jordanie. Tout le monde n'a pas cela.» Sa belle-soeur est toujours coincée au Liban avec ses quatre

enfants.

Un jeune couple d'avocats a aussi réussi à fuir par une route de montagne qui fut bombardée moins de 30 minutes après leur passage. Ils étaient vitrioliques à l'égard du gouvernement Harper: «Ce n'est plus le moment de planifier l'évacuation, c'est le temps de bouger», a lancé Serge Khoury. «La France et l'Italie ont déjà bougé et sorti les gens par bateau. C'est déconcertant que le Canada n'ait rien fait. L'ambassade américaine a aussi réagi. À l'ambassade on nous a dit qu'il n'y avait rien à faire à part remplir un formulaire sur Internet», a affirmé Nayla Atallah.

Timides condoléances

Le premier ministre Stephen Harper a été forcé de revenir hier sur la tragédie qui a frappé une famille canadienne d'origine libanaise, qui a péri dimanche sous les bombes israéliennes. «C'est une grande tragédie pour cette famille. Ça représente un exemple de tragédie pour beaucoup de familles au Liban, en Israël, à Gaza», a-t-il lancé. Mais je dois dire quelque chose, parce que j'ai lu dans un journal que quelqu'un à dit: "Le Hezbollah va nous protéger." Le Hezbollah veut de la violence pour atteindre ses objectifs. Mais la réalité de cette situation, et on peut le voir maintenant, est que la violence réalise seulement la violence et la mort d'innocents.» Il faisait ainsi allusion aux propos qu'une membre de la famille canadienne décimée a tenus en conférence de presse lundi, à Montréal.

Il a d'ailleurs insisté pour dire que seul «le dialogue» permettrait de sortir de l'impasse actuelle. «Nous demandons à toutes les parties de poursuivre les négociations, et de donner la responsabilité pour la violence à ceux et celles qui demandent la violence. Parce que la violence ne sera jamais une solution à cette crise au Moyen-Orient», a-t-il souligné, ajoutant que «nous ne sommes pas très proches de cette éventualité en ce moment». Selon lui, les Nations unies ont un rôle déterminant à jouer dans le dossier.






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  • Jean Claude Beiger
    Inscrit
    mercredi 19 juillet 2006 06h23
    Je me souviens
    « Monsieur Harper ne connaît pas bien l'histoire de son pays: "Ce sera la plus grande évacuation de citoyens canadiens de notre histoire et la vitesse est extraordinaire, en considérant les circonstances".

    Oui, sans doute mais après le "grand dérangement" et les 15 000 Acadiens déportés »

  • Jean Le May
    Inscrit
    mercredi 19 juillet 2006 10h08
    Un homme dangeureux
    « Dans sa gestion actuelle de la crise libanaise, le Premier Ministre Harper m'apparait comme un homme dangeureux. Premièrement il encourage littéralement Israel à poursuivre son offensive sauvage et se met à dos bien des personnes en éluctant toute erreur de comportement d'Israel.Et si les membres du Hezbollah en prenaient ombrage? Et si les ressortissants canadiens et libanais étaient attaqués en représaille des positions intransigeantes de monsieur Harper ?
    Monsieur Harper est un homme dangeureux et provocateur. Il aime la guerre et se prépare pour l'avoir.Il situe ainsi le Canada et ses citoyens dans la mire de ceux qu'il insulte en soutenant Israel, l'envahisseur du Proche-Orient.
    Il défait ainsi la réputation enviable du Canada d'être un pays conciliateur et pacifique. En temps de guerre comme nous le sommes pratiquement, cela équivaut à prendre position et à prendre le risque de devenir la cible des terroristes. J'espère que Monsieur Harper n'attendent pas un tel événement pour justifier l'achat d'autre matériel militaire. On ne sait jamais ce qu'un homme dangeureux peut faire. Jean Le May »

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