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O'Connor lance la semaine de rêve de la Défense

Alexandre Shields   27 juin 2006  Canada
Le ministre de la Défense, Gordon O’Connor, est accueilli à bord de la frégate HMCS St. John’s à Halifax, hier.
Photo : Agence Reuters
Le ministre de la Défense, Gordon O’Connor, est accueilli à bord de la frégate HMCS St. John’s à Halifax, hier.
Les annonces étaient déjà connues, tout comme le montant de la facture. La semaine de rêve des Forces armées canadiennes a maintenant été lancée par le ministre de la Défense, Gordon O'Connor, qui a annoncé hier l'achat de trois navires de soutien interarmées pour un montant total de 2,9 milliards de dollars. Quatre consortiums ont d'ailleurs été sélectionnés en vue de présenter une soumission pour la conception de ces bateaux, dont le premier exemplaire est attendu pour 2012.

Cet important contrat a de quoi faire saliver, d'autant plus que le soumissionnaire choisi obtiendra aussi un contrat de service après vente d'une durée de 20 ans estimé à 800 millions de dollars. Les quatre consortiums sur la ligne de départ sont SNC Lavalin ProFac, Irving Shipbuilding, ThyssenKrupp Marine Systems AG et BAE Systems. Ils se sont montrés désireux de construire ces vaisseaux de 28 000 tonnes, qui remplaceront les vieux bâtiments utilisés depuis le début des années 1960 et qui auront près de 50 ans à la livraison des nouveaux bateaux. «Cette acquisition se fera au moyen d'un processus équitable, ouvert, transparent et conforme à la Loi fédérale sur la responsabilité et au Plan d'action qui ont été proposés par le gouvernement», a promis le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Michael Fortier. «Un processus d'achat rigoureux a été mis en place pour que l'équipement réponde réellement aux besoins des hommes et des femmes des Forces canadiennes, tout en assurant aux contribuables canadiens le meilleur rapport qualité-prix pour leur précieux investissement.»

Une demande de propositions, publiée sous peu, enclenchera le processus qui mènera à la sélection de deux entreprises pour la phase de définition du projet. Chacune de celles-ci se verra attribuer un contrat de 12,5 millions de dollars afin d'élaborer des propositions pour la conception préliminaire du navire, les plans de mise en oeuvre du projet et le plan de soutien en service. Une seule sera retenue pour construire les trois navires en fonction de ces plans.

«Les navires de soutien interarmées amélioreront la capacité des Forces canadiennes à protéger les zones maritimes du Canada ainsi que sa souveraineté», a expliqué le Général Rick Hillier, chef d'état-major de la Défense. Dotés de coques renforcées, ils serviront aussi à assurer le ravitaillement en carburant et le réapprovisionnement de navires déjà déployés. Ils pourront également mener des opérations de transport maritime, faire office de quartier général flottant ou d'hôpital pour des unités de l'armée stationnées à terre.

Et l'urgence d'agir ne fait aucun doute, selon Michael Fortier, puisque «les Forces armées canadiennes ont été franchement négligées dans les dernières années». Une attaque qui visait directement l'ancien gouvernement libéral. Cette annonce n'est que le début d'une ère nouvelle, a ajouté le ministre O'Connor, qui promet de «construire une armée plus forte et un Canada plus fort».

L'opposition fulmine

Le ministre Fortier a beau vanter la façon de procéder de son gouvernement, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, ne digère pas l'attitude des conservateurs dans ce dossier. «Pourquoi est-ce qu'ils ont attendu la fin des travaux à la Chambre des communes pour faire ces annonces?, s'est-il questionné hier, en entrevue au Devoir. On dirait qu'ils ne voulaient pas avoir à affronter la période de questions. Pourtant, on parle de contrats de 15 milliards [le montant total des annonces qui seront faites cette semaine].»

Selon lui, en agissant de la sorte, Ottawa renie sa promesse électorale d'offrir un style de gouvernance «transparent». «Ils ont dit qu'ils ne feraient pas comme les libéraux de Paul Martin, ils se sont fait élire sur cette promesse de transparence et, maintenant, ils font exactement comme eux», a ajouté M. Duceppe. Et avant de délier les cordons de la bourse, il aurait plutôt souhaité qu'on enclenche un processus d'évaluation plus large des besoins, mais aussi du rôle qu'on veut donner aux Forces armées.

Le chef bloquiste n'a pas manqué de souligner que la série d'annonces à saveur militaire survenait au moment où le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, rejette les demandes des provinces pour venir à bout du déséquilibre fiscal, une enveloppe de 10 milliards de dollars. «On nous dit qu'il n'y a presque plus d'argent pour régler le déséquilibre, mais on trouve en quelques jours des milliards pour la Défense», a-t-il déclaré.

Pour Christian Rouillard, professeur à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa, «le montant des dépenses est surprenant» et il «indique un renversement des priorités» à Ottawa. Selon lui, les conservateurs démontrent ainsi qu'ils ne feront pas comme les libéraux avant eux. «Plusieurs considèrent que le précédent gouvernement a carrément négligé les Forces armées, a-t-il expliqué. Mais les conservateurs auraient peut-être dû prendre plus de temps pour expliquer les raisons de ces achats. Ils avaient promis de changer la façon de gouverner, mais leurs annonces ne vont pas dans ce sens.»

«Nous sommes d'accord avec plusieurs de ces dépenses, mais on considère qu'on va trop vite et que le processus n'est pas transparent», a indiqué pour sa part le député libéral de Bourassa, Denis Coderre.

Semaine faste

Ce projet de doter les Forces armées de tels vaisseaux ne date pas d'hier. L'idée de remplacer les NCSM Preserver et NCSM Protecteur remonte à un livre blanc sur la défense datant du milieu des années 1990. Le gouvernement libéral avait donné suite à ses recommandations il y a à peine deux ans, après que les deux bâtiments eurent subi des radoubs au coût de plusieurs millions de dollars.

Et l'annonce faite à Halifax n'est que la première d'une série d'engagements — totalisant 15 milliards de dollars — que prendra le gouvernement conservateur de Stephen Harper au cours de la semaine. Aujourd'hui, à Québec, il annoncera l'achat de camions militaires pour 1,1 milliard. Demain, on lancera le processus d'achat de 15 hélicoptères, un contrat de 4,2 milliards qui fera l'objet d'un appel d'offres.

Le point culminant de la semaine sera atteint jeudi, avec l'annonce d'un appel d'offres destiné à renouveler les 15 avions de transport Hercules, au coût de 4,6 milliards. Les conservateurs vont aussi annoncer cette semaine l'achat d'avions C-17 de l'entreprise Boeing, pour un montant de trois milliards de dollars. Ce contrat sera octroyé sans appel d'offres.

Avec la Presse canadienne






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  • Monique Joyal-Painchaud
    Inscrite
    mardi 27 juin 2006 09h45
    Et si on priait pour nos soldats, nos enfants
    « J'entends souvent beaucoup de critiques sur les ondes radiophoniques au sujet de l'implication des forces à l'étranger.

    Les journalistes nous les montrent dans leur campement, sur le champ de bataille, blessés ou morts, à leurs funérailles. On nous montre leurs familles quelquefois devant leurs églises respectives. On les voit plus tard, comme vétérans de guerre.

    Je me souviens d'avoir vu une petite communauté américaine qui priait pour ses soldats, ses enfants donc.

    Ce sont nos enfants qui sont là-bas. Pensons-nous parfois à prier pour atténuer leurs efforts, à verser un peu de douceur dans ces enfers?

    Si on se laissait aller à prier pour le monde... pour nos soldats qui donnent leur vie pour nous... une petite prière, même très courte. Si nous étions une nation qui tous les jours que Dieu nous amène prie pour ses soldats, pour les réconforter dans toutes les situations, une toute petite prière à chaque jour.

    Quand on les reverrait chez nous, dans notre pays, on les regarderait d'une autre façon, on les regarderait avec la tendresse de celui qui a fait un petit quelque chose. Si on laisse au famille des soldats le lot de la prière, leurs efforts seront beaucoup plus difficiles. Soutenons-les nous aussi par de bons efforts, par l'effort de la prière. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mardi 27 juin 2006 12h27
    Les québécois en ont-ils les moyens?
    « La guerre ne se fait pas avec des prières. Mais pourquoi faire la guerre?

    Le gouvernement Harper s'apprête à dépenser 15 milliards de dollars pour des engins de défense. Et ce ne serait qu'un début.

    En tant que Québécois, environ le quart de cette somme (soit près de 4 milliards $) proviendra des taxes que nous versons à Ottawa. En avons-nous les moyens? Avons-nous d'autres priorités?

    Raymond Saint-Arnaud, Île d'Orléans, 27 juin 2006 »

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