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Harper dit non à la nation québécoise

Québec a reçu l'essentiel de l'argent qu'il réclame pour Kyoto, dit le premier ministre

Antoine Robitaille   24 juin 2006  Canada
Le premier ministre Stephen Harper a réitéré que le gouvernement du Québec a déjà reçu l’essentiel des 328 millions de dollars qu’il réclame d’Ottawa pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre Stephen Harper a réitéré que le gouvernement du Québec a déjà reçu l’essentiel des 328 millions de dollars qu’il réclame d’Ottawa pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Québec — Réunis à Québec à la veille de la Fête nationale, le premier ministre Stephen Harper et ses lieutenants du Québec ont tous refusé hier de reconnaître formellement l'existence de la nation québécoise, comme leur avaient enjoint cette semaine les chefs souverainistes, André Boisclair et Gilles Duceppe.

«C'est un débat de l'Assemblée nationale. Je reconnais que l'Assemblée nationale a adopté une telle déclaration, mais je ne sais pas, franchement, qu'est ce que cela représente au point de vue juridique», a dit M. Harper en point de presse à la Citadelle de Québec à l'issue de la dernière réunion de son cabinet avant les vacances estivales.

Aux yeux du premier ministre conservateur, le débat sur la reconnaissance de l'identité nationale ne constitue pas «la vraie question» de la politique québécoise. La vraie question, selon lui, c'est «l'obsession» du chef du Parti québécois, André Boisclair, de tenir un «référendum que la population ne veut pas» et faire oublier le financement illégal versé à son parti.

«Je pense que M. Boisclair tente d'éviter les nouvelles [sic] sur les contributions de Groupaction, près de 100 000 $ d'argent sale, peut-être, donné par Groupaction», a dit M. Harper.

En point de presse, les ministres québécois Josée Verner et Maxime Bernier ont pour leur part multiplié les pirouettes afin d'échapper aux questions sur l'identité nationale.

«Cette question n'intéresse pas vraiment les gens», a fini par dire la ministre de la Francophonie lorsque pressée de questions par les journalistes. Le Québec, selon elle, a «une personnalité unique et distincte» et «est content de faire partie du nouveau gouvernement» du Canada, a dit Mme Verner, qui a déjà travaillé au cabinet de Robert Bourassa. Lorsqu'on lui a demandé si Québec est une «capitale nationale», elle a répondu que c'est ce qui est écrit sur les panneaux le long des autoroutes qui ceinturent la ville.

Quant au ministre de l'Industrie, il a fait valoir que les Québécois sont «d'ardents fédéralistes» et de «valeureux» Canadiens. «Les Québécois sont heureux et contents de faire partie du Canada», a souligné M. Bernier.

Kyoto peut attendre

Par ailleurs, lors de son point de presse, le premier ministre Harper a réitéré que le gouvernement du Québec avait déjà reçu l'essentiel des 328 millions de dollars qu'il réclame d'Ottawa pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, une somme proportionnelle à celle obtenue par l'Ontario pour les mêmes fins. L'argent lui aurait été versé, a dit le premier ministre, par le truchement des transferts fédéraux, destinés notamment aux transports en commun. Le Québec a obtenu «un montant similaire à celui reçu par le gouvernement de l'Ontario», a soutenu M. Harper.

«Le Québec devra être traité de façon équitable», avait insisté le premier ministre Jean Charest le 15 juin dernier, au moment de la présentation du plan québécois sur les changements climatiques. Or, de l'avis de M. Harper, le gouvernement fédéral a déjà joué son rôle, quoi qu'en pense son homologue du Québec.

«M. Charest est un ami, mais nous n'avons pas besoin d'être en accord sur toutes les initiatives», a affirmé M. Harper. «C'est pourquoi les gouvernements ont des compétences respectives et peuvent prendre leurs propres décisions», a-t-il expliqué.

M. Harper juge irréalistes les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du protocole de Kyoto, embrassés par le gouvernement Charest. «Nous pouvons continuer à faire un grand show sur Kyoto ou encore décider d'entreprendre de vraies actions pour obtenir des résultats [...]. Nous n'avons pas l'intention de prendre l'argent des contribuables seulement pour faire un show», a-t-il lancé. Les milliards de dollars dépensés par l'ancien gouvernement libéral pour l'atteinte des objectifs de Kyoto n'ont pas permis de réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre, a rappelé le premier ministre du Canada. Il a aussi dit qu'il rejetait le principe d'une redevance sur les hydrocarbures, une mesure que le gouvernement Charest a promis d'adopter.

Une première en 50 ans

En offensive de charme dans une région qui lui a donné la majorité de ses députés québécois, le premier ministre a souligné que c'était la première fois en quelque 50 ans que le conseil des ministres fédéral se réunissait dans la capitale québécoise, qui a déjà été «la capitale du Canada», a-t-il rappelé.

Malgré l'atmosphère de célébrations qui gagnait la ville en cette veille de la Fête nationale, le premier ministre et son équipe ont préféré demeurer à l'abri des badauds, à l'intérieur des remparts de la Citadelle, forteresse militaire très bien gardée. Les journalistes qui se sont rendus à la conférence de presse du premier ministre ont dû, dans certains cas, subir jusqu'à quatre contrôles d'identité sur les quelques dizaines de mètres séparant l'entrée de la Citadelle, qui surplombe le fleuve, et le château Frontenac, où M. Harper a pris la parole devant une rangée de canons datant du XIXe siècle.

En matinée, quelques petits groupes de manifestants ont pris la parole aux environs de la Citadelle. Des représentants de la coalition Québec Vert Kyoto ont tenu une conférence de presse pour protester contre la position du gouvernement fédéral, qui «tourne le dos au protocole» et se fait ainsi «le porteur de valises de Bush», selon les mots d'Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire. À l'entrée de la Citadelle, une quinzaine de syndiqués des Postes en colère contre la fermeture du centre de tri de Québec criaient des slogans.

Avec Martin Ouellet, de la Presse canadienne
 
 
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  • Maurice Gauvreau
    Inscrit
    samedi 24 juin 2006 13h46
    Titre biaisé
    L'éditorial de M. Antoine Robitaille est à mon avis biaisé ("Harper dit non à la nation québécoise") en ce sens qu'il va au-delà et déforme les propos de M. Harper. Je trouve justifié que M. Harper, en tant que chef d'état, résiste aux appels partisans à entrer dans un débat que je trouve stérile sur les mots nation et peuple. Il a eu une réaction assez juste et prudente, tout en redevenant politicien en attaquant M. Boisclair sur le référendum.

    Maurice Gauvreau

  • FARID KODSI
    Inscrit
    lundi 26 juin 2006 10h18
    Pourquoi donc la nation québécoise?
    Pourquoi faire partie d'une petite nation québécoise alors que les Québecois sont si fiers de demeurer au sein d'un vaste pays multiculturel respcté partout dans le monde? Il suffit de porter son passeport canadien dans n'importe quel pays pour s'en apercevoir. Il ne faut pas se fier aux agissements de quelques artistes et journalistes fanatiques de l'indépendance qui font tout un tapage médiatique pour attirer l'attention des spectateurs, lesquels sont habitués à présent à ce genre de rituel un peu dépassé de la St-Jean. Cette fête n'est pas uniquement la fête des souverainistes mais elle est d'abord et avant tout la fête des Canadiens français.

  • Maurice Monette
    Abonné
    lundi 26 juin 2006 12h08
    DROIT d'AÎNESSE du QUÉBEC....!
    Je suis bien d'accord avec Monsieur Harper quand il dit avoir de la difficulté avec la reconnaissance de l'identité NATIONALE du Québec car, ce n'est pas vraiment CE qui devrait être débattu, quant à la position de cette province à l'intérieur d'un CANADA UNI. Mais, si ces GENS d'OTTAWA voudraient vraiment dénouer le "NOEUD d'HARTMANN" dans LEQUEL des $omme$ immenses d'argent son perdues en frais d'avocats "constitutionnalistes" pour toujours revenir au même point de départ alors, ne serait-il pas plus simple de reconnaître le "DROIT d'AÎNESSE" de la province de QUÉBEC, à l'intérieur du CANADA...?

    Ainsi, ce serait reconnaître que le QUÉBEC a servi de point de DÉPART à l'élaboration de ce qui est devenu le PAYS. Pour savoir ce qu'implique ce "DROIT d'AÎNESSE", VOUS n'auriez qu'à VOUS référer aux SAINTES ÉCRITURES qui relatent les IMPLICATIONS que comporte ce DROIT. Entre autres, lorsqu'une DÉCISION ne convenait pas aux AÎNÉS(ES) d'un CLAN, dans les TEMPS ANCIENS alors, CEUX et CELLES-CI pouvaient se retirer d'une DÉCISION du CLAN, avec pleine compen$ation. Ce qui signifie la garde des avantages cumulés jusqu'à cet instant mais, ne pas récolter les AVANTAGES ou ne pas subir les DÉSAVANTAGES que cette DERNIÈRE aurait pu donner.

    Comme le QUÉBEC a ce "DROIT d'AÎNESSE" dans le PAYS, il n'y aurait plus de perte d'argent en frais d'avocats, qui s'éternisent pour finalement retirer le plus gros pactole et ne rien régler. De sorte que, ces DISCIPLES de DÉMOSTHÈNE monopolisent les avoirs des gens, d'autant plus qu'il n'y a plus de LIMITE à la CUPIDITÉ MALADIVE des GENS depuis mai 1989. À cause de cet illogisme, de grand$ fo$$é$ se creusent dans la SOCIÉTÉ CANADIENNE et, ce n'est pas ce qui ramènera une meilleure AMBIANCE dans le PAYS.

    En terminant, Monsieur HARPER aurait avantage à ne pas trop parler du "scandale des commandites" car, c'est sous un gouvernement CONSERVATEUR, entre 1984 et 1995, que NOUS avons été envahis(es) par les "clubs de danse topless" et tous les trafics de DROGUES et ABUS d'alcool qui en ont découlés. Ce fut une période vécue sous le"$exe de$ tople$$, l'avili$$ement de$ plu$ faible$ à l'alcool et à la drogue(COCAÏNE particulièrement) et, aux EXTOR$ION$ de toute$ $orte$ de$ Compagnie$ d'A$$urance$, pour des feux CRIMINEL$ et de$ VOL$ ORGANI$É$.

    Donc, que Monsieur Harper ne pousse pas trop fort sur les IMPAIR$ que les AUTRES peuvent avoir commis car, un TRÈS GROS NUAGE surplombe au dessus de la TÊTE de ses troupes...

    Ceci est un avertissement d'AMI...!

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    mardi 27 juin 2006 00h02
    Le sang de la nation
    Entendu que le gouvernement fédéral reconnaît les peuples amérindiens et acadiens pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des nations, entendu qu'il ne saurait y avoir par exemple de juifs amérindiens de souche, ni de musulmans acadiens d'origine, on doit convenir que juridiquement parlant il n'y aurait que les descendants des premiers colons Français-Canadiens-Québécois pure laine - tout comme les Amérindiens et les Acadiens d'origine - qui auraient droit selon cette même logique au qualificatif de nation. La loi du sang quoi...Drôle de logique, drôle de problème...

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mardi 27 juin 2006 09h45
    CONSÉQUENCES POSSIBLES...
    Si monsieur Harper avait reconnu officiellement la "nation québécoise"
    cela aurait donné le feu vert aux bloquistes et séparatistes.

    Ils en auraient conclu que Monsieur Harper approuve le projet séparatiste qui est:

    nation=PAYS=sécession=indépendance....

    Donc les bloquistes, péquistes savent très clairement ou ils veulent aller...
    leur existence est en fonction de cela:
    Indépendance
    qu'ils cachent avec le mot "souveraineté"...

    La clarté est dans leur tête
    mais l'obscurité est dans l'emploi
    des mots pour faire entrer
    les Homards dans la cage....

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    mardi 27 juin 2006 18h21
    Les beaux esprits
    Ça vous étoffe une argumentation en moins de deux, hein, M. Maurice Monette, de belles grosse majuscules à tous les quatre mots...? Et puis, un droit d'aînesse, ça vaut son pesant d'or: Au moins 7% de remise entre 8hres et 9hres 45 le vendredi matin. Chez Jean Coutu... (ils sont plus riches que la moyenne de la société, pour la plupart, et notamment en regard aux moins de 35 ans, mais enfin... c'est comme ça: on ne donne qu'aux riches, c'est bien connu. On appelle ça la solidarité...)

    Faute d'argumentaire, également, Mme Marie-France Legault nous a habitués depuis longtemps à ce type de tour de passe passe, disons, rhétorique (les majuscules, souvenez-vous). Mais laissons-la à ses jouets, la dadame, qui ne s'est jamais remise d'une retraite de l'enseignement; et qui se morfond de mélancolie depuis déjà plusieurs années en pensant au temps béni où elle pouvait à satiété endoctriner des enfants le jour (les mois, les années, les décennies...) durant sans jamais subir - ô paradis du fanatisme sans mesure ! - l'opposition d'une intelligence articulée. Oui, laissons-la à ses jouets. Après tout, on peut le présumer, il est sûrement difficile d'éprouver de doux frissons auprès d'une boîte de plastique pleine... de puces autrement qu'en caressant son clavier du bout des doigts. Matin, jour, soir et nuit...

    Quand à M.Farid Kodsi, ce magicien qui aura réussi à rédiger en quelque cinq ans quelque quinze cents textes (au bas mot!) en utilisant sans désarmer la même poignée de soixante-douze vocables, eh bien saluons-le bien bas ! Quel exploit, en effet, quand on sait que ce fonctionnaire fédéral à Transport Canada a une formation (bon... c'est pas le doc ou post-doc, mais quand même...) de... linguiste! Reste que, on s'entendra là-dessus, qui mieux qu'un Ontarien d'origine égyptienne sait ce qu'est la Nation québécoise.

    Ah ! À n'en pas douter, la vie intellectuelle a un bel avenir au Québec. Puisque, visiblement, tout est à faire...

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    samedi 1 juillet 2006 00h06
    Ni OUI, ni NON...
    Monsieur HARPER a dit: l'Assemblée nationale a déclaré que les québécois forment un PEUPLE, une nation.

    Il n'a JAMAIS dit NON...
    il n'a JAMAIS dit OUI...

    Il nous a tout simplement retournés à NOTRE PARLEMENT et à nos ministres...

    Et puis qu'est-ce que ça dérange dans la VRAIE VIE???RIEN, absolument RIEN.

    Chaque québécois qui se lève le matin ne commence pas sa journée à PLEURER parce qu'il ne se sent pas reconnu...Il a bien d'autres choses à penser: les enfants à la garderie, l'hypothèque à payer, le loyer à payer, le Câble, le Téléphone, l'électricité etc...

    Il n'y a que les "gras durs" qui peuvent se permettre d'avoir des "états d'âme"...les victimes des maudits anglais,
    les opprimés, les méprisés...

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