Harper dit non à la nation québécoise
Québec a reçu l'essentiel de l'argent qu'il réclame pour Kyoto, dit le premier ministre
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre Stephen Harper a réitéré que le gouvernement du Québec a déjà reçu l’essentiel des 328 millions de dollars qu’il réclame d’Ottawa pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Québec — Réunis à Québec à la veille de la Fête nationale, le premier ministre Stephen Harper et ses lieutenants du Québec ont tous refusé hier de reconnaître formellement l'existence de la nation québécoise, comme leur avaient enjoint cette semaine les chefs souverainistes, André Boisclair et Gilles Duceppe.
«C'est un débat de l'Assemblée nationale. Je reconnais que l'Assemblée nationale a adopté une telle déclaration, mais je ne sais pas, franchement, qu'est ce que cela représente au point de vue juridique», a dit M. Harper en point de presse à la Citadelle de Québec à l'issue de la dernière réunion de son cabinet avant les vacances estivales.
Aux yeux du premier ministre conservateur, le débat sur la reconnaissance de l'identité nationale ne constitue pas «la vraie question» de la politique québécoise. La vraie question, selon lui, c'est «l'obsession» du chef du Parti québécois, André Boisclair, de tenir un «référendum que la population ne veut pas» et faire oublier le financement illégal versé à son parti.
«Je pense que M. Boisclair tente d'éviter les nouvelles [sic] sur les contributions de Groupaction, près de 100 000 $ d'argent sale, peut-être, donné par Groupaction», a dit M. Harper.
En point de presse, les ministres québécois Josée Verner et Maxime Bernier ont pour leur part multiplié les pirouettes afin d'échapper aux questions sur l'identité nationale.
«Cette question n'intéresse pas vraiment les gens», a fini par dire la ministre de la Francophonie lorsque pressée de questions par les journalistes. Le Québec, selon elle, a «une personnalité unique et distincte» et «est content de faire partie du nouveau gouvernement» du Canada, a dit Mme Verner, qui a déjà travaillé au cabinet de Robert Bourassa. Lorsqu'on lui a demandé si Québec est une «capitale nationale», elle a répondu que c'est ce qui est écrit sur les panneaux le long des autoroutes qui ceinturent la ville.
Quant au ministre de l'Industrie, il a fait valoir que les Québécois sont «d'ardents fédéralistes» et de «valeureux» Canadiens. «Les Québécois sont heureux et contents de faire partie du Canada», a souligné M. Bernier.
Kyoto peut attendre
Par ailleurs, lors de son point de presse, le premier ministre Harper a réitéré que le gouvernement du Québec avait déjà reçu l'essentiel des 328 millions de dollars qu'il réclame d'Ottawa pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, une somme proportionnelle à celle obtenue par l'Ontario pour les mêmes fins. L'argent lui aurait été versé, a dit le premier ministre, par le truchement des transferts fédéraux, destinés notamment aux transports en commun. Le Québec a obtenu «un montant similaire à celui reçu par le gouvernement de l'Ontario», a soutenu M. Harper.
«Le Québec devra être traité de façon équitable», avait insisté le premier ministre Jean Charest le 15 juin dernier, au moment de la présentation du plan québécois sur les changements climatiques. Or, de l'avis de M. Harper, le gouvernement fédéral a déjà joué son rôle, quoi qu'en pense son homologue du Québec.
«M. Charest est un ami, mais nous n'avons pas besoin d'être en accord sur toutes les initiatives», a affirmé M. Harper. «C'est pourquoi les gouvernements ont des compétences respectives et peuvent prendre leurs propres décisions», a-t-il expliqué.
M. Harper juge irréalistes les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du protocole de Kyoto, embrassés par le gouvernement Charest. «Nous pouvons continuer à faire un grand show sur Kyoto ou encore décider d'entreprendre de vraies actions pour obtenir des résultats [...]. Nous n'avons pas l'intention de prendre l'argent des contribuables seulement pour faire un show», a-t-il lancé. Les milliards de dollars dépensés par l'ancien gouvernement libéral pour l'atteinte des objectifs de Kyoto n'ont pas permis de réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre, a rappelé le premier ministre du Canada. Il a aussi dit qu'il rejetait le principe d'une redevance sur les hydrocarbures, une mesure que le gouvernement Charest a promis d'adopter.
Une première en 50 ans
En offensive de charme dans une région qui lui a donné la majorité de ses députés québécois, le premier ministre a souligné que c'était la première fois en quelque 50 ans que le conseil des ministres fédéral se réunissait dans la capitale québécoise, qui a déjà été «la capitale du Canada», a-t-il rappelé.
Malgré l'atmosphère de célébrations qui gagnait la ville en cette veille de la Fête nationale, le premier ministre et son équipe ont préféré demeurer à l'abri des badauds, à l'intérieur des remparts de la Citadelle, forteresse militaire très bien gardée. Les journalistes qui se sont rendus à la conférence de presse du premier ministre ont dû, dans certains cas, subir jusqu'à quatre contrôles d'identité sur les quelques dizaines de mètres séparant l'entrée de la Citadelle, qui surplombe le fleuve, et le château Frontenac, où M. Harper a pris la parole devant une rangée de canons datant du XIXe siècle.
En matinée, quelques petits groupes de manifestants ont pris la parole aux environs de la Citadelle. Des représentants de la coalition Québec Vert Kyoto ont tenu une conférence de presse pour protester contre la position du gouvernement fédéral, qui «tourne le dos au protocole» et se fait ainsi «le porteur de valises de Bush», selon les mots d'Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire. À l'entrée de la Citadelle, une quinzaine de syndiqués des Postes en colère contre la fermeture du centre de tri de Québec criaient des slogans.
Avec Martin Ouellet, de la Presse canadienne
«C'est un débat de l'Assemblée nationale. Je reconnais que l'Assemblée nationale a adopté une telle déclaration, mais je ne sais pas, franchement, qu'est ce que cela représente au point de vue juridique», a dit M. Harper en point de presse à la Citadelle de Québec à l'issue de la dernière réunion de son cabinet avant les vacances estivales.
Aux yeux du premier ministre conservateur, le débat sur la reconnaissance de l'identité nationale ne constitue pas «la vraie question» de la politique québécoise. La vraie question, selon lui, c'est «l'obsession» du chef du Parti québécois, André Boisclair, de tenir un «référendum que la population ne veut pas» et faire oublier le financement illégal versé à son parti.
«Je pense que M. Boisclair tente d'éviter les nouvelles [sic] sur les contributions de Groupaction, près de 100 000 $ d'argent sale, peut-être, donné par Groupaction», a dit M. Harper.
En point de presse, les ministres québécois Josée Verner et Maxime Bernier ont pour leur part multiplié les pirouettes afin d'échapper aux questions sur l'identité nationale.
«Cette question n'intéresse pas vraiment les gens», a fini par dire la ministre de la Francophonie lorsque pressée de questions par les journalistes. Le Québec, selon elle, a «une personnalité unique et distincte» et «est content de faire partie du nouveau gouvernement» du Canada, a dit Mme Verner, qui a déjà travaillé au cabinet de Robert Bourassa. Lorsqu'on lui a demandé si Québec est une «capitale nationale», elle a répondu que c'est ce qui est écrit sur les panneaux le long des autoroutes qui ceinturent la ville.
Quant au ministre de l'Industrie, il a fait valoir que les Québécois sont «d'ardents fédéralistes» et de «valeureux» Canadiens. «Les Québécois sont heureux et contents de faire partie du Canada», a souligné M. Bernier.
Kyoto peut attendre
Par ailleurs, lors de son point de presse, le premier ministre Harper a réitéré que le gouvernement du Québec avait déjà reçu l'essentiel des 328 millions de dollars qu'il réclame d'Ottawa pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, une somme proportionnelle à celle obtenue par l'Ontario pour les mêmes fins. L'argent lui aurait été versé, a dit le premier ministre, par le truchement des transferts fédéraux, destinés notamment aux transports en commun. Le Québec a obtenu «un montant similaire à celui reçu par le gouvernement de l'Ontario», a soutenu M. Harper.
«Le Québec devra être traité de façon équitable», avait insisté le premier ministre Jean Charest le 15 juin dernier, au moment de la présentation du plan québécois sur les changements climatiques. Or, de l'avis de M. Harper, le gouvernement fédéral a déjà joué son rôle, quoi qu'en pense son homologue du Québec.
«M. Charest est un ami, mais nous n'avons pas besoin d'être en accord sur toutes les initiatives», a affirmé M. Harper. «C'est pourquoi les gouvernements ont des compétences respectives et peuvent prendre leurs propres décisions», a-t-il expliqué.
M. Harper juge irréalistes les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du protocole de Kyoto, embrassés par le gouvernement Charest. «Nous pouvons continuer à faire un grand show sur Kyoto ou encore décider d'entreprendre de vraies actions pour obtenir des résultats [...]. Nous n'avons pas l'intention de prendre l'argent des contribuables seulement pour faire un show», a-t-il lancé. Les milliards de dollars dépensés par l'ancien gouvernement libéral pour l'atteinte des objectifs de Kyoto n'ont pas permis de réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre, a rappelé le premier ministre du Canada. Il a aussi dit qu'il rejetait le principe d'une redevance sur les hydrocarbures, une mesure que le gouvernement Charest a promis d'adopter.
Une première en 50 ans
En offensive de charme dans une région qui lui a donné la majorité de ses députés québécois, le premier ministre a souligné que c'était la première fois en quelque 50 ans que le conseil des ministres fédéral se réunissait dans la capitale québécoise, qui a déjà été «la capitale du Canada», a-t-il rappelé.
Malgré l'atmosphère de célébrations qui gagnait la ville en cette veille de la Fête nationale, le premier ministre et son équipe ont préféré demeurer à l'abri des badauds, à l'intérieur des remparts de la Citadelle, forteresse militaire très bien gardée. Les journalistes qui se sont rendus à la conférence de presse du premier ministre ont dû, dans certains cas, subir jusqu'à quatre contrôles d'identité sur les quelques dizaines de mètres séparant l'entrée de la Citadelle, qui surplombe le fleuve, et le château Frontenac, où M. Harper a pris la parole devant une rangée de canons datant du XIXe siècle.
En matinée, quelques petits groupes de manifestants ont pris la parole aux environs de la Citadelle. Des représentants de la coalition Québec Vert Kyoto ont tenu une conférence de presse pour protester contre la position du gouvernement fédéral, qui «tourne le dos au protocole» et se fait ainsi «le porteur de valises de Bush», selon les mots d'Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire. À l'entrée de la Citadelle, une quinzaine de syndiqués des Postes en colère contre la fermeture du centre de tri de Québec criaient des slogans.
Avec Martin Ouellet, de la Presse canadienne
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