Boeing: des retombées de 2,5 milliards
Le Québec profiterait largement de l'achat des C-17 par Ottawa
Ottawa — L'annonce imminente concernant l'achat de quatre avions militaires de transport stratégique C-17, de la compagnie américaine Boeing, permettra des retombées économiques substantielles pour le Québec, et pour Montréal en particulier. En entrevue avec Le Devoir hier, le vice-président de Boeing Canada a affirmé que l'entreprise s'engage à ce que le Canada profite de retombées économiques équivalant au montant total de la commande, soit environ 2,5 milliards de dollars.
Dans le cas des avions militaires C-17, le gouvernement Harper est pressé dans le temps par Boeing, qui accorde jusqu'à la fin du mois de juin aux acheteurs intéressés pour manifester leur intérêt, sans quoi le prix sur la table ne pourrait plus être garanti en raison des «incertitudes» et du possible «ralentissement de la production» des C-17, comme Le Devoir le révélait dans son édition de samedi. Le gouvernement fédéral, qui veut acheter quatre C-17 sans appel d'offres pour recevoir les avions plus rapidement — le premier pourrait être livré d'ici 12 mois, dit-on —, aurait donc décidé d'aller de l'avant avant la fin du mois de juin.
Selon le journal Ottawa Citizen, le ministre de la Défense, Gordon O'Connor, pourrait en faire l'annonce dès demain, à l'occasion de la réunion spéciale du cabinet qui se tiendra à Québec. Mais, selon des sources gouvernementales contactées par Le Devoir, cette date n'est pas idéale et aucune annonce ne serait prévue pour demain.
Ce qui est certain, toutefois, c'est que le gouvernement attache actuellement les dernières ficelles de ce contrat milliardaire. La semaine dernière, le ministre de l'Industrie, Maxime Bernier, s'est rendu à Washington pour assister à la première rencontre de l'équipe qui travaille sur le Partenariat sur la prospérité et la sécurité, un accord signé en 2005 avec les États-Unis et le Mexique.
À cette occasion, il en a profité pour rencontrer les hauts dirigeants de Boeing, question de s'assurer que le contrat rapportera bel et bien des retombées importantes au pays. Selon nos informations, il aurait eu les garanties nécessaires de la part de Boeing.
La commande devrait encadrer l'achat de quatre C-17 au coût approximatif de 250 millions de dollars chacun. À ce montant d'un milliard, il faut ajouter une autre tranche de 1 à 1,5 milliard pour l'entretien des appareils sur une période d'environ 20 ans. Le contrat devrait donc tourner autour de 2,5 milliards $CAN.
Depuis plusieurs jours, les libéraux accusent le gouvernement de passer une commande «à rabais» aux États-Unis, puisque Boeing n'aurait pas l'obligation de procurer des retombées économiques à l'industrie aérospatiale d'ici. Rien de plus faux, affirme au Devoir Allan DeQuetteville, vice-président de Boeing Canada.
«On se prépare à redonner au Canada la valeur entière du contrat en retombées économiques, dit-il. Si c'est deux milliards, par exemple, nous redonnerons deux milliards sur une période qui s'échelonnera sur plusieurs années. Je ne veux pas parler de chiffres précis parce qu'il n'y a pas de contrat de signé, mais ce serait 100 % de la valeur, c'est certain.»
Les retombées, qui oscilleront donc autour de 2,5 milliards de dollars, pourraient toutefois ne pas être directement liées à l'achat des C-17. «On peut dépenser cette somme en lien direct avec les avions C-17, mais aussi en achats ou en retombées indirectes», souligne Allan DeQueteville. Par exemple, Boeing pourrait acheter des pièces de ses sous-traitants canadiens lors du développement d'un autre appareil.
Boeing s'engage toutefois à ce que 50 % de l'entretien, qu'il s'agisse des vérifications d'usage, du remplacement des pièces ou encore de la main-d'oeuvre, soit fait au Canada. Habituellement, selon Boeing, le coût de l'entretien d'un appareil sur 20 ans équivaut à son prix d'achat ou un peu plus, d'où le chiffre de 1,5 milliard de dollars sur 20 ans pour les quatre appareils.
Au bureau du ministre de l'Industrie, Maxime Bernier, on confirme que Boeing a reçu ces exigences pour un éventuel contrat, «si contrat il y a», précise toutefois Isabelle Fontaine, directrice des communications de M. Bernier. «La politique canadienne en matière d'achat militaire n'a pas changé. Il faut des retombées économiques au pays et nous avons toujours été clairs là-dessus. Si une compagnie veut s'y soustraire, il n'y aura pas de contrat, c'est aussi simple que ça», dit-elle.
Quelle part du gâteau ira au Québec? Selon Boeing, Montréal, qui renferme 50 % de la main-d'oeuvre de l'industrie aérospatiale au Canada et 60 % de ses revenus, ne sera pas oublié. Allan DeQueteville précise que Boeing fait la modernisation des avions CF-18 à Mirabel et que l'entreprise américaine fait des affaires avec 30 fournisseurs du Québec. «On va faire des efforts pour qu'il y ait des retombées partout au pays, mais c'est certain que Montréal a une grande expertise en aérospatiale. En plus, on connaît déjà beaucoup de sous-traitants. Il y aura des débouchés importants», dit-il, sans vouloir annoncer de chiffres.
Pour quantifier les retombées, il faut attendre de voir quelle décision prendra Ottawa, explique Allan DeQuetteville. «Le gouvernement peut décider de faire l'entretien à l'interne dans l'armée. Il peut aussi décider d'utiliser des sous-traitants ou alors faire un mélange des deux. Ça peut changer les chiffres», dit-il.
Mais peu importe la valeur du contrat, le député libéral Denis Coderre, qui suit ce dossier depuis plusieurs semaines, estime que le gouvernement ferait une erreur en achetant des C-17, le plus gros avion militaire de transport stratégique du monde. «On n'a pas besoin de ça. On se met à genoux devant Washington pour lui acheter des avions à gros prix, alors qu'on n'a pas besoin de ce type d'appareil. On a besoin d'avions de transport tactique plus petits et de véhicules terrestres. C'est ça que les Forces canadiennes demandent, le général Rick Hillier l'a déjà dit. Les conservateurs veulent juste un gros jouet aux frais des contribuables», lance-t-il.
Dans le cas des avions militaires C-17, le gouvernement Harper est pressé dans le temps par Boeing, qui accorde jusqu'à la fin du mois de juin aux acheteurs intéressés pour manifester leur intérêt, sans quoi le prix sur la table ne pourrait plus être garanti en raison des «incertitudes» et du possible «ralentissement de la production» des C-17, comme Le Devoir le révélait dans son édition de samedi. Le gouvernement fédéral, qui veut acheter quatre C-17 sans appel d'offres pour recevoir les avions plus rapidement — le premier pourrait être livré d'ici 12 mois, dit-on —, aurait donc décidé d'aller de l'avant avant la fin du mois de juin.
Selon le journal Ottawa Citizen, le ministre de la Défense, Gordon O'Connor, pourrait en faire l'annonce dès demain, à l'occasion de la réunion spéciale du cabinet qui se tiendra à Québec. Mais, selon des sources gouvernementales contactées par Le Devoir, cette date n'est pas idéale et aucune annonce ne serait prévue pour demain.
Ce qui est certain, toutefois, c'est que le gouvernement attache actuellement les dernières ficelles de ce contrat milliardaire. La semaine dernière, le ministre de l'Industrie, Maxime Bernier, s'est rendu à Washington pour assister à la première rencontre de l'équipe qui travaille sur le Partenariat sur la prospérité et la sécurité, un accord signé en 2005 avec les États-Unis et le Mexique.
À cette occasion, il en a profité pour rencontrer les hauts dirigeants de Boeing, question de s'assurer que le contrat rapportera bel et bien des retombées importantes au pays. Selon nos informations, il aurait eu les garanties nécessaires de la part de Boeing.
La commande devrait encadrer l'achat de quatre C-17 au coût approximatif de 250 millions de dollars chacun. À ce montant d'un milliard, il faut ajouter une autre tranche de 1 à 1,5 milliard pour l'entretien des appareils sur une période d'environ 20 ans. Le contrat devrait donc tourner autour de 2,5 milliards $CAN.
Depuis plusieurs jours, les libéraux accusent le gouvernement de passer une commande «à rabais» aux États-Unis, puisque Boeing n'aurait pas l'obligation de procurer des retombées économiques à l'industrie aérospatiale d'ici. Rien de plus faux, affirme au Devoir Allan DeQuetteville, vice-président de Boeing Canada.
«On se prépare à redonner au Canada la valeur entière du contrat en retombées économiques, dit-il. Si c'est deux milliards, par exemple, nous redonnerons deux milliards sur une période qui s'échelonnera sur plusieurs années. Je ne veux pas parler de chiffres précis parce qu'il n'y a pas de contrat de signé, mais ce serait 100 % de la valeur, c'est certain.»
Les retombées, qui oscilleront donc autour de 2,5 milliards de dollars, pourraient toutefois ne pas être directement liées à l'achat des C-17. «On peut dépenser cette somme en lien direct avec les avions C-17, mais aussi en achats ou en retombées indirectes», souligne Allan DeQueteville. Par exemple, Boeing pourrait acheter des pièces de ses sous-traitants canadiens lors du développement d'un autre appareil.
Boeing s'engage toutefois à ce que 50 % de l'entretien, qu'il s'agisse des vérifications d'usage, du remplacement des pièces ou encore de la main-d'oeuvre, soit fait au Canada. Habituellement, selon Boeing, le coût de l'entretien d'un appareil sur 20 ans équivaut à son prix d'achat ou un peu plus, d'où le chiffre de 1,5 milliard de dollars sur 20 ans pour les quatre appareils.
Au bureau du ministre de l'Industrie, Maxime Bernier, on confirme que Boeing a reçu ces exigences pour un éventuel contrat, «si contrat il y a», précise toutefois Isabelle Fontaine, directrice des communications de M. Bernier. «La politique canadienne en matière d'achat militaire n'a pas changé. Il faut des retombées économiques au pays et nous avons toujours été clairs là-dessus. Si une compagnie veut s'y soustraire, il n'y aura pas de contrat, c'est aussi simple que ça», dit-elle.
Quelle part du gâteau ira au Québec? Selon Boeing, Montréal, qui renferme 50 % de la main-d'oeuvre de l'industrie aérospatiale au Canada et 60 % de ses revenus, ne sera pas oublié. Allan DeQueteville précise que Boeing fait la modernisation des avions CF-18 à Mirabel et que l'entreprise américaine fait des affaires avec 30 fournisseurs du Québec. «On va faire des efforts pour qu'il y ait des retombées partout au pays, mais c'est certain que Montréal a une grande expertise en aérospatiale. En plus, on connaît déjà beaucoup de sous-traitants. Il y aura des débouchés importants», dit-il, sans vouloir annoncer de chiffres.
Pour quantifier les retombées, il faut attendre de voir quelle décision prendra Ottawa, explique Allan DeQuetteville. «Le gouvernement peut décider de faire l'entretien à l'interne dans l'armée. Il peut aussi décider d'utiliser des sous-traitants ou alors faire un mélange des deux. Ça peut changer les chiffres», dit-il.
Mais peu importe la valeur du contrat, le député libéral Denis Coderre, qui suit ce dossier depuis plusieurs semaines, estime que le gouvernement ferait une erreur en achetant des C-17, le plus gros avion militaire de transport stratégique du monde. «On n'a pas besoin de ça. On se met à genoux devant Washington pour lui acheter des avions à gros prix, alors qu'on n'a pas besoin de ce type d'appareil. On a besoin d'avions de transport tactique plus petits et de véhicules terrestres. C'est ça que les Forces canadiennes demandent, le général Rick Hillier l'a déjà dit. Les conservateurs veulent juste un gros jouet aux frais des contribuables», lance-t-il.
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