Cannon ne fera pas des pieds et des mains pour aider Québec à respecter Kyoto
19 juin 2006
Canada
Photo : Jacques Grenier
Le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon
Ottawa — Ce n'est pas le lieutenant québécois du premier ministre Stephen Harper, Lawrence Cannon, qui va remuer ciel et terre afin qu'Ottawa verse des fonds au Québec pour respecter le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).
«Je ne peux pas dire au gouvernement Charest s'il va y avoir de l'argent, s'il y en aura ou s'il n'y en aura pas», a affirmé en entrevue récemment à la Presse Canadienne M. Cannon, qui est ministre des Transports.
Depuis des mois, le premier ministre Jean Charest fait pression sur le gouvernement conservateur pour que ce dernier honore l'engagement pris par les libéraux, l'année dernière, de verser 328 millions de dollars au Québec dans le cadre de son plan de lutte contre les GES. Jusqu'ici, Ottawa a refusé de promettre quoi que ce soit. Et la semaine dernière, las d'attendre le plan d'intervention d'Ottawa, le gouvernement Charest dévoilait son propre plan d'action sur les changements climatiques, qui cible avant tout les compagnies pétrolières et gazières.
«L'objectif, ce n'est pas de nous rendre populaires ou impopulaires, a lancé Lawrence Cannon. L'objectif, c'est d'être capables de mettre en place un plan qui, fondamentalement, va fonctionner. Ai-je besoin de rappeler que le plan des libéraux était inefficace et inadéquat?»
À l'époque où les libéraux étaient au pouvoir à Ottawa, le lieutenant du Québec jouait un rôle prépondérant dans tous les dossiers qui touchaient de près ou de loin le Québec. Sous les conservateurs, il semble que les ministres titulaires — et M. Harper lui-même — soient en charge du Québec.
«Je suis lieutenant québécois, mais c'est ma collègue [de l'Environnement, Rona Ambrose] qui a la charge de ce dossier-là, a souligné M. Cannon. Elle jugera du moment opportun pour présenter ses propositions. Une chose est certaine: il y a un engagement de la part du gouvernement de faire quelque chose sur le plan de la lutte contre les gaz à effet de serre, quelque chose qui soit réaliste.»
On ne connaît rien, pour l'instant, du plan «typiquement canadien» que Mme Ambrose doit dévoiler, plus tard cette année, pour lutter contre le réchauffement de la planète.
Vitesse des camions
M. Cannon a toutefois l'intention de contribuer à l'initiative. Il veut convaincre les provinces d'imposer aux camionneurs l'installation d'appareils qui limiteraient la vitesse de leurs véhicules à 105 km/h. La semaine dernière, Québec a annoncé l'instauration d'une telle mesure.
«C'est le genre de choses dont nous pourrions convenir ensemble [avec les provinces], a expliqué le ministre. Ce sont des gestes qui, très clairement, visent à diminuer les gaz à effet de serre.»
VIA Rail
L'empressement du gouvernement Harper à prouver qu'il n'a pas abandonné le combat contre les GES, malgré son scepticisme envers Kyoto, pourrait même raviver un projet de modernisation de VIA Rail dans le corridor Québec-Windsor.
Le projet, baptisé «VIA Fast», s'était vu octroyer 700 millions de dollars par le gouvernement de Jean Chrétien, à la fin 2003. Mais dès son arrivée au pouvoir, en décembre de la même année, Paul Martin avait annulé le financement, estimant que le projet était mal ficelé.
«Ça serait peut-être intéressant de revoir le dossier à la lumière des considérations environnementales d'aujourd'hui, particulièrement en ce qui a trait à la congestion automobile, a expliqué M. Cannon. Je ne peux pas m'engager à ce qu'il y ait quelque chose de ferme, mais on peut certainement jeter un coup d'oeil pour voir si les conditions de l'époque ont évolué.»
Le ministre prévient néanmoins que VIA Fast «n'est pas une grande priorité» pour lui. Il s'engage néanmoins à considérer les demandes financières générales de VIA Rail, qui reçoit actuellement 170 millions de dollars par année d'Ottawa.
Sans investissement supplémentaire d'ici à la fin 2007, VIA craint de devoir réduire ses services.
Le président-directeur général de la société d'État, Paul Côté, évalue les besoins de VIA à un peu plus de 700 millions de dollars pour les années 2008 à 2010. De cette somme, 408 millions iraient à des améliorations à l'infrastructure et 305 millions à la rénovation de voitures.
«Je ne peux pas dire au gouvernement Charest s'il va y avoir de l'argent, s'il y en aura ou s'il n'y en aura pas», a affirmé en entrevue récemment à la Presse Canadienne M. Cannon, qui est ministre des Transports.
Depuis des mois, le premier ministre Jean Charest fait pression sur le gouvernement conservateur pour que ce dernier honore l'engagement pris par les libéraux, l'année dernière, de verser 328 millions de dollars au Québec dans le cadre de son plan de lutte contre les GES. Jusqu'ici, Ottawa a refusé de promettre quoi que ce soit. Et la semaine dernière, las d'attendre le plan d'intervention d'Ottawa, le gouvernement Charest dévoilait son propre plan d'action sur les changements climatiques, qui cible avant tout les compagnies pétrolières et gazières.
«L'objectif, ce n'est pas de nous rendre populaires ou impopulaires, a lancé Lawrence Cannon. L'objectif, c'est d'être capables de mettre en place un plan qui, fondamentalement, va fonctionner. Ai-je besoin de rappeler que le plan des libéraux était inefficace et inadéquat?»
À l'époque où les libéraux étaient au pouvoir à Ottawa, le lieutenant du Québec jouait un rôle prépondérant dans tous les dossiers qui touchaient de près ou de loin le Québec. Sous les conservateurs, il semble que les ministres titulaires — et M. Harper lui-même — soient en charge du Québec.
«Je suis lieutenant québécois, mais c'est ma collègue [de l'Environnement, Rona Ambrose] qui a la charge de ce dossier-là, a souligné M. Cannon. Elle jugera du moment opportun pour présenter ses propositions. Une chose est certaine: il y a un engagement de la part du gouvernement de faire quelque chose sur le plan de la lutte contre les gaz à effet de serre, quelque chose qui soit réaliste.»
On ne connaît rien, pour l'instant, du plan «typiquement canadien» que Mme Ambrose doit dévoiler, plus tard cette année, pour lutter contre le réchauffement de la planète.
Vitesse des camions
M. Cannon a toutefois l'intention de contribuer à l'initiative. Il veut convaincre les provinces d'imposer aux camionneurs l'installation d'appareils qui limiteraient la vitesse de leurs véhicules à 105 km/h. La semaine dernière, Québec a annoncé l'instauration d'une telle mesure.
«C'est le genre de choses dont nous pourrions convenir ensemble [avec les provinces], a expliqué le ministre. Ce sont des gestes qui, très clairement, visent à diminuer les gaz à effet de serre.»
VIA Rail
L'empressement du gouvernement Harper à prouver qu'il n'a pas abandonné le combat contre les GES, malgré son scepticisme envers Kyoto, pourrait même raviver un projet de modernisation de VIA Rail dans le corridor Québec-Windsor.
Le projet, baptisé «VIA Fast», s'était vu octroyer 700 millions de dollars par le gouvernement de Jean Chrétien, à la fin 2003. Mais dès son arrivée au pouvoir, en décembre de la même année, Paul Martin avait annulé le financement, estimant que le projet était mal ficelé.
«Ça serait peut-être intéressant de revoir le dossier à la lumière des considérations environnementales d'aujourd'hui, particulièrement en ce qui a trait à la congestion automobile, a expliqué M. Cannon. Je ne peux pas m'engager à ce qu'il y ait quelque chose de ferme, mais on peut certainement jeter un coup d'oeil pour voir si les conditions de l'époque ont évolué.»
Le ministre prévient néanmoins que VIA Fast «n'est pas une grande priorité» pour lui. Il s'engage néanmoins à considérer les demandes financières générales de VIA Rail, qui reçoit actuellement 170 millions de dollars par année d'Ottawa.
Sans investissement supplémentaire d'ici à la fin 2007, VIA craint de devoir réduire ses services.
Le président-directeur général de la société d'État, Paul Côté, évalue les besoins de VIA à un peu plus de 700 millions de dollars pour les années 2008 à 2010. De cette somme, 408 millions iraient à des améliorations à l'infrastructure et 305 millions à la rénovation de voitures.
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