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Harper était visé

L'un des accusés de Toronto aurait voulu décapiter le premier ministre

Alec Castonguay   7 juin 2006  Canada
Une meute de journalistes entourent des femmes venues assister à la comparution des accusés, hier, au palais de justice de Brampton, en Ontario.
Photo : Agence Reuters
Une meute de journalistes entourent des femmes venues assister à la comparution des accusés, hier, au palais de justice de Brampton, en Ontario.
Ottawa — Le Parlement canadien, les politiciens fédéraux et le premier ministre du Canada étaient dans la mire de la présumée cellule terroriste démantelée en fin de semaine près de Toronto. Au moins un des accusés aurait personnellement voulu «décapiter» Stephen Harper, alors que le groupe planifiait des prises d'otages sur la colline parlementaire lors d'un assaut armé de l'édifice du centre. Les députés et ministres capturés auraient eux aussi été décapités si les demandes des terroristes étaient restées lettre morte, eux qui voulaient exiger la libération de plusieurs prisonniers musulmans et le retour des troupes canadiennes qui combattent en Afghanistan, a-t-on appris hier de la bouche de plusieurs avocats de la Défense.

La comparution hier à Brampton, dans le sud de l'Ontario, de 15 des 17 personnes accusées en vertu de la Loi antiterroriste a créé une puissante onde de choc qui s'est répercutée d'un bout à l'autre du pays et jusqu'aux États-Unis, où les médias accordent une large place à ces événements dans leur couverture journalistique. À Ottawa, les politiciens de tous les partis ont appelé à ne pas sombrer dans la paranoïa malgré la gravité des accusations et l'ampleur du complot projeté par les suspects. Tous les élus ont souligné l'importance de trouver un «juste équilibre» entre la sécurité et les libertés individuelles.

C'est que les plans de la présumée cellule terroriste démantelée par la police et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sont hors du commun. L'avocat Gary Batasar, qui représente Steven Vikash Chand, 25 ans, a affirmé aux médias à sa sortie du tribunal que les huit pages qui résument les accusations portées contre son client font état d'un plan qui vise à décapiter le premier ministre Stephen Harper. «Les allégations sont assez sérieuses et incluent l'assaut et la destruction de plusieurs édifices, a-t-il dit. Il y a une allégation que mon client aurait personnellement voulu décapiter le premier ministre du Canada.» Le nom de Stephen Harper est donc inclus dans le résumé des accusations d'au moins un suspect.

M. Batasar a également révélé que le résumé des accusations fait état d'un complot pour «prendre d'assaut l'édifice du Parlement» et «prendre des otages parmi les politiciens». La tour de Radio-Canada/CBC, à Toronto, aurait aussi été dans la mire des présumés terroristes, tout comme la Tour du CN, la Bourse de Toronto et la Tour de la paix, à Ottawa.

Mais le contenu entier des résumés n'a pas été rendu public, alors que les suspects se présentaient en cour pour la première fois hier afin de prendre connaissance des accusations qui pèsent contre eux. Des 15 suspects qui ont comparu en trois groupes distincts, 14 doivent revenir devant la cour lundi, puisque les avocats de la Défense ont plaidé avec succès qu'ils n'ont pas eu suffisamment de temps pour parler à leurs clients. Deux autres accusés sont déjà en prison pour une autre affaire qui touche l'importation d'armes illégales.

Steven Chand, Asad Ansari, 21 ans, Fahim Ahmad, 21 ans, Zakaria Amara, 20 ans, Qayyum Abdul Jamal, 43 ans, Amin Mohamed Durrani, 19 ans, Jahmaal James, 23 ans, Saad Khalild, 19 ans, Ahmad Mustafa Ghany, 21 ans, et cinq mineurs doivent tous revenir en cour le 12 juin. Shareef Abdelhaleen, 30 ans, reviendra quant à lui le 4 juillet pour une enquête sur cautionnement. Les 15 individus sont détenus à la prison de Maplehurst, à Milton, en Ontario.

On leur reproche d'avoir participé à des activités terroristes, d'avoir pris possession d'une propriété pour s'y entraîner, d'avoir reçu et donné de l'entraînement en vue de commettre des actes terroristes, d'avoir planifié une explosion dans le but de blesser ou de tuer et d'avoir importé illégalement des armes. Certains de ces six chefs d'accusation peuvent entraîner un maximum de dix ans de pénitencier, alors que d'autres sont passibles de la prison à vie.

L'avocat Gary Batasar a aussi indiqué que d'après les documents de la Couronne, la présumée cellule terroriste désirait «décapiter» les otages faits au Parlement si leurs demandes n'étaient pas exaucées, à savoir la libération de plusieurs prisonniers musulmans et le départ des troupes canadiennes d'Afghanistan. M. Batasar a affirmé que les autorités canadiennes et américaines, avec ces arrestations, ne visent qu'à créer un climat de peur au sein de la population. Plusieurs avocats ont dit craindre que leurs clients ne puissent recevoir un procès juste et équitable compte tenu de l'atmosphère qui règne.

L'agent Mike McDonell, de la GRC, a indiqué hier que d'autres arrestations devraient survenir, alors que les policiers et le SCRS sont en contact régulier avec leurs homologues de six autres pays où les présumés terroristes pourraient avoir des liens, soit les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Suède, le Danemark, la Bosnie et le Bangladesh. «Nous n'avons pas terminé cette enquête, a soutenu M. McDonell. En fait, avec ces arrestations, ça ne fait que commencer. Nous avons le devoir de suivre toutes les pistes.»

Réactions à Ottawa

Dans la capitale fédérale hier, les politiciens tentaient de mesurer leurs commentaires pour ne pas effrayer la population. Toutefois, selon les informations obtenues, le Comité de régie interne de la Chambre des communes, auquel siègent tous les partis politiques, se réunira sous peu pour réévaluer les mesures de sécurité autour et à l'intérieur du Parlement.

À la GRC, on refusait de discuter de la situation hier, soulignant que les changements concernant la sécurité ne doivent pas être éventés. «On ne commente jamais pour ne pas donner des informations aux mauvaises personnes, a expliqué au Devoir Monique Beauchamp, porte-parole de la GRC. La sécurité est réévaluée continuellement et on s'adapte en conséquence.»

La GRC précise que le premier ministre et certaines personnalités de haut rang, comme les ambassadeurs, font l'objet d'une surveillance étroite et peuvent compter sur l'appui de gardes du corps, ce qui n'est pas le cas des ministres ou des autres chefs de partis politiques. «Pour les ministres, on leur assigne un garde du corps en fonction des menaces qu'ils reçoivent», explique Monique Beauchamp. Tous ont par contre un chauffeur qui est souvent, mais pas toujours, un ancien policier de la GRC ou de la Sûreté du Québec.

Le premier ministre ne semblait pas du tout inquiet hier, malgré les révélations sur le complot qui se tramait. Stephen Harper s'est même permis d'en rire à sa sortie de la période de questions. «Je peux vivre avec ça tant que le menace ne vient pas de mon propre caucus», a-t-il lancé.

Hier, tout semblait parfaitement normal sur la colline parlementaire. Des centaines de touristes parcouraient la pelouse en face de l'édifice du centre, alors que d'autres se faisaient bronzer sous les chauds rayons du soleil. Aucune mesure de sécurité exceptionnelle n'était visible, ni à l'extérieur ni à l'intérieur des édifices.

Une situation qui doit d'ailleurs rester telle quelle, ont souligné les chefs de partis. «Il faut prendre ça avec sérieux et s'assurer qu'il y a des mesures de sécurité qui sont en place», a déclaré le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Même s'il avoue trouver la situation «inquiétante», M. Duceppe estime par contre qu'il ne faut pas empêcher les citoyens d'avoir accès aux politiciens. «Il faut un nécessaire équilibre entre la sécurité et la liberté.»

Le chef du NPD, Jack Layton, abondait dans le même sens. «C'est nécessaire de temps en temps de revoir la sécurité, mais il faut faire preuve de bon sens, a-t-il dit. Il faut trouver une façon de s'assurer que la population peut visiter la colline parlementaire, parce que c'est le siège de notre démocratie. Il faut que les portes restent ouvertes.»

Avec la Presse canadienne et l'Associated Press






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  • Ben Bergeron
    Inscrit
    mercredi 7 juin 2006 16h11
    Etes vous ecoeures
    Il y a dans ce monde des gens...ou plutot animaux qui nuisent a l'avancement de l'humanite.Ils sont comme un boulet qui nous empeche de progresser.I serait temps que tout le monde s'implique a eduquer,denoncer,surveiller,ces simili humains,pour que leurs enfants ne soient pas comme eux et qu'un jour nous soyons debarasses pour de bon de toute cette barbarite.Cela ne veut pas dire que nuos devons arreter de nous regarder nous meme!!!OUVREZ GRAND VOS YEUX ET VOUS OREILLES!!!EDUQUEZ DENONCEZ SURVEILLEZ!!!

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