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Politique étrangère, défense et Sénat - Roméo Dallaire accuse Harper d'être irresponsable

3 juin 2006  Canada
Roméo Dallaire était de passage à Montréal hier pour présenter le film qui sera tourné prochainement sur sa tragique mission au Rwanda. L’acteur Roy Dupuis, à sa droite, jouera le rôle du général à la retraite.
Photo : Jacques Nadeau
Roméo Dallaire était de passage à Montréal hier pour présenter le film qui sera tourné prochainement sur sa tragique mission au Rwanda. L’acteur Roy Dupuis, à sa droite, jouera le rôle du général à la retraite.
Le général à la retraite et sénateur libéral Roméo Dallaire accuse Stephen Harper de manquer de courage et de se comporter de façon irresponsable en matière de politique étrangère, de défense et en ce qui concerne la réforme du Sénat.

De passage à Montréal pour présenter le film qui sera tourné prochainement sur sa tragique mission au Rwanda, le général Dallaire a vivement critiqué la manoeuvre du premier ministre de soumettre la prolongation de la mission canadienne en Afghanistan au vote des députés.

M. Dallaire, qui appuie la prolongation, estime qu'il s'agissait là d'une tactique irresponsable et bassement partisane qui ne visait qu'à diviser les libéraux, puisque cette décision était la responsabilité du cabinet. Il a qualifié le tout de manque flagrant de courage.

Armée négligée

Par ailleurs, il a dénoncé le fait que le financement additionnel de la Défense, prévu dans le dernier budget, n'entrera en vigueur que dans trois ans, faisant valoir que l'armée a besoin de recrues dès maintenant. Il ajoute que ce gouvernement, tout comme les précédents, a laissé dépérir l'armée canadienne, qui aurait dû jouer un rôle significatif au Darfour et au Congo, où les populations sont décimées par des conflits internes.

Quant à la réforme du Sénat que propose M. Harper, il estime qu'il s'agit là d'un autre exemple de manque de courage. Le général Dallaire fait valoir que, pour modifier le Sénat, il aurait fallu ouvrir la Constitution et procéder à une réforme en profondeur plutôt que de «tripoter» à la périphérie, selon son expression, en limitant le temps durant lequel les sénateurs peuvent siéger. Il y voit une tentative de se faire du capital politique à court terme plutôt qu'une volonté d'améliorer les structures du pays après une réflexion en profondeur.






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