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Conflit avec la presse parlementaire - Landry sympathise avec Harper

L'ancien premier ministre a eu lui-même sa part de démêlés avec les journalistes

26 mai 2006  Canada
Bernard Landry
Photo : Jacques Nadeau
Bernard Landry
L'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry déplore le fait que l'entourage de Stephen Harper veuille choisir les journalistes de la tribune parlementaire qui peuvent l'interroger, mais il semble aussi comprendre la frustration du premier ministre canadien.

«Moi, j'ai le plus grand respect pour la presse; c'est le quatrième pouvoir. Il y a des hommes et des femmes exceptionnels qui y travaillent, mais ce n'est pas Sa Majesté la presse», a commenté l'ancien premier ministre du Québec.

Mercredi, M. Harper a annoncé son intention de se passer de la presse parlementaire à Ottawa et de faire désormais ses annonces dans d'autres villes du Canada. Il voulait ainsi protester contre le fait que la grande majorité des journalistes aient quitté une de ses conférences de presse parce qu'ils ne pouvaient poser de questions à leur guise.

M. Harper s'estime mal aimé et mal traité par la presse parlementaire. Et cette presse ne veut pas voir l'entourage de M. Harper dicter les règles des conférences de presse, comme le fait de demander aux journalistes de s'inscrire à l'avance sur une liste s'ils veulent poser des questions, puis de choisir ensuite lesquels, dans la liste, pourront effectivement poser leur(s) question(s), a expliqué le président de la Tribune de la presse d'Ottawa, le journaliste de TVA Yves Malo.

M. Landry, qui ignorait cette volonté de sélectionner les journalistes, s'en est étonné et l'a déplorée.

«Il y en a dont je n'aimais pas les questions, mais je n'ai jamais fait ça. Je ne conseillerais pas ça à personne, parce que là, c'est un acte professionnel des journalistes. Chacun, suivant ses règles professionnelles, pose la question qui lui vient à l'esprit. Je ne savais pas qu'il faisait ça. Ça, à mon avis, ce n'est pas correct. Cette idée ne m'a même jamais traversé l'esprit.»

Dans le documentaire À hauteur d'homme de Jean-Claude Labrecque, on voyait justement M. Landry qui vivait des moments de tension avec certains journalistes qui couvraient sa campagne électorale, qui lui répétaient des questions auxquelles il estimait avoir répondu.

M. Landry s'était lui-même plaint de la façon dont il était traité par la presse parlementaire à cette époque, particulièrement du fait que son message ne passait pas comme il le voulait.

M. Landry dit toutefois comprendre une des actions du premier ministre du Canada, dans l'ensemble de son contentieux avec la Tribune de la presse à Ottawa.

«Un homme politique a le droit de décider par quelle porte les membres de son conseil des ministres vont rentrer ou sortir. Ça, ce n'est pas faire un affront à la presse», a-t-il dit.

L'ancien premier ministre du Québec ne s'émeut toutefois pas du fait que M. Harper songe à tenir ses conférences de presse à l'extérieur d'Ottawa.

«Qu'il fasse ses annonces un peu partout, là, le Canada, c'est un grand pays. Il est le premier ministre de l'ensemble du Canada.»

Quant au reproche de M. Harper voulant que le message qu'il veut livrer ne passe pas et que les journalistes s'attardent à d'autres sujets d'actualité que son message, M. Landry affirme que «c'est une question d'équilibre» qui doit prévaloir. «Quand un gouvernement fait une annonce, les journalistes doivent s'y intéresser, c'est leur devoir. Mais c'est leur devoir de poser des questions sur d'autres sujets aussi.»

L'ancien premier ministre du Québec, qui a eu une longue carrière de ministre avant d'occuper les plus hautes fonctions, se montre compréhensif.

«Il vient d'arriver, là. Qu'il y ait des accrochages au début, ce n'est pas une tragédie en soi. Mais si c'est un accrochage perpétuel, ça ne sera pas beau à voir. J'espère qu'ils vont arriver à l'harmonie.»

M. Landry a été interrogé au sujet du contentieux entre le premier ministre Harper et la tribune de la presse parlementaire à Ottawa après qu'il eut prononcé une allocution au Sommet de l'industrie de la santé, qui a réuni des acteurs de l'industrie de la biotechnologie, hier à Montréal.
 
 
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