mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 17h25


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Kyoto: Québec essaie de rallier les provinces

Robert Dutrisac   25 mai 2006  Canada
Le gouvernement Charest s'active à faire monter la pression en provenance des provinces afin de convaincre Ottawa de ne pas renier sa signature au bas du protocole de Kyoto.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, a indiqué hier que son gouvernement avait déjà contacté l'Ontario, certaines provinces de l'Atlantique et même l'Alberta. La première étape consiste à obtenir du gouvernement fédéral la confirmation qu'il versera les sommes promises au gouvernement québécois pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour le Québec, il s'agit d'une somme de 328 millions, soit l'équivalent par habitant de ce qui a été consenti à l'Ontario par le gouvernement de Paul Martin. «Avec ça, on va leur démontrer [à Ottawa] qu'on va atteindre [les objectifs de] Kyoto. Je pense qu'avec ça, on va créer beaucoup de pression sur Ottawa», a expliqué le ministre Béchard. Les autres provinces exerceront ensuite des pressions sur le gouvernement fédéral pour obtenir la même chose. «Ça ferait en sorte que ce serait très difficile pour eux [Ottawa] de renier Kyoto», estime M. Béchard.

Le ministre québécois a mentionné que sur cette question, le Québec et l'Ontario sont sur la même longueur d'onde, ce qui est loin d'être négligeable. «Même l'Alberta est ouverte à faire certains progrès», a dit M. Béchard.

L'initiative de Layton

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a lancé une initiative qui va exactement dans le même sens. Il tente depuis hier de créer un front commun des provinces contre le gouvernement fédéral et sa nouvelle position dans le dossier des changements climatiques. M. Layton est entré en contact avec Jean Charest et quatre autres premiers ministres provinciaux et territoriaux pour les encourager à faire pression sur Stephen Harper.

Au cabinet de M. Charest, on a indiqué que le premier ministre avait dit à M. Layton qu'il «allait demander au fédéral d'en faire plus».

L'objectif de Jack Layton consiste à convaincre Ottawa de ne pas s'opposer à ce que les 163 pays réunis à Bonn pour la Conférence internationale sur les changements climatiques fixent de nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au-delà de 2012.

Jack Layton doit faire vite. C'est vendredi, en théorie, que sera concocté le communiqué final de la rencontre de Bonn. Le Canada, qui préside la conférence, s'oppose farouchement à l'établissement de telles cibles. Dans un mémo destiné aux fonctionnaires mais diffusé dans les médias ce week-end, le gouvernement a donné instruction à sa délégation à Bonn de «résister aux pressions en ce sens tout au long des négociations». M. Layton espère renverser la vapeur.

«Mes discussions avec les premiers ministres étaient pour leur demander d'entrer en contact avec M. Harper pour lui demander d'intervenir personnellement dans les négociations à Bonn pour s'assurer que la position canadienne soit une position qui va faire avancer les choses par rapport aux changements climatiques», a expliqué M. Layton lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir hier. Selon M. Layton, il est «essentiel» que le communiqué final annonce la négociation de nouvelles cibles de réduction des émissions de GES. «Parce que sans objectifs, cet effort extraordinaire, international, impliquant tant de pays, sera un échec.»

M. Layton a déjà contacté Jean Charest, Lorne Calvert (Saskatchewan), Gary Doer (Manitoba), Pat Binns (Île-du-Prince-Édouard) et Joe Handley (Territoires du Nord-Ouest). M. Layton entend contacter les autres aujourd'hui, y compris l'Albertain Ralph Klein, qui s'est longtemps opposé à la ratification du protocole de Kyoto par le Canada. Aucun d'entre eux n'a pu être joint hier afin de connaître leurs intentions.

M. Layton et ses troupes entendent bien reprendre la bataille à la Chambre des communes la semaine prochaine, lorsque les travaux parlementaires reprendront.

Débat

À l'Assemblée nationale, les parlementaires ont débattu pendant deux heures sur une motion, présentée par l'opposition officielle, qui condamnait «le recul» du gouvernement Harper en ce qui a trait à Kyoto. C'est finalement la motion déposée par les libéraux qui a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Elle se lit comme suit: «Que l'Assemblée nationale du Québec demande au gouvernement fédéral de respecter ses engagements internationaux et l'objectif de réduction des gaz à effet de serre, tel qu'établi par le protocole de Kyoto, en contribuant financièrement à la mise en oeuvre du Plan d'action québécois sur les changements climatiques.»

Le premier ministre Jean Charest n'a pas pris part au débat hier. Mais mardi, M. Charest avait affirmé à l'Assemblée nationale que son gouvernement «n'avait pas l'intention d'attendre la permission» du gouvernement fédéral pour remplir les objectifs du protocole du Kyoto.

S'avouant «déçu» de la position adoptée par le gouvernement Harper, Claude Béchard juge que l'abandon du protocole de Kyoto par Ottawa serait injuste pour les entreprises du Québec qui ont payé «un prix économique pendant une dizaine d'années» pour se préparer à l'entrée en vigueur du protocole. M. Béchard veut rencontrer la ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, avec un «plan bleu» sur la réduction des émissions de GES et lui montrer qu'il est possible de respecter les objectifs de Kyoto avec d'autres provinces et aussi avec les États du nord-est des États-Unis avec lesquels le Québec travaille, a-t-il dit.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Maurice Monette
    Abonné
    jeudi 25 mai 2006 11h44
    C'est bien beau mais, de toutes façons, NOUS aurons à subir PIRE dans les décennies qui viennent...
    « En effet, c'est bien beau de se montrer préoccupés(es) par les G.E.S. mais, ce n'est que le résultat ponctuel de la course à la performance COMPÉTITIVE des NATIONS qui a provoqués ces G.E.S.. Alors que, NOUS ne sommes que des "PANTINS" qui devront subir beaucoup plus GRAVES comme préjudices NATURELS, avec l'APOCALYPSE qu'on ne fait que commencer en ce DÉBUT de NOUVEAU CYCLE de 2000 ans.

    Politiquement, ça paraît bien d'inve$tir pour e$$ayer d'inverser les ABUS qui ont causés tous ces DOMMAGES à notre ENVIRONNEMENT. Mais, RIEN ne pourra ralentir et encore moins inverser les CHANGEMENTS CLIMATIQUES, GÉOGRAPHIQUES, COMPORTEMENTAUX, SOCIAUX, etc., qui seront INDUITS encore plus intensément avec les MODIFICATIONS qu'impliqueront les INNONDATIONS et CATACLYSMES qui adviendront avec les MOUVEMENTS de notre TERRE d'ÉMERAUDE dans sa COURSE ASTRONOMIQUE.

    Ça semble difficile pour plusieurs(es) de conceptualiser l'inexorable CHEMINEMENT que notre PLANÈTE poursuit mais, ce que plusieurs(es) nomment APOCALYPSE, tels qu'on avaient intitulés les ÉCRITS de JEAN, lors de la dernière PÉRIODE de PASSAGE de la TERRE à un NOUVEAU CYCLE, il y a environ 2000 ans, c'est ce que NOUS entamons actuellement. Donc, le protocole de KYOTO, ce n'est qu'une tentative de réparer les DOMMAGES que la société humaine consommatrice a infligés à notre MÈRE la TERRE ou, "un diachylon sur une plaie béante"...

    Mais, ce n'est que très ponctuel et ça ne changera RIEN dans l'APOCALYPSE que NOUS devons TRANSCENDER du mieux que la $ociété Humaine $aine le pourra... »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
1 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009