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Conférence de la Francophonie de Winnipeg - Louise Beaudoin demande à Charest de protester contre l'accueil réservé à Diouf

15 mai 2006  Canada
Paris — L'ex-ministre péquiste Louise Beaudoin juge «honteux» l'accueil que le Canada a réservé à Abdou Diouf, le numéro un de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Selon elle, le premier ministre Charest doit «montrer sa solidarité» avec le secrétaire général de l'OIF et réclamer que Stephen Harper lui présente des excuses en bonne et due forme.

«Le Québec ne peut pas rester en retrait dans cette affaire, a estimé Mme Beaudoin hier en entrevue. Jean Charest doit aller au-delà de ses bonnes relations avec le premier ministre Harper, ou encore s'en servir, pour lui faire comprendre qu'on ne traite pas le secrétaire général de l'OIF comme ça. C'est honteux. Il faut protester. On ne peut pas laisser passer ça.»

La venue au Canada de l'ancien président du Sénégal, qui participait au Manitoba à une conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits, a été marquée par un incident diplomatique. À son arrivé à l'aéroport Pearson de Toronto, mercredi, M. Diouf, malgré son passeport diplomatique et sa stature internationale, a été fouillé. L'entretien qu'il devait avoir à Ottawa avec le premier ministre Harper a par ailleurs été annulé, apparemment à la suite d'un «malentendu».

Louise Beaudoin voit dans «l'addition» de ces deux incidents l'expression d'un certain état d'esprit. «Ça révèle une manière d'être des conservateurs, observe-t-elle. Ce sont des maniaques de la sécurité à la manière de George Bush et ça commence à paraître. À cela s'ajoute le fait que la Francophonie n'est pas du tout une priorité pour eux. Le seul intérêt de Harper, ce sont les États-Unis.»

Une deuxième humiliation

L'ancienne ministre des Relations internationales et de la Francophonie affirme que «jamais le gouvernement du Parti québécois n'aurait laissé passer un tel manque de considération». Celui de Jean Charest doit donc, selon elle, joindre sa voix à celles des autorités sénégalaises et de l'opposition à Ottawa, qui ont réclamé des excuses officielles. Jusqu'ici, le gouvernement fédéral, par la bouche du ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, s'est contenté de juger l'affaire «très regrettable».

«Le pire, c'est qu'Abdou Diouf avait été victime d'un incident semblable aux États-Unis, il y a quelques années, à cause de la politique ultrasécuritaire des Américains, a raconté Mme Beaudoin. Il m'avait dit qu'il s'était senti profondément humilié. Il s'interrogeait même sur l'opportunité de retourner là-bas. Je crois qu'il a dû être très blessé d'avoir été accueilli de la même manière dans un pays membre de la Francophonie.»

Louise Beaudoin se trouve en France dans le cadre de ses activités universitaires. Aujourd'hui, elle part donner une série de conférences au Kurdistan irakien, où l'on s'intéresse à l'expérience internationale du Québec.
 
 
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