31 millions versés en commissions pour des commandites de 200 millions
Pour distribuer depuis 1997 les 200 millions de dollars du programme de commandites, le gouvernement fédéral a versé 31 millions en commissions aux agences de publicité présélectionnées. De ce montant, le Groupe Everest et Groupaction ainsi que ses filiales ont empoché la part du lion, soit quelque 24,6 millions.
Il est d'usage, dans l'industrie de la commandite, de verser une commission de 15 % à un intermédiaire. Mais le hic, c'est que d'habitude, ce n'est pas le gouvernement qui paie pour donner ses fonds mais bien l'organisme bénéficiaire afin d'en obtenir. Par exemple, un hypothétique festival sollicite le gouvernement en faisant appel à un intermédiaire auquel il verse une commission sur la commandite obtenue.
Selon des sources dans le vaste milieu des communications, de la publicité et de la commandite, jointes par Le Devoir, le mécanisme mis en place pour la distribution de fonds publics est «une véritable machine à imprimer de l'argent». «Distribuer de l'argent, c'est la tâche la plus facile», souligne l'une de ces sources proche du dossier du programme fédéral de commandites. «Si tu divises le pourcentage de commission perçue par le nombre d'heures passées sur chaque dossier, tu vas te rendre compte que c'est le taux horaire le plus élevé au Canada», a ajouté cette source.
Au cabinet du ministre des Travaux publics, Don Boudria, on assure que cette inversion dans la philosophie de la commandite ne signifie pas pour autant que ce sont les neuf agences qui ont fait de la sollicitation pour distribuer les fonds afin de faire la promotion de l'unité canadienne. Ce n'était pas là leur mandat, a soutenu l'attaché de presse du ministre Boudria, Marc Roy.
Chez Communication Canada, l'agence fédérale de laquelle relève notamment le programme de commandites, on indique que si cela s'est produit au cours des premières années d'application du programme, c'est maintenant corrigé. Le gouvernement a répondu aux demandes de commandite des organismes responsables d'événements.
Comme le révélait Le Devoir hier, le Groupe Everest a reçu, à titre d'agence de communication, une commission de 12 % totalisant 6,5 millions. La filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, a quant à elle empoché 3 %, soit sept millions, pour coordonner l'ensemble du programme de commandites.
De son côté, Groupaction et ses filiales ont encaissé des commissions d'environ 11 millions sur l'ensemble des contrats de commandite. Ainsi, Everest et la famille Groupaction ont reçu à elles deux quelque 24,6 millions des 31 millions en commissions du gouvernement fédéral.
Le Groupe Everest a vivement réagi à la manchette du Devoir. Dans un communiqué de presse, l'agence de publicité montréalaise conteste l'utilisation de l'expression «double commission» pour expliquer que le même propriétaire a reçu 3 % et 12 % sur les 200 millions du programme. De plus, il n'est pas d'accord avec l'expression «simple tâche» utilisée par Le Devoir pour expliquer le rôle qui consistait entre autres à distribuer les chèques aux organismes bénéficiaires du programme fédéral.
«Nous appliquons les coûts du marché, comme le font toutes les agences pour des services souvent complexes qui n'ont rien à voir avec la simple émission de chèques, a indiqué le président du Groupe Everest, Claude Boulay. Chaque fois que nous avons obtenu un contrat du gouvernement du Canada ou d'autres clients, nous avons livré des produits de qualité à des coûts compétitifs.»
M. Boulay a également souligné que les avocats de son entreprise «étudient le dossier» afin de déterminer «s'il y a matière à poursuite». «Ce n'est pas vrai que nous allons laisser ternir la réputation de notre entreprise, que nous avons bâtie sur l'intégrité et sur la qualité des services que nous rendons à nos clients», a ajouté M. Boulay.
Chose certaine, le rapport de vérification interne de Communication Canada à propos du programme de commandites, datant de 2000, soulignait déjà que l'émission des chèques par l'agence de distribution Média I.D.A. Vision soulevait des questions. Au cours des années financières 1998-99 et 1999-2000, les vérificateurs soulignent que Média I.D.A. Vision a reçu près de 1,4 million en honoraires. Au cours de cette période, la filiale d'Everest «a émis environ 650 chèques pour quelque 260 événements commandités». «À la lumière de ces données, on compte que le gouvernement du Canada a versé environ 2000 $ en honoraires à [Média I.D.A. Vision] pour chaque chèque fait par [Média I.D.A. Vision]», peut-on lire dans le rapport.
Le Groupe Everest et ses filiales ont été créés par Claude Boulay, un proche du Parti libéral du Canada. En 2000, le PLC a d'ailleurs reçu pour 46 000 $ de contributions de la part d'Everest et de ses dirigeants.
Il est d'usage, dans l'industrie de la commandite, de verser une commission de 15 % à un intermédiaire. Mais le hic, c'est que d'habitude, ce n'est pas le gouvernement qui paie pour donner ses fonds mais bien l'organisme bénéficiaire afin d'en obtenir. Par exemple, un hypothétique festival sollicite le gouvernement en faisant appel à un intermédiaire auquel il verse une commission sur la commandite obtenue.
Selon des sources dans le vaste milieu des communications, de la publicité et de la commandite, jointes par Le Devoir, le mécanisme mis en place pour la distribution de fonds publics est «une véritable machine à imprimer de l'argent». «Distribuer de l'argent, c'est la tâche la plus facile», souligne l'une de ces sources proche du dossier du programme fédéral de commandites. «Si tu divises le pourcentage de commission perçue par le nombre d'heures passées sur chaque dossier, tu vas te rendre compte que c'est le taux horaire le plus élevé au Canada», a ajouté cette source.
Au cabinet du ministre des Travaux publics, Don Boudria, on assure que cette inversion dans la philosophie de la commandite ne signifie pas pour autant que ce sont les neuf agences qui ont fait de la sollicitation pour distribuer les fonds afin de faire la promotion de l'unité canadienne. Ce n'était pas là leur mandat, a soutenu l'attaché de presse du ministre Boudria, Marc Roy.
Chez Communication Canada, l'agence fédérale de laquelle relève notamment le programme de commandites, on indique que si cela s'est produit au cours des premières années d'application du programme, c'est maintenant corrigé. Le gouvernement a répondu aux demandes de commandite des organismes responsables d'événements.
Comme le révélait Le Devoir hier, le Groupe Everest a reçu, à titre d'agence de communication, une commission de 12 % totalisant 6,5 millions. La filiale du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, a quant à elle empoché 3 %, soit sept millions, pour coordonner l'ensemble du programme de commandites.
De son côté, Groupaction et ses filiales ont encaissé des commissions d'environ 11 millions sur l'ensemble des contrats de commandite. Ainsi, Everest et la famille Groupaction ont reçu à elles deux quelque 24,6 millions des 31 millions en commissions du gouvernement fédéral.
Le Groupe Everest a vivement réagi à la manchette du Devoir. Dans un communiqué de presse, l'agence de publicité montréalaise conteste l'utilisation de l'expression «double commission» pour expliquer que le même propriétaire a reçu 3 % et 12 % sur les 200 millions du programme. De plus, il n'est pas d'accord avec l'expression «simple tâche» utilisée par Le Devoir pour expliquer le rôle qui consistait entre autres à distribuer les chèques aux organismes bénéficiaires du programme fédéral.
«Nous appliquons les coûts du marché, comme le font toutes les agences pour des services souvent complexes qui n'ont rien à voir avec la simple émission de chèques, a indiqué le président du Groupe Everest, Claude Boulay. Chaque fois que nous avons obtenu un contrat du gouvernement du Canada ou d'autres clients, nous avons livré des produits de qualité à des coûts compétitifs.»
M. Boulay a également souligné que les avocats de son entreprise «étudient le dossier» afin de déterminer «s'il y a matière à poursuite». «Ce n'est pas vrai que nous allons laisser ternir la réputation de notre entreprise, que nous avons bâtie sur l'intégrité et sur la qualité des services que nous rendons à nos clients», a ajouté M. Boulay.
Chose certaine, le rapport de vérification interne de Communication Canada à propos du programme de commandites, datant de 2000, soulignait déjà que l'émission des chèques par l'agence de distribution Média I.D.A. Vision soulevait des questions. Au cours des années financières 1998-99 et 1999-2000, les vérificateurs soulignent que Média I.D.A. Vision a reçu près de 1,4 million en honoraires. Au cours de cette période, la filiale d'Everest «a émis environ 650 chèques pour quelque 260 événements commandités». «À la lumière de ces données, on compte que le gouvernement du Canada a versé environ 2000 $ en honoraires à [Média I.D.A. Vision] pour chaque chèque fait par [Média I.D.A. Vision]», peut-on lire dans le rapport.
Le Groupe Everest et ses filiales ont été créés par Claude Boulay, un proche du Parti libéral du Canada. En 2000, le PLC a d'ailleurs reçu pour 46 000 $ de contributions de la part d'Everest et de ses dirigeants.
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