D'autres barricades autochtones risquent d'être dressées
La mise au rancart de l'accord de Kelowna risque d'engendrer de nouvelles tensions
4 mai 2006
Canada
Photo : Agence Reuters
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a dû répondre aux critiques de l’opposition. Mais dans la société civile aussi, chez les autochtones en particulier, le budget de mardi en a indisposé certains.
Ottawa — Il faudra s'attendre à d'autres barricades, ont prévenu des représentants autochtones, en soutenant que les conservateurs n'accordent pas la priorité aux dossiers qui les préoccupent.
«Plusieurs de nos communautés vont probablement se concentrer sur des stratégies d'affrontement et d'autres moyens directs pour que les conservateurs prennent la responsabilité de leur inaction», a déclaré le chef Stewart Paul.
Le coprésident du Atlantic Policy Congress, qui regroupe des chefs des Premières Nations, est parmi ceux qui ont été consternés de voir ce qui manquait dans le premier budget du nouveau gouvernement fédéral.
Plus précisément, il s'agit des 5,1 milliards de dollars promis par l'accord de Kelowna conclu en novembre dernier par les chefs autochtones, le précédent gouvernement libéral et les premiers ministres des provinces.
Sa disparition suit une opération policière bâclée qui a fait dégénérer un conflit territorial à Caledonia, près de Hamilton, en Ontario. Elle vient aussi après une nouvelle situation d'urgence provoquée par des inondations récurrentes à Kashechewan, une réserve située dans le nord de l'Ontario, qui a fait les manchettes à de nombreuses reprises.
«Pendant des centaines d'années, nous avons été très patients», a dit Stan Louttit, grand chef du Conseil Mushkegowuk, qui représente Kashechewan.
Au cours des dernières années, la petite communauté des Premières Nations, située sur la côte de la baie James, a été évacuée trois fois à cause d'inondations et une autre fois l'été dernier à cause de problèmes causés par l'insalubrité de l'eau potable.
«Je ne sais pas quel est le seuil de tolérance des gens avant qu'ils décident de se faire entendre en faisant des actes qui ressemblent à de la désobéissance civile, a dit hier M. Louttit. Si c'est ce qu'il faut, je suppose que c'est ce qui va arriver.»
Hier, alors qu'il défendait le budget de son gouvernement aux Communes, le ministre des Affaires indiennes, Jim Prentice, a été la cible des attaques des députés de l'opposition.
Durant la présente année fiscale, le budget des conservateurs ne consacrera que 150 millions de dollars à l'amélioration de l'éducation, des conditions de logement, de la qualité de l'eau et pour aider à combler le fossé entre les conditions «socioéconomiques» des autochtones et celles des non-autochtones.
Une somme de 300 millions est promise pour l'année prochaine.
M. Prentice a insisté sur le fait que 600 millions sont aussi prévus pour le logement hors des réserves et dans le nord du pays.
Mais il n'a pas dit qu'il y avait une attrape dans tout cela.
Ce financement destiné à l'habitation est une somme non récurrente «qui doit être versée dans un fonds indépendant, et sa disponibilité est conditionnelle à ce que les surplus de l'année 2005-06 excèdent deux milliards», indique le budget.
En d'autres termes, les conservateurs utiliseraient l'argent de la dernière année fiscale — si plus de deux milliards de dollars sont disponibles lorsque toutes les dépenses sont comptablisées.
Ce type de report du financement est une pratique qui a été vivement critiquée par la vérificatrice générale.
Néanmoins, M. Prentice a affirmé qu'il s'agissait d'une «approche juste et raisonnable».
«Plusieurs de nos communautés vont probablement se concentrer sur des stratégies d'affrontement et d'autres moyens directs pour que les conservateurs prennent la responsabilité de leur inaction», a déclaré le chef Stewart Paul.
Le coprésident du Atlantic Policy Congress, qui regroupe des chefs des Premières Nations, est parmi ceux qui ont été consternés de voir ce qui manquait dans le premier budget du nouveau gouvernement fédéral.
Plus précisément, il s'agit des 5,1 milliards de dollars promis par l'accord de Kelowna conclu en novembre dernier par les chefs autochtones, le précédent gouvernement libéral et les premiers ministres des provinces.
Sa disparition suit une opération policière bâclée qui a fait dégénérer un conflit territorial à Caledonia, près de Hamilton, en Ontario. Elle vient aussi après une nouvelle situation d'urgence provoquée par des inondations récurrentes à Kashechewan, une réserve située dans le nord de l'Ontario, qui a fait les manchettes à de nombreuses reprises.
«Pendant des centaines d'années, nous avons été très patients», a dit Stan Louttit, grand chef du Conseil Mushkegowuk, qui représente Kashechewan.
Au cours des dernières années, la petite communauté des Premières Nations, située sur la côte de la baie James, a été évacuée trois fois à cause d'inondations et une autre fois l'été dernier à cause de problèmes causés par l'insalubrité de l'eau potable.
«Je ne sais pas quel est le seuil de tolérance des gens avant qu'ils décident de se faire entendre en faisant des actes qui ressemblent à de la désobéissance civile, a dit hier M. Louttit. Si c'est ce qu'il faut, je suppose que c'est ce qui va arriver.»
Hier, alors qu'il défendait le budget de son gouvernement aux Communes, le ministre des Affaires indiennes, Jim Prentice, a été la cible des attaques des députés de l'opposition.
Durant la présente année fiscale, le budget des conservateurs ne consacrera que 150 millions de dollars à l'amélioration de l'éducation, des conditions de logement, de la qualité de l'eau et pour aider à combler le fossé entre les conditions «socioéconomiques» des autochtones et celles des non-autochtones.
Une somme de 300 millions est promise pour l'année prochaine.
M. Prentice a insisté sur le fait que 600 millions sont aussi prévus pour le logement hors des réserves et dans le nord du pays.
Mais il n'a pas dit qu'il y avait une attrape dans tout cela.
Ce financement destiné à l'habitation est une somme non récurrente «qui doit être versée dans un fonds indépendant, et sa disponibilité est conditionnelle à ce que les surplus de l'année 2005-06 excèdent deux milliards», indique le budget.
En d'autres termes, les conservateurs utiliseraient l'argent de la dernière année fiscale — si plus de deux milliards de dollars sont disponibles lorsque toutes les dépenses sont comptablisées.
Ce type de report du financement est une pratique qui a été vivement critiquée par la vérificatrice générale.
Néanmoins, M. Prentice a affirmé qu'il s'agissait d'une «approche juste et raisonnable».
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