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Harper invite l'opposition à l'appuyer dans sa lutte contre les criminels

20 avril 2006  Canada
Le premier ministre Stephen Harper et son homologue du Manitoba, Garry Doer, sont allés constater la progression des crues printanières.
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre Stephen Harper et son homologue du Manitoba, Garry Doer, sont allés constater la progression des crues printanières.
Winnipeg — L'opposition n'aurait aucune raison valable de bloquer les réformes pénales des conservateurs, lorsqu'elles seront déposées, mais il serait improbable qu'une telle décision provoque la chute du gouvernement, a déclaré hier le premier ministre Stephen Harper.

Devant environ 1200 personnes qui participaient à un dîner des chambres de commerce du Manitoba, M. Harper a invité les Canadiens à faire valoir leur point de vue à leur député et a demandé à ses opposants de collaborer avec le gouvernement pour protéger les localités.

«Nous connaissons le point de vue des Canadiens et nous sommes avec eux, a dit M. Harper. C'est maintenant à l'opposition de faire connaître ses positions. Pour être franc, après toutes les déclarations contre la criminalité durant la dernière campagne, il n'existe aucune raison valable pour empêcher des réformes qui auraient dû être mises en oeuvre il y a longtemps.»

Pour la deuxième fois en autant de jours, M. Harper a mis l'opposition au défi de coopérer avec son gouvernement.

Mardi, il a affirmé très clairement que l'opposition s'exposerait à des élections en votant contre le projet de loi des conservateurs sur les services de garde, qui sera inclus dans le prochain budget, et fera l'objet d'un vote de confiance.

Hier, M. Harper a précisé que les projets de loi sur la justice pénale ne font habituellement pas l'objet de votes de confiance.

Son gouvernement a l'intention de déposer des projets de loi distincts pour imposer des peines de prison obligatoires pour les crimes graves, violents et répétés. Il projette aussi d'abolir les peines avec sursis ainsi que les peines de détention à domicile, en plus de hausser l'âge du consentement de 14 à 16 ans pour les relations sexuelles entre adultes et adolescents.

Selon M. Harper, ces mesures font écho aux engagements formulés par des partis d'opposition durant la dernière campagne électorale, après qu'ils se furent opposés aux réformes judiciaires des conservateurs au cours des 13 dernières années.

«En ce moment, j'essaie de recourir à leurs propres engagements et d'utiliser les pressions de la population pour les persuader de nous aider à adopter ce qui nous apparaît comme une loi importante», a affirmé M. Harper aux journalistes après son discours.

Il a indiqué qu'inscrire chaque réforme dans un projet de loi distinct forcerait les autres partis à prendre position.

M. Harper a prononcé son discours dans le cadre d'une tournée du pays entreprise afin de présenter les cinq priorités de son gouvernement.

Il est prévu qu'il soit à Montréal et à Ottawa aujourd'hui et à Toronto demain.

Hier, M. Harper s'est aussi joint au premier ministre manitobain Gary Doer pour un survol en hélicoptère du secteur sud de la province, où le débordement de la rivière Rouge a provoqué d'importantes inondations de terres agricoles.

Les réformes pénales des conservateurs ont reçu l'appui des députés néo-démocrates du Manitoba ainsi que d'un organisme opposé à l'exploitation sexuelle des enfants.

Rosalind Prober, présidente de Beyond Borders, a affirmé que seuls les adeptes de pornographie juvénile, les proxénètes, les agresseurs d'enfants et ceux qui participent au tourisme sexuel seraient contre la modification de l'âge du consentement.

«Ce n'est vraiment pas le bon projet de loi avec lequel faire de la petite politique», a dit Mme Prober, une militante de Winnipeg.

À l'extérieur du Centre des congrès de Winnipeg, où M. Harper a prononcé son discours hier, environ 300 manifestants s'étaient réunis pour exprimer leur opposition à divers dossiers, allant du protocole de Kyoto au financement des services de garde en passant par les délais pour que les élèves des pensionnats autochtones reçoivent des dédommagements.
 
 
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