Du travail pour le commissaire à l'éthique - Le NPD demande une enquête sur la défection de Belinda Stronach
11 mars 2006
Canada
Photo : Agence Reuters
Belinda Stronach avec Paul Martin au moment d’annoncer son passage du Parti conservateur au Parti libéral.
Ottawa — La bataille que se livrent les partis fédéraux autour du commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, a pris une drôle de tournure hier, de sorte qu'elle s'étend maintenant à la défection de Belinda Stronach et au suicide du beau-frère d'un député.
Après David Emerson, le Nouveau Parti démocratique a demandé hier au commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, d'enquêter sur une autre transfuge, Belinda Stronach.
Le député Pat Martin a envoyé une lettre à M. Shapiro dans laquelle il lui demande de déterminer si l'accession de Mme Stronach au cabinet Martin, en mai dernier, a constitué un avantage financier pour l'inciter à passer des conservateurs aux libéraux.
Lors d'un point de presse, le député a précisé que cette nouvelle démarche visait à faire taire ceux qui soupçonnent les néo-démocrates de ne s'en prendre qu'à M. Emerson, devenu ministre conservateur du Commerce international le 6 février après avoir brusquement largué les libéraux. Il faut dire que le NPD est arrivé deuxième dans la circonscription du ministre, Vancouver-Kingsway, lors des élections du 23 janvier.
Bernard Shapiro a déjà ouvert une «enquête préliminaire» sur la défection de David Emerson, mais le premier ministre Stephen Harper a tenté de remettre le commissaire à sa place en affirmant que la formation du cabinet ne relevait de personne d'autre que du chef du gouvernement. L'entourage de M. Harper a déjà indiqué que ce dernier «répugnait» à collaborer avec M. Shapiro.
Jeudi, le député Martin se disait prêt à présenter une motion accusant le premier ministre d'outrage au Parlement si Stephen Harper ne collaborait pas avec le commissaire à l'éthique.
Hier, toutefois, le chef néo-démocrate, Jack Layton, se montrait beaucoup moins menaçant. Il a tout juste pressé M. Harper de donner «un signal clair aux Canadiens» qu'il entend collaborer avec Bernard Shapiro. M. Layton a refusé de dire ce que son parti envisageait de faire dans l'éventualité où le chef conservateur maintiendrait sa position.
Rebondissement
Par ailleurs, dans ce qui commence à ressembler à une invraisemblable saga, les libéraux ont réclamé le congédiement du député conservateur Deepak Obhrai à titre de secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.
Jeudi, sur les ondes de CTV, M. Obhrai a blâmé M. Shapiro pour le suicide, en Inde, de son beau-frère, Aman Anand, qui souffre de troubles mentaux. M. Anand avait accusé le député d'avoir reçu 40 000 $ pour faciliter son entrée au Canada, ce qui avait poussé le commissaire à enquêter.
«Nous n'avons d'autre choix que de conclure que M. Obhrai, comme secrétaire parlementaire, a dû faire approuver ses commentaires par le premier ministre, puisque aucun de ses ministres ne peut parler sans sa permission», a déclaré le député libéral Dominic LeBlanc en conférence de presse.
En août 2005, Bernard Shapiro avait dépêché un avocat en Inde pour interroger M. Anand, malgré les avertissements contraires du député.
En novembre, un comité des Communes a décrété que M. Shapiro avait fait outrage au Parlement en parlant en public de l'enquête sur le député Obhrai.
Après David Emerson, le Nouveau Parti démocratique a demandé hier au commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, d'enquêter sur une autre transfuge, Belinda Stronach.
Le député Pat Martin a envoyé une lettre à M. Shapiro dans laquelle il lui demande de déterminer si l'accession de Mme Stronach au cabinet Martin, en mai dernier, a constitué un avantage financier pour l'inciter à passer des conservateurs aux libéraux.
Lors d'un point de presse, le député a précisé que cette nouvelle démarche visait à faire taire ceux qui soupçonnent les néo-démocrates de ne s'en prendre qu'à M. Emerson, devenu ministre conservateur du Commerce international le 6 février après avoir brusquement largué les libéraux. Il faut dire que le NPD est arrivé deuxième dans la circonscription du ministre, Vancouver-Kingsway, lors des élections du 23 janvier.
Bernard Shapiro a déjà ouvert une «enquête préliminaire» sur la défection de David Emerson, mais le premier ministre Stephen Harper a tenté de remettre le commissaire à sa place en affirmant que la formation du cabinet ne relevait de personne d'autre que du chef du gouvernement. L'entourage de M. Harper a déjà indiqué que ce dernier «répugnait» à collaborer avec M. Shapiro.
Jeudi, le député Martin se disait prêt à présenter une motion accusant le premier ministre d'outrage au Parlement si Stephen Harper ne collaborait pas avec le commissaire à l'éthique.
Hier, toutefois, le chef néo-démocrate, Jack Layton, se montrait beaucoup moins menaçant. Il a tout juste pressé M. Harper de donner «un signal clair aux Canadiens» qu'il entend collaborer avec Bernard Shapiro. M. Layton a refusé de dire ce que son parti envisageait de faire dans l'éventualité où le chef conservateur maintiendrait sa position.
Rebondissement
Par ailleurs, dans ce qui commence à ressembler à une invraisemblable saga, les libéraux ont réclamé le congédiement du député conservateur Deepak Obhrai à titre de secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.
Jeudi, sur les ondes de CTV, M. Obhrai a blâmé M. Shapiro pour le suicide, en Inde, de son beau-frère, Aman Anand, qui souffre de troubles mentaux. M. Anand avait accusé le député d'avoir reçu 40 000 $ pour faciliter son entrée au Canada, ce qui avait poussé le commissaire à enquêter.
«Nous n'avons d'autre choix que de conclure que M. Obhrai, comme secrétaire parlementaire, a dû faire approuver ses commentaires par le premier ministre, puisque aucun de ses ministres ne peut parler sans sa permission», a déclaré le député libéral Dominic LeBlanc en conférence de presse.
En août 2005, Bernard Shapiro avait dépêché un avocat en Inde pour interroger M. Anand, malgré les avertissements contraires du député.
En novembre, un comité des Communes a décrété que M. Shapiro avait fait outrage au Parlement en parlant en public de l'enquête sur le député Obhrai.
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