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Déséquilibre fiscal - L'Ontario veut avoir une voix plus forte que les autres provinces

1 mars 2006  Canada
Toronto — La province où vivent 40 % des Canadiens mérite, plus que les autres, d'avoir voix au chapitre dans le débat sur «l'architecture» financière du pays, affirme le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, qui a renouvelé hier son appel à la tenue d'une commission royale d'enquête sur le déséquilibre fiscal.

M. McGuinty a dit avoir évoqué pour la première fois l'idée d'une commission royale au cours d'un dîner des premiers ministres à Ottawa, vendredi dernier. Il a noté que le premier ministre canadien Stephen Harper lui avait rapidement souligné que son idée ne suscitait guère d'enthousiasme chez les autres premiers ministres.

«Je lui ai rappelé que j'avais l'appui de 40 % des Canadiens», a-t-il déclaré hier.

Le premier ministre ontarien a indiqué avoir soulevé la question à nouveau après le dîner, en tête-à-tête avec son homologue fédéral, en disant que la proposition ontarienne méritait d'être étudiée en dépit des objections des autres premiers ministres provinciaux. «Bien que j'aie le plus grand respect pour tous mes collègues, je ne veux pas que le premier ministre Harper perde de vue que notre contribution est importante.»

Prié de dire s'il croyait que l'Ontario est «plus égale» que les autres provinces, M. McGuinty a répondu, en riant, que les Ontariens sont «davantage 40 % que les autres».

Le temps manque

Selon lui, les premiers ministres fédéral, des provinces et des territoires n'ont pas le temps de faire ce qu'il faudrait pour examiner et réorganiser ce qu'il appelle «l'architecture fiscale» du Canada, parce que lorsqu'ils se rencontrent, ils mettent naturellement l'accent sur les problèmes immédiats. M. McGuinty a ajouté qu'il espère rencontrer à nouveau M. Harper pour discuter plus à fond de la nécessité d'une commission royale.

Au cours de la dernière campagne électorale fédérale, M. Harper a promis de s'attaquer au dossier du déséquilibre fiscal entre les divers paliers de gouvernement, et la semaine dernière, il a fait savoir aux premiers ministres que cette question constitue une priorité pour son gouvernement.

L'Ontario déplore depuis des années l'écart, qu'elle chiffre à 23 milliards de dollars par année, entre ce que la province envoie à Ottawa en impôt et taxes, et ce qu'elle reçoit en services fédéraux.
 
 
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