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Harper confirme la fin des ententes avec les provinces - Garderies: Charest et Lord gardent l'espoir de s'entendre avec Ottawa

25 février 2006  Canada
Ottawa — Les premiers ministres Jean Charest et Bernard Lord n'ont pas voulu s'alarmer hier des lettres qu'Ottawa vient de leur faire parvenir pour leur annoncer officiellement la fin des ententes fédérales-provinciales pour les services de garde, en mars 2007.

Lors d'une conférence de presse à Ottawa, où il coprésidait le sommet des provinces sur l'éducation, M. Charest a rappelé qu'il s'était «entendu» avec son homologue fédéral, Stephen Harper, pour «travailler ensemble à une solution acceptable de part et d'autre, solution qui, soit dit en passant, serait évidemment disponible aux autres gouvernements».

Les 800 millions prévus dans l'accord avec le Québec, «c'est beaucoup d'argent», a reconnu Jean Charest. «C'est de l'argent qu'on avait prévu, nous, dans notre cadre budgétaire.»

Son homologue ontarien, le libéral Dalton McGuinty, s'est fait beaucoup plus incisif à l'égard de cette confirmation des intentions du nouveau gouvernement Harper.

«Je suis déçu de recevoir cette lettre», a-t-il admis, en notant que 25 000 familles ontariennes devaient profiter des investissements fédéraux.

«Nous n'avons pas l'intention de laisser tomber cette question.»

Lundi, la ministre fédérale des Ressources humaines et du Développement social, Diane Finley, a écrit à ses homologues provinciaux pour leur dire qu'Ottawa cesserait de leur transférer des fonds pour les garderies à compter de mars 2007.

«Ceci donnera à tous les gouvernements une période de transition d'un an pour leur permettre de s'ajuster à la modification du financement du gouvernement du Canada», a précisé Mme Finley dans la missive envoyée à l'Ontario, que Radio-Canada a obtenue.

«Par conséquent, veuillez considérer cette lettre comme l'avis officiel exprimant l'intention du gouvernement du Canada de mettre fin, le 31 mars 2007, à l'accord» sur les services de garde, a précisé la ministre.

En entrevue à la Presse canadienne, Diane Finley a expliqué jeudi que le gouvernement fédéral allait offrir cette «période de transition» à toutes les provinces, y compris à celles qui n'ont pas conclu d'accord définitif de financement avec Ottawa. Seuls l'Ontario, le Québec et le Manitoba ont signé de telles ententes.

Les propos de la ministre Finley viennent semer la confusion dans le dossier. Il y a deux semaines, pour rassurer Jean Charest, l'entourage de M. Harper avait indiqué qu'Ottawa était prêt à conclure une «entente de transition» sur les garderies. Québec s'attend à recevoir les 800 millions que prévoit l'accord conclu avec le précédent gouvernement libéral, mais la position de Mme Finley apparaît beaucoup plus circonscrite.

Pourparlers

Le ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, a assuré que la lettre d'Ottawa ne nuirait aucunement aux pourparlers en cours, qui visent à trouver une «solution» au problème.

«Ça ne change rien par rapport à notre intention de continuer d'avoir, en quelque sorte, les 800 millions qui sont ici en jeu», a déclaré M. Pelletier.

«Nous, on veut que l'entente soit respectée, a-t-il ajouté. Ça, c'est la priorité globale du Québec.»

Le conservateur Bernard Lord, du Nouveau-Brunswick, s'est montré encore plus conciliant.

«Il y a des clauses d'annulation de 12 mois dans les ententes, a-t-il fait remarquer. [Stephen Harper] respecte ça. Il faut quand même permettre au premier ministre qui est élu de respecter ses engagements envers les Canadiens.»

Mais les libéraux fédéraux, eux, entendent bien faire des garderies l'un de leurs principaux chevaux de bataille, ce printemps.

«On va vivre avec le choix que les Canadiens ont fait, mais j'imagine que ça va causer des maux de tête à des parents et à des gouvernements provinciaux», a affirmé la chef adjointe de l'opposition aux Communes, Lucienne Robillard.

Les libéraux ne sont pas contre l'idée des conservateurs d'envoyer, dès le 1er juillet, 1200 $ aux familles qui ont des enfants. Mais ils réclament le maintien des ententes avec les provinces.

«Mille deux cents dollars par année, je m'excuse, c'est une aide financière, mais ça ne paye pas ta garderie, ton CPE pour l'année, et ça ne te garantit pas d'avoir un CPE à 7 $ par jour», a lancé Mme Robillard.






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