Montréal, le défi du PC
Il est faux de croire que la percée des conservateurs au Québec est un phénomène strictement régional. Sur l'ensemble du territoire, c'est un Québécois sur quatre qui a donné son appui aux troupes de Stephen Harper. Et dans ce contexte, Montréal ne sera pas délaissé même si la métropole ne compte aucun élu conservateur, a assuré hier en entrevue au Devoir le nouveau député de Beauce, Maxime Bernier, pressenti pour devenir l'une des figures de proue du cabinet Harper.
Depuis les élections de lundi, médias et observateurs de la scène politique spéculent sur ce qui s'est produit dans la grande région de Québec et des Bois-Francs, où il y a une concentration de la députation conservatrice. S'agit-il de la résurgence d'un vieux fond conservateur? Est-ce un terreau plus traditionaliste qu'ailleurs? Même le Bloc québécois, à qui la population a tourné le dos, s'explique mal ce «mystère» et l'analysera en comité.
Pour Maxime Bernier, c'est d'abord la volonté de la population de prendre part au pouvoir de façon constructive qui s'est exprimée. La présence accrue du Bloc québécois à Montréal ne modifie en rien cette perspective. Gilles Duceppe n'a-t-il pas affirmé qu'il serait aux côtés de Stephen Harper si ce dernier allait de l'avant dans le dossier du déséquilibre fiscal? rappelle le député beauceron. «Les gens veulent que le Bloc collabore avec le gouvernement. [...] Les gens ont le goût que ce pays-là fonctionne et ils ont voté pour nous dans ce sens. Ils ont aimé la façon dont on a dit que l'on gouvernerait le Canada en respectant le Québec. C'est un vote fédéraliste», a affirmé Maxime Bernier.
Et qu'importe si Montréal a opté pour des députés libéraux et bloquistes. Cela n'entravera en rien l'écoute qu'aura le gouvernement Harper pour la région métropolitaine. «Montréal, c'est notre défi. C'est la même logique pour les trois grands centres urbains. Ni Montréal, ni Toronto, ni Vancouver ne seront mis à part. La logique de la politique veut que la voix des villes soit aussi entendue», a-t-il ajouté.
«En campagne, on m'a dit que j'étais un gars de Montréal qui venait en Beauce. Là, ça va me servir: je peux dire aux Montréalais que je les connais. J'ai été 25 ans à Montréal, notamment dans le milieu des affaires», a ajouté M. Bernier, celui qui s'identifie comme un nationaliste.
Jusqu'au déclenchement des élections, M. Bernier était vice-président de l'Institut économique de Montréal, un think tank de droite. Avocat et diplômé en administration, il a également été vice-président de la compagnie d'assurances Standard Life et directeur des affaires générales et internationales à la Commission des valeurs mobilières du Québec. De 1996 à 1998, M. Bernier a travaillé au cabinet de Bernard Landry, alors ministre des Finances.
Maxime Bernier est le fils de Gilles Bernier, député conservateur dans l'équipe de Brian Mulroney de 1984 à 1993 avant d'être réélu par les Beaucerons comme député indépendant jusqu'en 1997. Le père a épaulé le fils tout au long de la campagne électorale.
Avec une majorité écrasante de 26 000 voix, Maxime Bernier se sent investi d'une grande responsabilité. «La pression est forte pour réussir. Je suis assis sur une pyramide avec trois côtés où je peux glisser», a-t-il lancé un sourire en coin.
Et le délicat dossier du déséquilibre fiscal qui est au coeur des engagements du chef conservateur auprès du Québec l'anime particulièrement. Même chose pour ce qui est d'accorder une place plus grande à la province sur la scène internationale (doctrine Gérin-Lajoie). Mais il s'agit d'un enjeu pancanadien, prévient M. Bernier.
«C'est une question d'intérêt général. Ce n'est pas vrai que l'intérêt des Québécois est toujours différent de celui des autres Canadiens. Même le Bloc dit avoir voté à
80 % avec les libéraux sur les projets de loi. Ça veut dire que 80 % du temps, l'intérêt du Québec était en ligne avec l'intérêt de l'ensemble du Canada», fait-il valoir.
Selon ce dernier, si beaucoup de travail reste à faire, dont préciser l'ampleur du problème, entreprendre des négociations et trouver des solutions viables et satisfaisantes (transferts aux provinces, diminution des points d'impôt et ententes à la carte, par exemple), l'horizon est plus clair que sous le règne libéral. «On l'a dit, on va le faire», a affirmé M. Bernier.
«Avec Meech et Charlottetown, on a essayé de régler tous les problèmes en même temps. Nous, on s'attaque à un seul problème, mais celui qui est majeur. Et il pourrait se résumer comme suit: le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétences exclusives des provinces. Avec les conservateurs, on va revenir à l'essence même de la Constitution canadienne», a soutenu Maxime Bernier.
Après son passage hier à Montréal, M. Bernier se rendra lundi à Ottawa, question de préparer la mise sur pied de son bureau de comté. Et peut-être plus? Le nouveau député se contente de sourire.
Depuis les élections de lundi, médias et observateurs de la scène politique spéculent sur ce qui s'est produit dans la grande région de Québec et des Bois-Francs, où il y a une concentration de la députation conservatrice. S'agit-il de la résurgence d'un vieux fond conservateur? Est-ce un terreau plus traditionaliste qu'ailleurs? Même le Bloc québécois, à qui la population a tourné le dos, s'explique mal ce «mystère» et l'analysera en comité.
Pour Maxime Bernier, c'est d'abord la volonté de la population de prendre part au pouvoir de façon constructive qui s'est exprimée. La présence accrue du Bloc québécois à Montréal ne modifie en rien cette perspective. Gilles Duceppe n'a-t-il pas affirmé qu'il serait aux côtés de Stephen Harper si ce dernier allait de l'avant dans le dossier du déséquilibre fiscal? rappelle le député beauceron. «Les gens veulent que le Bloc collabore avec le gouvernement. [...] Les gens ont le goût que ce pays-là fonctionne et ils ont voté pour nous dans ce sens. Ils ont aimé la façon dont on a dit que l'on gouvernerait le Canada en respectant le Québec. C'est un vote fédéraliste», a affirmé Maxime Bernier.
Et qu'importe si Montréal a opté pour des députés libéraux et bloquistes. Cela n'entravera en rien l'écoute qu'aura le gouvernement Harper pour la région métropolitaine. «Montréal, c'est notre défi. C'est la même logique pour les trois grands centres urbains. Ni Montréal, ni Toronto, ni Vancouver ne seront mis à part. La logique de la politique veut que la voix des villes soit aussi entendue», a-t-il ajouté.
«En campagne, on m'a dit que j'étais un gars de Montréal qui venait en Beauce. Là, ça va me servir: je peux dire aux Montréalais que je les connais. J'ai été 25 ans à Montréal, notamment dans le milieu des affaires», a ajouté M. Bernier, celui qui s'identifie comme un nationaliste.
Jusqu'au déclenchement des élections, M. Bernier était vice-président de l'Institut économique de Montréal, un think tank de droite. Avocat et diplômé en administration, il a également été vice-président de la compagnie d'assurances Standard Life et directeur des affaires générales et internationales à la Commission des valeurs mobilières du Québec. De 1996 à 1998, M. Bernier a travaillé au cabinet de Bernard Landry, alors ministre des Finances.
Maxime Bernier est le fils de Gilles Bernier, député conservateur dans l'équipe de Brian Mulroney de 1984 à 1993 avant d'être réélu par les Beaucerons comme député indépendant jusqu'en 1997. Le père a épaulé le fils tout au long de la campagne électorale.
Avec une majorité écrasante de 26 000 voix, Maxime Bernier se sent investi d'une grande responsabilité. «La pression est forte pour réussir. Je suis assis sur une pyramide avec trois côtés où je peux glisser», a-t-il lancé un sourire en coin.
Et le délicat dossier du déséquilibre fiscal qui est au coeur des engagements du chef conservateur auprès du Québec l'anime particulièrement. Même chose pour ce qui est d'accorder une place plus grande à la province sur la scène internationale (doctrine Gérin-Lajoie). Mais il s'agit d'un enjeu pancanadien, prévient M. Bernier.
«C'est une question d'intérêt général. Ce n'est pas vrai que l'intérêt des Québécois est toujours différent de celui des autres Canadiens. Même le Bloc dit avoir voté à
80 % avec les libéraux sur les projets de loi. Ça veut dire que 80 % du temps, l'intérêt du Québec était en ligne avec l'intérêt de l'ensemble du Canada», fait-il valoir.
Selon ce dernier, si beaucoup de travail reste à faire, dont préciser l'ampleur du problème, entreprendre des négociations et trouver des solutions viables et satisfaisantes (transferts aux provinces, diminution des points d'impôt et ententes à la carte, par exemple), l'horizon est plus clair que sous le règne libéral. «On l'a dit, on va le faire», a affirmé M. Bernier.
«Avec Meech et Charlottetown, on a essayé de régler tous les problèmes en même temps. Nous, on s'attaque à un seul problème, mais celui qui est majeur. Et il pourrait se résumer comme suit: le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétences exclusives des provinces. Avec les conservateurs, on va revenir à l'essence même de la Constitution canadienne», a soutenu Maxime Bernier.
Après son passage hier à Montréal, M. Bernier se rendra lundi à Ottawa, question de préparer la mise sur pied de son bureau de comté. Et peut-être plus? Le nouveau député se contente de sourire.
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