lundi 23 novembre 2009 Dernière mise à jour 20h48


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Commandites: le Groupe Everest a touché une double commission du fédéral

Kathleen Lévesque   14 mai 2002  Canada
L'agence de publicité montréalaise Groupe Everest a empoché sept millions pour la simple tâche d'émettre les chèques destinés aux événements culturels et sportifs bénéficiaires par le controversé programme fédéral de commandites.

En plus de la commission de 12 % reçue sur chaque commandite versée pour différents événements, comme huit autres agences dont Groupaction, le Groupe Everest a encaissé 3 % supplémentaires pour coordonner l'ensemble du programme de 200 millions faisant la promotion de l'unité canadienne. Depuis 1997, le Groupe Everest a donc encaissé une double commission totalisant quelque 13,5 millions.


Comme l'a confirmé au Devoir Communication Canada, c'est une des filiales du Groupe Everest, Média I.D.A. Vision, qui orchestre le programme fédéral. La firme a été choisie en octobre 1997 à la suite d'un appel d'offres public auquel avaient participé huit agences de publicité. Le mandat confié à cette filiale d'Everest correspond à ce qu'on appelle en anglais une «agency of record».


Du haut de cette pyramide, le rôle de Média I.D.A. Vision se concentre sur tous les aspects financiers de l'entente y compris la réception des factures, l'émission des chèques, la vérification et le suivi de la commandite. Selon une source chez un organisme commandité, qui a réclamé l'anonymat, le travail d'intermédiaire de Média I.D.A. Vision est fort limité. «Une fois par année, on vient regarder au-dessus de notre épaule et faire le paiement», affirme la personne jointe par Le Devoir.


Média I.D.A. Vision est dirigée par l'agence Everest fondée il y a 25 ans par Claude Boulay. Les accointances d'Everest avec le gouvernement et les partis politiques fédéraux sont connues depuis longtemps. L'entreprise a pris son envol avec les conservateurs dans la région de Sherbrooke. Puis, en 1990, M. Boulay a été responsable des communications pour la campagne au leadership de Paul Martin. En 1998, les conseillers en communications d'Everest ont piloté le passage de Jean Charest du Parti conservateur à la tête du Parti libéral du Québec. Avec la victoire péquiste, Everest a été remerciée de ses services. L'automne dernier, Everest a été très active dans la campagne du maire de Longueuil, Jacques Olivier. Ce dernier, un ancien ministre libéral, a récemment accordé à Everest un lucratif contrat de relations publiques de 1,3 million qui a soulevé un tollé.


Dans le rapport financier pour l'année 2000 déposé auprès du Directeur général des élections, on apprend que la firme Everest et ses différents actionnaires ou dirigeants ont versé un total de 46 649 $ à la caisse électorale du PLC.


Si le Groupe Everest a largement profité du programme de commandites, le directeur général des relations publiques chez Everest, Michel Guitard, a nié hier que Claude Boulay ait concocté ce programme avec son concurrent Jean Brault de Groupaction. M. Guitard nie également que son patron ait rencontré l'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, pour lui soumettre l'idée de commanditer des événements pour faire la promotion du pays à coups de logos, t-shirts, banderoles et autres drapeaux.


Michel Guitard reconnaît toutefois qu'Everest a été à la fois l'agence gestionnaire de commandites et le coordonnateur de l'ensemble du programme, deux mandats qui lui ont rapporté 13 395 649 $ de revenus en cinq ans.


À titre de gestionnaire de commandites, Everest a reçu annuellement en moyenne 23,4 % de parts de marché des quelque 40 millions de commandites versées par le gouvernement fédéral. Pour chaque contrat octroyé, Everest a empoché une commission de 12 % comme c'est le cas pour Groupaction et ses filiales, Lafleur communications et Gosselin communications. Au total, neuf firmes ont été présélectionnées et se sont vu octroyer sans appel d'offres des contrats de commandites, un mécanisme appelé l'offre à commandes.


Pour chaque contrat, Everest, sans autre effort que d'avoir été choisi comme coordonnateur du programme ou «agency of record», a pris au passage une commission de 3 %. Jusqu'à maintenant, l'entreprise de Claude Boulay a ainsi amassé 6 937 333 $ grâce à ce mandat spécifique.


Parmi les événements qui ont été commandités par le fédéral avec l'intervention d'Everest, on retrouve le congrès de l'Acfas de l'année dernière, Attractions Canada, le Festival de Blues de Carleton, un combat de boxe du Groupe Interbox qui s'est déroulé en septembre 2000 et le calendrier de la Ville de Sherbrooke.


Depuis février 2001, neuf agences de communications font office de gestionnaires de commandites pour le gouvernement fédéral. Outre Everest, Groupaction et ses filiales, il s'agit de Armada, Bristol, Coffin Communications, Compass communications et TNC Multicom. Leur contrat doit se terminer l'année prochaine, mais le ministre des Travaux publics, Don Boudria, a annoncé la semaine dernière son intention de relancer un appel d'offres public pour des contrats de type offre à commandes.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009