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Duceppe brandit la loi 101 pour contrer Harper

20 janvier 2006  Canada
«On ne laissera pas Stephen Harper attaquer la loi 101; jamais on n’acceptera ça», a dit Gilles Duceppe.
Photo : Jacques Nadeau
«On ne laissera pas Stephen Harper attaquer la loi 101; jamais on n’acceptera ça», a dit Gilles Duceppe.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a sorti l'arme ultime contre le chef conservateur, Stephen Harper, au Québec: la loi 101.

Devant plus de 750 étudiants à l'Université de Montréal, hier midi, et lors d'une rencontre avec la presse qui a suivi, M. Duceppe a demandé à M. Harper de clarifier sa position sur les droits linguistiques au Québec.

«Quand vous avez des positions telles que les siennes, il a le devoir de s'expliquer, il a le devoir d'expliquer en quoi il maintient toujours ses positions ou non», a-t-il lancé.

M. Duceppe est allé jusqu'à soupçonner M. Harper de vouloir «attaquer la loi 101».

«M. Harper a des opinions bien tranchées sur le français au Québec», a-t-il d'abord lancé aux étudiants, pour préparer le terrain.

Puis il a rappelé qu'en 1999, à l'époque où M. Harper était président de la National Citizens Coalition, l'organisme «a financé la contestation de la loi 101».

M. Duceppe a également rappelé une allocution prononcée par Stephen Harper en janvier 2002, lors de la course à la direction de l'Alliance canadienne, au cours de laquelle il avait affirmé qu'il croyait important que les dirigeants politiques fédéraux disent qu'ils ne sont pas d'accord avec les restrictions linguistiques en vigueur au Québec.

«On ne laissera pas Stephen Harper attaquer la loi 101; jamais on n'acceptera ça», s'est exclamé M. Duceppe devant les étudiants, provenant principalement des sciences politiques, qui l'ont très chaleureusement applaudi.

Interrogé sur la pertinence de ressortir ce thème aujourd'hui, en pleine campagne électorale, M. Duceppe a répondu que «financer des groupes qui contesteraient la loi 101, on a déjà vu ça» au fédéral, laissant ainsi entendre que M. Harper, s'il était élu le 23 janvier, pourrait financer de telles contestations.

M. Duceppe a admis qu'on peut être fédéraliste et respecter la loi 101, «mais il faut savoir s'il [M. Harper] la respecte, s'il trouve que c'est une bonne chose. Ça nous donne une idée de comment il conçoit le Québec».

Les récents sondages ont montré une percée des conservateurs au Québec, notamment dans certaines circonscriptions francophones, ce qui peut expliquer la sortie de M. Duceppe sur ce thème de la langue, cher aux Québécois francophones.

Son allocution devant les étudiants de l'Université de Montréal, aux côtés de son candidat dans Outremont Jacques Léonard, a été très courue. La salle était remplie. L'enthousiasme des étudiants a d'ailleurs redonné de l'énergie à M. Duceppe, qui avait passé la journée précédente à tenter de corriger l'impression négative laissée par un sondage qui démontrait une baisse de l'appui envers le Bloc.

Le chef bloquiste a visiblement repris du poil de la bête, abordant davantage le thème de la souveraineté, aussi.

«Votez pour le camp du oui, le oui aux intérêts du Québec, le oui à Kyoto, le oui à la solidarité, le oui à l'éducation, le oui à la présence du Québec dans le monde», a-t-il lancé sous les applaudissements de la salle.

Pour Dimitris Soudas, attaché de presse de M. Harper, Gilles Duceppe dit n'importe quoi pour faire peur.

«M. Duceppe parle de compétences provinciales. Il dirait n'importe quoi pour éviter le débat sur de véritables enjeux. Et il oublie de dire que c'est grâce aux conservateurs que le projet de loi S-3 a été adopté aux Communes avant les élections», a-t-il dit, faisant référence à un récent projet de loi du Sénat qui permet aux communautés francophones et anglophones de poursuivre le gouvernement fédéral si la Loi sur les langues officielles n'est pas respectée.

M. Soudas ne nie cependant pas la position de M. Harper en 1999, mais il souligne que les gens évoluent.

«Tout le monde a un passé. Est-ce que M. Duceppe oublie qu'il a déjà été communiste?», a-t-il lancé.






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