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École d'été de l'Institut du Nouveau Monde - Résolution de conflits et défis à relever

Collectif d'auteurs (participants de l'École d'été de l'INM)  26 août 2010  Blogue politique
En reproduisant le contexte du sommet de Copenhague, où la communauté internationale n’a pu s’entendre sur l’imposition d’objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre, l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde a constaté que le processus de négociation est lui-même déficient.<br />
Photo : Agence Reuters Christian Charisius
En reproduisant le contexte du sommet de Copenhague, où la communauté internationale n’a pu s’entendre sur l’imposition d’objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre, l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde a constaté que le processus de négociation est lui-même déficient.
Échec à Copenhague. Écueils dans la reconstruction d'Haïti. Litiges autour du Plan Nord du gouvernement du Québec. Impasse dans le débat sur la laïcité. Pertes d'emplois dans des secteurs clés de notre économie. Nos dirigeants peinent à résoudre les conflits et à relever les défis de notre époque. À l'École d'été de l'Institut du Nouveau Monde, du 12 au 15 août derniers, nous étions 400 jeunes de 15 à 35 ans réunis pour discuter du «nouveau monde» dans lequel nous voulons vivre et proposer des approches susceptibles de donner de meilleurs résultats. Nous les soumettons à votre attention.

Dans le cadre de l'École d'été, la majorité des inscrits ont participé à des échanges construits sous la forme d'un jeu de rôle autour d'une problématique non résolue (changements climatiques, crise humanitaire, diversité culturelle, relations autochtones et négociations syndicales). Cet exercice a exigé une grande ouverture d'esprit.

En incarnant des dirigeants d'entreprise, des ministres, des leaders syndicaux, des chefs autochtones ou des représentants de la société civile, nous avons été mis devant la difficulté de faire triompher le bien commun sur les intérêts particuliers. Nous avons pris conscience de la réalité des rapports de force au sein d'une société. Cependant, en ouvrant les dialogues, il a été possible de surmonter nos divergences d'opinions pour arriver à des propositions.

Changements climatiques

Lors du sommet de Copenhague en décembre dernier, la communauté internationale n'a pu s'entendre sur l'imposition d'objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre, de sorte que la conférence a été considérée comme un échec. En reproduisant le contexte du sommet de Copenhague, nous avons constaté, à l'École d'été, que le processus de négociation est lui-même déficient. Nous proposons de le réformer radicalement.

D'abord, il importe de donner un poids plus important aux recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ainsi, les préoccupations écologiques, appuyées sur un consensus scientifique, seraient au coeur des négociations. Il faudrait également informer, sensibiliser et mobiliser adéquatement les populations sur les enjeux climatiques, exiger que la préparation à de grands sommets donne lieu à des exercices de participation citoyenne dans tous les pays et créer des ponts entre la société civile et les acteurs économiques, scientifiques et politiques.

Plus largement, il est temps de réfléchir à un modèle économique qui ne soit pas centré uniquement sur la croissance et qui tienne compte de l'empreinte écologique de nos choix. Nous avons besoin d'une vision forte, mobilisatrice et rassembleuse de l'avenir de la planète qui intègre la notion de responsabilité commune du patrimoine mondial, au-delà des intérêts nationaux.

Crise humanitaire

Il faut faire confiance aux peuples et les responsabiliser. Ces principes valent aussi dans une situation de crise humanitaire comme celle vécue en Haïti et que nous avons reproduite dans le cadre d'une négociation fictive pour la reconstruction d'une île inventée frappée par un séisme important.

Nos échanges nous ont conduits à la conclusion suivante: devant une crise humanitaire majeure, les objectifs de l'aide humanitaire devraient être pensés par et pour le peuple concerné, et ce, dans une perspective de développement durable et de respect de l'autonomie, notamment alimentaire, du pays.

Diversité culturelle

Nous avons essayé de nous entendre sur les principes d'une charte du «vivre-ensemble». Nous avons dégagé quelques principes. Toutes les religions, croyances et incroyances doivent être traitées par les pouvoirs publics sur un pied d'égalité, croyons-nous. Il importe de favoriser le dialogue interculturel en créant des lieux d'échanges où les Québécois de naissance, les Québécois issus de l'immigration et des Premières Nations puissent apprendre à mieux se connaître.

À cet égard, l'école est un de ces lieux de dialogue qui privilégie l'ouverture. Le cours d'éthique et de culture religieuse, que nous ne remettons pas en question, devrait donc faire place à toutes les religions, les croyances et incroyances afin d'éduquer et de sensibiliser les élèves à la diversité de façon équitable. Nous acceptons que les signes religieux soient portés par des citoyens fréquentant les institutions publiques et par quiconque dans l'espace public, à condition que la sécurité des autres citoyens ne soit pas menacée. Lorsque l'identification de citoyens ayant le visage couvert est nécessaire, nous pensons que ceux-ci doivent se découvrir devant une personne autorisée.

«Vision Nord»


Le gouvernement du Québec va rendre public prochainement le contenu d'un Plan Nord, un plan sur le développement des régions nordiques du territoire québécois. À l'École d'été, nous avons simulé une négociation sur le projet fictif «Vision Nord».

Reconnaissant la légitimité des revendications territoriales et de l'autonomie gouvernementale des nations autochtones, nous croyons qu'une table de négociation globale sur les questions du territoire et de la gouvernance doit être mise sur pied. Nous croyons également nécessaire la tenue d'un sommet sur l'énergie dans lequel il serait question de l'avenir du Nord-du-Québec, avant l'ouverture d'autres chantiers hydroélectriques, de même que la mise sur pied d'une table de concertation publique chargée de favoriser le développement de sources d'énergie alternatives.

Nous proposons également la création d'un fonds commun, alimenté par une redevance annuelle de 3 % des revenus d'exploitation des ressources naturelles, dont le fruit serait divisé entre les communautés locales autochtones et non autochtones à des fins de développement; la primauté accordée à l'emploi local et régional au seuil minimal de 30 %, dont la moitié pour les autochtones, en investissant dans la formation si nécessaire; l'octroi d'un tarif préférentiel sur l'énergie produite aux communautés locales afin de stimuler l'économie régionale.

Négociations syndicales


Enfin, nous avons simulé une négociation syndicale afin d'éviter la fermeture d'une usine. Nous avons réussi à conclure une entente avec l'employeur dans laquelle, misant sur la solidarité entre les travailleurs, nous avons accepté une révision des conditions de travail de l'ensemble des travailleurs afin de conserver tous les emplois.

L'entrepreneuriat social


Plusieurs projets innovants d'entrepreneuriat social ont aussi été développés à l'École d'été dans le cadre du programme «À go, on change le monde!». La création d'une vitrine Web où les artistes pourraient créer un profil contenant une description de leur projet et demander du financement public pour faire rayonner les produits culturels au Québec a été proposée, comme la création de tribunes offertes aux minorités culturelles, notamment une organisation qui donnerait une voix aux jeunes de la rue pour qu'ils expriment leur créativité et leurs revendications. Ou encore la mise en place de réseaux favorisant le rapprochement du milieu universitaire et du monde des affaires et le développement de réseaux de femmes d'affaires et d'étudiantes.

Enfin, avec le parcours Médias engagés, nous avons pu laisser des traces des expériences de l'École d'été, qu'elles soient visuelles, radiophoniques ou écrites. Le parcours médiatique nous a permis de prendre conscience de toute l'importance du rôle des médias pour rendre accessible une information de qualité. Car le défi d'une démocratie est de faire triompher le bien commun, non pas de s'accaparer le pouvoir. Pour éviter cela, mieux vaut être informé. Bien informé.

Pour poursuivre les échanges.

***


Ont signé ce texte, les participants de l'École d'été de l'INM: Frédérick Brousseau-Gauthier, Kristina Caradant-Siberg, Noémie Cheval, Catherine Couture, Robin Dumont, Lila Dussault, Véronique Girard, Catherine Grégoire, Lisette Grégoire, Lidia Guennaoui, Gabrielle Jacobs, Mélodie Jourdain-Michel, Jean Lapointe, Eli Larin, Sebastian Longhi Heredia, Parker Mah, Vincent Mai, Antoine Malouin, Lauréline Manassero, Hugue Mbedi Ebongue, Peter Muya Tshikala, Nhat-tan Nguyen, Anne Paquette-Tremblay, Catherine Picard, Elizabeth Poirier-Defoy, Isabelle Poulin, Laura René-Iavarone, Stéphanie Turcot et Manishaniss Vollant-Pilot.
 
 
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  • Fr. Delplanque
    Inscrit
    jeudi 26 août 2010 00h58
    Quelle importance ?
    Quelle importance ? Qui sont ces gens ?

  • Michel Paillé
    Abonné
    jeudi 26 août 2010 07h25
    Écrans de fumée
    Vous ajoutez votre voix à celle de plusieurs autres afin « de favoriser le dialogue interculturel en créant des lieux d'échanges ». Fort bien. La Commission Bouchard-Taylor a noté que notre politique d’interculturalisme n’existait pas. Elle recommandait d’au moins la définir. Mais depuis, rien. Nous ne voyons même pas venir l’ombre de la queue d’un commencement de politique qui, concrètement, neutraliserait au moins la politique fédérale du multiculturalisme tant décriée. J’ai la conviction profonde que les mots « interculturel » et « interculturalisme » ne sont que des écrans de fumée pour camoufler notre inaction et nos tergiversations.
    MP, Québec
    Site internet : http://michelpaille.com

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 26 août 2010 08h31
    Prendre le temps d'y penser
    Bravo. Ce n'est pourtant pas sorcier. Vous dites: nous étions réunis pour discuter du «nouveau monde» dans lequel nous voulons vivre et proposer des approches susceptibles de donner de meilleurs résultats (que ceux de nos dirigeants actuels). Y a-t-il l'équivalent de cette rencontre à l'échelle des pays, du monde? Aussi cette conception de la démocratie: le défi d'une démocratie est de faire triompher le bien commun, non pas de s'accaparer le pouvoir.
    Allez! Les plus vieux sont aussi capables d'y arriver. Suffit de reprendre son souffle un moment, de cesser de courir en tous sens comme des poules pas de tête et de se donner la peine d'y penser.

  • Michele
    Inscrit
    jeudi 26 août 2010 10h12
    Au delà de l'utopie
    La mission que s'est donnée l'Institut du nouveau monde est certes louable et importante. L'institut du nouveau monde vise à encourager la participation citoyenne afin de renouveler les idées du Québec. Dans une perspective de justice sociale et d'inclusion, les 400 participants agés entre 15 et 35 ans, lors de leur formation sont invités à délibérer sur différents sujets en recourant au jeu de rôle et au dialogue. Le défi pour les participants, si ma compréhension est bonne, étant de faire triompher le bien commun.

    Or, ce type de formation se fait déjà à l'école secondaire par l'entremise d'activités calquées sur le modèle des Nations-Unies. Je pense que si l'Institut veut vraiment former les jeunes à une participation citoyenne véritable, il faudrait qu'elle dépasse le modèle artificiel des Nations Unies. Cela pourrait se faire en apportant des correctifs, voici quelques suggestions.

    En premier lieu, pourquoi ne pas aller au-delà des jeux de rôles? En invitant, par exemple, les leaders des groupes autochtones dans le cadre d'une vraie discussion sur les enjeux du grand nord, les participants réaliseraient vite que le triomphe du bien commun n'est pas toujours aussi facilement atteignable. En second lieu, je pense qu'elle devrait ìnclure dans ses visées tous les groupes d'âges. En excluant les représentants des groupes plus agés. cela non seulement facilite le dialogue mais conduit à des propositions plutôt biaisées. En troisième lieu, puisque ces formations mènent, selon toute vraisemblance, à la formulation de propositions utopiques pourquoi les publier?

  • marie-reine roy
    Inscrit
    jeudi 26 août 2010 10h26
    Quelle belle relève !
    Merci à l'Institut du nouveau monde !

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 26 août 2010 10h53
    Plus complexe...
    Très belle initiative qui peut aider à sensibiliser les jeunes aux problèmes entourant les conflits inter-groupes mais, malheureusement, un peu trop simpliste dans le sens où les différends sont généralement beaucoup plus difficiles à régler qu'on pourrait le penser. Évidemment, dans la vraie vie, il y a les intérêts particuliers de chaque groupe et les intérêts personnels des négociateurs.

    Dans le cadre de différends inter-culturels, comme dans le cas des différends entre la société dominante et les peuples autochtones, il y a, par exemple, le fossé culturel. Ce qui manque souvent dans le cadre d'un exercice de gestion de différends c'est l'apprentissage des différences culturelles entre les parties. De plus, il y a l'asymmétrie entre les parties. Dans le cas des autochtones c'est assez évident: ils ne font pas le poids face à la société dominante et ses multiples paliers de gouvernements et, en désespoir de cause, ils sont quelques fois tentés de recourir à des moyens très offensifs pour la société dominante. Dans un tel contexte, il est à peu près impossible de régler un différend mais on peut espérer le gérer pour éviter l'escalade.

    En résumé, c'est une belle initiative qui gagnerait à être améliorée et à se voir ajouter une part de réalisme!

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 26 août 2010 12h13
    Éteignoirs
    N'y a-t-il personne de plus de 35 ans capable de faire une distinction entre l'esprit et le détail d'une démarche? Bien sûr, on peut toujours chipoter sur la manière et les ajustements, s'enfarger dans les fleurs du tapis tant qu'à y être, mais l'esprit de cette démarche n'est pas nul et bien des dirigeants pourraient s'en inspirer.

  • Dominique Châteauvert
    Abonnée
    jeudi 26 août 2010 12h53
    Bravo!
    Ce que vous faites apporte beaucoup d'espoir pour l'humanité.
    D'accord avec France Marcotte - jeudi 26 août 2010 08h31
    et Michele - jeudi 26 août 2010 10h12

  • Tran-Ho Mai Anh
    Abonnée
    jeudi 26 août 2010 15h09
    Quelques précisions
    En réponse au commentaire de Michèle, « Au delà de l'utopie » :
    L'École d'été, et plus précisément le parcous Citoyens engagés, n'est pas un simple jeu de rôles. Les participants assistent à des conférences, à des tables rondes et à des ateliers donnés par des experts de différents domaines. Toutes ces activités alimentent la réflexion et apportent des connaissances solides et bien ancrées dans la réalité lors des jeux de rôles. De plus, lors des jeux de rôles, la position que prend un participant peut être contraire ses idées personnelles. Ceci est nécessaire et pertinent, car en s'appropriant une autre position, il est possible d'ouvrir son esprit et le dialogue.
    L'École d'été n'exclut pas à proprement parler les groupes plus âgés. Il est possible de s'inscrire en tant qu'observateur si on est de plus de 35 ans. En tant qu'observateur, vous pouvez assister à toutes les activités et si vous sentez réellement que ce qui est dit par les jeunes est complètement déconnecté de la réalité, rien ni personne ne vous interdit d'exprimer votre opinion. Toutefois, l'École d'été est bel et bien un événement pour la jeunesse, pour prendre le pouls de cette jeunesse engagée, qui veut s'engager et qui, oui, est peut-être idéaliste, mais c'est son aussi son idéalisme qui fait sa force. « L'utopie d'aujourd'hui est la vérité de demain » disait Victor Hugo. Enfin, l'Institut du Nouveau Monde organise d'autres événements où les plus âgés sont conviés aux discussions. Participez !

  • Florence
    Abonné
    jeudi 26 août 2010 15h12
    la vision de demain
    Bravo à l'Institut du Nouveau Mnde et à Michel Venne.
    J'ai une petite fille de 11 ans. L'interculturel, elle le vit tous les jours à l'école et elle est en train de développer une vision de tolérance et quelques fois critique face au nouveau monde dans lequel nous vivons. Faisons confiance aux jeunes et à leur idéalisme, car l'utopie est le réalité de demain.

    Louise martin
    abonnée

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