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Libre opinion - Un problème de femme en politique

Michel Magnant - Montréal  4 août 2010  Blogue politique
Aujourd'hui, le fait d'être une femme n'est plus un obstacle à une carrière politique. De fait, les femmes députées et ministres sont devenues chose très courante. Néanmoins, un problème particulier expliquerait que certaines femmes qui ont vraiment tout pour être élues à des postes majeurs de chefs politiques ne le sont régulièrement pas. Ce problème se dégage même des nombreuses contingences du débat politique normal.

Dans l'émission On prend toujours un train pour la vie diffusée le 1er août sur les ondes de la SRC, Louise Harel, défaite aux élections municipales de Montréal, exprimait ce problème sans vraiment s'en rendre compte. Elle énonçait en effet tous les bouleversements personnels qu'elle avait vécus au cours de sa course à la mairie. Un témoignage intéressant et très humain, constituant néanmoins une belle erreur politique.

Reculons en peu. Quelle différence y a-t-il par exemple entre Hillary Clinton et Ségolène Royal d'une part et Angela Merkel et Margaret Thatcher d'autre part? Pour être bref, l'erreur est de s'accrocher ou pas aux qualités purement personnelles des candidates au détriment de leurs orientations politiques. C'est un faux pas de taille.

Hillary Clinton fut présentée lors de sa candidature en 2007 comme étant l'une des femmes les plus brillantes de l'histoire des États-Unis (elle fut en effet une avocate surdouée) et sa campagne contre Obama et McCain porta justement sur elle-même: j'ai l'expérience, je suis capable de diriger, ne cessait-elle de répéter. Mais plus elle insistait, plus elle d'enfonçait dans les sondages.

Ségolène Royal, quant à elle, osa se présenter à la présidence française comme étant nulle autre que la nouvelle Marianne, le symbole allégorique de la République française!

Louise Harel n'a pas visé aussi haut, mais dès le départ sa candidature a été engloutie dans des considérations personnelles tant dans la presse francophone, qui la jugeait risquée, que dans l'anglophone, qui la jugeait ridicule. Le maire Gérald Tremblay aussi a passé son temps à parler d'elle et non de ses politiques.

Si on considère par ailleurs les succès remarquables des Thatcher et Merkel, on voit immédiatement que jamais elles ne se sont vanté de qualités personnelles ou n'ont donné de détails sur leur vie privée. Thatcher fut élue essentiellement pour ses idées, qu'elle pouvait d'ailleurs défendre de façon incontournable, et Merkel s'imposa comme un facteur d'équilibre et de coalition unique dans la politique allemande, très compliquée après la chute du Mur. Pourtant, ces deux femmes sont aussi d'une grande intelligence, ont une formation scientifique poussée, mais jamais elles n'en ont jamais fait mention. Si on écoute Merkel par exemple, on voit bien qu'elle ne pense qu'aux problèmes et aux gens. Jamais à elle.

Autrement dit, le fait d'être une femme n'est plus un obstacle pour faire de la politique, Louise Harel a elle-même été ministre à plusieurs reprises, mais détourner l'attention de la politique courante pour se concentrer sur des attributs et expériences personnels ne passe tout simplement pas la rampe quand on veut devenir chef.

Les citoyens s'attendent en effet à ce qu'un chef s'intéresse d'abord à eux et à leurs problèmes avant de s'intéresser à eux-mêmes et à leur propre cheminement.



 
 
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  • Michel Bédard
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 02h31
    Oui monsieur.
    "Le fait d'être une femme n'est plus un obstacle pour faire de la politique," écrivez-vous. D'accord à 100%. Pl n'y a plus d'obstacles, même au plan financier. Peu après la campagne électorale municipale de Montréal en 2009, Mme Harel nous a fait voir la grande flexibilité de la loi sur le financement électoral... Vision Montréal ayant été hors la loi (emprunt illégal de plus de 100,000$ par Mme Harel, plus de 10 fois le montant permis), j'aimerais bien savoir si VM a (quand même) obtenu de la Ville (autorisation préalable du DGEQ) le remboursement à hauteur de 50% de ses dépenses électorales. Si tel a été le cas, c'est odieux. Michel Bédard, Fierté Montréal.

  • Jean-Philippe Bergeron
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 03h33
    Hmm
    Hmm, quel texte alambiqué vous nous livrez ici M. Magnant !

    "Si on écoute Merkel par exemple, on voit bien qu'elle ne pense qu'aux problèmes et aux gens, Jamais à elle. " Et voici Hillary Clinton, en avocate "surdouée", Ségolène Royal en "Marianne", et "Louise Harel n'a pas visé aussi haut", puis "Thatcher fut élue essentiellement pour ses idées". Essentiellement oui et non - les siennes et celles de F. Hayek, celles de l'École de Chicago, un petit tour au Chili d'Augusto (général surdoué ?) Pinochet. Sous couvert d'élaborer un discous citoyen, M. Magnant en appelle seulement à un marketing plus heureux !

    Votre petit texte, ça suinte le publicitaire ou le penseur marketing niais : vous remplacez l'image par l'image d'une idée, et vous croyez avoir une idée originale. Dans le propos qui est le vôtre et tient droit le chemin à suivre de vos "idées", la différenciation homme/femme est parfaitement inopérante, la politique aussi. Juste une affaire de fermeté idéalisée, à la fin.

    Vous prenez de ces trains-là, je dirais ? Vous cheminez, vous passez la rampe ?

    Vous en avez une préférée entre vos quatre de choix ? La joli Margaret !

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 4 août 2010 05h43
    Voici une observation d'un extrême intérèt.
    Comme pour les homosexuels, dont on ne parle plus en politique, en somme ce n'est plus un handicap, il faut que le fait d'être un homme ou une femme ne fasse plus débat. Mais il faut que les femmes et les candidates, dabord, en soient convaincues. Et que les débats portent sur les enjeux.
    Mais, dans le cas de Louise Harel, qui ne pouvait pas s'exprimer en anglais, cet élément aurait eu le même impact négatif, sinon un impact encore plus important, si le candidat avait été un homme.

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 07h38
    Louise Harel
    a été battue par le vote ethnique et anglophone.
    Chez les francos, elle a gagné, faisant 53%

  • Helene Bouchard
    Abonnée
    mercredi 4 août 2010 08h37
    Les femmes en politique
    S'il n'y a plus d'obstacle à faire de la politique activement pour une femme, j'aurais bien aimé que l'on parler du profil type de la femme en politique. Qui peut se permettre d'aller en politique si cette personne n'a pas de fortune personnelle importante ( gagnée par elle ou par son conjoint et/ou sa famille) et qu'elle n'a pas un poste au sein du gouvernement lui permettant de prendre des congés sans solde ( pour que son poste soit toujours là en cas d'échec). Les femmes ne sont pas toutes associées chez Heinan Blakie, mariée à un ancien président américain millionnaire, ou prof à Harvard ( ou autre université) après avoir vécu 30 ans aux USA.
    Dans la vraie vie, sur le plancher des vaches, quelle genre de femme peut se permettre de faire de la politique si elle doit travailler pour gagner sa vie?

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mercredi 4 août 2010 09h24
    Autre différence
    Merkel et Thatcher représentaient des partis de droite; Royal, Harel ou Clinton, ou encore Marois, sont plus à gauche. On dirait qu'une femme de gauche, ça fait trop révolutionnaire. Les idées d'une femme de droite, quant à elle, aident un peu à tempérer le fait qu'elle soit une femme.

  • Polux
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 11h13
    ...à droite et populiste
    Pour poursuivre le propos de M. Auclair, si elle ont de surcroit le discours populiste qui plait à cette minorité de droite agissante, elles ont le vent dans les voiles. Sarah Palin en est un bel exemple. Elle peut dire les pires bêtises, rien ne l'arrête.

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonné
    mercredi 4 août 2010 11h18
    Erreur politique?
    J'ai un peu de difficulté à suivre le raisonnement de ce monsieur.
    Même dans une entrevue à caractère personnelle qui risque d'humaniser la personne faisant de la politique ( Émission, "On prend toujours un train" ), il ne faut pas parler de son parcours et de ses effets ...
    Je pense qu'à d'autres moments Louise Harel a défendu clairement ses positions politiques.
    Ce soir-là, elle parlait de son voyage de vie. Est-ce caca lorsqu'on est en politique ?
    Faut-il se fabriquer une image publicitaire et ne pas y déroger pour être un bon politicien?

  • real@realo.ca
    Abonné
    mercredi 4 août 2010 14h46
    dans le champ
    Vous êtes dans le champ monsieur! Allez voir du coté du «story telling» , concept très a la mode, et ce n'est pas seulement les femmes qui l'utilise!!! Obama l'a utilisé a plein! Le livre sur son père, écrit avant les élections en est un bon exemple. Puis, il y a Françoise David.... Vraiment là, vous avez 20 ans de retard sur la réalité!

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