Guergis et Jaffer répliquent aux allégations
Par courriel ou par personne interposée, les deux politiciens dans la tourmente affirment que les accusations portées contre eux sont disproportionnées
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Hier, l’ex-ministre Helena Guergis a entre autres nié au Devoir avoir mis sa voiture ministérielle à la disposition de son conjoint de manière inappropriée.
Ottawa — Helena Guergis et Rahim Jaffer, le couple conservateur aujourd'hui déchu, commencent à répliquer à leurs détracteurs. Directement par courriel ou par l'entremise d'un partenaire d'affaires et ami, les deux politiciens ont expliqué en quoi les accusations portées contre eux seraient disproportionnées.
Au cours d'une longue entrevue téléphonique accordée au Devoir hier matin, le partenaire d'affaires de Rahim Jaffer, Patrick Glémaud, a expliqué que ce qui était reproché au couple, c'est que M. Jaffer se serait servi d'un téléphone et d'un local gouvernemental pour exploiter leur entreprise privée de lobbying.
«Vous allez voir dans les prochains jours que le ton va changer. On sera davantage sur l'offensive parce que ça devient ridicule», a averti M. Glémaud.
Oui, à la suite de sa défaite électorale en octobre 2008, Rahim Jaffer a occupé une partie des locaux parlementaires de la ministre Guergis, logés dans l'édifice Confédération, mais seulement à des fins d'entreposage. «Il n'a pas eu l'occasion de faire des affaires de là. Peut-être qu'il a été appelé pour un emploi ou quelque chose du genre, mais pas pour faire de la business», assure M. Glémaud. De toute manière, Rahim Jaffer n'est devenu directeur de son entreprise Green Power Generation (GPG) que le 1er avril 2009, dit-il.
Dans un courriel envoyé au Devoir, Mme Guergis confirme cette version des faits, expliquant que son mari n'avait eu que trois semaines pour vider son bureau. «Il avait l'équivalent de 12 années de papiers gouvernementaux et voulait les déchiqueter et il a utilisé mon bureau pour faire cela et seulement cela, écrit Mme Guergis. C'était entièrement en lien avec le gouvernement et il voulait prendre le temps de trier certains éléments qu'il voulait conserver, comme des cartes personnelles et des lettres.»
Patrick Glémaud explique par ailleurs les raisons des contacts entre son entreprise et l'homme d'affaires louche Nazim Gillani, en septembre dernier. M. Gillani avait un client développant une technologie de transformation de déchets en énergie propre. «La première chose qu'il a voulue de GPG, c'est d'établir si ces gens avaient une technologie crédible. Mon travail consistait à faire une étude de faisabilité. [...] Ce sont des services qui ne demandent pas d'accès politique.»
Les choses en sont restées là parce que M. Gillani a perdu son client. GPG n'a pas été payé, dit M. Glémaud, et l'étude n'a pas été complétée. Au moment de leurs rencontres, Nazim Gillani n'avait pas été arrêté et accusé pour fraude dans une autre affaire.
Le Toronto Star a révélé qu'à la suite d'une rencontre avec M. Jaffer, Gillani s'est vanté que les portes du bureau du premier ministre canadien lui étaient désormais ouvertes. «Je suis sûr à 100 % que M. Jaffer n'a pas pu dire quelque chose comme cela, surtout à quelqu'un qu'il ne connaît pas, assure M. Glémaud. Il ne dirait pas cela parce que cela n'a aucun sens. Quand vous faites des affaires, la dernière place où vous allez chercher des informations sur les subventions, c'est au bureau du premier ministre.»
Affaire de voiture
Helena Guergis a de plus nié avoir mis sa voiture ministérielle à la disposition de son conjoint de manière inappropriée, comme un de ses anciens chauffeurs l'a confié au Globe and Mail.
«Mes chauffeurs ont seulement eu à conduire Rahim lorsqu'il était avec moi ou qu'il me rejoignait. Ils ont fait ce qu'un chauffeur normal serait appelé à faire pour un ministre», écrit-elle dans son courriel.
Par ailleurs, les partis d'opposition se perdaient hier en conjectures sur les raisons ayant mené la commissaire aux conflits d'intérêt et à l'éthique de ne pas ouvrir d'enquête sur l'ex-ministre, comme l'a rapporté hier Le Devoir. Seule la Gendarmerie royale du Canada (GRC) reste saisie de l'affaire. Patrick Glémaud assure que la GRC n'a pas contacté son entreprise.
Au cours d'une longue entrevue téléphonique accordée au Devoir hier matin, le partenaire d'affaires de Rahim Jaffer, Patrick Glémaud, a expliqué que ce qui était reproché au couple, c'est que M. Jaffer se serait servi d'un téléphone et d'un local gouvernemental pour exploiter leur entreprise privée de lobbying.
«Vous allez voir dans les prochains jours que le ton va changer. On sera davantage sur l'offensive parce que ça devient ridicule», a averti M. Glémaud.
Oui, à la suite de sa défaite électorale en octobre 2008, Rahim Jaffer a occupé une partie des locaux parlementaires de la ministre Guergis, logés dans l'édifice Confédération, mais seulement à des fins d'entreposage. «Il n'a pas eu l'occasion de faire des affaires de là. Peut-être qu'il a été appelé pour un emploi ou quelque chose du genre, mais pas pour faire de la business», assure M. Glémaud. De toute manière, Rahim Jaffer n'est devenu directeur de son entreprise Green Power Generation (GPG) que le 1er avril 2009, dit-il.
Dans un courriel envoyé au Devoir, Mme Guergis confirme cette version des faits, expliquant que son mari n'avait eu que trois semaines pour vider son bureau. «Il avait l'équivalent de 12 années de papiers gouvernementaux et voulait les déchiqueter et il a utilisé mon bureau pour faire cela et seulement cela, écrit Mme Guergis. C'était entièrement en lien avec le gouvernement et il voulait prendre le temps de trier certains éléments qu'il voulait conserver, comme des cartes personnelles et des lettres.»
Patrick Glémaud explique par ailleurs les raisons des contacts entre son entreprise et l'homme d'affaires louche Nazim Gillani, en septembre dernier. M. Gillani avait un client développant une technologie de transformation de déchets en énergie propre. «La première chose qu'il a voulue de GPG, c'est d'établir si ces gens avaient une technologie crédible. Mon travail consistait à faire une étude de faisabilité. [...] Ce sont des services qui ne demandent pas d'accès politique.»
Les choses en sont restées là parce que M. Gillani a perdu son client. GPG n'a pas été payé, dit M. Glémaud, et l'étude n'a pas été complétée. Au moment de leurs rencontres, Nazim Gillani n'avait pas été arrêté et accusé pour fraude dans une autre affaire.
Le Toronto Star a révélé qu'à la suite d'une rencontre avec M. Jaffer, Gillani s'est vanté que les portes du bureau du premier ministre canadien lui étaient désormais ouvertes. «Je suis sûr à 100 % que M. Jaffer n'a pas pu dire quelque chose comme cela, surtout à quelqu'un qu'il ne connaît pas, assure M. Glémaud. Il ne dirait pas cela parce que cela n'a aucun sens. Quand vous faites des affaires, la dernière place où vous allez chercher des informations sur les subventions, c'est au bureau du premier ministre.»
Affaire de voiture
Helena Guergis a de plus nié avoir mis sa voiture ministérielle à la disposition de son conjoint de manière inappropriée, comme un de ses anciens chauffeurs l'a confié au Globe and Mail.
«Mes chauffeurs ont seulement eu à conduire Rahim lorsqu'il était avec moi ou qu'il me rejoignait. Ils ont fait ce qu'un chauffeur normal serait appelé à faire pour un ministre», écrit-elle dans son courriel.
Par ailleurs, les partis d'opposition se perdaient hier en conjectures sur les raisons ayant mené la commissaire aux conflits d'intérêt et à l'éthique de ne pas ouvrir d'enquête sur l'ex-ministre, comme l'a rapporté hier Le Devoir. Seule la Gendarmerie royale du Canada (GRC) reste saisie de l'affaire. Patrick Glémaud assure que la GRC n'a pas contacté son entreprise.
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