La course tourne au vinaigre à l'ADQ
Jean-François Plante conteste le rejet de sa candidature
Photo : Jacques Grenier
Le président d’élection de l’ADQ, Pierre-Éloi Talbot, a fait savoir hier qu’il avait vérifié trois fois plutôt qu’une les pièces soumises par l’animateur de radio controversé Jean-François Plante avant de rejeter sa candidature. Le can
La course à la succession de Mario Dumont s'est transformée en une lutte intestine où tous les coups semblent permis. Après que le comité électoral de l'Action démocratique du Québec l'eut écarté, hier, Jean-François (Jeff) Plante a accusé des «apparatchiks» associés au clan d'Éric Caire d'avoir tripoté son bulletin de candidature.
Dans un entretien accordé au Devoir, Jean-François Plante a soutenu dur comme fer qu'il avait rempli toutes les conditions exigées pour devenir candidat en présentant quelque 1200 signatures, dont un minimum de 60 pour chacune des 12 régions identifiées par le parti, contrairement aux conclusions livrées hier par le président du comité électoral, Pierre-Éloi Talbot.
Le candidat éconduit a affirmé qu'il avait été victime de «méthodes douteuses» de la part de quelques apparatchiks. «On regarde du côté de l'équipe de M. Caire», a-t-il dit. «C'est épouvantable ce qu'ils sont en train de faire. Ils sont en train de tuer ce parti-là.»
Or le comité électoral de l'ADQ a indiqué, hier, qu'il avait vérifié trois fois plutôt qu'une les pièces soumises par Jean-François Plante. La dernière de ces vérifications a été complétée dans la nuit de lundi à mardi, après quoi un courriel a été envoyé à M. Plante l'avisant que sa candidature avait été rejetée.
Selon le comité électoral, Jean-François Plante n'a pas réussi à amasser les 1000 signatures requises à la grandeur du Québec et les 60 signatures requises par région administrative, comme le veut le règlement de l'ADQ. Ses efforts ont été vains dans cinq des 12 régions administratives déterminées par le parti.
«Comprenez-moi bien, ce ne sont pas des histoires de falsification de signatures [comme ont] colporté certains. On n'a pas vu de cas de falsification de signatures», a indiqué le président d'élection de l'ADQ, Pierre-Éloi Talbot.
L'avocat spécialisé en litiges et résolution de conflits a réitéré son invitation à Jean-François Plante pour qu'il consulte les différentes pièces jointes à son bulletin de mise en candidature et qu'il donne «des informations supplémentaires» au comité électoral.
«Mais je ne crois pas que notre décision pourrait changer, étant donné que c'est un critère assez simple: les signatures sont suffisantes ou insuffisantes», a affirmé Me Talbot.
Les règlements de l'ADQ ne prévoient aucune procédure d'appel. «Mais il peut y avoir une révision judiciaire», a-t-il fait remarquer.
Les candidatures de Gilles Taillon, d'Éric Caire et de Christian Lévesque ont été acceptées. «Elles sont toutes conformes», a confirmé le président d'élection.
L'avocat de M. Plante, Me Michel Lachance, a fait parvenir, hier, une mise en demeure au parti en exigeant que la candidature de son client soit accueillie. Cette mise en demeure n'invoquait cependant aucune manipulation du bulletin de candidature. Selon les règlements du parti, le président d'élection devait confirmer la liste des candidats dont les mises en candidature ont été «reçues et acceptées» au plus tard lundi à 17h, ce qui n'a pas été le cas, allègue Me Lachance. «Ça a été fait», a soutenu de son côté Pierre-Éloi Talbot.
Me Talbot s'est défendu d'avoir accepté que Jean-François Plante croise le fer, dimanche dernier, avec les trois candidats à la succession de Mario Dumont lors du Congrès des jeunes de l'ADQ. «Vous comprenez que ça aurait été un préjudice énorme s'il avait fallu qu'on accepte sa candidature de lui interdire de participer au premier débat», a affirmé M. Talbot, se disant conscient du «flou» que la situation a pu créer chez les militants de l'ADQ.
Selon Jean-François Plante, l'annonce de sa candidature en juin fut suivie par «une accumulation d'irrégularités» commises à son détriment. Il accuse le parti d'avoir tardé à lui fournir les listes électorales et les formulaires pour recruter de nouveaux membres. De plus, M. Plante s'est plaint de ne pas avoir reçu à l'avance les questions préparées pour le débat de dimanche dernier, comme ce fut le cas pour les autres candidats.
«C'est sûr qu'ils ont bien vu qu'on était tranquillement en train de prendre une erre d'aller et ils voulaient arrêter ça», a-t-il insinué, soutenant qu'il avait attiré quelque 650 nouveaux membres, soit plus que tout autre candidat.
Jean-François Plante se présente comme le plus à droite des candidats à la succession de Mario Dumont. «On vénère la liberté», la «pursuit of happiness» comme disent les Américains, deux «concepts sévèrement menacés au Québec», a-t-il fait valoir devant ses partisans. Réduction des taxes et impôts, relâchement de l'emprise de l'État qui, depuis 40 ans, «a détruit toute initiative au Québec», font partie de son programme. Cet animateur de radio Web, qui n'a pas la langue dans sa poche, s'oppose à la discrimination positive en faveur des femmes ou des minorités ainsi qu'au cours Éthique et société dans les écoles secondaires. Il se dit solidaire des camionneurs, qui forment la «communauté d'idées la plus libertarienne au Québec» et défend la cause des pères divorcés. En 2007, Mario Dumont avait montré la porte à M. Plante, qui se présentait comme candidat dans Deux-Montagnes, en raison des propos qu'il avait tenus à la radio, notamment sur la récupération féministe de la tuerie de Polytechnique.
Cédric Lavoie, le porte-parole d'Éric Caire, a rejeté les accusations de M. Plante envers les membres de son équipe. «On fait pleinement confiance au président du comité», a-t-il dit. Du côté de Gilles Taillon, on a indiqué que M. Plante aurait fait un excellent candidat, mais que les règles doivent être respectées. Quant à Christian Lévesque, qui a recueilli pour M. Plante un certain nombre de signatures, il souhaite que le parti et M. Plante soient «transparents» relativement à cette affaire.
Pour la chef intérimaire de l'ADQ, Sylvie Roy, M. Plante est mal placé pour se poser en victime. «Il a fait son pain et son beurre en disant qu'au Québec, on avait trop de victimes et que le pouvoir des victimes était trop grand. Il devrait se servir sa propre médecine», estime-t-elle.
Le prochain débat des candidats aura sans doute lieu en marge d'une réunion de la commission des aînés de l'ADQ à Trois-Rivières. Le président d'élection de l'ADQ n'a pas voulu s'avancer sur la présence de Jean-François Plante, advenant le cas où il intenterait un recours judiciaire contre le parti.
Dans un entretien accordé au Devoir, Jean-François Plante a soutenu dur comme fer qu'il avait rempli toutes les conditions exigées pour devenir candidat en présentant quelque 1200 signatures, dont un minimum de 60 pour chacune des 12 régions identifiées par le parti, contrairement aux conclusions livrées hier par le président du comité électoral, Pierre-Éloi Talbot.
Le candidat éconduit a affirmé qu'il avait été victime de «méthodes douteuses» de la part de quelques apparatchiks. «On regarde du côté de l'équipe de M. Caire», a-t-il dit. «C'est épouvantable ce qu'ils sont en train de faire. Ils sont en train de tuer ce parti-là.»
Or le comité électoral de l'ADQ a indiqué, hier, qu'il avait vérifié trois fois plutôt qu'une les pièces soumises par Jean-François Plante. La dernière de ces vérifications a été complétée dans la nuit de lundi à mardi, après quoi un courriel a été envoyé à M. Plante l'avisant que sa candidature avait été rejetée.
Selon le comité électoral, Jean-François Plante n'a pas réussi à amasser les 1000 signatures requises à la grandeur du Québec et les 60 signatures requises par région administrative, comme le veut le règlement de l'ADQ. Ses efforts ont été vains dans cinq des 12 régions administratives déterminées par le parti.
«Comprenez-moi bien, ce ne sont pas des histoires de falsification de signatures [comme ont] colporté certains. On n'a pas vu de cas de falsification de signatures», a indiqué le président d'élection de l'ADQ, Pierre-Éloi Talbot.
L'avocat spécialisé en litiges et résolution de conflits a réitéré son invitation à Jean-François Plante pour qu'il consulte les différentes pièces jointes à son bulletin de mise en candidature et qu'il donne «des informations supplémentaires» au comité électoral.
«Mais je ne crois pas que notre décision pourrait changer, étant donné que c'est un critère assez simple: les signatures sont suffisantes ou insuffisantes», a affirmé Me Talbot.
Les règlements de l'ADQ ne prévoient aucune procédure d'appel. «Mais il peut y avoir une révision judiciaire», a-t-il fait remarquer.
Les candidatures de Gilles Taillon, d'Éric Caire et de Christian Lévesque ont été acceptées. «Elles sont toutes conformes», a confirmé le président d'élection.
L'avocat de M. Plante, Me Michel Lachance, a fait parvenir, hier, une mise en demeure au parti en exigeant que la candidature de son client soit accueillie. Cette mise en demeure n'invoquait cependant aucune manipulation du bulletin de candidature. Selon les règlements du parti, le président d'élection devait confirmer la liste des candidats dont les mises en candidature ont été «reçues et acceptées» au plus tard lundi à 17h, ce qui n'a pas été le cas, allègue Me Lachance. «Ça a été fait», a soutenu de son côté Pierre-Éloi Talbot.
Me Talbot s'est défendu d'avoir accepté que Jean-François Plante croise le fer, dimanche dernier, avec les trois candidats à la succession de Mario Dumont lors du Congrès des jeunes de l'ADQ. «Vous comprenez que ça aurait été un préjudice énorme s'il avait fallu qu'on accepte sa candidature de lui interdire de participer au premier débat», a affirmé M. Talbot, se disant conscient du «flou» que la situation a pu créer chez les militants de l'ADQ.
Selon Jean-François Plante, l'annonce de sa candidature en juin fut suivie par «une accumulation d'irrégularités» commises à son détriment. Il accuse le parti d'avoir tardé à lui fournir les listes électorales et les formulaires pour recruter de nouveaux membres. De plus, M. Plante s'est plaint de ne pas avoir reçu à l'avance les questions préparées pour le débat de dimanche dernier, comme ce fut le cas pour les autres candidats.
«C'est sûr qu'ils ont bien vu qu'on était tranquillement en train de prendre une erre d'aller et ils voulaient arrêter ça», a-t-il insinué, soutenant qu'il avait attiré quelque 650 nouveaux membres, soit plus que tout autre candidat.
Jean-François Plante se présente comme le plus à droite des candidats à la succession de Mario Dumont. «On vénère la liberté», la «pursuit of happiness» comme disent les Américains, deux «concepts sévèrement menacés au Québec», a-t-il fait valoir devant ses partisans. Réduction des taxes et impôts, relâchement de l'emprise de l'État qui, depuis 40 ans, «a détruit toute initiative au Québec», font partie de son programme. Cet animateur de radio Web, qui n'a pas la langue dans sa poche, s'oppose à la discrimination positive en faveur des femmes ou des minorités ainsi qu'au cours Éthique et société dans les écoles secondaires. Il se dit solidaire des camionneurs, qui forment la «communauté d'idées la plus libertarienne au Québec» et défend la cause des pères divorcés. En 2007, Mario Dumont avait montré la porte à M. Plante, qui se présentait comme candidat dans Deux-Montagnes, en raison des propos qu'il avait tenus à la radio, notamment sur la récupération féministe de la tuerie de Polytechnique.
Cédric Lavoie, le porte-parole d'Éric Caire, a rejeté les accusations de M. Plante envers les membres de son équipe. «On fait pleinement confiance au président du comité», a-t-il dit. Du côté de Gilles Taillon, on a indiqué que M. Plante aurait fait un excellent candidat, mais que les règles doivent être respectées. Quant à Christian Lévesque, qui a recueilli pour M. Plante un certain nombre de signatures, il souhaite que le parti et M. Plante soient «transparents» relativement à cette affaire.
Pour la chef intérimaire de l'ADQ, Sylvie Roy, M. Plante est mal placé pour se poser en victime. «Il a fait son pain et son beurre en disant qu'au Québec, on avait trop de victimes et que le pouvoir des victimes était trop grand. Il devrait se servir sa propre médecine», estime-t-elle.
Le prochain débat des candidats aura sans doute lieu en marge d'une réunion de la commission des aînés de l'ADQ à Trois-Rivières. Le président d'élection de l'ADQ n'a pas voulu s'avancer sur la présence de Jean-François Plante, advenant le cas où il intenterait un recours judiciaire contre le parti.
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