Québec veut s'avancer sur la scène internationale
9 août 2005
Politique
Québec — Le gouvernement Charest s'apprête à réclamer d'Ottawa une place accrue pour le Québec sur la scène internationale.
Les négociations s'annoncent difficiles, car le Québec estime que le gouvernement de Paul Martin multiplie les obstacles pour l'empêcher de jouer le rôle qu'il estime lui revenir de plein droit dans ses relations avec les autres pays.
Québec réclamera une place qu'aucun gouvernement précédent n'a occupée dans ses relations avec l'étranger.
«Nous allons avoir tout un débat avec Ottawa», a déclaré le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, lors d'une entrevue récente à la Presse canadienne.
Dès le mois prochain, Ottawa apprendra officiellement que Québec revendique une plus grande marge de manoeuvre à l'étranger, fondée sur «une doctrine Gérin-Lajoie très modernisée», explique le ministre, qui dit vouloir obtenir «des gains réels» pour le Québec, inscrits en toutes lettres dans une entente.
La doctrine Gérin-Lajoie constitue depuis des décennies la base de la stratégie internationale du gouvernement du Québec. Elle consiste à dire que ce qui relève de la compétence exclusive du Québec chez nous relève aussi de la compétence exclusive québécoise à l'étranger.
M. Pelletier est en train de concocter un document qu'il compte présenter à ses homologues fédéraux, Lucienne Robillard (Affaires intergouvernementales) et Pierre Pettigrew (Affaires étrangères) en septembre. Une demande de rencontre a déjà été formulée, mais n'a pas encore eu de suites.
Le document en question dressera la liste des revendications du Québec pour ce qui est de la place qu'il veut prendre à travers le monde, comme le fait d'occuper un siège et de parler de sa propre voix dans les grandes institutions internationales, telle l'UNESCO, ou de signer des ententes bilatérales avec des pays étrangers.
Selon M. Pelletier, la prétention du gouvernement Charest à ce chapitre respecte en tous points la lettre et l'esprit du cadre fédératif.
«Nous voulons négocier une entente qui ne soit pas constamment remise en question», dit encore le ministre, perplexe devant l'attitude de «durcissement» du gouvernement Martin dans ce dossier.
Pourtant, fait-il remarquer, le premier ministre Martin s'était engagé à faire preuve d'ouverture à ce chapitre durant la dernière campagne électorale.
Il reproche au gouvernement fédéral de partir de la «fausse prémisse» selon laquelle «le Québec agirait comme s'il était un État souverain» le jour où Ottawa lâcherait du lest dans ce dossier.
À titre d'exemple récent de «durcissement», M. Pelletier raconte que les Affaires étrangères avaient tenté d'empêcher le premier ministre Jean Charest de rencontrer le premier ministre par intérim d'Haïti, Gérard Latortue, lors de son récent voyage à Port-au-Prince, en juin, sous prétexte qu'il s'agissait du dirigeant d'un pays et non d'une province.
Après négociation, la rencontre a finalement eu lieu, mais c'est le genre d'incidents que le gouvernement veut éviter à l'avenir.
Les négociations s'annoncent difficiles, car le Québec estime que le gouvernement de Paul Martin multiplie les obstacles pour l'empêcher de jouer le rôle qu'il estime lui revenir de plein droit dans ses relations avec les autres pays.
Québec réclamera une place qu'aucun gouvernement précédent n'a occupée dans ses relations avec l'étranger.
«Nous allons avoir tout un débat avec Ottawa», a déclaré le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, lors d'une entrevue récente à la Presse canadienne.
Dès le mois prochain, Ottawa apprendra officiellement que Québec revendique une plus grande marge de manoeuvre à l'étranger, fondée sur «une doctrine Gérin-Lajoie très modernisée», explique le ministre, qui dit vouloir obtenir «des gains réels» pour le Québec, inscrits en toutes lettres dans une entente.
La doctrine Gérin-Lajoie constitue depuis des décennies la base de la stratégie internationale du gouvernement du Québec. Elle consiste à dire que ce qui relève de la compétence exclusive du Québec chez nous relève aussi de la compétence exclusive québécoise à l'étranger.
M. Pelletier est en train de concocter un document qu'il compte présenter à ses homologues fédéraux, Lucienne Robillard (Affaires intergouvernementales) et Pierre Pettigrew (Affaires étrangères) en septembre. Une demande de rencontre a déjà été formulée, mais n'a pas encore eu de suites.
Le document en question dressera la liste des revendications du Québec pour ce qui est de la place qu'il veut prendre à travers le monde, comme le fait d'occuper un siège et de parler de sa propre voix dans les grandes institutions internationales, telle l'UNESCO, ou de signer des ententes bilatérales avec des pays étrangers.
Selon M. Pelletier, la prétention du gouvernement Charest à ce chapitre respecte en tous points la lettre et l'esprit du cadre fédératif.
«Nous voulons négocier une entente qui ne soit pas constamment remise en question», dit encore le ministre, perplexe devant l'attitude de «durcissement» du gouvernement Martin dans ce dossier.
Pourtant, fait-il remarquer, le premier ministre Martin s'était engagé à faire preuve d'ouverture à ce chapitre durant la dernière campagne électorale.
Il reproche au gouvernement fédéral de partir de la «fausse prémisse» selon laquelle «le Québec agirait comme s'il était un État souverain» le jour où Ottawa lâcherait du lest dans ce dossier.
À titre d'exemple récent de «durcissement», M. Pelletier raconte que les Affaires étrangères avaient tenté d'empêcher le premier ministre Jean Charest de rencontrer le premier ministre par intérim d'Haïti, Gérard Latortue, lors de son récent voyage à Port-au-Prince, en juin, sous prétexte qu'il s'agissait du dirigeant d'un pays et non d'une province.
Après négociation, la rencontre a finalement eu lieu, mais c'est le genre d'incidents que le gouvernement veut éviter à l'avenir.
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