Conférence de Londres - Israéliens et Palestiniens placés devant leurs obligations
Photo : Agence Reuters
Mahmoud Abbas et Tony Blair, hier, à Londres. La politique de réforme des Palestiniens doit être soutenue par des pourparlers de paix avec Israël, a déclaré le président palestinien.
Londres — Israéliens et Palestiniens ont été mis devant leurs obligations liées à la feuille de route pour la paix hier, dans le cadre de la conférence internationale sur le Proche-Orient tenue à Londres, afin qu'un État palestinien puisse prendre place aux côtés d'Israël. Les participants ont apporté un clair soutien aux efforts de réforme de l'Autorité palestinienne et ont pressé Israël de respecter ses engagements.
Une vingtaine de ministres des Affaires étrangères, dont la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, ainsi que le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, participaient à cette rencontre d'une journée, organisée à l'initiative du premier ministre britannique, Tony Blair. Israël n'y participait pas.
Soulignant les progrès significatifs de l'Autorité palestinienne et estimant que le programme de réformes présenté par son président Mahmoud Abbas est «une étape majeure dans l'application des engagements palestiniens dans le cadre de la feuille de route», les participants de la réunion de Londres ont pressé Israël d'«agir pour respecter ses propres engagements», selon le projet de communiqué final.
La feuille de route est un plan de paix international prévoyant la création en 2005 d'un État palestinien indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, resté lettre morte depuis son lancement en juin 2003.
Le projet de communiqué final vise également la politique du gouvernement Sharon en précisant que «le renouveau de l'économie palestinienne dépendra d'un démantèlement significatif du système de blocus et de restrictions imposé par Israël à la circulation des biens et des personnes» dans les territoires palestiniens.
Il faut «tenter de créer de meilleures conditions de vie pour les Palestiniens sur le terrain» en supprimant notamment les barrages routiers non nécessaires pour la sécurité, a affirmé de son côté Javier Solana, qui participait à Londres à une réunion du Quartet (États-Unis, UE, Russie, ONU) sur le Proche-Orient organisée en marge de la réunion.
Un soutien sera accordé aux Palestiniens pour que leurs forces de sécurité s'opposent aux attaques contre Israël, pour qu'ils organisent des élections législatives et maintiennent l'ordre après le retrait israélien de la bande de Gaza. En échange, les Palestiniens s'engagent à poursuivre la réforme de leurs organes de sécurité, à respecter l'échéance de juillet pour la tenue d'élections et à combattre la corruption.
L'objectif de la conférence était d'amener les Palestiniens, sous la conduite de leur nouveau président Mahmoud Abbas, à mettre en oeuvre des mesures propres à favoriser le processus de paix avec Israël et à créer un climat de confiance.
Israël est resté à l'écart de la conférence pour éviter des pressions internationales visant à lui faire reprendre sans tarder des négociations sur un règlement de paix définitif.
«Les participants [...] ont convenu que la mise en oeuvre des engagements pris par l'Autorité palestinienne constituerait un grand pas dans l'application des engagements découlant de la deuille de route», dit le communiqué. «Parallèlement, les participants recommandent et escomptent une initiative d'Israël en rapport avec ses engagements liés à la feuille de route», souligne-t-il.
La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a annoncé qu'elle allait envoyer dans la région son représentant pour les réformes de la sécurité palestinienne, le général William Ward. Un responsable palestinien s'est réjoui que Ward assume le rôle de coordonnateur des contacts avec les Israéliens sur la sécurité. «Nous avons besoin de lui pour qu'il soit témoin des initiatives des deux parties», a déclaré Medjdi al Khaldi, conseiller du ministre palestinien des Affaires étrangères Nasser al Kidoua.
Mahmoud Abbas a pour sa part déclaré que la politique de réforme des Palestiniens devait être épaulée par des pourparlers de paix avec Israël, les initiatives sur la sécurité risquant d'échouer si elles n'allaient pas de pair avec un «itinéraire politique sérieux».
«Cette conférence prend en compte notre besoin de créer une atmosphère favorable à l'ouverture de voies politiques pour mettre fin aux violences et aux représailles», a-t-il dit.
Abbas a réclamé de nouveaux efforts pour l'application de la feuille de route, dévoilée il y a près de deux ans mais bloquée par les violences et à certains égards supplantée par le projet israélien unilatéral de retrait de Gaza pour cette année.
Action immédiate
Les Palestiniens souhaitent voir exercer des pressions sur Israël pour veiller à ce que tout retrait de Gaza s'inscrive dans le cadre de la feuille de route, pour qu'il ne constitue pas une initiative ponctuelle visant à perpétuer le contrôle d'Israël sur les colonies implantées en Cisjordanie.
Israël se dit lié à la feuille de route, aux termes de laquelle il est censé geler la construction de colonies et supprimer des avant-postes illégaux, mais il affirme que les pourparlers ne doivent pas reprendre avant qu'Abbas ait mis au pas les groupes radicaux et que le retrait de Gaza soit achevé.
Pour les Palestiniens, l'un des points clés de la feuille de route consiste à démanteler les groupes extrémistes et à empêcher les attaques contre Israël, comme l'attentat suicide qui a fait cinq morts vendredi soir à Tel-Aviv en faisant voler en éclats un cessez-le-feu convenu par les deux parties.
Le Quartet international sur le Proche-Orient, qui parraine la feuille de route et tenait lui aussi réunion à Londres hier, a exigé des dirigeants palestiniens des mesures immédiates contre les responsables de l'attentat de Tel-Aviv.
Dans un communiqué, les membres du Quartet réclament aussi des mesures «nouvelles et soutenues» de la part des Palestiniens pour prévenir le terrorisme.
Pour Condoleezza Rice, «la progression des réformes est une tâche urgente qui ne peut être différée. On n'arrivera à rien si des groupes terroristes comme le Djihad islamique palestinien continuent d'attaquer les Israéliens et de refuser au peuple palestinien la vie meilleure qu'ils méritent.»
Israël, a-t-elle ajouté, «ne doit prendre aucune mesure qui compromette un règlement final et doit contribuer à garantir qu'un nouvel État palestinien soit véritablement viable. Un État composé de territoires éparpillés ne fonctionnera pas.»
Une vingtaine de ministres des Affaires étrangères, dont la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, ainsi que le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, participaient à cette rencontre d'une journée, organisée à l'initiative du premier ministre britannique, Tony Blair. Israël n'y participait pas.
Soulignant les progrès significatifs de l'Autorité palestinienne et estimant que le programme de réformes présenté par son président Mahmoud Abbas est «une étape majeure dans l'application des engagements palestiniens dans le cadre de la feuille de route», les participants de la réunion de Londres ont pressé Israël d'«agir pour respecter ses propres engagements», selon le projet de communiqué final.
La feuille de route est un plan de paix international prévoyant la création en 2005 d'un État palestinien indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, resté lettre morte depuis son lancement en juin 2003.
Le projet de communiqué final vise également la politique du gouvernement Sharon en précisant que «le renouveau de l'économie palestinienne dépendra d'un démantèlement significatif du système de blocus et de restrictions imposé par Israël à la circulation des biens et des personnes» dans les territoires palestiniens.
Il faut «tenter de créer de meilleures conditions de vie pour les Palestiniens sur le terrain» en supprimant notamment les barrages routiers non nécessaires pour la sécurité, a affirmé de son côté Javier Solana, qui participait à Londres à une réunion du Quartet (États-Unis, UE, Russie, ONU) sur le Proche-Orient organisée en marge de la réunion.
Un soutien sera accordé aux Palestiniens pour que leurs forces de sécurité s'opposent aux attaques contre Israël, pour qu'ils organisent des élections législatives et maintiennent l'ordre après le retrait israélien de la bande de Gaza. En échange, les Palestiniens s'engagent à poursuivre la réforme de leurs organes de sécurité, à respecter l'échéance de juillet pour la tenue d'élections et à combattre la corruption.
L'objectif de la conférence était d'amener les Palestiniens, sous la conduite de leur nouveau président Mahmoud Abbas, à mettre en oeuvre des mesures propres à favoriser le processus de paix avec Israël et à créer un climat de confiance.
Israël est resté à l'écart de la conférence pour éviter des pressions internationales visant à lui faire reprendre sans tarder des négociations sur un règlement de paix définitif.
«Les participants [...] ont convenu que la mise en oeuvre des engagements pris par l'Autorité palestinienne constituerait un grand pas dans l'application des engagements découlant de la deuille de route», dit le communiqué. «Parallèlement, les participants recommandent et escomptent une initiative d'Israël en rapport avec ses engagements liés à la feuille de route», souligne-t-il.
La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a annoncé qu'elle allait envoyer dans la région son représentant pour les réformes de la sécurité palestinienne, le général William Ward. Un responsable palestinien s'est réjoui que Ward assume le rôle de coordonnateur des contacts avec les Israéliens sur la sécurité. «Nous avons besoin de lui pour qu'il soit témoin des initiatives des deux parties», a déclaré Medjdi al Khaldi, conseiller du ministre palestinien des Affaires étrangères Nasser al Kidoua.
Mahmoud Abbas a pour sa part déclaré que la politique de réforme des Palestiniens devait être épaulée par des pourparlers de paix avec Israël, les initiatives sur la sécurité risquant d'échouer si elles n'allaient pas de pair avec un «itinéraire politique sérieux».
«Cette conférence prend en compte notre besoin de créer une atmosphère favorable à l'ouverture de voies politiques pour mettre fin aux violences et aux représailles», a-t-il dit.
Abbas a réclamé de nouveaux efforts pour l'application de la feuille de route, dévoilée il y a près de deux ans mais bloquée par les violences et à certains égards supplantée par le projet israélien unilatéral de retrait de Gaza pour cette année.
Action immédiate
Les Palestiniens souhaitent voir exercer des pressions sur Israël pour veiller à ce que tout retrait de Gaza s'inscrive dans le cadre de la feuille de route, pour qu'il ne constitue pas une initiative ponctuelle visant à perpétuer le contrôle d'Israël sur les colonies implantées en Cisjordanie.
Israël se dit lié à la feuille de route, aux termes de laquelle il est censé geler la construction de colonies et supprimer des avant-postes illégaux, mais il affirme que les pourparlers ne doivent pas reprendre avant qu'Abbas ait mis au pas les groupes radicaux et que le retrait de Gaza soit achevé.
Pour les Palestiniens, l'un des points clés de la feuille de route consiste à démanteler les groupes extrémistes et à empêcher les attaques contre Israël, comme l'attentat suicide qui a fait cinq morts vendredi soir à Tel-Aviv en faisant voler en éclats un cessez-le-feu convenu par les deux parties.
Le Quartet international sur le Proche-Orient, qui parraine la feuille de route et tenait lui aussi réunion à Londres hier, a exigé des dirigeants palestiniens des mesures immédiates contre les responsables de l'attentat de Tel-Aviv.
Dans un communiqué, les membres du Quartet réclament aussi des mesures «nouvelles et soutenues» de la part des Palestiniens pour prévenir le terrorisme.
Pour Condoleezza Rice, «la progression des réformes est une tâche urgente qui ne peut être différée. On n'arrivera à rien si des groupes terroristes comme le Djihad islamique palestinien continuent d'attaquer les Israéliens et de refuser au peuple palestinien la vie meilleure qu'ils méritent.»
Israël, a-t-elle ajouté, «ne doit prendre aucune mesure qui compromette un règlement final et doit contribuer à garantir qu'un nouvel État palestinien soit véritablement viable. Un État composé de territoires éparpillés ne fonctionnera pas.»
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