Le nucléaire, le biologique et les autres... - Les armes de l'horreur
Photo : Agence France-Presse
Elles sont la hantise de tous les pays du monde. Les États-Unis les ont utilisées comme prétexte pour mener une guerre «préventive» contre l'Irak. Depuis quelques semaines, on parle d'elles presque quotidiennement, d'un air entendu. Et pourtant, rien n'est moins clair que la définition d'une arme de destruction massive.
Par une entente tacite et non inscrite officiellement dans quelque traité ou document que ce soit, il semble que l'expression «arme de destruction massive» (ADM) — inventée, dit-on, par les Soviétiques pendant la guerre froide — fasse référence aux armes nucléaires, chimiques et biologiques. Mais encore? Outre les moyens utilisés (matière radioactive, produit chimique ou agent biologique), sur quels critères se fonde cette répugnante appellation?
Compte tenu du qualificatif «massif», la plupart des experts soulignent que ce type d'artillerie fait un nombre considérable de victimes, sans possibilité de discriminer les civils et les militaires. Et ce, au cours d'une seule attaque ou d'une seule utilisation, précisent par ailleurs Jonathan Tucker, du US Institute of Peace de Washington, et Jocelyn Coulon, chercheur au Centre Pearson pour le maintien de la paix.
Selon Jonathan Tucker, seules les armes nucléaires et biologiques auraient cette capacité. «Des agents biologiques que l'on répandrait sur une ville à partir d'un avion pourraient causer des centaines de milliers de victimes, à la manière d'une bombe atomique, nuance-t-il. Par contre, les armes chimiques sont beaucoup moins meurtrières car des quantités nettement plus grandes sont requises pour produire les mêmes effets.»
Mais un armement susceptible de provoquer «choc et effroi» ne partage-t-il pas ces potentialités de destruction massive et de non-discrimination? La «mère de toutes les bombes», cette bombe massive à effet de souffle qui pèse dix tonnes, les bombes à fragmentation, les munitions à uranium appauvri, toutes ces nouvelles munitions high tech ne sont-elles pas massivement destructrices?
Un flou inquiétant
Spécialiste en défense et en sécurité internationale, Bruno Barillot, du Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits à Lyon, en France, s'inquiète du flou qui s'est introduit entre armes conventionnelles et ADM en raison de l'absence de distinction claire. «On dit que les munitions à uranium appauvri qu'ont fabriquées les États-Unis et la France sont des armes conventionnelles, mais elles contiennent des matières radioactives, quoi qu'on en dise, lance-t-il. Les armes nucléaires miniaturisées, plus efficaces pour percer les bunkers que les bombes composées de matières conventionnelles comme le tungstène, constituent un nouveau glissement qui provoque un véritable débat. Or ce glissement risque de s'accentuer à mesure qu'on fabriquera des armes nucléaires de très petite puissance, qu'on utilisera plus souvent en raison de leur plus grande efficacité. Nous assistons donc peu à peu à l'effacement de la frontière entre ADM et armes conventionnelles.»
«Il y a en effet une sorte d'amenuisement du fossé qui séparait les armes nucléaires des armes conventionnelles», acquiesce Michel Fortmann, professeur de science politique à l'Université de Montréal. «Dans l'arsenal américain, il existe des armes conventionnelles qui sont plus puissantes que certaines ADM en matière de gradation de destruction.»
«La bombe massive à effet de souffle de dix tonnes, les bombes à fragmentation aussi bien que les armes à uranium appauvri devraient être interdites [au même titre que les autres ADM]», déclare pour sa part Jocelyn Coulon. «Il faudrait en venir à les proscrire à travers des négociations internationales.»
Bruno Barillot évoque par ailleurs un autre critère pour définir les ADM. Ces dernières auraient des effets persistants, qui perdurent après leur emploi et qui accroissent ainsi le nombre de victimes potentielles. Les radiations des armes nucléaires, par exemple, ont des répercussions sur les survivants et les générations suivantes, souligne-t-il. «Il faudrait donc considérer les bombes sales contenant de l'uranium appauvri comme des ADM parce qu'elles répandent des déchets radioactifs dans la nature, lesquels menacent la santé de la population et des générations futures, dit-il. Par ailleurs, les mines antipersonnel, étant donné leur longue durée de vie, ressemblent aussi à des ADM car elles déciment les populations civiles même après les combats. De même, les bombes à fragmentation, dont 10 % des 500 à 600 bombettes qu'elles délivrent n'explosent pas lorsqu'elles atteignent leur objectif, ont des effets qui dépassent le cadre des combats.»
Définition politique
Pour plusieurs, la dénomination consacrée d'ADM aurait carrément une portée politique. «Il ne s'agit que d'un terme politique, voire de propagande», suggère Jonathan Tucker, qui croit que l'on devrait abandonner cette dénomination.
«Les ADM englobent toutes les munitions que les États-Unis voudraient ne pas voir posséder par des États parias, affirme Michel Fortmann. Le concept d'ADM reflète la volonté américaine d'empêcher ainsi l'émergence et la prolifération des compétiteurs, c'est-à-dire des pays qu'ils ne pourraient pas attaquer et sur lesquels, a fortiori, ils ne pourraient plus faire pression afin qu'ils modifient leur comportement en fonction de leurs propres vues.»
L'expression «ADM» est utilisée uniquement parce qu'elle permet de faire peur et sert ainsi à manipuler l'opinion publique, affirme pour sa part Georges Le Guelte, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. «Il est stupéfiant que le président George W. Bush ait réussi à faire croire au peuple américain que les attentats contre le World Trade Center montraient le danger des ADM alors qu'ils ont été commis grâce à une vingtaine de billets d'avion sur des lignes intérieures américaines, dit-il. Il a utilisé la peur, qui est un des sentiments les plus incontrôlables qui soient et qui paralyse l'esprit critique de la population. Ainsi, grâce à toute une campagne faite autour des ADM, un président mal élu a très vite regagné le soutien d'une majorité de la population. Il a réussi à augmenter le budget militaire. Il a pu donner un nouveau souffle au programme de défense antimissiles en effaçant toutes les objections. Il a pu aller faire la guerre en Afghanistan et en Irak.»
Définition juridique
Il faut aussi voir les ADM sous l'angle juridique, à travers les accords et traités qui visent à bannir leur prolifération et leur diffusion, ajoute Michel Fortmann.
Un traité de non-prolifération nucléaire a en effet été négocié dès 1968. À ce jour, 187 pays l'ont signé et une bonne part d'entre eux ont également accepté de se soumettre à des vérifications annuelles par l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). «Cet accord n'est pas un véritable traité de désarmement, commente toutefois Bruno Barillot. C'est plutôt un traité de distinction entre deux catégories d'États. D'une part, ceux qui ont le droit de posséder l'arme nucléaire, soit les cinq grandes puissances — qui sont également les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. D'autre part, les pays non nucléaires, qui sont privés de ce droit. Mais il y a un problème: en effet, l'Inde, le Pakistan, Israël et probablement la Corée du Nord [mais ce n'est pas prouvé dans ce dernier cas] violent ce traité.»
Bien qu'une convention interdisant les armes bactériologiques existe depuis 1972, elle ne comprend toujours pas de système de vérification. En 2001, les Américains ont encore bloqué un accord sur cette question, prétextant que ces contrôles porteraient atteinte au secret scientifique (les brevets) de leur industrie pharmaceutique et chimique.
Malgré l'existence de ces traités et de ces conventions politiques, qui ont été signés ou ratifiés par un grand nombre de pays, les ADM ne sont formellement proscrites par aucune législation internationale. Les pays adhèrent volontairement à ces traités et conventions, et aucune norme universelle issue du droit international n'est imposée. «Depuis la fin du XIXe siècle, les juristes ont tenté de définir des normes qui permettraient d'interdire certaines armes, raconte Michel Fortmann. Ces tentatives sont toutefois demeurées sur le plan des principes car la Cour internationale de justice en a conclu qu'elles contredisaient l'intérêt suprême des États. Néanmoins, deux critères ont été retenus pour condamner certaines armes: leur caractère non discriminant (qui ne limite pas les effets aux cibles militaires) et le fait qu'elles provoquent des traumatismes excessifs et des souffrances inutiles.»
«Principaux inspirateurs de ces traités, les États-Unis croient que ces mesures de contrôle des armements ne valent plus rien et qu'elles sont devenues de véritables passoires, souligne le politologue. Ils abandonnent par le fait même leur politique multilatéraliste, une politique axée sur les normes de droit et le renforcement des négociations consensuelles.»s
Il est vrai que les conventions et traités axés sur le désarmement semblent passablement bafoués ces temps-ci. Mais le comportement des États puissants de ce monde y est sans doute pour quelque chose. «Les grandes puissances sont en partie responsables de cette prolifération car elles ont fermé les yeux sur les pays comme Israël, l'Inde et le Pakistan, qui cherchaient à s'équiper de l'arme nucléaire. Elles les ont même aidés à y parvenir», indique Jocelyn Coulon.
«Une norme n'est valide et respectable que dans la mesure où elle est respectée, déclare Michel Fortmann. Si le plus puissant des États néglige ces normes et n'y obéit pas, il est certain que les autres ne seront pas enclins à le faire non plus. Et on revient ainsi à un monde régi par la loi de la jungle. Les États signataires de ces conventions qui n'auront plus confiance dans ces ententes internationales appliqueront le "si vis pacem, para bellum" [«si tu veux la paix, prépare la guerre»] et s'armeront pour assurer leur sécurité. Tout cela est très inquiétant.»
Par une entente tacite et non inscrite officiellement dans quelque traité ou document que ce soit, il semble que l'expression «arme de destruction massive» (ADM) — inventée, dit-on, par les Soviétiques pendant la guerre froide — fasse référence aux armes nucléaires, chimiques et biologiques. Mais encore? Outre les moyens utilisés (matière radioactive, produit chimique ou agent biologique), sur quels critères se fonde cette répugnante appellation?
Compte tenu du qualificatif «massif», la plupart des experts soulignent que ce type d'artillerie fait un nombre considérable de victimes, sans possibilité de discriminer les civils et les militaires. Et ce, au cours d'une seule attaque ou d'une seule utilisation, précisent par ailleurs Jonathan Tucker, du US Institute of Peace de Washington, et Jocelyn Coulon, chercheur au Centre Pearson pour le maintien de la paix.
Selon Jonathan Tucker, seules les armes nucléaires et biologiques auraient cette capacité. «Des agents biologiques que l'on répandrait sur une ville à partir d'un avion pourraient causer des centaines de milliers de victimes, à la manière d'une bombe atomique, nuance-t-il. Par contre, les armes chimiques sont beaucoup moins meurtrières car des quantités nettement plus grandes sont requises pour produire les mêmes effets.»
Mais un armement susceptible de provoquer «choc et effroi» ne partage-t-il pas ces potentialités de destruction massive et de non-discrimination? La «mère de toutes les bombes», cette bombe massive à effet de souffle qui pèse dix tonnes, les bombes à fragmentation, les munitions à uranium appauvri, toutes ces nouvelles munitions high tech ne sont-elles pas massivement destructrices?
Un flou inquiétant
Spécialiste en défense et en sécurité internationale, Bruno Barillot, du Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits à Lyon, en France, s'inquiète du flou qui s'est introduit entre armes conventionnelles et ADM en raison de l'absence de distinction claire. «On dit que les munitions à uranium appauvri qu'ont fabriquées les États-Unis et la France sont des armes conventionnelles, mais elles contiennent des matières radioactives, quoi qu'on en dise, lance-t-il. Les armes nucléaires miniaturisées, plus efficaces pour percer les bunkers que les bombes composées de matières conventionnelles comme le tungstène, constituent un nouveau glissement qui provoque un véritable débat. Or ce glissement risque de s'accentuer à mesure qu'on fabriquera des armes nucléaires de très petite puissance, qu'on utilisera plus souvent en raison de leur plus grande efficacité. Nous assistons donc peu à peu à l'effacement de la frontière entre ADM et armes conventionnelles.»
«Il y a en effet une sorte d'amenuisement du fossé qui séparait les armes nucléaires des armes conventionnelles», acquiesce Michel Fortmann, professeur de science politique à l'Université de Montréal. «Dans l'arsenal américain, il existe des armes conventionnelles qui sont plus puissantes que certaines ADM en matière de gradation de destruction.»
«La bombe massive à effet de souffle de dix tonnes, les bombes à fragmentation aussi bien que les armes à uranium appauvri devraient être interdites [au même titre que les autres ADM]», déclare pour sa part Jocelyn Coulon. «Il faudrait en venir à les proscrire à travers des négociations internationales.»
Bruno Barillot évoque par ailleurs un autre critère pour définir les ADM. Ces dernières auraient des effets persistants, qui perdurent après leur emploi et qui accroissent ainsi le nombre de victimes potentielles. Les radiations des armes nucléaires, par exemple, ont des répercussions sur les survivants et les générations suivantes, souligne-t-il. «Il faudrait donc considérer les bombes sales contenant de l'uranium appauvri comme des ADM parce qu'elles répandent des déchets radioactifs dans la nature, lesquels menacent la santé de la population et des générations futures, dit-il. Par ailleurs, les mines antipersonnel, étant donné leur longue durée de vie, ressemblent aussi à des ADM car elles déciment les populations civiles même après les combats. De même, les bombes à fragmentation, dont 10 % des 500 à 600 bombettes qu'elles délivrent n'explosent pas lorsqu'elles atteignent leur objectif, ont des effets qui dépassent le cadre des combats.»
Définition politique
Pour plusieurs, la dénomination consacrée d'ADM aurait carrément une portée politique. «Il ne s'agit que d'un terme politique, voire de propagande», suggère Jonathan Tucker, qui croit que l'on devrait abandonner cette dénomination.
«Les ADM englobent toutes les munitions que les États-Unis voudraient ne pas voir posséder par des États parias, affirme Michel Fortmann. Le concept d'ADM reflète la volonté américaine d'empêcher ainsi l'émergence et la prolifération des compétiteurs, c'est-à-dire des pays qu'ils ne pourraient pas attaquer et sur lesquels, a fortiori, ils ne pourraient plus faire pression afin qu'ils modifient leur comportement en fonction de leurs propres vues.»
L'expression «ADM» est utilisée uniquement parce qu'elle permet de faire peur et sert ainsi à manipuler l'opinion publique, affirme pour sa part Georges Le Guelte, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. «Il est stupéfiant que le président George W. Bush ait réussi à faire croire au peuple américain que les attentats contre le World Trade Center montraient le danger des ADM alors qu'ils ont été commis grâce à une vingtaine de billets d'avion sur des lignes intérieures américaines, dit-il. Il a utilisé la peur, qui est un des sentiments les plus incontrôlables qui soient et qui paralyse l'esprit critique de la population. Ainsi, grâce à toute une campagne faite autour des ADM, un président mal élu a très vite regagné le soutien d'une majorité de la population. Il a réussi à augmenter le budget militaire. Il a pu donner un nouveau souffle au programme de défense antimissiles en effaçant toutes les objections. Il a pu aller faire la guerre en Afghanistan et en Irak.»
Définition juridique
Il faut aussi voir les ADM sous l'angle juridique, à travers les accords et traités qui visent à bannir leur prolifération et leur diffusion, ajoute Michel Fortmann.
Un traité de non-prolifération nucléaire a en effet été négocié dès 1968. À ce jour, 187 pays l'ont signé et une bonne part d'entre eux ont également accepté de se soumettre à des vérifications annuelles par l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). «Cet accord n'est pas un véritable traité de désarmement, commente toutefois Bruno Barillot. C'est plutôt un traité de distinction entre deux catégories d'États. D'une part, ceux qui ont le droit de posséder l'arme nucléaire, soit les cinq grandes puissances — qui sont également les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. D'autre part, les pays non nucléaires, qui sont privés de ce droit. Mais il y a un problème: en effet, l'Inde, le Pakistan, Israël et probablement la Corée du Nord [mais ce n'est pas prouvé dans ce dernier cas] violent ce traité.»
Bien qu'une convention interdisant les armes bactériologiques existe depuis 1972, elle ne comprend toujours pas de système de vérification. En 2001, les Américains ont encore bloqué un accord sur cette question, prétextant que ces contrôles porteraient atteinte au secret scientifique (les brevets) de leur industrie pharmaceutique et chimique.
Malgré l'existence de ces traités et de ces conventions politiques, qui ont été signés ou ratifiés par un grand nombre de pays, les ADM ne sont formellement proscrites par aucune législation internationale. Les pays adhèrent volontairement à ces traités et conventions, et aucune norme universelle issue du droit international n'est imposée. «Depuis la fin du XIXe siècle, les juristes ont tenté de définir des normes qui permettraient d'interdire certaines armes, raconte Michel Fortmann. Ces tentatives sont toutefois demeurées sur le plan des principes car la Cour internationale de justice en a conclu qu'elles contredisaient l'intérêt suprême des États. Néanmoins, deux critères ont été retenus pour condamner certaines armes: leur caractère non discriminant (qui ne limite pas les effets aux cibles militaires) et le fait qu'elles provoquent des traumatismes excessifs et des souffrances inutiles.»
«Principaux inspirateurs de ces traités, les États-Unis croient que ces mesures de contrôle des armements ne valent plus rien et qu'elles sont devenues de véritables passoires, souligne le politologue. Ils abandonnent par le fait même leur politique multilatéraliste, une politique axée sur les normes de droit et le renforcement des négociations consensuelles.»s
Il est vrai que les conventions et traités axés sur le désarmement semblent passablement bafoués ces temps-ci. Mais le comportement des États puissants de ce monde y est sans doute pour quelque chose. «Les grandes puissances sont en partie responsables de cette prolifération car elles ont fermé les yeux sur les pays comme Israël, l'Inde et le Pakistan, qui cherchaient à s'équiper de l'arme nucléaire. Elles les ont même aidés à y parvenir», indique Jocelyn Coulon.
«Une norme n'est valide et respectable que dans la mesure où elle est respectée, déclare Michel Fortmann. Si le plus puissant des États néglige ces normes et n'y obéit pas, il est certain que les autres ne seront pas enclins à le faire non plus. Et on revient ainsi à un monde régi par la loi de la jungle. Les États signataires de ces conventions qui n'auront plus confiance dans ces ententes internationales appliqueront le "si vis pacem, para bellum" [«si tu veux la paix, prépare la guerre»] et s'armeront pour assurer leur sécurité. Tout cela est très inquiétant.»
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